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DVDEF

Treasure of the Sierra Madre, The (Two-Disc Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
The Treasure of the Sierra Madre (1948) est souvent considéré comme le meilleur film de John Huston et il est en tout cas son classique le plus célèbre, avec son premier film The Maltese Falcon (1941).

On y suit Fred C. Dobbs (Humphrey Bogart) alors qu'il est en train de mendier pour pouvoir manger à Mexico. Il rencontre Bob Curtin (Tim Holt), un autre américain dans la même situation que lui et Howard (Walter Huston), un vieux chercheur d'or dans le besoin lui aussi. Les trois hommes, décidés à ne pas s'abaisser plus longtemps à mendier ou se faire exploiter par des patrons peu scrupuleux, vont décider de partir en prospection pour de l'or dans un endroit isolé et vierge connu du seul Howard. Ils vont donc s'enfoncer dans le Mexique profond et trouver leur filon, jusqu'à ce que la fièvre de l'or et l'avarice commencent à troubler leur petit groupe pourtant bien soudé au départ.

Huston trouva dans le roman du mystérieux auteur B. Traven une histoire très poroche de ses thèmes de prédilection et de son univers. La thématique de l'échec est au centre de son film qui en sera le représentation la plus évidente et irréfutable de l'histoire du cinéma. Il reçut d'ailleurs l'Oscar du meilleur réalisateur et du meilleur scénario pour cette oeuvre. Huston y mélange le western, le film d'aventures et une étude de la paranoïa avec un brio remarquable. Aucun de ces éléments ne prend le dessus sur l'autre, le film est donc très équilibré au niveau narratif ce qui permet à l'attention du spectateur de ne jamais retomber. La finesse psycholgique des personnages et le réalisme de leurs réactions sont les éléments qui permettent au film de sortir du tout venant et d'atteindre la dimension d'une fable. A ce titre, le personnage de Dobbs est le plus complexe, évoluant de façon poignante vers une folie pathétique qui rajoute une dimension véritablement poignante au film.

Il fallait un réalisateur de la trempe de Huston pour parvenir à restituer à l'écran toute la subtilité et la profondeur du roman sans les édulcorer ou les simplifier pour en faire un contenu plus adapté aux standards hollywoodiens. Sa mise en scène simple et épurée met en valeur la rudesse de la nature et la vanité navrante des hommes qui souhaitent l'exploiter autant que possible sans souci des conséquences. Le personnage d'Howard exprime clairement l'avis de Huston sur la question et avait même prédit l'échec de leur entreprise dès le début du film. Mais en la tentant quand même, il représente aussi sa farouche volonté de vivre pleinement ses passions et ce malgré son pessimisme.

Humphrey Bogart trouve ici son rôle le plus complexe et le plus éloigné de son personnage habituel, ce qui destabilisa beaucoup ses admirateurs, peu habitués à le voir en position de faiblesse ou dans la détresse psychologique. Pourtant, il démontre que ses talents d'acteurs sont plus étendus que ce qu'il a l'habitude de montrer, conférant à son personnage une dimension tragique qui sert le film. A ses côtés, Walter Huston (le père de John Huston) est un Howard plus vrai que nature, lui permettant également de faire la démonstration de son talent en le sortant du cadre de ses personnages habituels. L'industrie cinématographique aura bien compris toute l'énergie et la volonté qu'il aura mis en interprétant ce rôle, et lui décernera l'Oscar du meilleur second rôle. Il est le contrepoint positif de Dobbs par son attitude posée et réfléchie, permettant également d'aérer le film grâce à son humour bon enfant et sa bonhomie sympathique. Tim Holt offre une fois de plus une prestation solide mais dans un second rôle plus ingrat, ce qui fait que malgré ses qualités cet excellent acteur n'aura jamais réellement percé dans le métier. Son personnage est le pendant sain de celui de Bogart, il ne sombre pas dans la folie mais se trouve tout de même sévèrement affecté par la paranoïa galopante de ce dernier. Mais contrairement à lui, il se souviendra qu'il est humain et qu'en tant que tel certaines valeurs sont plus importantes que la richesse.

La photographie de Ted McCord est merveilleuse de réalisme, soulignant le pessimisme de l'histoire mais est aussi capable de conférer une ambiance étrange à certaines scènes. Elle magnifie les paysages mexicains sans pour autant virer à de l'esthétisme gratuit.
La musique de Max Steiner est plus sujette à caution, pouvant s'avérer un peu trop démonstrative et lourde lors des passages les plus intenses, surenchérissant sur le tragique de l'histoire déjà trés chargée. Hormi ces moments, elle illustre efficacement l'action.

Une oeuvre mythique qui fonctionne de manière toujours aussi efficace de nos jours, prouvant ainsi la qualité du travail de Huston et ses acteurs. Un classique prenant qui vous surprendra sans aucun doute par sa justesse et l'implacabilité de son regard sur les travers des humains, tout en prenant soin de montrer que si ses conclusions sont négatives, tous les hommes ne réagissent pas forcément de la même façon, ce qui laisse un peu d'espoir.


Image
L'image est présentée au format respecté de 1.37:1 d'après un transfert 4:3.
La définition générale est d'un très bon niveau général, surtout au vu de l'âge du film et seuls quelques plans larges font preuve d'une légère faiblesse dans ce domaine. L'interpositif est très propre à l'exception d'une ou deux scènes de nuit où des griffures et des points restent évidents. Du grain est visible à plusieurs moments mais toujours dans des proportions très raisonnables et surtout cela ne vient jamais gêner le plaisir du visionnage. La finesses des détails n'est pas la plus poussée qui soit mais s'avère de bonne qualité pour une oeuvre de cette époque.

