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DVDEF

Blade Runner (4 Disc Collector's Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Blade Runner est un film unique en son genre dont pourtant paradoxalement beaucoup d’autres cinéastes se sont clairement inspirés au moins visuellement et c’est bien la que le bas blesse. Car la grande réussite du film ne tient pas seulement à ses visuels sublimes, novateurs et « logiques », mais aussi aux pures questions philosophiques qui tiennent à l’aspect à la fois réellement science fictionnel et rétro de l’intrigue. Et tant que l’on puisse louer le génie de Ridley Scott sur ce film, les différences majeures qu’offre Blade Runner proviennent clairement de l’œuvre de Philip K Dick dont pourtant paradoxalement le film s’éloigne et s’oppose sur plusieurs points majeurs.

Nous n’aurons pas la prétention de dresser un portrait de KDick en quelques lignes mais il ne fait nul doute que ce futur décrépit, les répliquants et les questions philosophiques et métaphysiques qui découlent de leur simple existence proviennent toutes de l’imagination si fertile et géniale de cet immense écrivain. N’ayant pas participé au scénario, KDick n’aura malheureusement jamais pu donner un avis définitif sur le film tiré de son livre le plus vendu, « Do Androids dream of electric ships ? » étant mort quelque temps avant la sortie officielle du film. Et pourtant il avait pu assister à la projection d’un montage de divers effets spéciaux du film sur lesquels il ne tarissait pas d’éloge comme vous pouvez l’entendre sur les interviews disponibles en suppléments de cette édition. Il était fasciné par le fait que le monde qu’il avait imaginé, visualisé dans sa tête lors de l’écriture du roman en 1968, était quasiment à 100% celui qu’il avait pu voir sur l’écran de la salle de projection privée. En dehors de la simple performance technique des effets spéciaux qui restent toujours aussi sidérants, fascinants et inégalés 25 ans plus tard, c’est la précision avec laquelle les artistes travaillant sur le film avaient réussis à presque s’insérer dans son cerveau pour en extirper les visions et les transformer en illusion cinématographique qui avait sidéré le romancier. Et pourtant le monde de son roman était une terre presque désertée par des colons partis tenter leur chance dans les « off world colonies » évoquées dans le film, presque totalement dévasté de vie animale et en plein déliquescence physique et technologiques (les batiments tombent en ruine et les technologies sont en partie inopérantes) suite a une catastrophe nucléaire qui n’intéressait pas l’auteur. Alors que le film est lui un monde qui fonctionne, surpeuplé et débordant de vie et semble proposer l’exil sur d’autres planètes afin de désengorger la terre ce qui part de prémisses plus directement liés à une anticipation réaliste de notre futur de planète menacée du fait de sa surpopulation. Et pourtant Scott à gardé le building déliquescent ou habite JF Sebastian et supprimer deux des principaux points métaphoriques du roman sans chercher à totalement se justifier (les animaux éléctriques remplaçant les vrais suite à leur extermination ou la religion appelée Mercerisme basée sur l’empathie), piochant dans divers éléments du roman tout en les épurant du fait qu’il utilisait un média totalement différent de KDick mais aussi et surtout différait profondément sur des points essentiels du roman originel. Ainsi un des points les plus passionnants des suppléments est lorsque KDick explique dans ses interviews qu’il voyait les Répliquants (qu’ils nommaient androïdes) comme inférieurs aux humains du fait de leur incapacité conceptuelle à ressentir de l’empathie alors que Scott lui les voyait comme Surhumains, supérieurs à nous en tous points mais aussi capables d’apprendre l’empathie avec le temps qui passe.

