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Romeo is Bleeding (Avant-Garde Cinema)

Critique
Synopsis/présentation
Le cinéma Hollywoodien des années 80 fut notamment marqué par le retour en force du cinéma noir. Ayant fait son apparition à la suite du deuxième conflit mondial, le cinéma noir profitait de l’atmosphère d’après-guerre qui régnait aux Etats-Unis. A compter du milieu des années quarantes un climat de crainte et de pessimisme marque la communauté américaine. L'industrie du cinéma répondit alors avec des films marqués par le désillusionnement et la tristesse, mais surtout traitant de criminalité et de corruption.
Ce genre s'essouffla au cours des années 70 et au début de la décennie suivante, mais le cinéma noir se modernisa. Il se retrouva, maintenant connu sous le nom de néo-noir, à nouveau à l'avant-plan des oeuvres produites. Les films qui ont marqué ce renouveau sont nombreux : de Year Of The Dragon (1985) et The Untouchables (1987) jusqu'à Heat (1995) et L.A. Confidential (1997), en passant par Kalifornia (1993). La France, grâce à Luc Besson, a même contribué au renouveau du genre avec des films comme Nikita (1990) et Le Professionnel (1994).
Romeo is Bleeding, du réalisateur hongrois Peter Medak, fut produit au plus fort de la vague, en 1993. Le film raconte l'histoire de Jack Grimaldi (Gary Oldman), un policier incapable de s'élever au dessus du grade de sergent. Insatisfait de son misérable salaire, l'ambitieux officier décide d'employer un nouveau moyen pour faire fortune: la corruption. Il agit alors d'informateur et livre les malfaiteurs sous protection au chef d'une importante bande de criminels (interprété par Roy Scheider). Tout va pour le mieux jusqu'au jour où Grimaldi est chargé de livrer la splendide Mona Demarkov (jouée de façon impressionnante par Lena Olin). Trop charmante pour être éliminée, la femme fatale deviendra une véritable obsession pour le policier.
Romeo is Bleeding, une co-production anglo-américaine, est en fait une vision exacerbée du cinéma noir. On assiste littéralement à une caricature du genre : chacune des caractéristiques de ce cinéma sont reprises et éxagérées.
Le cinéma noir présente tout d'abord des personnages principaux ayant une vie peu respectable (crimes et de corruption). Ici Jack Grimaldi ne pourrait avoir une vie plus dissolue: il trompe sa femme allègrement, ment quotidiennement à sa maîtresse et est corrompu au point de trahir ses meilleurs amis.
Le genre dicte également que le héros doit être un être désillusionné, craintif et obsessif. Grimaldi est tout à fait découragé du système et de son simple grade de sergent. Il a également peur de tout se qui tourne autour de lui : le chef de la bande de criminels, ses collègues policiers, sa femme et surtout la terrible Mone Demarkov. Ses obsessions sont évidentes et sont les plus classiques du cinéma noir : le sexe et l'argent.
Dans le cinéma noir le héros doit souvent choisir entre une femme fatale et celle qui lui offre son soutient. Romeo is Bleeding va encore plus loin en demandant à Grimaldi de choisir entre son épouse, sa maîtresse et la femme fatale qui l'obsède. De plus, la femme fatale doit l'entraîner plus profondément dans le milieu criminel et le pousser à agir de façon immorale. Mona Demarkov va plus loin en détruisant complètement l'univers du policier.
Au niveau de la mise en scène, le réalisateur Peter Medak suit à la ligne les conventions du genre: la fil narratif nous entraîne dans plusieurs directions à la fois, l'histoire est racontée à l'aide de retours-arrières, l'éclairage est rasant et la majorité des scènes se déroulent dans un milieu urbain, toujours en pénombre
En voyant le film tel qu'il a été imaginé, on comprend mieux le travail de Medak. On excuse plus facilement un fil narratif qui parfois se perd et une suite d'événement qui paraîssent parfois incongrus. Il serait en fait plus juste de voir cette oeuvre comme une caricature du genre et c'est ainsi qu'on peut apprécier l'oeuvre à sa juste valeur.


Image
L'image est présentée en format original (1.85:1) d'après un transfert vidéo anamorphosé. L'interpositif utilisé, malgré ses 10 ans, est d'une excellente qualité; on ne dénote pas de grain ni d'égratignures.
La définition générale de l'image laisse toutefois à désirer. Ce transfert manque de précision; trop doux et n'offrant pas toujours un niveau de détail optimal. Les couleurs sont toutefois vibrantes, et ne paraissent atténuées qu'à quelques occasions. Les parties sombres, à l'image du reste du transfert, offrent des dégradés déficients et manquent de détails. Les noirs sont toutefois intenses et purs.
On observe une sur-définition des contours mais par contre aucun problème relié à la compression n'est visible.


Son
Cette édition offre uniquement une bande sonore anglaise Dolby 2.0 Surround. Choix surprenant de la part de MGM alors que la tendance est au re-mixage Dolby Digital 5.1 pour la majorité des ré-éditions de titres des années 80-90. Notons qu'il s'agit cependant d'un titre catalogue et que par conséquant moins d'efforts sont investis.
Cette bande-son manque de dynamisme et n'a pas l'impact d'un remixage multicanal. Le son se déploie presque uniquement des enceintes avant, les enceintes d'ambiophonie sont peu utilisées. Les rares éléments sonores dérivés vers les enceintes arrières semblent confus et mal définis. Note positive, les dialogues sont naturels et correctement intégrés.
L'excellente trame sonore est une création de Mark Isham. Celui-ci a composé la musique de plus de quatre-vingt films dont celles de A Rivers Runs Through. La trame-sonore est bien intégrée et sa fidélité, sans être exemplaire, étonne.
Cette édition n'offre aucun doublage français il y a toutefois option de sous-titrage en français, anglais et espagnol.


Suppléments/menus
Cette édition de Romeo is Bleeding n'offre malheureusement aucun supplément à l'exception de la bande annonce du film, présentée en format 1.85:1 (anamorphosé).
L'absence de tous supplément digne d'intêret confirme que cette édition fût considéré comme un titre catalogue au potentiel commercial limité. Il aurait sans doute été intéressant de pouvoir, via une piste de commentaires audio, entendre les réflexions de Medaksur cette oeuvre ou encore celles de Gary Oldman et Lena Olin.



Conclusion
MGM nous offre une édition de Romeo is Bleeding qui déçoit quelque peu. D'un point de vue strictement technique ce titre est tout juste acceptable. Sans être un grand film Romeo is Bleeding est un oeuvre assez interessante qui aurait mérité un bien meilleur traitement.


Qualité vidéo:
2,9/5

Qualité audio:
2,5/5

Suppléments:
1,0/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
2,8/5
Auteur: Steve Tremblay

Date de publication: 2002-03-27

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 16:9 Samsung HCL5515W, Récepteur Harman/Kardon AVR310, Lecteur DVD Panasonic RP91, enceintes Cerwin Vega, câbles Accoustic Research

Le film

Titre original:
Romeo is Bleeding

Année de sortie:
1993

Pays:

Genre:

Durée:
100 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais (CC)
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Bande-annonce

Date de parution:
2002-03-19

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