Le contraste est vraiment bien géré même si sur certains passages il s'avère légèrement fluctuant, mais les brillances ont été éliminées. Les parties sombres du film sont du coup fort bien rendues, de plus que les noirs sont aussi profonds et purs que possible pour un film de cette époque. Toutes ces qualités font que l'échelle de gris est fort bien respectée et que la qualité des dégradés est vraiment de haut niveau.

La partie numérique est largmenent à la hauteur et ne génère que très peu de fourmillements, qui sont à noter même s'ils ne sont jamais vraiment gênants. Quelques très légères traces de surdéfinition sont éventuellement repérables par un oeil averti.
Un transfert vraiment magnifique qui, s'il n'atteint pas la perfection de celui d'éditions DVD comme celle de Sunset Boulevard, est de façon évidente un travail de qualité supérieure.


Son
La seule bande-son disponible sur cette édition est en Anglais (Dolby Digital 1.0 mono).
Sa dynamique est forcément limitée mais s'avère fort correcte lorsqu'on la rapporte à l'age du film. Sa présence et sa spatialité sont d'un niveau honnête pour les mêmes raisons.

La musique de Max Steiner est impeccablement rendue dans les limites du format et parfaitement intégrée au reste de la bande-son. Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et très peu de distortions et parasites sont audibles, ce qui est signe d'un bon remixage.Les basses fréquences sont anecdotiques mais remplissent tout de même leur rôle limité seulement par le format monophonique et l'âge du film.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.
Une bande-son qui remplit parfaitement son office, sans défauts notables et qui permet de redécouvrir le film dans des conditions idéales.


Suppléments/menus
Une section absolument phénoménale en quantité comme en intérêt, qui achève de hisser les éditions spéciales de la Warner au niveau des plus complètes et pertinentes jamais produites. Sur le premier disque sont présents un commentaire audio, un documentaire et une galerie de bandes-annonces. Le commentaire audio d'Eric Lax, auteur d'un livre sur Humphrey Bogart, est plus axé sur l'acteur, sa performance et sa carrière que sur le film lui-même qui n'est pas discuté en profondeur. Malgré cela, il s'agit d'un commentaire intéressant et bien géré par un professionnel qui évite les longueurs, les blancs et les tons de voix monocorde. Le documentaire intitulé Warner Night at the Movies est présenté par Leonard Maltin, et se propose de replacer le spectateur dans la situation cinématographique de 1948 par le biais de bandes-annonces, courts documentaires, nouvelles d'époque et un cartoon des Looney Tunes.

Vient ensuite une galerie de bandes-annonces concernant les films de Bogart.
Sur le second disque sont présents deux documentaires, une version radiophonique du film et une galerie de photos, storyboards et mémos. Le documentaire intitulé "Huston, The Man, The Movies, The Maverick" est présenté par Robert Mitchum et contient de nombreuses interviews du réalisateur, de sa famille et des stars qu'il a dirigées. Sur près de deux heures, la vie incroyable de Huston nous est exposée avec beaucoup d'humour, cela permettant de se faire une idée précise du caractère à part et du talent incroyable de cet homme passionnant et résolument hors du commun.

Le suivant, "Discovering Treasure : The Story of The Treasure of The Sierra Madre" nous raconte pendant près d'une heure le processus de création du film grâce à des interviews et des extraits de film. Ce segment est à nouveau une réussite qui permet de mieux comprendre certains aspects de l'oeuvre et son sens profond.
Puis est offerte une version radiophonique du film interprétée par Humphrey Bogart et Walter Huston eux-même.

Enfin sont proposés un autre cartoon des Looney Tunes mettant en scène le personnage de Bogart dans le film et une galerie comprenant des photos, des storyboards et du matériel publicitaire. Il paraît donc difficile de faire plus complet en ce qui concerne un film de 1948, seul l'aspect analytique est un peu en retrait, mais cela concerne surtout le commentaire audio, excellent par ailleurs.

Un grand bravo à la Warner d'offrir aux monuments du cinéma comme The Treasure of the Sierra Madre des sections suppléments en quantité aussi importante qu'une superproduction actuelle et d'un intérêt à coup sur supérieur.



Conclusion
Une édition à placer parmi les très bonne de la Warner. La qualité audio et vidéo est résolument excellente (malgré ses légers défauts) et la partie suppléments est l'une des plus complètes et passionnantes qui nous ait été données de voir. Un achat que nous vous recommandons impérativement. Le scénario adapté par Huston d'après le roman de B. Traven est l'un de ses plus subtils et mieux adaptés. Le thème de l'échec, qui est une constante de l'oeuvre de Huston, n'a jamais été aussi bien illustré qu'avec ce film. De même, Bogart et Holt rendent à merveille la montée de paranoïa et ses conséquences dramatiques.

Ce film est à la fois un récit d'aventures palpitant mais également une étude précise et remarquable sur l'avarice et la paranoïa qu'elle peut engendrer, même chez des personnes a priori à l'abri de ce genre d'émotions de par un caractère sympathique.
Humphrey Bogart et Walter Huston y offrent leur meilleures prestations et John Huston a su signer un film inoubliable et une conclusion admirable par sa force visuelle, émotionnelle et métaphorique.


Qualité vidéo:
3,9/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
4,3/5

Rapport qualité/prix:
4,4/5

Note finale:
4,2/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2003-11-02

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Treasure Of The Sierra Madre, The

Année de sortie:
1947

Pays:

Genre:

Durée:
126 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2

Format d'image:
1.33:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
commentaire audio, trois documentaires, pièce radiophonique, bandes-annonce, galerie photos, scénarimages et matériel promotionnel

Date de parution:
2003-09-30

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