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DVDEF

White Hunter Black Heart

Critique
Synopsis/présentation
A nouveau, Clint Eastwood surprend tout le monde avec cette oeuvre en décalage quasi total avec ses précédentes, mais exploitant pourtant parfaitement sa thématique et ses obsessions.

On suit John Wilson (Clint Eastwood), cinéaste talentueux mais imprévisible et iconoclaste, alors qu'il part pour l'Afrique tourner son prochain film accompagné de son meilleur ami, Pete Verrill (Jeff Fahey), qui va réécrire le scénario. Wilson est obsédé par son envie d'affronter l'Afrique dans ce qu'elle a de plus noble et imposant et décide donc de ne démarrer le tournage de son film que lorsqu'il aura pu tuer un grand éléphant. Pete le suit dans son périple pour trouver une cible digne de lui mais se dégonfle au moment de tirer gratuitement sur un éléphant/sa proie. Wilson sombre peu à peu dans un délire total, se détachant de tout son entourage pour tenter de trouver son éléphant en compagnie d'un chasseur africain pour lequel il s'est pris d'amitié, Kivu (Boy Mathias Chuma).

Clint Eastwood compose un John Wilson proche du vrai John Huston dont le film reprend, en l'extrapolant, un épisode de la vie. Sa composition est vraiment succulente et pourra paraître fort étrange à ceux qui ne le connaissent que comme le héros quasi muet et impassible de ses Westerns.
Une fois la surprise passée, il est très plaisant de voir Eastwood nous offrir une composition hilarante et classieuse, décalque des manières très spécifiques de l'immense John Huston. Son personnage affiche une désinvolture amusée des plus hilarantes, renforcée par un sens de l'humour ravageur pour qui goûte les bons mots.
Son personnage n'est pourtant pas positif et son sans gêne en font une sorte d'aventurier bourru qui n'en fait qu'à sa tête. Ses combats sont certes très nobles (le racisme, le consensuel) mais sa façon de procéder fait qu'il est un incompris, mais surtout un rebelle obstiné et fatiguant.

Il va devenir totalement obnubilé par la chasse et cela le conduira à oublier son art. Cette obsession va le ronger envers et en dépit de tout, l'éloignant même de ses proches les plus fidèles. John Wilson cherche un remède à son vide intérieur dans cette folle poursuite de la proie idéale.

Eastwood nous permet de bien ressentir ce que l'Afrique a de mythique et c'est grâce à la photographie et la splendeur des paysages africains qu'il peut emporter avec lui le spectateur, le plongeant au plus profond de l'obsession de son héros.
Celui-ci est donc un réalisateur de cinéma et à travers son attitude, Eastwood critique également le narcissisme et l'irrespect total légendaire de certains de ses collègues.

Le scénario est bien construit mais manque parfois de rythme sans que cela dérange l'équilibre du film pour autant. La qualité de son écriture est par contre excellente car l'un de ses auteurs (Peter Viertel) a participé au tournage d'African Queen de John Huston dont le film s'inspire.

Le personnage du meilleur ami de Wilson, Pete Verril, est en outre son double cinématographique. C'est d'ailleurs le point faible du film en ce sens qu'il est peu crédible qu'un être aussi timoré et calme que Verril puisse être le seul à pouvoir suivre Wilson dans toutes ces extravagances. Il est le narrateur du film donc son pivot et sa retenue affecte parfois l'histoire, créant l'arythmie mentionnée plus haut.

La musique de Lenny Niehaus est pour beaucoup dans l'atmosphère envoûtante dégagée par le film, qui amène le spectateur à tolérer le caractère de Wilson car il est lui aussi charmé par les mystères de l'Afrique.

Un film très personnel pour Eastwood qui continue imperturbablement sa carrière quasi schizophrénique au cours de laquelle il alterne les oeuvres où il est le héros solitaire, hiératique, macho, et des oeuvres plus proches de son vrai caractère où il s'évertue à casser son image habituelle en incarnant des personnages diamétralement opposés ou alors en ridiculisant son image de marque.

Une oeuvre qui vaut largement le détour, permettant de découvrir une nouvelle facette de Clint Eastwood acteur et réalisateur, mais dans le même temps de retrouver les thématiques qui lui sont chères.


Image
L'image est présentée au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 16:9.

