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DVDEF

One, The (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Croyez-le ou non, mais Jet Li a refusé un rôle important dans The Matrix 2 & 3, deux des films les plus attendus des prochaines années, pour se consacrer en lieu et place au tournage du film de série B The One. Mais qu'est-ce qui expliquerait ce choix de carrière douteux ? Et bien d'une part, dans les suites de Matrix, Jet Li n'aurait pas eu la tête d'affiche, mais bien un rôle secondaire. Un rôle important, certes, mais cela n'en fait pas moins un rôle de second plan. Tandis qu'avec The One, il avait non seulement la tête d'affiche à lui-seul, mais il avait aussi l'occasion d'y interpréter deux rôles à la fois (un rôle que Van Damme aurait certainement apprécié !). Qui plus est, la très longue période de production des deux suites de The Matrix, qui sont tournées simultanément, hypothéquait l'agenda de Jet Li pour plusieurs mois. À l'inverse, The One est un film court (à peine 87 minutes) qui allait être complété en quatre fois moins de temps. Or, à Hong-Kong, les films sont tournés à un rythme effréné, beaucoup plus rapidement qu'en occident. Il était donc impensable pour Jet Li, un habitué de ce style de production, de songer un instant à suspendre sa carrière pendant près d'un an pour la production de deux suites dans laquelle sa visibilité aurait été moindre. Le film aurait été un succès, certes, mais dans la mentalité chinoise, l'idéologie est de tourner le plus de film possible dans les plus brefs délais possibles. Qu'importe si quelques uns de ces films sont mauvais car du nombre, certains courent certainement la chance d'être réussis ! Le hic, c'est qu'en Amérique du nord les choses sont différentes. Les long-métrages se tournent plus lentement, et une seule bombe au box-office suffit parfois à démolir une carrière. Ainsi, considérant que Jet Li n'a pas encore acquis aux États-Unis une notoriété digne de celle qu'il possède en Chine, il devrait être autrement plus prudent quant à ses choix de scénario. Un réel succès au box-office, de la trempe de The Matrix par exemple, suffirait à solidifier sa position à Hollywood. Mais Jet Li à préféré jouer ses cartes autrement…
Malgré une prémisse fort intéressante, The One est un film mineur, une fable de science-fiction de bas étage sauvée par quelques scènes d'action réussis et par l'originalité de son sujet. Le concept du film est celui que notre univers tel que nous le connaissons n'est pas unique… Il s'agirait en fait d'un multivers, un ensemble contenant pas moins de 125 univers parallèles dans lesquels évoluent des incarnations à peine différentes de nous-mêmes. Mais voilà que la possibilité de voyager d'un univers à un autre a été découverte, et qu'un vil individu se met ainsi à tuer froidement tous les doubles de lui-même, afin de devenir la seule et unique incarnation de lui-même. Pourquoi ? Et bien à chaque fois qu'un double est exécuté, son énergie vitale est re-distribuée à travers tous les autres survivants. En étant le seul survivant, il serait donc sur-humain. Une seule chose viendra contrecarrer son plan machiavélique : son dernier double vivant, qui lui aussi a acquis la même force, rapidité et intelligence surhumaine. Un combat de Titan s'ensuivra pour déterminer qui sera le seul…
De cette prémisse intrigante et prometteuse, les auteurs du films n'ont conservé qu'une mise en contexte narrée en voix off en ouverture du film, pour ensuite ne se concentrer que sur l'élément le plus vendeur : l'action. Et de l'action, il y en a à revendre. Sur les quelques 87 minutes que dure le film, les temps morts sont pratiquement inexistants. En fait, le rythme du film est si trépidant que c'en est presque essoufflant. Le montage aurait gagné à être mieux dosé, de façon à créer une tension en crescendo. Tel quel, la tension est la même du début à la fin. Qui plus est, les auteurs gaspillent si peu de temps à développer les personnages qu'il est impossible de compatir à leur sort. Finalement, il aurait été intéressant que les enjeux de la thématique des univers parallèles, si prometteuse, soit d'avantage abordée. Mais là encore, les scénaristes se sont posés très peu de question, préférant laisser plusieurs questions en suspens, au risque de sacrifier toute crédibilité. Heureusement, la mise en scène musclée saura certainement en offrir pour son argent à l'amateur du film d'action. James Wong, chez qui on découvrait un réel talent dans sa composition d'image avec son précédent film Final Destination, prouve à nouveau qu'il possède un sens visuel intéressant. Le combat final, chorégraphié par l'associé de Jet Li habituel, Cory Yuen, est un réel morceau d'audace technique. Remarquez les étincelles qui tombent au ralentis, prouvant ainsi la rapidité avec laquelle les ennemis combattent…
Le film vaut aussi le coup d'œil pour le jeu physique de Jet Li. Le scénario n'offrait à l'acteur guère substance à exploiter, mais ce dernier s'est admirablement bien repris quant à son jeu physique. Pour chaque personnages, Jet Li a employé deux formes de Kung-Fu bien différentes qui les distinguent, mais aussi qui les caractérisent. Un bel effort, pour un film aussi vide.


