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DVDEF

Black Sunday

Critique
Synopsis/présentation
John Frankenheimer est un grand réalisateur hollywoodien qui tourna de véritables chef d'oeuvres à ses débuts mais dont la fin de carrière se révéla beaucoup moins intéressante.

Il fut l'un des pionniers de la télévision américaine puis signa une série de films passionnants, au style visuel impressionnant et à la thématique complexe et puissante.
Ses plus grandes réussites sont des films inoubliables qui marquent leur spectateur de façon indélébile et offrent un point de vue très arrêté sur les dérives de notre société et de ses dirigeants ainsi que de la difficulté d'y vivre. A noter sa capacité à mettre en place des introductions et des finals vraiment impressionnants, et à rendre les atmosphères paranoiaques et tordues vraiment tangibles et donc dérangeantes pour les spectateurs.
Nous vous conseillons donc de visionner les oeuvres suivantes : The Young Savages (1961), Birdman of Alcatraz (1961), The Manchurian Candidate (1961), Seven Days in May (1964), The Train (1964), Seconds (1966), The Fixer (1968), The Gypsy Moth (1969), I Walk The Line (1970).

Dans Black Sunday (1976), on suit un groupe de terroristes palestiniens tentant de perpétrer un attentat durant la finale du Superbowl américain. Leur tête pensante, Dahlia Iyad (Marthe Keller), sera aidée dans cette tâche par son compagnon, le Capitaine Michael Lander, ancien héros de guerre qui n'a pas été soutenu par son gouvernement et en éprouve une haine intense renforcée par les troubles mentaux déclenchés par les tortures qu'il a subi lors de sa détention au Viêtnam.
Leurs plans seront contrecarrés par un commando israelien mené par le taciturne mais efficace Major Kabokov (Robert Shaw) qui tentera par tous les moyens possibles de faire échouer leur plan.
Les deux parties sont obsédées par leur cause et ne reculeront devant rien pour arriver à leurs fins.

Frankenheimer nous offre un thriller particulièrement effrayant en ce sens qu'il paraît affreusement prémonitoire des tragiques évènements du 11 Septembre. Le sérieux qu'il met à filmer cette histoire et à la crédibiliser (même si elle est extravagante) la rend encore plus glaçante. Il connaît toujours bien son métier mais semble tout de même avoir perdu de son énergie et surtout manquer de conviction vis à vis de cette oeuvre, ce qui contamine son rythme qui aurait gagné à être plus tendu. Cependant, sa science du cadrage et du montage lui permet de signer des scènes passionnantes qui rattrapent celles moins réussies.
Les quarante dernières minutes étonnent par leur ampleur mais peinent à maintenir le suspense et la tension jusqu'à sa conclusion. Heureusement, Frankenheimer sait toujours très bien raconter les histoires et parvient à garder l'attention du spectateur en dépit une intrigue dont les tenants et les aboutissants sont entièrement connus dès les premières minutes, n'évitant malheuresement pas les longueurs.

Robert Shaw et Marthe Keller offrent des prestations valables mais parlent avec des accents résolument incroyables, rendant leurs dialogues parfois difficilement compréhensibles et d'autres fois risibles.
De même, pour des personnes prêtes à mourir pour leurs causes, ils semblent relativement désintéréssés de leur sujet, le scénario et la mise en scène ne les mettant pas assez en valeur en tant que personnes. Il sont plus des archétypes, représentant chacun un concept de terroriste et d'anti-terroriste plus que de vrais personnages ressentant des émotions.
Heureusement, Bruce Dern nous implique émotionellement dans ses problèmes psychologiques, et sa rage contre son pays qui le mêne à envisager ce geste est beaucoup plus convaincante que celle des deux personnages précités.
Celui-ci joue d'ailleurs son rôle avec une conviction qui fait regretter qu'il n'ait pas eu plus de rôles à la vraie mesure de son talent.
La photographie peut paraître terne et les couleurs désaturées mais cela colle parfaitement avec le thème du film, le nom de l'organisation terroriste, Black September, et surtout avec le pessimisme du film.
La musique de John Williams supporte de façon efficace le suspense et l'ambiance sombre en maintenant un tension quasi permanente, même si sa partition peut paraître parfois répétitive sans que cela soit gênant.

