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DVDEF

Harry Potter And The Order Of The Phoenix (2 Disc Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
D’abord et avant tout une série de romans pour enfants, la série Harry Potter n’offrait rien de bien concrets pour d’éventuelles adaptations cinématographiques. Comme la plupart des romans d’ailleurs. Mais les romans de J.K. Rowling possèdent plusieurs caractéristiques qui rendent l’exercice d’adaptation encore plus ardu. Non seulement, les évènements du livre se déroulent sur une période de un an (donc une multitude d’évènements et de sous-intrigues autour d’une intrigue principale), mais Rowling développe aussi énormément de personnages. Ces deux éléments font donc en sorte qu’il devient difficile pour un scénariste ou un réalisateur de rendre parfaitement justice au roman tout en essayant d’imposer un certain style. Jusqu’à maintenant, seul le troisième volet, Harry Potter and the Prisonner of Azkaban, réalisé par le cinéaste mexicain Alfonso Cuaron (Children of Men), a réussi à concéder adaptation grand public et approche artistique. Ce qui en fait de la sorte le meilleur film de la série, mais aussi le plus sombre et le plus étrange du point de vue des lecteurs des romans du jeune sorcier. Les autres films, réalisés par Chris Columbus (Harry Potter and the Sorcerer Stone, Harry Potter and the Chamber of Secrets) et Mike Newell (Harry Potter and the Goblet of Fire), tendaient davantage vers une plus grande accessibilité du grand public tout en tentant de plaire le plus possible aux nombreux lecteurs de la série.

C’est la même approche que le réalisateur David Yates a employée pour l’adaptation du cinquième tome des aventures de Potter, Harry Potter and the Ordre of the Phoenix. Judicieuse décision puisque Yates et le scénariste Michael Goldenberg avaient un défi de taille soit celui de porter à l’écran le plus volumineux (environ 800 pages) des romans de la série jusqu’à présent. Il leur fallait donc éviter de tomber dans le piège de vouloir condenser tous les évènements du livre en un film et ainsi offrir une succession de scènes plus ou moins cohérentes entre elles plutôt qu’une seule histoire (c’était le cas de Goblet of Fire). Et bien Yates remporte le pari haut la main et ce, en offrant ironiquement le film le plus court de la saga (deux heures vingt). Mais évidemment, cela s’est fait sans quelques sacrifices et quelques défauts.

La première chose à remarquer dans ce film-ci, c’est le choix d’une histoire linéaire. Harry est aux prises avec le grand retour du sorcier Voldemort et le ministère de la magie se tue à ne pas croire à ce retour. Voilà, en gros, l’enjeu principal de the Order of the Phoenix auquel s’ajoutent plusieurs autres arcs dramatiques naturellement. Mais jamais Yates ne perd son objet principal : Harry. Tout le film tourne autour de lui et de sa quête ultime : accepter son inévitable confrontation avec le grand et maléfique sorcier. Le cinéaste revient donc aux enjeux mêmes des premiers films et la saga même. Donc, terminées les parties de quidditch. Terminés le stress à savoir si Gryffondor récoltera le plus de points durant l’année (s'en soucie-t-on vraiment ?). Tout est articulé vers la quête intérieure du jeune sorcier. Cela fait donc en sorte que le cinéaste peut exploiter une certaine noirceur quant au récit puisque les enjeux sont plus importants, plus déterminants et surtout moins superficiels. Il le fait notamment en accordant une grande importance au ministère de la magie qui interfèrera progressivement à Poudlard en essayant de nuire à Potter et à Dumbledore et préférant fermer les yeux sur l’imminente manifestation du retour de Voldemort.

Ce n’est donc pas sans amputer quelque peu le film que Yates effectue ses choix. Ces défauts, présents également dans les opus précédents, concernent principalement le trop grand nombre de personnages. Si Rowling semble prendre un véritable plaisir à introduire de nouveaux personnages dans chacun de ses romans, il faut dire qu’à l’écran, le résultat soit beaucoup moins convaincant. Dans le cas présent, on notera l’arrivée de Dolores Umbridge (délicieuse Imelda Staunton), professeur contre les forces du Mal et représentante du ministère de la magie à Poudlard, Bellatrix Lestrange (Helena Bonham Carter), apôtre de Voldemort et fraîchement évadée d’Azkaban et Luna Lovegood, une jeune étudiante qui semble déconnectée, mais qui se rapprochera rapidement de notre héros. Si la plupart de ces nouveaux ajouts sont plutôt bien réussis, plusieurs personnages doivent malheureusement s’effacer devant eux. On pensera évidemment au professeur McGonaughell, à Lupin ou encore tout simplement à Hagrid. La mort d’un personnage important a également été carrément expédiée comparativement au livre dans lequel une insupportable tension était palpable. Même les personnages de Ron et d’Hermione écopent un peu. La relation qu’ils entretiennent avec Potter n’est pas aussi mise en avant que dans les opus précédents, mais heureusement, lors de la conclusion, Yates remet à la situation en nous offrant une finale dantesque et visuellement époustouflante et un retour des choses dramatiquement très émouvant.

