Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

24 (Season 2)

Critique
Synopsis/présentation
Encore obscure et méconnue il y a à peine plus d'un an, la série télévisée « 24 » a presque un statut culte à l'échelle planétaire! Les choses ont en effet évoluées rapidement pour la télé-série américaine depuis la diffusion des tous premiers épisodes de la première saison, en octobre 2001. À cette époque, plusieurs doutait de la réussite d'une telle entreprise. Après tout, produire une série télévisée dont l'action se déroule en temps réel sur une échelle de vingt-quatre heures (une journée) et diffusée en vingt-quatre épisodes relevait de la folie. Les considérations techniques reliées à la continuité étaient imposantes, tandis que les libertés temporelles (ellipses, flashbacks) devenaient impossibles. Une collaboration hors pair devenait inévitablement primordial entre l'équipe technique, les multiples réalisateurs, les producteurs, les auteurs et les comédiens. Qui plus est, comme l'intrigue était continue du premier au dernier épisode, celle-ci se devait d'être étoffée au maximum pour que le rythme et la tension soit constants pendant vingt-quatre épisodes. La fidélité des spectateurs était également mise à rude épreuve. Chaque épisode comporte tellement de rebondissements et d'informations vitales qu'ils risquaient de décrocher de la série du moment qu'ils rataient la diffusion d'un seul épisode. Quoi qu'il en soit, la Twentieth Century Fox accepta de relever le pari des créateurs Joel Surnow et Robert Cochran… du moins à moitié.

À l'origine, la Fox refusait de s'engager pour plus de treize épisodes, ce qui est évidemment ridicule compte tenu du concept des vingt-quatre heures. Mais l'investissement était important, et l'échec possible de la série rendait un investissement de treize épisodes moins risqué. Ainsi, les créateurs de la série ont élaboré l'intrigue de la première saison pour qu'une conclusion soit possible au treizième épisode, advenant que la Fox refuse de prolonger le contrat, tout en laissant la porte ouverte à de futurs rebondissements si les onze épisodes suivants devaient être produits. Si les téléspectateurs ont tardés à être au rendez-vous de façon hebdomadaire, la Fox fut tellement satisfaite du résultat et les critiques furent tellement positive que les onze derniers épisodes ont bel et bien été produit sans tarder. La série s'attira plusieurs nominations et récompenses lors de différents galas au cours de l'année 2002 (dont un Golden Globe pour Kiefer Sutherland), ce qui permit à la série d'étendre sa visibilité. Pourtant, les spectateurs n'étaient toujours pas au rendez-vous…

Désormais convaincu du potentiel de la série, la Fox prit les grands moyens pour faire connaître sa série en produisant une édition DVD réunissant la première saison avant même la diffusion de la deuxième saison. On espérant de cette façon rejoindre un nouvel auditoire qui, advenant leur appréciation de cette première saison, serait inévitablement rivé devant le téléviseur à chaque semaine pour suivre les péripéties de la deuxième saison. Le stratagème fonctionna au-delà de toute espérance. En quelques mois à peine la série s'est mérité un statut de culte qui assura le succès de la deuxième saison… et des autres à venir.

Mais évidemment, pour s'assurer un tel succès, les créateurs de la série devaient par le fait même offrir aux téléspectateurs une saison qui était à la hauteur de la première. À juste titre, les attentes étaient très élevées et atteindre le niveau de qualiter de la première saison pouvait sembler impossible. Pourtant, le moins que l'on puisse dire est que les artisans de la deuxième saison ont livré la marchandise ! Et comment ! Dès les premiers épisodes, cette saison démarre sur les chapeaux de roue et instaure prend à la gorge sans guère laisser de répit. Les auteurs n'ont lésiné aucun moyen pour nous offrir une intrigue encore plus dense et complexe que pour la première saison. Les enjeux sont évidemment plus élevées, et en plus de nous jouer la carte du thriller d'action, on nous offre cette fois une intrigue à caractère politique particulièrement savoureuse qui n'est pas sans rappeler, surtout en fin de parcours, le contexte socio-politique américain actuel. En ce sens, les auteurs font preuve d'une grande lucidité et d'un sens critique étonnant quant à la portée des enjeux de l'histoire. S'ils ne sont pas toujours parfaitement crédibles, les rebondissements sont abondants et pour le moins excitants. Dès le début de la saison, on nous sert des revirements audacieux qui, on s'en doute, auront des répercussions sur le restant de la saison.

