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Kiss Of The Dragon (Fox)

Critique
Synopsis/présentation
À en croire le principal intéressé, Luc Besson songerait sérieusement à abandonner son métier de réalisateur pour se concentrer uniquement à la scénarisation et à la production. Besson explique cette décision en affirmant qu'il n'a plus rien à dire, à raconter, en tant que réalisateur. Pour compléter son œuvre, il juge qu'un seul dernier sera peut-être nécessaire.. Est-ce là un moyen du célèbre réalisateur français de camoufler un réel manque d'inspiration ? Ou ce dernier est-il si prétentieux qu'il ose croire que sa filmographie pourrait être qualifiée d'œuvre ? Quoi qu'il en soit, Luc Besson n'a jamais réellement signé de chef d'œuvre en tant que réalisateur, et il faut bien admettre que son parcours de producteur et scénariste débute de façon plutôt tiède. Bien qu'étant des succès populaires incontestables, les deux Taxi sont tout au plus des divertissement potables. En 2001, c'est une collaboration avec nul autre que la méga-star asiatique Jet Li que le producteur s'est offert, et les spectateurs étaient en droit de s'attendre à bien mieux que ce qu'ils ont obtenus… Non pas que Kiss Of The Dragon, produit et co-scénarisé par Besson d'après une idée de Jet Li lui-même, soit un film entièrement raté. Il s'agit plutôt d'une autre tentative un peu boiteuse de faire découvrir le talent et les prouesses de Jet Li à un public occidental. Renommé depuis longtemps en Asie, Jet Li semble en effet éprouver quelques difficultés à trouver un projet qui saurait prouver son talent en dehors du continent asiatique. Les chefs d'œuvres chinois du maître Li sont encore inconnus du public moyen, et ses œuvres commerciales récentes (Leathal Weapon 4, Romeo Must Die) n'étaient que des travestis aseptisés des films chinois de Jet Li. Kiss Of The Dragon fait un peu mieux que ces deux œuvres, mais malheureusement, c'est toujours insuffisant. Il s'est déjà fait bien mieux, il y a déjà de ça plusieurs années. Quelques scènes de combats sont particulièrement saisissantes (dont une scène ou Jet Li fait face, seul, à une armée de 25 karatékas français), grâce à la collaboration qu'entretient la star avec le chorégraphe Corey Yuen. Le hic, c'est que le jeune réalisateur français Chris Nahon semble avoir quelques difficultés à capter toute la complexité des mouvements d'art martiaux. Le résultat est parfois confus, et l'impact des combats en est amoindri.
Mais là n'est pas le seul problème de cette mise en scène. Le cinéaste a visiblement soigner la réalisation de chacunes des scènes, mais en négligeant le fil narratif de l'oeuvre. Le film est certes bien photographié, mais le montage de ces scènes disparates donnent au film un rythme particulièrement défaillant et sinueux.
Comme si ce n'était pas suffisant, du début à la fin on remarque tellement de similarités avec d'autres œuvres de Besson que c'en est déplaisant. Il semblerait qu'à titre de producteur et scénariste, Besson n'ait pas hésité à apposer sa signature dans le film. Ainsi, la photographie, assurée par Thierry Arbogast, un collaborateur de longue date de Besson, est particulièrement similaire à celle de Leon : The Professionnal. Même l'histoire du film reprend des thèmes étrangement similaires à ceux de Leon. Un héros solitaire et mystérieux (Jet Li) prend sous sa tutelle une femme déchue et meutrie (Bridget Fonda) et entre ainsi en lutte avec un policier débile et corrompu (Tcheky Karyo). Dans le cas de Leon, remplacer les noms précédents par ceux de Jean Reno, Nathalie Portman et Gary Oldman et vous avez le portrait. Mais là où Leon réussissait à toucher, le scénario de Kiss Of The Dragon ne réussit jamais à nous émouvoir, d'abord par le rythme défaillant du film, mais aussi à cause de ses situations convenues et des dialogues maladroits. Et puis, de voir des français causer entre eux en anglais et plutôt dure à avaler... Meilleure chance la prochaine fois pour Besson, mais surtout pour Jet Li...
Note : Deux éditions de Kiss Of The Dragon sont disponibles en Zone 1: une distribuée par Fox, et l'autre, destinée au marché francophone québécois, par Christal Films. Il y a des différences substantielles entre ces deux éditions. Prenez note que la présente critique traite de l'édition produite par Fox.


Image
Kiss Of The Dragon nous est présenté en format original de 2.35:1 et ce, d'après un transfert anamorphique.
La qualité générale de ce transfert est très bonne, sans toutefois être excellente. L'image est nette, les détails et les textures sont rendus avec précision. La colorimétrie est reproduite avec constance et naturalité, tandis que la saturation est parfaitement balancée. Les teintes cutanées sont naturelles et ne laissent transparaître aucune dominante indésirable. Les contrastes paraissent correctement balancés, quoique dans certaines scènes, ceux-ci semblent légèrement trop accentués. La brillance est juste et constante, elle ne présente aucune fluctuation.
De façon générale, les parties sombres sont correctement dégradées , seuls quelques plans paraissent à l'occasion un peu bloqué. Les noirs sont purs et solides, sans qu'il y ait trace de fourmillement. Seul défaut véritablement apparent de ce transfert, une sur-définition des contours parfois apparente qui distrait.


