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DVDEF

Pollock (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Pour son tout premier film en tant que réalisateur, l'acteur Ed Harris s'attaqua à un projet d'apparence modeste, mais au contenu autrement plus ambitieux qu'on ne pourrait le croire. Mettre sur pellicule l'histoire de Jackson Pollock était un pari risqué, et ce, pour plusieurs raisons. Tout d'abord, bien que Pollock est considéré par plusieurs comme un des peintres américains led plus important, il demeure à ce jour peu connu du grand public. De plus, Pollock était un homme à la personnalité trouble, un alcoolique parfois violent et imprévisible. Il incarne l'anti-thèse de " l'american way of life ", l'opposition aux valeurs morales américaines. Difficile alors pour le spectateur de s'identifier à un personnage aussi amoral, aussi sombre. Le film relate bien entendu la vie du peintre Jackson Pollock, mais plutôt que de s'attarder sur l'artiste et son œuvre, les auteurs ont plutôt choisi de s'attaquer à l'homme derrière le peintre. Bien plus que sa maîtrise de la peinture, le film nous dépeint son incapacité à gérer sa vie professionnelle et personnelle, en particulier à travers sa relation tumultueuse avec son épouse, l'artiste Lee Krasner. Les auteurs ont ainsi su éviter le piège d'une apologie de l'art et de l'artiste, se servant plutôt de la peinture de Pollock pour dépeindre son état d'esprit. Ainsi, quand l'artiste broie du noir, ce sont des couleurs sombres qu'il jette sur la toile. Au contraire, dans ses (courtes) périodes de sobriété et de lucidité, son œuvre devient non seulement plus colorée mais semble mieux conceptualisée.
Pollock jetait-il réellement ses émotions sur toile ? Car tout aussi abstraite que son œuvre, cette biographie ambiguë ne prétends jamais amener quelque conclusion que ce soit sur le caractère difficile et insolite de l'homme. Tout comme une œuvre abstraite d'ailleurs, les détails sur la vie de cet artiste sont sujets à une interprétation personnelle. Félicitons d'ailleurs la mise en scène sobre et minutieuse de Ed Harris, qui ne verse jamais dans la facilité, ni même dans la complaisance, considérant qu'il détenait là une chance en or de mettre son talent en évidence. Sa réalisation est attentive aux personnages, tous interprétés avec une solide conviction. Si tous les réalisateurs tournaient leur film avec une telle rigueur et un tel soucis du contenu, le cinéma ne s'en porterait que mieux...


Image
Étonnamment, la Columbia/Tristar nous offre avec Pollock un transfert d'apparence quelque peu négligée. Présentée en format original de 1.85:1 d'après un transfert anamorphique, l'image souffre d'une définition générale laissant parfois à désirer. Quelques plans souffrent d'un certain manque de piqué ne laissant pas deviner tous les détails.
La colorimétrie, quant à elle, paraît inconsistante. Certaines scènes affichent des couleurs riches, stables et bien saturées, comme par exemple les séquences montrant le peintre en action. D'autres au contraire offrent des couleurs sur-saturées et débordantes, notez en particulier les séquences extérieures se déroulant en pleine ville.
Étrangement, la brillance souffre également d'une inconsistance agaçante à quelques reprises. Bien que les noirs soient soient profonds, les parties sombres ne sont pas toujours bien dégradées. Une agaçante sur-définition est à l'occasion perceptible.



Son
Seules deux bandes-son anglaises sont offertes sur cette édition, soit une en format Dolby Digital 5.0, et l'autre en Dolby Surround 2.0. Considérant le caractère intimiste du film, ces bandes-son sont entièrement au service du film et des dialogues, faisant abstraction de tout dynamisme superflu. Les effets directionnels sont principalement limités aux enceintes avants, les canaux d'ambiophonies ne sont que très rarement sollicités. Comme le film repose principalement sur les dialogues, il était impératif que ceux-ci soient rendus avec netteté et intelligibilité, ce qui est fait avec succès. La trame-sonore est également intégrée avec tact et subtilité dans l'environnement sonore, sans jamais distraire notre attention. L'absence du canal .1 (LFE) passe tout à fait inaperçue, les basses étant utilisés subtilement et intelligemment lorsque nécessaire uniquement. Vous noterez que bien peu de différences n'existent entre les deux bandes-son, toutes deux offrent sensiblement les mêmes caractéristiques.
Pour compenser l'absence d'une bande-son française sur cette édition (après tout, le film n'a jamais profité d'un doublage lors de sa distribution en salles), des sous-titres français sont aussi offerts, en plus des sous-titres en anglais et espagnol.



Suppléments/menus
Portant la mention d'édition spéciale, cette édition de Pollock présente quelques suppléments fort intéressants, malgré leur nombre limité. L'intérêt principal de cette édition réside en une piste de commentaires audio animée par le réalisateur et acteur Ed Harris. Bien que le ton soit souvent monocorde, l'homme sait se faire intéressant en offrant une information sincère et détaillée sur ses expériences, sur les comédiens ou sur la peinture en générale.
Un documentaire simplement intitulé The Making of Pollock relate quant à lui la plupart des aspects de la production du film, de l'écriture du scénario au travail du réalisateur, en passant par le choix des comédiens. Bien structuré et de belle facture, ce segment de 22 minutes s'élève aisément au-dessus de la moyenne des documentaires généralement offerts en faisant abstraction de l'aspect promotionnel habituel, laissant ainsi toute la place à l'information.
Un autre supplément digne d'intérêt est une entrevue complète accordée par Ed Harris au Charlie Rose Show. Ceux qui connaissent Charlie Rose apprécieront ici encore sa franchise et son intérêt pour ses invités. Ici encore, rien de promotionnel ou de complaisant ne viennent alourdir le contenu du document, l'entrevue demeure vive et articulée.
Finalement, en plus de la bande-annonce originale, vous retrouverez une série de quatre scènes retranchées, totalisant un peu moins de cinq minutes. Deux de ces scènes sont d'un intérêt absolument nul, alors que deux autres sont absolument fascinantes et valent le coup d'œil. On aurait souhaité pour ces scènes une qualité d'image supérieure ainsi qu'une piste de commentaires audio expliquant leurs retraits.




Conclusion
Bien plus qu'un simple film biographique, Pollock est un drame puissant et intelligent, réalisé avec tact et minutie. Bien que le film récolta les honneurs chez les critiques nord-américains, en plus de récolter quelques nominations aux Oscars (Marcia Gay Harden remporta d'ailleurs l'Oscar de la meilleure actrice de soutiens), le film failli à se trouver un auditoire lors de sa sortie en salles.
Espérons que cette sortie DVD puisse rallier un plus grand nombre de spectateurs, malgré que la qualité tout juste honnête des transferts audio et plus particulièrement vidéo. Les suppléments, quoi que peu nombreux, sont intelligents et forment un complément pertinent à cet excellent film.


Qualité vidéo:
2,8/5

Qualité audio:
3,2/5

Suppléments:
3,2/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2001-07-29

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Pollock

Année de sortie:
2000

Pays:

Genre:

Durée:
122 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Columbia Tristar

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaire, entrevue, scènes retranchées au montage et bande-annonce.

Date de parution:
2001-07-24

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