La définition générale est fort correcte même si un peu fluctuante à quelques reprises, mais toujours dans des limites largement acceptables.
L'interpositif est propre, ne laissant apparaître que quelques poussières quasiment insignifiantes. La finesse des détails permet d'apprécier pleinement la splendeur des paysages africains.
Le rendu des couleurs est magistral, permettant de bien restituer la superbre photographie de Jack N Green. Elles sont impeccablement saturées, constantes et justes.
Le contraste est également bien géré, évitant les brillances.
Le bon niveau de noir permet un rendu vraiment agréable de toutes les scènes sombres. La bonne qualité des dégradés permet d'apprécier au mieux les paysages et spécialement les levers et couchers de soleil.

La partie numérique est exempte de vrais reproches, ne générant qu'un peu de fourmillements sur les ciels et à quelques reprises de la surdéfinition des contours. Ces défauts sont de toute façon négligeables et ne viennent jamais perturber le plaisir du visionnage.
Un transfert certes perfectible sur certains points mais qui s'avère résolument surprenant de qualité et permet ainsi de littéralement redécouvrir ce film méconnu d'Eastwood et d'en apprécier les splendeurs dans d'excellentes conditions.



Son
Les quatre bandes-son proposées sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby 2.0 surround), Portugais (Dolby Digital 1.0 mono) et Japonais (Dolby 2.0 Surround).

La bande-son anglaise est d'une dynamique correcte bien que limitée. Sa présence et sa spatialité sont standard et cela est logique vu que le film repose principalement sur ses dialogues.
La belle musique africanisante de Lennie Niehaus bénéficie de toutes les faveurs de cette bande-son. Elle est donc impeccablement rendue et parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les enceintes arrières sont relativement peu utilisées mais qu'elles le soient pour magnifier la musique ou faire passer des bruits d'ambiance, leur rendu est toujours propre et efficace même si l'ensemble manque d'ampleur.
Les dialogues sont en permanence intelligibles et sans trace de distortions ou parasites notables, même à fort volume.
Les basses fréquences manquent un peu de niveau et de dynamique mais s'avèrent tout de même efficaces pour renforcer l'impact de la bande-son lorsque nécessaire.
La bande-son française est logiquement moins ample et plus étouffée mais surtout propose un doublage qui ne respecte en rien le formidable travail d'acteur fourni par Clint Eastwood.
Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français, Espagnol, Portugais, Chinois, Thaïlandais, Coréen.

Une bande-son de qualité standard à laquelle il ne manque qu'un peu plus de dynamique et de vivacité pour être à la hauteur de l'image. Elle remplit bien son office en l'état mais un remixage plus effectif aurait rendu service au film.


Suppléments/menus
Une section malheureusment vide mais il s'agit de la politique habituelle de la Warner concernant sa collection Clint Eastwood.
Sont quand même proposés une bande-annonce de qualité correcte et la filmographie de Clint Eastwood.
Il aurait pourtant été passionnant de voir des extraits d'interviews de John Huston pour pouvoir se rendre compte à quel point Eastwood le personnifie de façon impeccable.
De même, un commentaire audio d'Eastwood ou un documentaire où il aurait pu nous exposer ses intentions et l'origine de ses choix en terme de mise en scène et de scénario auraient été les bienvenus.



Conclusion
Une édition basique mais réussie. L'image et le son sont de bonne qualité rentrant parfaitement dans les standards actuels et correspondant à ce qu'on est en droit d'attendre pour un film comme celui-ci.

Un film atypique qui permet une fois de plus à Eastwood de casser son image publique tout en nous parlant de sujets qui lui tiennent à coeur.
Ici, il surprend autant par le sujet et le traitement qu'il lui applique que par son jeu qui surprend au départ mais s'avère rapidement une irrésistible caricature des manières outrées de John Huston.
Un film différent sur la forme mais finalement très proche dans le fond des meilleures oeuvres du grand Clint Eastwood, et qui nous prouve si besoin était qu'il est un personnage majeur du 7ème art aussi bien en tant qu'acteur que réalisateur.


Qualité vidéo:
3,5/5

Qualité audio:
3,2/5

Suppléments:
1,0/5

Rapport qualité/prix:
3,7/5

Note finale:
3,6/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2003-10-09

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
White Hunter Black Heart

Année de sortie:
1990

Pays:

Genre:

Durée:
112 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1

Format d'image:

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround
Polonaise Dolby mono
Japonaise Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol
Portugais
Japonais
Chinois
Thailandais
Coréen

Suppéments:
bande-annonce, filmographies

Date de parution:
2003-09-02

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