Une fois donc ces points établis vous aurez compris que le roman et le film sont deux œuvres bien distinctes dans leur conception philosophique. Même si Scott, Fancher et Peoples (les deux scénaristes ayant successivement travaillés sur le scénario), se sont basés sur le roman de Dick pour la trame de l’histoire et surtout les visuels, force est de reconnaître que la direction qu’il ont fait prendre aux idées et réflexions du film sont bien différentes de celles de Dick et c’est cela qui fait de Blade Runner un pur chef d’œuvre par lui-même. Et Scott n’a clairement pas choisi la facilité à quelque niveau que ce soit en réalisant un film de Science Fiction philosophique et contemplatif qui questionne ses spectateurs sans jamais leur donner de réponses, un peu comme avait pu le faire d’une toute autre maniére son plus qu’illustre et quasi unique prédécesseur soit Stanley Kubrick avec 2001, A Space Odyssey. Loin de nous l’idée d’établir une quelconque hiérarchie qualitative entre les films mais plutôt de rapprocher deux œuvres qui sont parmi les très rares à dépasser le cadre du genre ou on a voulu les enfermer en tentant d’élever et de provoquer la réflexion chez ses spectateurs par des moyens presque purement cinématographiques et fascinants. Blade Runner est beaucoup plus traditionnel que 2001 car les scénaristes ont repris l’élément policier de traque présent dans le roman en l’augmentant d’un hommage très présent au Film Noir qui il faut bien le reconnaître colle parfaitement aux intentions du film de par ce qu’il contient en idée de mystère et de pouvoir de fascination.

Se voyant obligé de simplifier les très nombreux idées et éléments du roman (la spécialité de KDick est d’offrir des œuvres foisonnantes d’idées toutes connectées et vertigineuses, toujours justifiées et très complexes mais d’une très grande facilité à lire du fait d’intrigues populaires et d’un style littéraire fascinant de facilité à faire comprendre les concepts les plus abstraits à ses lecteurs), les scénaristes en ont même fait une œuvre épurée en action et rebondissements puisqu’ils n’ont conservés que la trame principale d’un détective hard boiled, le Blade Runner chargé de détruire les androïdes débarqués illégalement sur terre pour essayer de prolonger leur durée de vie. Et Ridley Scott de happer le spectateur dans l’univers visuel et structurel absolument incroyable qu’il à crée grâce à sa pugnacité à l’immense talent des artistes et techniciens dont il à intelligemment su s’entourer. Force est de reconnaître que la vision du futur que propose Blade Runner est toujours la plus saisissante et crédible montrée à l’écran et ce malgré toutes les possibilités ouvertes par les effets numériques dans ce domaine. Car Scott à totalement intégré les effets spéciaux à son film à sa structure de la même façon que KDick intégrait les concepts et idées philosophiques rendues possible par les technologies du futur au cœur même de l’intrigue et des concepts de ses romans. En ayant totalement confiance dans sa vision dans sa capacité à émerveiller et fasciner le spectateur avec les images et l’ambiance qu’il crée à l’écran, et ce alors même que l’univers immersif décrit est tout sauf souhaitable et agréable, Scott a transposé dans un autre média une partie de la fascination qu’exerçait KDick sur ses lecteurs. L’aspect contemplatif du film est certainement ce qui à au début dérouté autant de spectateurs mais également ce qui en a également amenés autant à tomber amoureux du film une fois que l’arrivée de la vidéo à permis de voir et revoir l’œuvre à volonté. Et le choix de Scott n’est pas lié simplement à sa relation avec le roman de KDick mais aussi à son style déjà mis en œuvre avec génie dans son film précédent Alien. Alien avait déjà révolutionné le film d’horreur en intégrant de vrais éléments de SF au cœur même du film et en jouant majoritairement sur la suggestion et les ambiances. Ces techniques sont cependant plus classique dans les films d’horreur destinés à faire la peur voire même la terreur et le dégout dans le cas de cet autre chef d’œuvre qu’est Alien.