Si on peut reprocher quelques petites choses à Harry Potter and the Order of the Phoenix, on peut lui en attribuer davantage. C’est un film beaucoup plus cerné et beaucoup plus sombre (de par ses enjeux dramatiquement plus importants et imposants) que les précédents en plus d’être une adaptation qui, malgré plusieurs choix discutables (l’importance accordée à l’Ordre du Phoenix dans le livre et dans le film, par exemple), devrait plaire aux lecteurs les plus puristes. Puisque la réalisation du prochain volet a aussi été mise entre les mains de Yates, on ne peut donc espérer qu’il continue dans la même optique.




Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.35:1 d’après un transfert 16:9. Deux éditions simple aux formats d’image recadrée (1.33 :1) et respectée sont également disponibles.

Warner corrige ici le tir et offre un transfert d’image nettement supérieur à celui (très décevant) du dernier film de la série. La définition générale de l’image est donc excellente. Production récente l’oblige, le matériel source employé était dans un état immaculé puisque aucune anomalie n’est perceptible. Ceci nous donne droit à une image impeccablement nette et à un niveau de détails et de textures plus que satisfaisant. Pour ce qui est du rendu des couleurs, rien n’est à reprocher non plus. Ces dernières sont riches et parfaitement délimitées. Elles ne manifestent aucun problème de saturation ou de débordement quelconque. Les tons de peaux sont aussi naturels et constants. Dans les cas des contrastes, ils sont généralement bien gérés et évitent les effets de surbrillance. Les parties sombres, très nombreuses, sont superbement rendues grâce à des dégradés fluides et précis ainsi qu’à des noirs purs et profonds.

Par contre, nous retrouvons de nombreux signes de compression dans les parties sombres. Ce fourmillement relativement agaçant est d’ailleurs injustifié puisque sur ce disque, on ne retrouve que le film lui-même. Inutile de dire, donc, que cette partie est décevante et gâche, en partie, un transfert qui aurait pu être vraiment admirable.



Son
Nous retrouvons ici trois bandes sons au format Dolby Digital 5.1. Elles sont offertes en versions originale anglaise, française et espagnole. C’est le mixage anglais qui a été employé pour cette critique.

Voilà une bande son particulièrement excitante. Le dynamisme est donc très approprié et dans le cas des scènes d’action, absolument époustouflant. La présence est évidemment des plus solides alors que l’environnement sonore est judicieusement exploité. Les ouvertures frontale et latérale sont claires et précises alors que les enceintes arrière ne se limitent pas à de simples fins d’ambiances. Lors des moments plus mouvementés du film, il n’est pas rare de distinguer de nombreux effets d’ambiophonie particulièrement réussis. On notera à ce titre la séquence finale, qui risque de vous laisser autant sur le choc que votre système. À travers cela, les dialogues réussissent à demeurer constamment et complètement intelligibles. Quant à la trame sonore, elle s’intègre parfaitement au mixage en plus d’être solidement appuyée par les basses fréquences. En ce qui les concerne, ces dernières devraient jouer énormément avec la patience de vos voisins. Non seulement elles demeurent rarement inutilisées, mais en plus elles grondent avec une admirable profondeur et une grande efficacité. Idem pour le canal d’extrêmes graves qui se fait tout autant sans sentir et ce, avec précision et profondeur également.

Des sous-titres anglais, français et espagnols sont disponibles.



Suppléments/menus
Cette édition spéciale comprend deux disques. Tous les suppléments sont exclusivement regroupés sur ce deuxième disque.