Au niveau de la réalisation, cette deuxième saison est très fidèle au style de la première. Les écrans séparés (split screens) sont nombreux et généralement bien employés, la caméra nerveuse traduit toujours aussi efficacement la tension, et la musique s'avère aussi saisissante. Par contre, malgré le plaisir coupable qu'on en retire, cette deuxième saison n'est pas sans faille, au contraire. Tout d'abord, mentionnons que le personnage de Kim, la fille de Jack Bauer, aurait eu intérêt à être laissée de côté. Ses intrigues sombrent dans un ridicule croissant au fur et à mesure que la saison progresse. Les auteurs étaient visiblement piégés par sa présence et ne savaient que faire du personnage. Peut-être aurait-il été plus sage de la faire dormir pendant quelques heures… Aussi, il apparaît évident que les auteurs sont apparus à cours d'idée à peu près à mi-chemin dans la saison. Pendant quelques épisodes, l'intrigue piétine et ne nous offre guère les palpitations des douze premiers épisodes. Mais heureusement, le rythme reprend en fin de parcours pour nous offrir une conclusion qui, sans atteindre la tension dramatique de la finale de la première saison, ne manquera pas de vous surprendre.


Image
À l'instar de la première saison de cette série, celle-ci nous est présentée au format de 1.78:1 et ce, d'après un transfert 16:9. Dans son ensemble, la qualité d'image est très bonne.

La définition est très bonne et dévoile une image généralement nette et précise. Un très subtil manque de piqué est à peine perceptible en de rares occasions seulement. Les couleurs profitent d'un étalonnage tout a fait contrôlé. Si la palette de couleurs employée apparaît généralement plus froide que dans la première saison, elles n'en sont pas moins naturelles, précises et toujours parfaitement bien saturées. On ne remarque aucune dominante ni de débordement. Les tons de peau sont naturels. Les contrastes sont parfaitement contrôlés .vtant les sur-brillances. Les noirs sont purs et profonds, exception faite de quelques scènes qui sont marqués par un léger fourmillement. Les parties denses affichent des dégradés subtils et bien définis qui ne bloquent pratiquement jamais.

Peut-être était-ce volontaire, mais un léger grain est souvent visible à l'écran et ce tout au long de la saison. Sinon, le matériel source employé pour le transfert semblait être dans un très bon état puisque les anomalies sont mineures. La sur-accentuation des contours n'est heureusement pas un problème dans ce transfert, et les défauts de compression se limitent à quelques macroblocs ça et là.


Son
Ce coffret nous offre le choix entre deux bandes-son. Il y a un mixage anglais Dolby Digital 5.1 ainsi qu'un doublage espagnol mixé en Dolby Surround 2.0. Comme la deuxième saison n'avait toujours pas été doublée en français au moment de produire cette édition, il est logique qu'aucun mixage français ne soit offert. Des sous-titres dans les deux même langues sont également disponibles mais en français ce qui est là moins compréhensible.

L'inclusion d'un mixage multi-canal est la bienvenue avec cette édition, considérant que la première saison en DVD n'offrait qu'un mixage Dolby 2.0 Surround qui nous laissait quelque peu sur notre apétit. Cette nouvelle bande-son est plus dynamique, offre un positionnement des éléments sonores plus précis ainsi qu'un environnement plus immersif. Ainsi donc, la dynamique est très bonne, voir même percutente en certaines occasions. Le champ-sonore se déploie avec une belle profondeur à travers tout le champ-sonore, quoi qu'une utilisation plus appuyée des canaux d'ambiophonies aurait été appréciée. Les enceintes arrières se manifestent un peu trop sporadiquement pour apporter une réelle vigeur à l'environnement. Les quelques transitions de canaux qui s'y manifestent sont cependant bien gérées. Les éléments sonores profitent d'un positionnement précis et sans bavure. Les dialogues sont toujours nets, naturels et parfaitement intelligibles. Les basses sont bien exploitées et donnent tout le mordant voulu aux scènes d'action du film. Quant au canal .1 (LFE), une utilisation plus soutenue et agressive aurait probablement donné plus d'impact à la série.


Suppléments/menus
Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'édition DVD de la première saison fut bien loin de livrer la marchandise en ce qui concerne les suppléments. La série aurait certainement mérité un traitement plus généreux ! Et bien la Fox a heureusement rectifié la situation pour cette nouvelle édition en incluant un septième disque entièrement dédié aux suppléments, qui sont cette fois nombreux et d'excellente qualité !

Avant de nous attarder à ce septième disque, précisions que tous les disques de cette édition comportent un minimum de suppléments, à savoir des pistes de commentaires audio et des scènes supprimées (au nombre de quarante-quatre !). Ainsi donc, un total de six pistes de commentaires audio nous est offert. La première piste est offerte pour l'épisode 11:00 AM - 12:00 PM (disque 1) et est animée par Carlos Bernard, Sarah Wynter et Michelle Forbes. Dommage, mais cette piste est franchement ennuyante. Les intervenants ne savent visiblement pas quoi dire et se contentent de déconner en décrivant l'action à l'écran. Il vaudrait mieux ne pas vous y attarder.