Il est totalement impossible de saisir l’ampleur de Blade Runner, la quantité de détails tous signifiants qui composent l’univers crée de toute pièce par Scott et ses collaborateur et en cela cette nouvelle copie totalement restaurée est une véritable bénédiction pour les amateurs. Le travail des artistes concepteurs de l’univers comme de ceux qui l’ont mis en forme est unique, équivalent à nul autre. La est l’un des talents de Scott à ses débuts que de choisir ses collaborateurs en fonction de leur talent, de ce qu’il peuve apporter à sa vision. Il peut ainsi les laisser travailler en suivant ses désidératas et ensuite rectifier ou corriger ce qui ne lui plait pas tout en ayant totalement confiance dans les capacités artistiques ou créatrices de ses collaborateurs sans avoir à être tout le temps derriére eux, avoir à les surveiller.
L’autre élément majeur dans la qualité immersive du film en dehors de cette représentation « réaliste » d’un futur possible, est la musique de Vangelis. Elle pourra selon les goûts et écoutée hors de son contexte paraître kitsch à certains d’entre vous mais replacée dans le contexte du film et monté de façon experte en corrélation avec des images fascinantes son pouvoir d’immersion et de fascination est absolument phénoménal. L’association image et musique en apesanteur dans des scénes contemplatives qui seraient certainement ennuyeuses et plates dans un film traditionnel atteignent ici une rare dimension hypnotique qui marque à coup les oreilles autant que la rétine.

Les acteurs participent également à la sensation d’étrangeté mais de fascination qui se dégage de l’œuvre. Chacun semble avoir conscience qu’ils incarnent soient des humains du futur qui ont vécus une histoire que nous ne connaissons pas mais qui les à durablement marqués ou bien des « Répliquants » créatures synthétiques chimériques auxquelles ils donnent une aura et une sensibilité bien différente de celles des humains et tout sauf schématique ou manichéenne. C’est même Roy Batty (Rutger Hauer) qui se paie le luxe d’être le seul personnage vraiment émouvant du film par son accession à l’empathie et par la même à l’humanité dans un final sublime ou les rôles du films s’inversent, la traqueur devient le traqué et le créateur est totalement dépassé par sa créature, convoquant également d’autres mythes célébres pour un dernier quart d’heure absolument tétanisant, mêlant action, réflexion et sentiments avec un brio rare.
Bien évidemment Harrison Ford est le personnage central du film et son travail fut d’une rare complexité puisque Scott le gardait volontairement dans le flou quand à son personnage non seulement car il souhaitait clairement exprimer l’ambiguité quand à la nature profonde de Deckard (humain ou répliquant) mais aussi car telle est son habitude de choisir l’acteur qu’il considéré juste pour le rôle et de son concentrer sur le visuel de ses films. Ainsi Ford semble souvent perdu et dépassé par les évènements, ne pas vraiment savoir qui il est ou si ce qu’il fait est « juste », il se dégage de lui une sorte de froideur et d’absence qui colle parfaitement à la dualité que souhaitait suggérer Scott. Il est désabusé et blasé en tant qu’ancien Blade Runner qui à raccroché le manteau et se replonge dans ses souvenirs lointain dans son passé pour se retrouver ou bien froid et inhumain comme un répliquant sans empathie mais qui fonctionne au milieu des humains grace aux souvenirs implantés en lui pour lui donner une base humaine (voir à ce sujet le documentaire sur les petits détails oculaires disséminés par Scott à travers le film et qui entretiennent le débat sur la nature de Deckard). Les questionnements générés par ce jeu du réalisateur sont nombreuses et essentielles et il se garde bien d’y répondre la ou KDick malgré une autre orientation et philosophie générale les développait et les explorait dans son livre sans pour autant y donner de réponse définitive pour autant.