Son
Cette édition distribuée par Fox n'offre que deux bandes-son anglaises (Dolby Digital 5.1 / 2.0 Surround) et un doublage espagnol (Dolby Surround 2.0). Pour le doublage français, vous devrez vous opter pour l'édition de Christal Films. Le mixage Dolby Digital 5.1 est d'un dynamisme efficace et d'une spatialité somme toute convaincante. Les canaux d'ambiophonies sont généreusement mis à contribution pour à la fois créer un espace sonore crédible, ainsi que donner beaucoup d'impact aux scènes d'action (effets tapageurs localisés). Quelques transitions de canaux efficaces sont aussi de la partie. La trame-sonore est intégrée avec fidélité à l'ensemble. Par contre, nous déplorons qu'à certaines occasions la musique soit tout simplement trop proéminente, ce qui agace et distrait notre attention. Un peu plus de retenue aurait certainement été de mise. Les dialogues sont toujours intelligibles (pour autant qu'on puisse saisir l'accent des interlocuteurs…) et parfaitement clairs et nets. Les basses font preuve d'une belle présence. Elles sont profondes et efficaces. Le canal .1 (LFE) est judicieusement utilisé, l'impact des basses fréquences est parfois brutal !
Il va sans dire que le mixage anglais Dolby Surround 2.0 présente une spatialité plus étouffée, ainsi qu'un dynamisme restreint et des basses moins subtiles. À noter que seuls des sous-titres anglais et espagnols sont offerts avec cette édition.


Suppléments/menus
Fox n'a pas eu la prétention d'inclure la mention édition spéciale sur le boîtier de Kiss Of The Dragon. Néanmoins, plusieurs suppléments sont offerts sur cette édition et leur qualité varie de bonne à tout juste passable.
Tout d'abord, vous retrouverez une piste de commentaires audio animée par le réalisateur Chris Nahon, l'acteur chinois Jet Li, et l'actrice américaine Bridget Fonda. Il est vite évident que les trois commentaires ont été enregistrés séparément, il n'y a aucune interaction entre eux. Grâce à la qualité de son articulation, c'est Bridget Fonda qui obtient les plus longues interventions. Pendant que les deux autres font bien ce qu'ils peuvent pour se débrouiller dans une langue qui ne leur est apparemment pas familière, Mme Fonda discute avec aisance et générosité de son expérience sur le tournage. Les propos de Jet Li sont plus axés sur les motivations de son personnage, tandis que Chris Nahon aborde diverses techniques de réalisation. Règle générale, les propos sont intéressants et bien montés, mais les accents des deux hommes rendent l'écoute un tantinet difficile.
Quelques segments vidéos sont également offerts sur cette édition. Le plus intéressant de tous est certainement Jet Li : Fighting Philosophy (11 min), un court documentaire durant lequel la star offre une sorte d'autoportrait de lui-même. De son parcours jusqu'à sa philosophie, Jet Li s'ouvre humblement aux spectateurs pour notre plus grand plaîsir. Malheureusement, comme tous les segments vidéos de cette édition d'ailleurs, un nombre élevé de scènes du film entrecoupent cette entrevue, ce qui donne un aspect promotionnel et agaçant à l'ensemble.
Autre documentaire intéressant, Cory Yuen : Action Academy (8 min) nous permet d'entendre le témoignage du chorégraphe Cory Yuen. Il explique lui-aussi son parcours et explique son travail. Fascinant mais, à nouveau, trop de scènes du film entrecoupe les propos de l'interveant.
La section intitulée Police Gymnasium Fight: Martial Arts Demo vous permet de visualiser deux répétitions de cette fameuse scène du film, où le chorégraphe Cory Yuen pratique les mouvements avec deux cascadeurs. Intéressant, mais un peu répétitif. On The Set Action (2 min) est un court montage montrant en alternance les meilleurs scènes d'action du film et quelques images de ces scènes filmées en coulisse. Franchement, nous recherchons toujours l'intérêt de ce supplément… Le dernier documentaire est simplement intitulé Featurette (4 min). Il ne s'agit de rien de plus qu'un de ces segments promotionnel ressemblant d'avantage à une longue bande-annonce mêlée à quelques entrevues que d'un documentaire proprement dit. Vous n'apprendrez strictement rien sur le tournage du film.
Vous retrouverez ensuite deux sections offrants des scénarimages. La première nous présente deux comparaison entres des scénarimages et la séquence complète du film, tandis que la deuxième n'est présentée que sous la forme d'une galerie d'images on ne peut plus classique.
Une galerie de photographies est aussi incluse, celle-ci s,affiche sous la forme d'un montage vidéo accompagné d'une musique. Notons que le montage de ces photographies est plutôt efficace, sans pour autant que le matériel présenté ne soit particulièrement intéressant. Vous retrouverez finalement la bande-annonce originale ainsi que 6 publicités télévisuelles.



Conclusion
Cette édition est satisfaisante. La qualité d'image est très bonne tandis que la bande-son est solidement rendu. Les suppléments sont généreux malgré le fait qu'ils soient d'une qualité inégales.
Cependant, pour le consommateur francophone, il manque un élément de taille : une bande-son française. Ceux souhaitant entendre ce film dans la langue de Molière devront opter pour l'édition Christal Films.


Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
3,9/5

Suppléments:
3,1/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,6/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2002-01-18

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Kiss Of The Dragon

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
98 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais (CC)
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaires, démonstrations d'arts martiaux, comparaisons de scénarimages et bandes-annonces.

Date de parution:
2002-01-22

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