Un film très typique des années soixante-dix dans son rythme, sa progression, sa musique, sa photographie, mais qui manque un peu d'énergie et de conviction pour se hisser au rang des meilleures oeuvres de cette époque, surpassant tout de même largement nombre d'autres dans ce genre.
Nous vous conseillons donc cette oeuvre qui malgré ses défauts vous entrainera dans les méandres glaçants du terrorisme et du fanatisme et vous stupéfiera par l'aspect prophétique de son intrigue.


Image
L'image est présentée au format respecté de 2.35:1 d'après un transfert 16:9. A noter un curieux recadrage de l'image pendant les cinq premières minutes du film.

La définition générale est plutôt moyenne mais parfaitement dans la lignée de ce que l'on est en droit d'attendre d'un transfert d'un film non restauré de 1976.
L'interpositif est propre laissant seulement passer quelques scories peu gênantes. La finesse des détails n'est pas poussée mais permet d'apprécier le travail sur la photographie.
Les couleurs sont volontairement désaturées et plutôt ternes, cela n'étant donc pas imputable au transfert. Les tons de peau sont cependant justes et les couleurs constantes dans leur ensemble.
Le contraste est correctement géré, permettant ainsi d'éviter les brillances.
Les parties sombres sont plus difficilement rendues du fait de noirs manquant de profondeur et de pureté et du contraste un peu léger.

La partie numérique remplit correctement son office en ne générant pas de défauts majeurs. On peut observer des fourmillemnts sur quasiment tous les plans de ciel, mais rien de vraiment gênant.


Son
Les trois bandes-son présentes sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1), Anglais (Dolby Digital 1.0 mono) et Français (Dolby Digital 1.0 mono).

La bande-son multicanal offre une dynamique réduite et ce aux deux extrémités du spectre. Sa présence et sa spatialité sont d'un niveau correct dans l'ensemble offrant une bonne sensation d'espace et un effet stéréo marqué sur les enceintes avant.
La musique est bien rendue et parfaitement intégrée au reste de la bande-son mais souffre quand même du tassement dynamique. Les enceintes arrières ne sont utilisées qu'à deux ou trois reprises durant le film et de façon peu convaincante.
Les dialogues sont toujours intelligibles (même si les accents le sont moins !) et ne montrent que des traces très limitées de distortions et parasites à fort volume.
Les basses fréquences sont peu présentes et plutôt anémiques mais apportent un surplus d'assise agréable à certains passages remuants malgré leur manque d'energie.
Les deux autres bandes-son monophoniques sont de qualité correcte mais présentent peu d'intérêt étant donné le rendu agréable de celle en multicanal.
Une bande-son qui remplit bien son office à défaut d'être mémorable et c'est là tout ce que nous en attendons.

Les sous-titres ne sont disponibles qu'en Anglais.



Suppléments/menus
Une édition totalement vide de suppléments ce qui correspond à la politique de la Paramount en terme d'éditions catalogues. Il est néanmoins dommage de ne pas trouver au moins une bande-annonce et des filmographies qui devraient être un minmum imposé en terme d'édition DVD.



Conclusion
Une édition acceptable au niveau vidéo et appréciable au niveau audio. Une restauration effective de l'image aurait été la bienvenue mais sachant qu'il s'agit d'un titre catalogue il aurait illusoire d'espèrer plus que le minimum.
Un film effrayant par son aspect prophétique et prenant par son suspense remarquablement orchestré malgré des problèmes de rythme évidents. Si les deux personnages ennemis sont archétypaux et manquent un peu de conviction, celui incarné par Bruce Dern est passionnant. A voir.


Qualité vidéo:
3,0/5

Qualité audio:
3,2/5

Suppléments:
1,0/5

Rapport qualité/prix:
3,1/5

Note finale:
2,8/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2003-10-27

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Black Sunday

Année de sortie:
1976

Pays:

Genre:

Durée:
143 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Paramount

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby mono
Française Dolby mono

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Sans

Date de parution:
2003-10-14

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