A ce titre l’une des clefs du film nous semble être le très énigmatiques personnage de Gaff (interprété à la perfection par Edward James Olmos qui à éte jusqu'à crée son propre language de la rue basé sur une langue Européenne) qui semble être le puppet master, celui qui tire les ficelles et dont les rares interventions sont toujours déterminantes quand à la suite de l’ histoire ou l’évolution de Deckard. Son allure, ses habits de Dandy du futur (alors qu’il est censé être un simple flic de rue), son accent et sa langue mais surtout ses phrases énigmatiques en font un des mystéres les plus fascinants du film.
Pour terminer et tenter de faire court, nous nous devons de porter aux nues le travail de Scott en tant que grand orchestrateur de ce tournage dantesque, initiateur de la vision incroyable de ce futur qui à su tirer de ses collaborateurs exactement ce qu’il souhaitait, puisant dans leur créativité tout en l’intégrant à son projet global. Cette volonté de réalisme du futur décrit combiné à une extréme sophistication de tous les départements visuels du film est un paradoxe total qui fonctionne pourtant à plein régime et participe grandement à la fameuse fascination dégagée par le film (comme il l’avait déjà fait à une moindre échelle dans Alien en introduisant la rouille et la décrépitude logique d’un grand vaisseau dans l’espace tout en le filmant très élégamment et avec une photographie qui embellissait le tout). Et ce qui frappe toujours à la vision de Blade Runner est la splendeur de sa photographie si particuliére que Ridley Scott et Jeff Cronenweth ont concoctés ensemble et on passés tant de temps et d’énergie a mettre au point, allant jusqu'à penser ses décors et scénes en fonction de l’effet qu’il souhaitait rendre.

En esthéte affirmé, en amateur des arts, Ridley Scott à mis tout son talent de génie visuel au service de son film. Mais au dela de l’aspect esthétique le film fonctionne à tous les niveaux, le moindre détail à été pensé et réfléchit pour s’intégrer de façon logique au film de façon a tendre vers les idées et questions profondes que le film véhicule. Avec une base aussi solide que celle du génial roman qu’est Do androids dream of electric sheep mais en le faisant presque totalement sien au final (même si comme nous le disions les visions de Scott concordent totalement avec celle de KDick 24 ans plus tôt), Scott réalise clairement son chef d’œuvre, état de grace crée dans le chaos qu’il ne retrouvera malheureusement jamais plus dans sa future carrière. Malgré le peu d’estime que nous portons à la suite de son œuvre Ridley Scott garde une place toute particuliére dans notre panthéon personnel mais aussi dans celui du cinéma en général en ayant posé sa marque indélebile à travers deux chefs d’œuvre, Alien et Blade Runner que nous vous conseillons vivement de découvrir si ce n’est déjà fait et que vous ne connaissez que l’homme pour son Gladiator qui n’est jamais une seconde au niveau de ces deux œuvres magistrales.



Image
L'image est présentée au format respecte de 2.35:1 d'après un transfert 16:9 entièrement restauré de la façon la plus poussée qui soit. Les quatre versions proposées offrent les même spécifications ci-dessus mais les versions n'étant pas les même, nous parlerons en premier lieu et en détails de la version inédite et principale de coffret, le fameux "Final Cut", puis ensuite des trois autres versions (le Director's cut de 1992, et la version Internationale de 1982 et la version cinéma de 1982 présentées sur le même disque grâce a un aiguillage automatique) traitée de façon plus succincte.

La définition générale de ce nouveau montage est proprement exceptionnelle en soi pour un film datant de 1982, aussi travaille visuellement et surtout aussi difficile a rendre en vidéo a priori mais devient phénoménale lorsqu'on la compare a l'horrible première édition sortie en 1987 même si il ne s'agit pas du même montage. L'interpositif est totalement immaculé et plus aucune trace de points ou traits n'est visible et ce même sur très grand écran en vidéoprojection. A part, furtivement sur une ou deux scènes d'effets spéciaux, aucun grain n'est visible mais jamais l'image ne semble avoir été trop digitalisée et offre un rendu cinéma proprement sidérant pour un film en DVD.

Les couleurs de la sublime et extrêmement complexe photographie de Jeff Cronenweth sont rendues a la perfection d'autant plus que l'abondance de lumières au néon et la prépondérance de fumées ainsi que de la pluie sur ne rend pas la tache facile, loin de la. Et pourtant malgré toutes ces difficultés les couleurs sont extrêmement naturelles et juste sur les tons de peau, toujours constantes (malgré les néons elle ne "bavent" jamais) et en permanence parfaitement saturées, ce qui était primordial pour le rendu de ce film et le principal défaut des précédentes éditions. Le contraste est comme il se doit gère à la perfection surtout après une telle restauration et aucune brillance artificielle n'est décelable. Les scènes sombres sont rendues a la perfection grâce à des noirs d'une pureté et d'une profondeur sans aucune mesure avec ceux de la précédente édition. Malgré le cote vraiment sombre du film, et même plus sombre que sur les précédents montages, de nombreux détails caches dans le noir et précédemment invisibles apparaissent maintenant pour notre plus grand plaisir de spectateur. Enfin la partie numérique est plus que largement a la hauteur de ce transfert exceptionnel puisqu'à part une ou deux traces de
surdéfinition (visibles uniquement sur un écran au delà de 115 cm et pour un œil entraîné) aucun autre éventuel défaut artificiel n'est a déplorer.

