Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

King of Comedy

Critique
Synopsis/présentation
Martin Scorcese est un cinéaste-né, pour qui le Septième Art a pris le pas sur tout le reste. Sa personnalité attachante, son amour du cinéma, ses connaissances cinéphiliques, sa science de la mise en scène, de la narration et de la direction d'acteurs en font un des plus grands cinéastes actuels, et à coup sur le plus sympathique et passionnant à écouter. Nous n'oserons pas nous lancer dans un récapitulatif de sa prolifique et géniale carrière mais nous contenterons de vous en citer les films indispensables : Mean Streets (1973), Taxi Driver (1976), Raging Bull (1980), The King of Comedy (1983), After Hours (1985), The Color of Money (1986), The Last Temptation of Christ (1988), Goodfellas (1990), Cape Fear (1991), The Age of Innocence (1993), Casino (1995), Kundun (1997), Bringing out the Dead (1999).

The King of Comedy (1983) est une oeuvre résolument à part au niveau stylistique dans la carrière de son auteur. En effet, Scorcese est le roi incontesté du rythme et le maître des plans séquences les plus fous. Or, pour ce film, son style épouse celui du média qu'il entend persifler, la télévision. De même, il abandonne le milieu de la pègre qui a fait son succès, mais reste très lié à un de ses films les plus célèbres, Taxi Driver, par le biais de Robert de Niro qui y reprend sensiblement le même personnage mais sous un angle humoristique et moins tragique. On suit dans ce film, Rupert Pupkin (Robert de Niro), un jeune comique amateur obsédé par le star system. Il suit en particulier Jerry Langford (Jerry Lewis), gloire télévisuelle qui présente son propre show. Pupkin se décide à se présenter à lui, persuadé de son immense talent et donc qu'il sera engagé. Lorsqu'il se voit repoussé par J. Langford, son monde d'illusions est mis à mal et il échafaudera, avec l'aide d'une groupie (Sandra Bernard) folle amoureuse du même Langford, un plan fou pour arriver tout de même à passer à la télévision.

Scorcese revient donc sur un de ses thèmes favoris, le rêve américain et l'obsession qu'il peut provoquer chez ceux qui en sont exclus (Taxi Driver ; New York, New York ; Raging Bull). Si le ton paraît plus léger que dans d'autres de ses films (les couleurs criardes, les néons et la ringardise de l'émission TV), le malaise est présent dès le génerique. Si les situations pourraient être réellement comiques, elles provoquent la plupart du temps un rire glacé et figé. Cela rend le film d'autant plus intéressant qu'aucun personnage n'est réellement bon ou mauvais, et que Scorcese garde entier le mystère de Pupkin (est-il un bon comique inconnu ou un raté mégalomane ?). D'ailleurs, il pousse l'ambiguité jusqu'à offrir à ses deux comédiens principaux des rôles opposés à leur image habituelle . Lewis n'est plus un clown et il devient même désagréable, alors que De Niro d'habitude angoissant et austère joue le bouffon coloré. Les acteurs sont comme d'habitude chez Scorcese (qui tire toujours le meilleur de ses interprêtes) tous excellents, avec une mention spéciale à Sandra Bernhard qui impose une folie imprévisible totalement crédible. La mise en scène pourra déconcerter les admirateurs de Scorcese au premier abord mais elle s'avère totalement justifiée car en complet accord avec son sujet.

Une oeuvre qui est à placer sans aucun doute parmi les meilleures de son auteur. Celui-ci y prend le risque de sortir du système cinématographique qui a fait sa réputation et son succès, tout en restant fidèle à ses idées. Il offre une reflexion très pertinente et somme toute assez inquiétante sur le statut de la célébrité, la place qu'elle tient dans l'esprit du public. Le film est également très acerbe avec le milieu de la télévision qui fournit à l'heure actuelle la majorité des vedettes. Son sujet et son traitement prennent d'ailleurs une resonnance particulière avec le phenomène de télévision réalité qui envahit le monde entier. Vingt ans après le film de Scorcese, le rêve de Rupert Pupkin devient réalité et il aurait pu en 2002/2003 se présenter à une des nombreuses émissions où l'on transforme de parfaits inconnus en stars (certains sont peut être talentueux, mais au final cela importe peu) en l'espace de deux ou trois mois simplement.

Un film de Scorcese moins grisant et flamboyant que ses plus grands succès. Cependant, la justesse et la profondeur de la reflexion qui y est développée, la qualité générale de l'interprétation, les rires etranglés qu'il déclenche font qu'il ne méritait pas l'insuccès total dont il a été victime à sa sortie.