La deuxième piste, offerte sur l'épisode 1:00 PM - 2:00 PM (disque 2) est animée par Jon Cassar et Sarah Clarke. Ne serait-ce que grâce à la présence de Jon Cassar (l'un des réalisateur), cette piste est infiniment plus intéressante que la première. Le duo nous offre leur appréciation de la deuxième saison ainsi qu'une bonne description de ce que représente le défi de produire une telle émission. La troisième piste est disponible sur l'épisode 5:00 PM - 6:00 PM (disque 3) et est animée par Penny Johnson Jerald et Joel Surnow. À nouveau, cette piste en est une des plus intéressante puisqu'elle donne l'occasion au producteur et créateur Joel Surnow d'analyser sa série et de décrire en détails le processus de création des épisodes, tout en expliquant l'importance de l'épisode commenté.

La quatrième piste est offerte sur l'épisode 10:00 PM - 11:00 PM (disque 4). Animée par Robert Cochran et Xander Berkeley, cette piste apparaît au départ moins intéressante que les deux précédentes mais les choses s'améliorent vite. Les deux animateurs remettent cet épisode clé dans son contexte et partagent leur expérience dans le tournage de la série. Beaucoup plus décevante est la piste suivante, disponible sur l'épisode 3:00 AM - 4:00 AM (disque 5) et animée par Kiefer Sutherland et Joel Surnow. On aurait aimé que Sutherland soit un peu plus volubile quant à sa participation à la série comme acteur et producteur et sur la soudaine célébrité que 24 lui a apporté. Mais l'acteur et producteur se fait plutôt discret, visiblement mal à l'aise avec le concept des pistes de commentaires. Quoi qu'il en soit, certaines anecdotes amusantes et quelques informations pertinentes y sont tout de même dévoilées. La sixième et dernière piste est offerte sur l'épisode 4:00 AM - 5:00 AM (disque 6) et est animée par Dennis Haysbert et Howard Gordon. Le ton de cette piste est très agréable et décontracté, et les deux hommes analysent de façon intéressante les enjeux des derniers épisodes de la saison.

Vous retrouverez ensuite un total de 44 scènes coupées, totalisant en tout près d’une heure de métrage. Ces scènes sont toutes réunies sur le septième disque, mais il vous est également possible de les visionner dans chacun des épisodes desquels elles ont été retirées. À la manière du Follow the White Rabbit de The Matrix, un icône apparaîtra à l’écran à chaque fois qu’une scène est disponible, et il vous suffira d’appuyez sur la touche Enter/Select de votre télécommande pour accéder à cette scène, alors remise dans son contexte. À noter que sur le septième disque seulement, ces scènes offrent une piste de commentaires audio optionnelle animée par les créateurs et les monteurs de la série. Ces scènes varient de la minime altération à des éléments d’intrigues entièrement retirés de la saison. L’intérêt de ces scènes est très varié de l’une à l’autre, mais certaines sont très intéressantes, particulièrement les deux finales alternatives…

Sans aucun doute, la pièce de résistance des suppléments est un excellent documentaire de plus de 90 minutes intitulé 24 Exposed. Scindé en deux parties à peu près égales, ce documentaire offre une rétrospective absolument saisissante de toutes les étapes de la production d’un épisode de la série, en l’occurrence la conclusion de la saison 2 (il va de soit que vous ne devriez en aucun cas visionner ce documentaire avant d’avoir savourer chacun des épisodes de la saison). Le ton n'est pas complaisant, les informations sont toujours rigoureuses et totalement pertinentes. Principalement composé d’images filmées en coulisses, ce documentaire nous offre une visite fascinante du plateau de la série en analysant le travail de tous les artisans. À ne pas manquer.

Comme si cet excellent documentaire n’était pas suffisant à lui seul, la Fox a également produit un court documentaire de 13 minutes intitulé On the Button: Exploding the CTU. Rassurez-vous si vous craignez que le titre de ce segment dévoile l’un des revirements de la série, celui-ci à lieu très tôt au début de la saison… Quoi qu’il en soit, ce documentaire traite exclusivement de toutes les considérations techniques entourant l’une des séquences clé de la deuxième saison. Les informations sont concises et détaillées.



Conclusion
Malgré la hauteur des attentes suscitées par la qualité de la première saison, force est d’admettre que sa suite s’avère en général à la hauteur de l’originale. Malgré quelques invraisemblances et énormités, cette deuxième saison vous tiendra en haleine durant la quasi-totalité de ses vingt-quatre épisodes. Techniquement, cette édition surpasse celle réunissant les épisodes de la première saison. La qualité d’image est équivalente, c’est à dire très bonne, mais le mixage multi-canal en donne plus pour notre argent et les suppléments sont non seulement nombreux mais d’excellente qualité.


Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
3,9/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2003-10-19

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
24

Année de sortie:
2002

Pays:

Genre:

Durée:
1064 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
7 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Espagnole Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
6 pistes de commentaires audio, 44 scènes coupées, 2 documentaires, 1 segment technique

Date de parution:
2003-09-09

Si vous avez aimé...