A noter que conformément aux différentes rumeurs qui ont envahies le net, la photographie à été légèrement retouchée par Ridley Scott et Jeff Cronenweth et qu’a nos yeux si l’ambiance générale tire plus vers le bleu que les tons ocres dont nous avions l’habitude, nous n’avons jamais ressenti de « trahison » de l’œuvre que nous connaissont pourtant très bien. A la rigueur la différence la plus flagrante se situe plus au niveau de la luminosité du film et de son contraste. Cette nouvelle version est visiblement plus sombre et bien plus contrastée que les précédentes, ce qui à été rendu possible par la sublime remasterisation effectuée. Nous sommes totalement positifs sur ces changements subtils qui font du visionnage de Blade Runner une expérience encore plus intense, fascinante et immersive.

Un immense merci donc à la Warner d’avoir pris son temps (la sortie de ce coffret à été maintes fois repoussée) pour nous offrir un transfert absolument sublime d’un film que nous avouons n’avoir jamais imaginé revoir dans d’aussi bonnes conditions. Nous nous devons de préciser que la version HD est encore plusieurs crans au dessus et « corrige » tous les légers défauts visibles sur cette édition DVD et propose clairement l’image la plus impressionnante qu’il nous ait été donné de voir en HD (age et difficulté de restitution de l’œuvre prise en compte). Nous encourageons donc la Warner à restaurer d’autres de ses titres phares selon la même technique et de nous proposer ainsi un vrai rêve de cinéphile devenu réalité.







Son
Les quatre bandes-son proposées sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1), Anglais (Dolby 2.0 surround), Français (Dolby Digital 5.1) et Français (Dolby 2.0 surround).

La bande-son Anglaise en 5.1 étant présente sur toutes les versions du film de ce coffret c’est celle que nous critiquons donc aujourd’hui.
Sa dynamique est de très bon niveau sans atteindre celles de bandes-son récentes toutefois. Sa présence et sa spatialité subissent les même commentaires mais nous nous devons de noter que l’ensemble est très largement supérieur aux affreuses et faibles bandes-son des éditions précédentes.
La géniale musique de Vangelis est admirablement rendue, sans aucune limitations audibles dans le haut ou le bas du spectre. Elle par ailleurs et fort logiquement intégrée à la perfection au reste de la bande-son.
Les enceintes arrières sont très bien utilisées même si dans ce domaine il est clair que l’age du film se fait sentir par rapport aux bandes-son les plus récentes. Les ambiances sont remarquablement restituées avec finesse et précisions mais c’est sur les scènes « d’action » que les enceintes arrières s’avèrent moins percutantes sans que cela soit pour autant un reproche. Mais c’est bel et bien la musique extrêmement atmosphérique de Vangelis qui profite au mieux des enceintes arrière pour un rendu qui donne des frissons
Les voix sont en permanence parfaitement intelligibles mais on peut à quelques reprises entendre des faiblesses dans le haut du spectre sans que jamais cela ne devienne à un seul moment gênant, juste éventuellement audible pour les oreilles les plus entraînées et cherchant directement le problème. Aucune trace de parasites ou distorsion ne sont audibles et ce même à très fort volume, ce qui est maintenant possible avec cette édition et donc conseillé.
Les basses fréquences sont elles aussi remarquablement gérées amenant un surplus d’assise et de poids au rendu musical principalement. L’ambiance en devient d’autant plus prenante que les basses fréquences sont bien présentes même si elles auraient peut être un peu plus développées sur les effets sonores même si ils sont très satisfaisants.

