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DVDEF

3:10 to Yuma (WS)

Critique
Synopsis/présentation
James Mangold est un réalisateur des plus versatiles. Sa filmographie comprend des œuvres comme Copland, Girl, Interrupted, Kate & Leopold, Identity et Walk the Line. Le cinéaste semble donc apprécier de travailler avec différents genres et d’en exploiter un plus précisément dans chacun de ses films. Il a passé à travers le drame policier, le drame psychologique, la comédie romantique, le thriller et le drame musical. Pourtant, cette versatilité constitue à la fois le principal défaut et la principale qualité du cinéma de Mangold. Principal qualité parce que le réalisateur exécute chacune de ses réalisations avec une grande finesse et un respect évident pour chacun des genres qu’il exploite. De plus, prises pour ce qu’elles sont les œuvres de Mangold respectent à la lettre les codes du genre auquel elles appartient en plus de faire preuve d’une redoutable efficacité. Et principal défaut parce que cela empêche le cinéaste de se construire une véritable identité avec sa caméra et lui confère une image de faiseur plutôt que de véritable artiste. Et c’est donc sans surprise que Mangold s’attaque cette fois-ci à un autre genre, le western.

3:10 to Yuma, en plus d’être un prétexte pour travailler un nouveau genre chez Mangold, est le remake du film du même titre réalisé en 1957 par Delmer Daves. L’idée de remake est ici particulièrement importante puisqu’elle propose de remettre au goût du jour un classique des années 50 et que, curieusement, le sortie de cette relecture de Mangold a relancé, en quelque sorte, le genre en 2007. Nous avons eu droit à The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford qui proposait un tout nouveau style de western, voire même de repenser entièrement les codes du genre. Et à un certain degré, nous pourrions même considérer le film des frères Coen, No Country for Old Men, comme une sorte de western (revisité à la manière des deux frères, bien entendu). Évidemment, entre la version de 1957 et celle de 2007, le genre ne s’est pas véritablement éteint ni essoufflé (nous n’avons qu’à penser à Unforgiven, Tombstone ou même The Quick and the Dead), mais les œuvres qui ont suivies la sortie de 3:10 to Yuma version 2007 donne à ce dernier film une valeur symbolique et métaphorique très intéressante.

Mais au-delà de tout ce contexte de production, il y a le film. Comme prévu, Mangold exécute les codes avec une précision et une efficacité des plus admirables. Il fait évoluer deux hommes dans un univers presque exclusivement masculin. Ces deux personnages ce sont Ben Wade (Russell Crowe) et Dan Evans (Christian Bale). L’un est un hors-là-loi des plus recherchés qui se fait capturé par les autorités et l’autre est vétérant de la Guerre de Sécession qui n’a d’autre ambition que de vivre paisiblement avec sa femme (Gretchen Mol) et ses deux fils et d’être libéré de ses dettes. Lorsque vient donc l’occasion pour ce dernier d’atteindre son but, il se propose pour conduire le prisonnier Wade à travers le désert jusqu’au train de trois heures dix qui l’amène à la prison de Yuma. Or, les fidèles de Wade n’entendent pas laisser ce voyage se dérouler de la plus simple des façons.

La principale richesse du film de Mangold vient de ces deux personnages. Alors qu’au début du film ils sont clairement délimités (l’un est du côté du bien, l’autre est du côté du mal), les deux personnages deviennent beaucoup moins facile à « catégoriser » à mesure que le film avance et que leur psychologie s’épaissit. Le méchant hors-là-loi est finalement plus humain et plus compatissant qu’on pourrait le croire et le bon s’obstine finalement très souvent à prendre les mauvaises décisions. À ce titre, nous devons saluer l’affrontement entre les deux icônes du cinéma populaire que sont Russell Crowe et Christian Bale (l’un a été gladiateur et l’autre un superhéros qui se déguise en chauve-souris). Les deux acteurs sont particulièrement charismatiques et leur chimie fonctionne parfaitement. Ils rendent ainsi leur personnage crédible et très touchant.

Comme tous les autres films de Mangold, 3:10 to Yuma fait preuve d’une réalisation impeccable. Il s’est encore une fois entouré d’une solide équipe. Les décors et les paysages sont époustouflants, la direction photo de Phedon Papamichael, fidèle de Mangold, est remarquable et est très imprégnée de l’atmosphère des westerns des années 50 et 60, le montage sonore est aussi très impressionnant (on réussit à construire une musique pour soutenir une tension à partir des sons d’un train) et les scènes de fusillades sont à couper le souffle. De plus, Mangold réussit à installer une tension presque insoutenable à son film, plus particulièrement lors de la dernière demi-heure, assurément mémorable.

3:10 to Yuma ne deviendra probablement jamais un classique. Non pas parce que c’est un mauvais film, loin de là, mais parce que son réalisateur, James Mangold, semble jouer la carte de l’efficacité plutôt que de l’inventivité. Néanmoins, cette œuvre est un excellent divertissement de qualité et le cinéaste vient encore une fois de se surpasser en terme d’exécution. Peut-être un jour, ce réalisateur visiblement très doué trouvera-t-il enfin son propre style.



Image
Le film est offert au format d’image respecté de 2.40:1 d’après un transfert 16:9.