A ce titre, observez les bandes-annonce du DVD et voyez comme la publicité qu'elles en font est très loin de la réalité du film. A conseiller à tous ceux qui cherchent les non-dits et un sens dans les oeuvres qu'ils visionnent, car une simple appréhension au premier degré peut effectivement gâcher l'intérêt de ce film très lucide sur son sujet.


Image
Cette édition nous offre l'image au format respecté de 1.85:1.

Le transfert est un peu abimé au tout début puis la qualité devient fort correcte et les saletés sur l'interpositif quasiment inexistantes. La définition générale est satisfaisante et le niveau de détail d'un niveau appréciable sans toutefois atteindre des sommets. Les couleurs sont bien traitées et leur aspect parfois criard et de mauvais goût (voulu par Scorcese) est restitué comme il le fallait. Le contraste est également bien géré (sans être lui non plus exceptionnel), et permet d'éviter toutes les brillances inutiles. Les parties sombres sont correctement rendues, malgré des noirs qu'on aurait souhaité un peu plus profonds mais qui s'avèrent satisfaisants en l'état.

La partie numérique est d'un niveau équivalent à celui du reste du transfert. Si quelques passages se voient un peu perturbés par des fourmillements (surtout le générique), et d'autres par un peu de surdéfinition (mais rien de gênant), l'ensemble est de bon aloi.

Si le résultat final n'a rien d'exceptionnel, il faut cependant noter qu'il peut être considéré comme bon au vu des 21 ans du film et du fait qu'il n'a pas fait l'objet d'un travail particulier de restauration.


Son
Les trois bandes-son disponibles avec cette édition sont respectivement en Anglais (DD 2.0 stéréo), Espagnol (DD 1.0 mono) et Français (DD 1.0 mono).

La bande-son anglaise en stéréo offre une dynamique et une présence acceptables. Les éléments sonores sont tous très bien intégrés et la musique est bien rendue. Les dialogues sont toujours nets et parfaitement intelligibles. Les basses fréquences sont présentes en quantité, certes limitée, mais suffisante pour venir appuyer cette bande-son lorsque nécéssaire.

Les bandes-son en mono sont toutes largement en dessous et proposent ce que l'on pourra appeler le minimum syndical. La bande-son française est plus sourde et moins vivante que ses homologues anglaises. Les voix françaises, même si elles sont relativement bien choisies, amoindrissent cependant fortement l'impact du film. On notera également un doublage en espagnol annoncé sur la jacquette, mais curieusement absent des menus.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais et Espagnol.


Suppléments/menus
Une section peu importante mais d'un intérêt certain.

Le documentaire sur la production du film dure 18 mins et 55 s. Il s'intitule : A Shot at the Top et revient sur les enjeux et le sens du film à travers les interviews de M. Scorcese et Sandra Bernard. Comme à son habitude, Scorcese est passionnant et l'on se prend vite à regretter que le documentaire ne soit plus long, tant on pourrait l'écouter pendant des heures. Le bon équilibre entre les extraits, les photos et les interviews achève de rendre ce documentaire indispensable à regarder juste après le film.

Les scènes inédites (Jerry meets his fan 37 s, et Jerry Langford monologue 5 min 49 s) sont instructives et démontrent, si besoin était, le talent d'acteur de Jerry Lewis. La bande-annonce (1 min 29 s) et la bande-annonce télévision (32 s) sont tous deux de qualité médiocre et d'un intérêt quasi nul. Cela démontre bien d'ailleurs que la présentation du film était mauvaise et que son échec commercial et sa faible renommée lui sont en grande partie imputables. Les trente quatre photographies en couleurs de la galerie sont toutes de bonne qualité et mélangent photos de tournage et de plateau pour un résultat agréable à regarder.

Une section certe un peu faible mais l'interêt du documentaire fait que l'on ne peut que remercier la Fox de les avoir inclus dans une édition simple, ce qui bénéficiera sans aucun doute au film et à sa réhabilitation.



Conclusion
Une édition correcte au niveau technique qui est étoffée par des suppléments peu nombreux mais de qualité. Un film de M. Scorcese est toujours interessant et celui-ci, malgré son insuccès et sa réputation moyenne, ne déroge pas à la rêgle. Si la mise en scène est moins flamboyante que d'habitude, le sujet en est la cause. Les spectateurs aimant l'absurdité et la folie douce des personnages apprécieront d'autant plus l'accent noir, cynique et ambigu de cette histoire.


Qualité vidéo:
3,0/5

Qualité audio:
3,0/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2002-12-27

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
King of Comedy

Année de sortie:
1983

Pays:

Genre:

Durée:
109 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby 2.0 stéréo
Française Dolby mono
Espagnole Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Un documentaire intitulé : A Shot at the Top, deux scènes coupées, une bande-annonce, un spot tv, une galerie de photos

Date de parution:
2002-12-17

Si vous avez aimé...