La bande-son Française en 5.1 est à la hauteur de son homologue anglaise et les deux bandes-son en Dolby Surround sont clairement en dessous même si largement supérieure aux bandes-son présentes sur les précédentes éditions DVD.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.

Une bande-son multicanal superbement remixée qui remet cette bande-son presque au même niveau qu’une bande-son récente et offre des conditions de visionnage presque parfaites. La Warner à appliqué le sérieux et la profondeur de la remasterisation de l’image de cette édition au son pour le plus grand plaisir des spectateurs qui se retrouvent totalement immergés dans ce film qui demandait clairement un tel travail.










Suppléments/menus
Comme vous pouvez vous en douter avec 4 disques dans ce coffret, les suppléments sont à la hauteur de la qualité de la remasterisation et nous pouvons d’ores et déjà qualifier cette édition de plus complète jamais proposée pour un seul film.

Sur le premier disque proposant le Final Cut du film sont donc proposés une introduction minimale et quasi inutile de Ridley Scott mais surtout pas moins de trois commentaires audio.
Le premier commentaire est exécuté par Ridley Scott tout seul et s’avère résolument passionnant de bout en bout, abordant toutes les questions liées à la conception et la réalisation du film que ce soit des éléments philosophiques ou technique, ce qui permet au spectateur de vraiment comprendre ce que souhaitait faire Scott sur cette œuvre, l’écoute en est totalement indispensable.

Le second commentaire audio regroupe donc les scénaristes Hampton Fancher et David Peoples mais également les producteurs Michael Deeley et Katherine Haber. Cette fois çi curieusement ce sont les producteurs qui se montrent plus intéressants de par leurs anecdotes et leurs explications de décisions par rapport aux deux auteurs qui se congratulent l’un l’autre sans vraiment rentrer en détails sur les problèmes d’adaptation au travail de KDick ou bien de Peoples qui à du retravailler le scénario de Fancher. Ce commentaire contient de nombreuses informations importantes mais s’avère parfois ennuyeux à écouter tant l’exercice ne semble pas préparé et les divers intervenants ne sont pas connectés.
Le troisième et dernier commentaire est quand à lui effectué par le dessinateur Syd Mead, le production designer Lawrence G. Paull, le directeur artistique David L. Snyder ainsi que les responsables des effets spéciaux Douglas Trumbull, Richard Yuricich et David Dryer. Pour un commentaire qui aurait pu se montrer aride de par sa technicité, cette piste est une excellente surprise. L’aspect artistique si important dans ce film à clairement passionné ces hommes qui nous le restituent à travers un commentaire à plusieurs voix des plus enjoués et passionnants, ne laissant jamais son auditeur sur le bord de la route. A nouveau vivement recommandé pour tous ceux qui pourraient être passionnés par l’aspect technique du film et même les autres tant cette piste est riche d’informations.

Le second disque est entièrement consacré au documentaire fleuve de 3h34 intitulé « Dangerous Days : Making Blade Runner ». Nous avons été complètement soufflés par la qualité de ce documentaire qui n’ennuie jamais malgré sa durée démesurée et traite de tous les aspects du film a travers de très nombreuses interviews de tous les artistes ayant participés à la création du film. Très bien découpé et rythmé, ce documentaire s’avéré totalement fascinant de par son ampleur et sa franchise puisque la langue de bois en est clairement bannie. Les réussites, les ratages, les doutes sont tous présentés et discutés de façon ouverte et impartiale pour dresser un portrait passionnant car réaliste de la tache ardue et titanesque que fut la création de ce film magique. A nouveau ce documentaire est totalement indispensable pour tout le monde car il permet de jeter un nouveau regard sur le film à tous les points de vue sans que jamais la durée ou la redondance ne fasse son apparition. L’attente fut longue mais est largement récompensé par ce qui est clairement le documentaire sur une seule œuvre le plus impressionnant que nous ayons pu voir.