Nous retrouvons d’abord neuf scènes supprimées. La première est version alternée du discours de bienvenue prononcée par Dolores Umbridge où la caméra filme plutôt le personnage du professeur Trelawney, incarné par Emma Thomson. Absolument hilarante, cette scène aurait peut-être pu être intégrée au montage final afin de donner un peu plus d’importance à ce personnage. La deuxième, totalement inutile, offre une version allongée d’à peine quelques secondes de la confrontation entre Harry et ses partenaires de chambre. La troisième, encore une fois, plus ou moins utile, sert à accentuer la solitude d’Harry au sein des Gryffondor. La quatrième, met encore une fois en scène le personnage de Trewlaney alors qu’elle confronte Humbridge. C’est une version un peu plus rallongée de celle présentée en montage alterné dans la version finale. La cinquième se concentre sur Umbridge qui observe Malefoy et ses amis et qui prépare déjà donc leur éventuelle complicité. La sixième met en scène Humbridge après l’attaque des frères Weasley. Une scène très court et vraiment inutile. La septième est une version allongée de l’épisode de la forêt avec Harry, Hermione et Humbridge. Elle apporte très peu au récit. La huitième sert d’introduction à la scène finale entre Dumbledore et Harry alors que la neuvième est une version allongée de la scène où Harry prépare son départ de Poudlard. Elle sert surtout à accentuer le caractère torturé d’Harry après tous les évènements.

Dans les documentaires, nous retrouvons d’abord « Trailing Tonks : Natalia Tena Leads a Very Personal Film Set Tour (19:21) » qui est, comme son nom le dit, un tour du plateau de tournage du film par l’actrice Natalia Tena qui joue le rôle de Nymphadora. Un tour très superficiel où finalement on peut voir très peu de choses sauf peut-être la cantine, l’élaboration de certains décors ou de certains effets visuels. Pourquoi ne pas avoir pris un personnage beaucoup plus important (et donc plus sympathique pour le spectateur) pour ce genre d’exercice ? Nous avons ensuite « The Hidden Secrets of Harry Potter (43:48) » est un documentaire assez intéressant (bien que de type très promotionnel) narré par l’acteur Jason Isaacs et qui propose de récapituler toutes les aventures de Harry Potter afin de mieux comprendre les enjeux de la saga. Surtout composé de scènes des films précédents, il comporte aussi des interventions d’auteurs, des acteurs, du scénariste, des producteurs et du réalisateur David Yates. « Harry Potter : the Magic of Editing (5 :18) » se concentre sur le montage du film en offrant différentes interventions et réflexions de la part du réalisateur David Yater et de son monteur Mark Day. Fait amusant : la scène du baiser a nécessité 28 prises. Par la suite, nous pouvons monter notre propre séquence du film à partir de trois extraits et de différentes musiques. Évidemment très basique, vous serez loin de vous sentir comme un monteur professionnel. Par contre, cet un supplément assez amusant.

Une partie DVD-Rom est également disponible.

Il y a option de sous-titrage en anglais, en français et en espagnol lors du visionnement des suppléments.




Conclusion
Dans la même lignée que les volets précédents, Harry Potter and the Order of the Phoenix est un divertissement colossal qui propose une belle accessibilité à défaut de vouloir adopter pour une approche artistique. Ce qui n’a pas empêcher le réalisateur David Yates de nous offrir une adaptation plus cernée du cinquième tome des aventures du jeune sorcier. Le cinéaste se concentre sur des enjeux beaucoup plus importants au lieu de développer plusieurs sous-intrigues parallèles. Le résultat est un Harry Potter qui n’aura jamais semblé aussi perturbé et torturé que dans ce film-ci.

Warner nous offre une édition acceptable. Le transfert vidéo montre quelques défauts numériques inexplicables (des signes de compression alors que le film seul est présent sur le premier disque) tandis que la bande son est incroyablement excitante, voire même à plusieurs occasions, totalement saisissante. En qui concerne les suppléments, leur intérêt varie énormément de l’un à l’autre et leur présence est plus que discutable. Même si l’édition double disque ne vous demande de débourser que quelques dollars de plus, si c’est l’œuvre d’abord et avant tout qui vous intéresse, nous vous suggérons plutôt l’édition simple. Vous ne manquerez rien d’essentiel sans les suppléments du deuxième disque.




Qualité vidéo:
3,5/5

Qualité audio:
4,1/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,4/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2007-12-25

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Toshiba 27A43C, Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Harry Potter And The Order Of The Phoenix

Année de sortie:
2007

Pays:

Genre:

Durée:
139 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1
Espagnole Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Anglais (CC)
Français
Espagnol

Suppéments:
Scènes supprimées, documentaires, montage interactif d'extraits du film, DVD-Rom

Date de parution:
2007-12-11

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