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DVDEF

Requiem For A Dream (Director's Cut)

Critique
Synopsis/présentation
L'an 2000 a vu paraître sur les écrans de cinéma deux films complètement différents dans leur forme et leur contenu, mais traitant d'un sujet commun, l'univers (au sens large) de la drogue. Le premier, réalisé par Steven Soderbergh et intitulé Traffic, explorait de façon explicite et dans un aspect résolument documentariste le vaste monde entourant le trafic de stupéfiants. Évitant sagement de verser dans le discours moralisateur, le film de Soderbergh ne faisait que dresser un portrait froid et lucide de l'ampleur de ce fléau. Le deuxième film, Requiem For A Dream de Daren Aronofsky, se veut en quelque sorte le complément de Traffic. Car ce que Traffic ne faisait qu'effleurer (la dépendance reliée à la consommation de stupéfiants), Requiem For A Dream nous fait plonger tête première dans un univers cru et angoissant résultant d'une dépendance.
Requiem For A Dream met à l'avant-scène quatre personnages bien différents, mais tous reliés par des liens amicaux ou familiaux, ainsi que par une dépendance quelconque qui ne pourra les mener qu'à leur perte… Il serait vain de tenter de raconter l'histoire de chacun des personnages, puisque leur histoire n'est que très sommaire, celle-ci étant plutôt prétexte à illustrer les causes et surtout les conséquences désastreuses à leur dépendance, que ce soit une dépendance à des pilules amaigrissantes, à la cocaïne ou même à la télévision. Chacun des personnages aura à surmonter des épreuves distinctes, et chacun subira également des conséquences bien différentes, mais toutes aussi dévastatrices...
Plusieurs reprochèrent au film d'Aronofsky d'être moralisateur et manipulateur, en plus de faire une surenchère d'effets visuels chocs plutôt gratuits pour appuyer lourdement son récit. Il serait difficile de prouver le contraire. La morale du film est effectivement grossière et manque de subtilité, et le cinéaste utilise également une panoplie d'effets spectaculaires dans le seul but, avoué, d'en mettre plein la vue. Mais ce qui surprend le plus à l'écoute du film, c'est à quel point le réalisateur atteint son but en tant qu'auteur, malgré ces deux défauts pourtant importants. Entre ses mains, la morale devient percutante et sa mise en scène fortement stylisée s'avère plus intelligente et métaphorique qu'elle n'y paraît à prime abord. Chaque plans, chaque effets semblent minutieusement calculés afin de souligner la psychologie des personnages. Remarquez simplement ce splendide " split screen " qui unit mais sépare tout à la fois les personnages de Jared Leto et Jennifer Connelly lors d'une scène d'amour sensuelle. Au-delà des effets visuels, Aronofsky fait aussi une utilisation intelligente et particulièrement captivante du son. La dernière demi-heure en particulier, par sa musique et ses effets chocs, à de quoi nous donner des maux de tête. À travers cette surenchère de sons et d'images percutants, la conclusion du film s'imprègnent dans notre mémoire tel un mauvais souvenir ou un cauchemar. On ressort de l'écoute abasourdi et profondément troublé par cette expérience qui tient plus du traumatisme que du divertissement généralement attribué au cinéma. Car tenez-vous le pour dit : Requiem For A Dream n'est absolument pas agréable ou divertissant à regarder. Mais c'est un film nécessaire, important, raconté avec tact par un jeune réalisateur intelligent et franchement prometteur.



Image
Afin de bien apprécier la qualité d'image de Requiem For A Dream, il est important de s'attarder en premier lieu à la photographie fortement stylisée du film. La colorimétrie a un aspect volontairement terne et dé-saturée tandis que les éclairages paraissent sombres et mornes. Dans ces circonstances, ce transfert anamorphique du film remplie adéquatement ses tâches, c'est à dire de rendre le plus fidèlement possible la vision originale des auteurs. Présentée en format original de 1.85:1, l'image du film offre une bonne définition, présentant un niveau de détails plus que satisfaisant. Les couleurs, tel que mentionné ci-haut, sont d'apparences ternes et délavées, mais celles-ci sont constantes et ne présentent aucun débordement. Quelques scènes seulement proposent des couleurs riches et bien saturées, lorsque le contenu du film le permet. En tout temps la brillance et le contraste sont adéquats et ne souffrent d'aucune fluctuation involontaire. Les noirs sont pour la plupart profonds, seuls quelques plans complexes (en particulier quelques " split-screen ") affichent un niveau plus élevé de fourmillement. Les parties sombres, nombreuses, paraissent également bien dégradés. L'interpositif utilisé pour ce transfert est exempt de tout parasites gênants. Quant au transfert, celui-ci ne présente que quelques défauts de compressions occasionnellement perceptibles.