Sur le troisième disque sont proposés en suppléments trois autres versions du film a travers le procédé Seamless Branching. Chaque version est présentée aussi brièvement et sans réelle conviction que pour le nouveau Final Cut par un Ridley Scott décidément peu engageant malgré son indéniable talent. Il s’agit donc de la version américaine de 1982, de la version internationale de 1982 ainsi que du montage appelé Director’s Cut ressorti en 1992. Nous ne tenterons pas d’isoler les différences entre les divers montages mais tenons à préciser que les deux versions de 1982 comprennent une voix off par Harrison Ford qui à notre gout personnel diminue l’impact du film car souvent redondante et seulement descriptive, ne retrouvant jamais l’atmosphère fascinante des films noirs de l’époque. Comparées à l’image du Final Cut, la qualité est en dessous mais reste excellente et très largement supérieure à n’importe quelle précédente incarnation vidéo du film.

Enfin sur le quatriéme disque sont offerts un pléthore de suppléments divers et variés.
Pas moins de 4 documentaires pour une durée totale de 103 minutes : « The Electric Dreamer: Remembering Philip K. Dick », « Sacrificial Sheep: The Novel Vs. The Film”, “Signs of the Times: Graphic Design”, “Fashion Forward: Wardrobe and Styling”, «The Light That Burns: Remembering Jordan Cronenweth”, “Promoting Dystopia: Rendering the Poster Art”, “Deck-A-Rep: The True Nature of Rick Deckard”, “Nexus Generation: Fans and Filmmakers”.


Chacun traite de façon surprenante de sujets non abordés dans le documentaire principal. Le plus intéressant est clairement celui qui compare les différences nombreuses et majeures entre le fabuleux livre de Philip K Dick et son adaptation cinématographiques et aide à comprendre en quoi malgré l’immense réussite qu’est le film, le livre est clairement au dessus et représente une expérience artistique bien différente. Le film est loin d’être la version filmée du roman mais au contraire en est une extrapolation sur une base commune. Egalement essentielle est la partie ou les divers interviewés discute de leur position quand à la question de savoir si Rick Deckard est un répliquant ou non. Son aussi bien intéressantes les réactions de différents cinéastes nous donnant leur sentiments et pistes par rapport au film, son ambiance et son mystère. Les parties sur la photographie de Jeff Cronenweth, le design général et les costumes sont également fascinantes car elle permettent de vraiment prendre la mesure de leur importance dans le film qui serait déjà génial rien qu’en considérant ces aspects la qui en restent presque les plus emblématiques d’une œuvre qui comportent pourtant bien d’autre richesses. Et celle sur la conception des visuels entourant la sortie marketing du film est plus anecdotique mais surprend également par le soin qui y fut apporté. La partie la plus décevante se montrant celle du portrait de Philip K Dick vraiment trop sommaire et simplificateur qui présente mal cet artiste hors normes qui à vécu son univers autant qu’il l’a écrit qui pourra paraitre comme juste un auteur de plus aux yeux des spectateurs qui le découvriraient à travers ce documentaire alors qu’il est sans contestation possible l’un des artistes les plus importants et essentiels de la deuxième moitié du 20éme siècle et l’un des très rares « penseurs du futur ».

Fort heureusement est inclus un segment audio d’un total de 22 mins intitulé « Philip K. Dick: The Blade Runner Interviews ». Nous savons qu’il existe une version vidéos de ces interviews absolument passionnante et il est dommage que ce ne soit pas cette version qui ai été incluse tant KDick se montrait un personnage totalement fascinant. Ces interviews sont résolument passionnantes et fonc comprendre à quel point sa présentation critiquée plus haut est loin d’en saisir la complexité et l’intérêt. Totalement indispensable pour les amateurs de ce grand écrivain toujours largement incompris et dépassant largement le cadre de la simple science-fiction telle que la conçoit généralement le grand public.