Un transfert qui reproduit très fidèlement la facture visuelle du film. Le matériel source étant dans un état logiquement impeccable, production récente l’oblige, l’image affiche une très belle netteté. Les détails et les textures sont tout aussi finement rendus la plupart du temps. Le rendu des couleurs est carrément superbe. Le travail sur la photo a été judicieusement respecté et les couleurs offertes sont donc riches, précises et demeurent dans les tons chauds que présentent les images du film. La même chose s’applique pour les tons de peaux qui demeurent naturels. Les contrastes sont très bien gérés évitant tout problème de brillance. Les dégradés sont fluides. Les parties sombres exposent ainsi un niveau de détails et de textures adéquats. Les noirs sont purs et intenses. Par contre, un léger fourmillement est perceptible trahissant ainsi une compression pas tout à fait maîtrisée. Néanmoins, un très beau transfert.



Son
Deux bandes sons sont offertes avec cette édition : le mixage anglais Dolby Digital 5.1 et un mixage français Dolby Digital 5.1.

Un très bon mixage qui rend très bien l’univers du film et surtout, le travail sonore effectué pour le film. Le dynamisme est adéquat selon les différentes scènes du film. Lors de la scène finale, par exemple, le dynamisme est particulièrement saisissant. Le mixage fait également preuve d’une belle profondeur ainsi que d’une présence fort solide. Le déploiement du champ sonore s’effectue d’admirable façon. La majorité des éléments sonores passent par les voies frontales et latérales alors que les enceintes arrière sont employées à des fins d’ambiance ainsi que pour livrer quelques effets d’ambiophonie particulièrement réussis. Encore une fois, ces derniers sont surtout perceptibles lors de la séquence finale. Les dialogues demeurent constamment et totalement intelligibles alors que la très belle trame sonore de Marco Beltrami s’intègre subtilement au mixage. Dès le début du film, les basses fréquences sont employées et elles le seront à de nombreuses reprises au cours du film et ce, avec une très belle profondeur. Le canal d’extrêmes graves est aussi sollicité à plusieurs reprises et fait preuve d’une grande efficacité.

Seuls des sous-titres anglais sont disponibles.



Suppléments/menus
Pour cette section, nous retrouvons d’abord une piste de commentaire audio animée par le réalisateur James Mangold. Ce dernier nous parle majoritairement de ses intentions et se veut très « littéraire » (il adopte une adopte une approche très descriptive, voire très analytique) dans ses interventions, ce qui n’est pas nécessairement une mauvaise chose puisqu’il réussit à maintenir un certain intérêt. Malgré tout, des précisions techniques n’auraient pas été de refus tout au long de la piste de commentaire puisque Mangold finit par devenir très lourd et les silences se font de plus en plus présents lors de la séquence finale.

Nous avons aussi trois documentaires. Le premier « Destination Yuma (20:56) » est une sorte de documentaire sur le tournage du film qui nous explique brièvement le travail en décors naturels, le travail de la costumière et celui des acteurs. « Outlaws, Gangs & Poses (12 :57) » est un court documentaire très intéressant sur l’histoire des hors-la-loi américains et qui explique sommairement, mais clairement, leur rôle dans l’inconscient collectif américain. « An Epic Explored (6:21) » nous offre les interventions de James Mangold, Ben Foster et Christian Bale sur le genre western et sur comment le cinéaste a voulu tenté une nouvelle approche de ce genre. Un peu superficiel et surtout très subjectif de la part de ces trois intervenants.

Viennent ensuite sept scènes supprimées. La première « Darden vs. Nez (1:20) », nous montre le personnage de Darden qui intimide celui de Nez sans se faire voir par son chef Ben Wade. La deuxième, « Darden vs. Monty (0:44) » nous présente cette fois-ci le personnage de Darden qui assassine froidement le personnage de Monty. Ces deux scènes apportent très peu à l’ensemble si ce n’est qu’elles donnent une meilleure impression de qui était le personnage de Darden. Nous retrouvons ensuite « Al Pinkerton’s Tongue (0:52) » qui n’est qu’une version légèrement allongée d’une scène déjà présente dans le film et qui est totalement anecdotique. Nous avons « Were You Sincere About Mexico ? (0:42) » qui clarifie l’issue de la relation entre Wade et de la barmaid Emmy. « Corrupted Souls (0:52) » approfondi un peu la haine mutuelle que se portent les personnage de Wade et de Byron. « Overated Utensils (0:40) » n’affiche qu’un seul plan de plus que la version originale et ne sert qu’à accentuer le caractère meurtrier de Wade. Et finalement « That’s My Son, the Hay and the Grass (2:44) » est une scène qui a heureusement été supprimée au montage puisqu’elle enlève beaucoup d’impact à une des séquences qui génère énormément de tension dans le film.




Conclusion
Bien plus qu’un simple remake, 3:10 to Yuma est la consécration du réalisateur James Mangold comme faiseur, exécuteur par excellence. C’est aussi un film qui a marqué le retour imposant du genre western sous de toutes nouvelles formes en 2007 et qui fait se rencontrer deux grands acteurs au sommet de leur forme. Pour un divertissement de qualité, pour deux personnages attachants et ambiguës et surtout, pour un très bon western, voilà un film que nous vous recommandons fortement.

Maple Pictures nous offre une édition techniquement très bonne. Le transfert vidéo reproduit précisément le travail des images de Mangold et son équipe et le mixage 5.1 traduit magnifiquement et efficacement l’ambiance de ce western. Par contre, les suppléments sont très inégaux. Leur intérêt est relativement moindre, mais le (trop) court documentaire sur l’histoire des hors-la-loi est particulièrement intéressant. Malgré cela, une édition recommandable, surtout pour l’œuvre, excellente en soi.



Qualité vidéo:
4,1/5

Qualité audio:
3,9/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2008-04-29

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Toshiba 27A43C, Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
3:10 to Yuma

Année de sortie:
2007

Pays:

Genre:

Durée:
122 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Maple Pictures

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.40:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1 EX
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaires, scènes supprimées

Date de parution:
2008-01-08

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