Son
Une seule bande-son est offerte sur cette édition, il s'agit d'une bande-son anglaise de format Dolby Digital 5.1. Que voici une bande-son entièrement au service du film ! Tel que mentionné dans le synopsis, le réalisateur a porté une attention toute particulière au mixage sonore de son film, et toute cette attention est ici rendue avec justesse par cette bande-son. Le son est ample, le dynamisme enivrant et les éléments sonores sont fort bien intégrés, en particulier l'envoûtante trame-sonore composée par Clint Mansell. Mais le registre où cette bande-son se distingue vraiment est sans contredit celui des effets d'ambiophonies. Ceux-ci sont nombreux, parfois subtils, souvent percutants, et surtout toujours au service du film. Aucun effet outrancier ou superflu n'est à déplorer. Les dialogues sont également fort bien intégrés, ceux-ci sont parfaitement naturels et la plupart du temps intelligibles. Les basses sont également utilisés avec une puissance et une profondeur remarquable.
Étrangement, bien qu'une version doublée du film ait été présenté en salles à l'automne 2000, aucune bande-son française n'est offerte sur cette édition. Pourtant, Artisan avait pourtant inclus du français sur Blair Witch 2, parus quelques mois auparavant. Quel dommage… Fidèle à ses habitudes, Artisan n'ont inclus sur cette édition aucune piste de sous-titrage dans quelque langue que ce soit. Seuls des sous-titres anglais (cc) sont disponibles.



Suppléments/menus
Malgré le très faible potentiel commercial du film, Artisan ont fournis un effort considérable pour inclure sur cette édition une panoplie de suppléments de fort bonne qualité. Vous retrouverez tout d'abord non pas une mais deux pistes de commentaires audio. La première, animée par le réalisateur Darren Aronofsky, propose une sorte de synthèse de la production du film. Le réalisateur aborde ainsi plusieurs aspects du processus de création d'un long métrage et se révèle généreux dans ses informations. Son ton est plutôt monocorde, mais les rares silences et la qualité des renseignements dévoilés procurent à cette piste un intérêt soutenu. Toute aussi intéressante est la deuxième piste de commentaires audio, celle-ci animée par Matthew Libatique, le directeur de la photographie. Ce dernier propose un contenu plus technique, orienté vers le stylisme de la photographie et la virtuosité de certains plans de caméra. L'information détaillée et le ton articulé de l'animateur font de cette piste une écoute des plus intéressante pour qui s'intéresse de plus près au métier de caméraman ou directeur photo.
En plus des deux pistes de commentaires audio, qui en dévoilaient déjà énormément sur la création du film, Artisan ont produit un agréable petit documentaire d'une durée de 34 minutes. L'aspect formel de ce documentaire n'est certes pas conventionnel, alors que ce segment s'avère en réalité une série de scènes filmées en coulisses commentées en hors-champ par le réalisateur. Quelques éléments valent indéniablement le coup d'œil, mais un montage plus rigoureux, voir plus conventionnel, n'aurait que favoriser l'écoute.
Suivent ensuite une série de neuf courtes scènes retranchées, rejetées au montage pour des raisons évidentes; ces scènes n'ajoutent rien au déroulement de l'histoire et leur écoute se révèle d'un intérêt plutôt limité. À noter qu'une piste de commentaires du réalisateur est aussi offerte pour la plupart de ces scènes.
Anatomy of a Scene est un court segment de cinq minutes s'attardant à l'aspect technique du tournage d'une scène particulièrement impressionnante du film. Très intéressante, cette vignette présente une information précise et détaillée, soutenue par un montage intelligent alternant entrevues, scènes en coulisse, scénarimages et images du film.
En plus des éternelles bandes-annonces, notes de productions et filmographies, vous retrouverez finalement une entrevue de vingt minutes avec l'auteur du roman dont s'inspire le film, Hubert Selby Jr. Interviewé par Ellen Burstyn, Selby ne s'avère pas le plus concis des interlocuteurs. Ses propos se révèlent abstraits, voir même démentiels ! La faible qualité sonore de l'entrevue n'aidant pas les choses, l'écoute de cette entrevue s'avère plus pénible qu'informative…




Conclusion
De toute évidence, Requiem For A Dream n'est certes par un film qui plaira à tous. Son contenu est lourd et pourrait même être choquant pour plusieurs. Mais les cinéphiles intéressés par le film ne seront certainement pas déçus par cette superbe édition produite par Artisan. L'image est adéquate, tandis que la bande-son procure un plaisir exceptionnelle. De plus, les suppléments sont généreux et diversifiés, quoique certains auraient bénéficiés d'un peu plus de rigueur.
Une édition qui mérite amplement le coup d'œil, ne serait-ce que pour les superbes facture visuelle des menus, qui sont parmi les plus originaux qui nous aient été donnés de voir.


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
4,3/5

Suppléments:
3,6/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2001-09-02

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Requiem For A Dream

Année de sortie:
2000

Pays:

Genre:

Durée:
102 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Artisan

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais (CC)

Suppéments:
2 pistes de commentaires audio, documentaire, scènes retranchées, entrevue, anatomie d'une scène, bandes-annonces et notes de production.

Date de parution:
2001-05-22

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