Mais cela est loin d’être tout puisque sont également offerts trois documentaires d’époque, “On the Set”, “Convention Reel” et “Behind-the-Scenes Outtakes” d’une durée totale de 36 minutes. Et a nouiveau de façon surprenante elles abordent le film alors en tournage de façon différente de la quantité déjà phénoménale de documentaires traitant du film. Hormis la musique très typée année 70 qui accompagnent ces documentaires promotionnels et non retrospectifs, et hormis la partie on the set qui récapitule les divers personnages présentés par leurs acteurs respectifs, les documentaires promotionnels actuels feraient bien de s’inspirer de ceux la.

Puis sont proposés 8 minutes de tests pour deux différentes actrices pour incarner Pris et Rachel.

Sont également disponibles pas moins de 24 scénes coupées ou allongées pour une durée totale de 47 mins. Ces scènes coupées démontrent bien à quel point Ridley Scott à su épurer son film pour n’en retenir que les scénes les plus marquantes et passionnantes tant à aucun moment du visionnage de ces scènes alternatives ou coupées on ne ressent la sensation d’un manque dans le long métrage final (ou du moins l’un des montages final).

Enfin pour terminer ce quatrième disque sont montrées 5 bandes-annonces et un spot TV pour les différents montages du film.

Ouf, après la plus longue critique de suppléments que nous n’ayons jamais eu à écrire nous ne pouvons qu’exprimer notre totale admiration devant cette avalanche ininterrompue de segments passionnants et signifiants. Nous ne pouvons donc raisonnablement que décerner notre palme personnelle du meilleur et plus complet ensemble de suppléments que nous ayons eu à chroniquer durant les 6 dernières années. Nous félicitons donc à nouveau la Warner et l’incitons à appliquer le même traitement à autant de chefs d’œuvres possible au sein de leur catalogue.










Conclusion
Comme vous pouvez vous en douter nous ne pourrons qu’être dithyrambique pour notre conclusions tant les superlatifs mérités constituent la majeure partie de cette chronique fleuve. L’image et le son de cette édition sont tout bonnement exceptionnels, d’autant plus si l’on considère l’age et la complexité de restitution de ce film et ils sont qui plus est supportés par l’ensemble de suppléments le plus impressionnant que nous ayons pu voir de notre carrière de chroniqueur de DVD. Donc achetez cette édition les yeux fermés sans même vous poser de questions si ce n’est celle de savoir si l’édition HD (HD-DVD ou Blu-ray) ne va pas vous décider à sauter le pas vers la Haute Définition tant elle encore qualitativement supérieure de façon évidente sur cette déjà sublime édition DVD.

Blade Runner est un film unique, une pure œuvre de Science-Fiction au vrai sens du terme puisque les questions qu’il pose et les problèmes qu’elle soulève sont directement liés à des technologies qui n’existent pas encore et l’on doit cela au génie philosophique précognitif de l’immense Philip KDick. Même si le film s’éloigne du livre que ce soit dans les actions présentées, le style ou les positions philosophiques, le fait d’avoir un artiste aussi talentueux, visionnaire et méticuleux que Ridley Scott et ses techniciens fait que le film est lui aussi un pur chef d’œuvre qui part dans une direction autre sur une base commune. L’influence visuelle qu’a eu le film sur le monde du cinéma de SF est phénoménale. Son statut d’œuvre culte est pour une fois totalement justifiée et s’est bâtie sur la passion de ses admirateurs qui ont fini par en faire un classique et un succès énorme alors que sa sortie cinéma fut un quasi échec du fait de sa nouveauté thématique, visuelle et stylistique. Si vous avez la chance de n’avoir jamais vu Blade Runner, jetez vous sur ce nouveau Final Cut. Quand à ceux qui le connaissent et l’apprécient déjà nous nous pouvons que vous inciter à retenter l’expérience dans ces conditions idéales.



Qualité vidéo:
4,5/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
4,8/5

Rapport qualité/prix:
4,4/5

Note finale:
4,6/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2008-06-19

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur hybride LG BH100, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Blade Runner

Année de sortie:
1982

Pays:

Genre:

Durée:
117 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
4 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Commentaires audio, documentaires, trois autres montages du film

Date de parution:
2007-12-18

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