Image
Deux formats d'image nous sont offerts avec cette édition: plein écran (4:3) et format original (2.35:1) d'après un transfert anamorphosé. Évidemment, nous ne nous attarderons que sur le second des deux formats offerts.
Ce transfert surprend par sa définition, l'image est nette, et les détails/textures sont rendus avec précision. Jamais ce transfert ne souffre d'un manque de piqué. La balance de couleurs varie tout au long du film mais il s'agit là d'un effet de style recherché pour différencier les différents univers. Incidemment, il est difficile de prétendre à un aspect naturel des couleurs. Cependant, celles-ci nous sont apparues pures, constantes et sans débordement. Les tons de peau sont d'aspect naturelle. La brillance est sans fluctuation, par contre les contrastes paraissent quelque peu sur-accentués. À noter également une sur-définition des contours apparente qui va jusqu'à provoquer des halos. Agaçant…
Les noirs, ceux-ci sont purs et profonds, sans aucune trace de fourmillement. Les parties sombres présentent des dégradés précis et subtils qui ne bloquent pas. À noter que l'interpositif utilisé pour le transfert est exempt de quelque anomalie que ce soit, et aucun défaut de compression n'est à déplorer.


Son
Deux bandes-son sont offertes sur cette édition. L'une est anglaise (Dolby Digital 5.1) et l'autre est un doublage français (Dolby Surround 2.0).
Comme le film est entièrement axé sur les scènes d'action et la musique tonitruante, le moins que l'on pouvait attendre de ce mixage était un grand dynamisme, une énergie débordante et une spatialité convaincante. Sans aucun doute, la bande-son anglaise livre la marchandise. Les éléments sonores ont été soigneusement intégrés pour ainsi créer un environnement définie, convaincant, et percutant. Dès les premières secondes, nous sommes plongé dans un champ sonore déployé de toutes les enceintes. Les effets d'ambiophonies sont judicieusement utilisés pour créer l'ambiance, mais aussi pour nous étourdir avec des effets sonores frappants clairement localisés. Nous notons également plusieurs transitions canaux à canaux tout au long du film. La trame-sonore, très appuyée, est intégrée avec toute la puissance et toute la fidélité voulue. Les dialogues, pour le peu qu'il y en aient, sont toujours intelligibles (malgré l'accent de Jet Li) et paraîssent naturelles. Les basses sont profondes et leur utilisation soutenue appuie parfaitement tant les effets sonores que la trame-sonore. Le canal .1 (LFE) manifeste également sa présence avec grand éclat, on dénote des basses allant parfois en deçà des 25 Hz.
Quel dommage que la Columbia/Tristar s'obstine à ne pas offrir de doublage en format Dolby Digital 5.1. Ici, la bande-son française manque cruellement de dynamisme et d'impact. La spatialité est moins crédible, tandis que les basses n'ont pas le même mordant. Qui plus est, les dialogues sont mal intégrés et manquent de naturel. Une panoplie de sous-titres sont offerts, soit en langue anglaise, française, chinoise, coréenne et thaïlandaise.


Suppléments/menus
Cette édition de The One nous est présentée sous la bannière Special Edition. Sans être exceptionnels, les suppléments offerts sur cette édition sont tout à fait honnêtes et vont un peu plus loin que les segments promotionnels si souvent offerts.
Vous retrouverez pour débuter une très bonne piste de commentaires audio co-animée par le réalisateur James Wong, le directeur artistique David Snyder, le directeur de la photographie Robert McLachlan et le monteur James Coblentz. Évidemment, simplement à en juger par les titres des intervenants, c'est à une piste au contenu très technique que nous avons affaire. Ici, on ne s'encombre pas de futilités anecdotiques ou autres résumés d'intrigue. Les animateurs savent de quoi ils parlent et n'hésitent pas à partager avec nous les facettes de leur travail et les défis rencontrés pour réaliser un tel projet. Très intéressant.
Quatre courts documentaires sont également offerts avec cette édition. Le premier, modérément intéressant, est intitulé Jet Li is The One (13 min.). Ce segment s'attarde très largement à l'univers du film et à la thématique qui y est abordée. Malheureusement, à l'instar du film lui-même, le scénario n'est que très sommairement abordé, les intervenants se contentant plus souvent qu'autrement de résumer l'histoire du film. Néanmoins, il est intéressant d'avoir le point de vue de plusieurs intervenants.
Beaucoup plus intéressant est Multiverses Create The One (19 min.), un segment entièrement dédié à la multitude d'effets spéciaux employés dans le film. Cette fois, l'information est beaucoup plus approfondie et pertinente. About Face (6 min) est un autre segment s'attardant aux effets spéciaux, plus particulièrement à la technique utilisée pour faire apparaître deux Jet Li simultanément à l'écran. Fort intéressant ! Finalement, The Many Faces of Jet Li (2 min) est un montage insipide de sessions de photographies où Jet Li revêt divers costumes et maquillages. Aucune information n'est divulguée.
Vous retrouverez finalement la bande-annonce originale, ainsi que des filmographies et un court montage faisant la comparaison entre une scène du film et une animation préparatoire



Conclusion
The One est un produit typique émergeant des studios hollywoodien à longueur d'année. Un divertissement excitant qui exige un minimum d'effort de la part du spectateur qui passe à la vitesse de l'éclair. Bref, si vous voulez vous distraire en à peine une heure et demi sans vous donner la peine de réfléchir un tant soit peu, vous apprécierez The One pour ce qu'il est. Sinon, vous risquez fort d'être déçu parce que le film est très loin de réinventer la roue. D'autres part, il serait difficile d'en demander plus à cette édition qui offre une qualité d'image des plus honnête, une bande-son étourdissante (au diable la subtilité !) et des suppléments plus que généreux pour un tel film.


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
3,2/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2002-03-14

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
One, The

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
87 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Columbia Tristar

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1 et 1.33:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Oui

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais (CC)
Français
Chinois
Coréen
Thailandais

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaires, comparaison d'animations et bandes-annonces.

Date de parution:
2002-03-05

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