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DVDEF

Modesty Blaise

Critique
Synopsis/présentation
Joseph Losey est un grand réalisateur venu du théâtre comme deux autres géants du cinéma, Bergman et Visconti. Sa carrière cinématographique est en dent de scie, alternant de réels chefs d'oeuvre et des oeuvres beaucoup plus banales pour des raisons commerciales.
Sa carrière dans le 7ème art commence en 1948 avec The Boy with Green Hair, plaidoyer contre le racisme aux effets faciles et à la dénonciation manquant de subtilité. Suivront une série de suspences d'excellente qualité : M, fabuleuse version de M le Maudit de F. Lang (1951), The Prowler (1951) et The Big Night(1951). Il apprend lors du tournage de Stranger on the Prowl (1952) en Italie qu'il a été dénoncé comme sympathisant communiste en plein McCarthysme. N'ayant pu arriver à temps pour se justifier, il se voit contraint de s'établir en Angleterre et d'utiliser des pseudonymes pour y tourner ses premiers films.
Ses plus grands films sont marqués du sceau de l'amertume, d'une fascination pour l'échec et la déchéance, et d'une relative absence d'émotion. Cette mise à distance du monde extérieur nous permet de croire que J. Losey projetait ses propres angoisses et son mal de vivre à travers ses oeuvres. La fascination qu'exercent ses meilleurs films (Time Without Pity, 1957; Eva, 1962; The Servant, 1963; Accident, 1967; Secret Ceremony, 1968; The Go Beetween, 1971; Monsieur Klein, 1976; Don Giovanni, 1979) est en grande partie due à cette distance qui procure à ses longs métrages une dimension quasi fantastique malgré la plupart du temps un sens du réalisme (décors et jeu d'acteur) assez poussé.
En 1966, J. Losey décida d'adapter à l'écran la célèbre bande dessinée Modesty Blaise. Une ancienne voleuse (Monica Vitti, à côté de la plaque, loin d'Antonioni et surtout très mauvaise chanteuse) reconvertie dans l'espionnage, est contactée par le gouvernement anglais pour les aider à empêcher le vol de diamants par Gabriel (Dirk Bogarde, excellent en grand voleur ambigu, cultivé et sadique). Aidée par son fidèle compagnon Willie Garvin (Terence Stamp, cockney jusqu'au bout des doigts), elle va affronter Gabriel au cours de péripéties rocambolesques.
Le film regorge de trouvailles visuelles remarquables (costumes, décors et accessoires combinés à la mise en scène) qui, associés à un sens certain de la dérision, nous réservent des moments de franche parodie délirante. Joseph Losey expliquait lui-même (cf "Le livre de Losey" de Michel Ciment chez Stock Cinéma), qu'il avait décidé d'incorporer dans son film l'humour, la parodie mais aussi de traiter (relativement sérieusement) de la violence au cinéma, tout cela dans un style en avance sur son temps.
Le problème est que les impératifs qu'il s'était fixés sont peu compatibles avec du cinéma commercial et le film provoque un certain malaise chez le spectateur qui se demande où le réalisateur veut-il le mener. Il est certain que la progression complètement décousue du film, amplifiée par un scénario plutôt vague, amène au sentiment qu'effectivement ce film est psychédélique et ne suit pas les règles établies. Cependant, l'intérêt s'estompe au fil du visionnage et les autres faiblesses du film (personnages inconsistants, scènes d'exposition très longues) ne viennent pas l'aider à être un tant soi peu cohérent.
Un film qui se laisse regarder mais ne restera pas gravé à tout jamais dans votre mémoire sauf si vous êtes un amateur du genre (auquel cas ce film vous est fortement conseillé).



Image
L'image est présenté au format respecté 1.85:1 d'après un transfert anamorphosé. Le transfert proposé est de qualité moyenne même si la mauvaise impression laissée par un générique de très mauvaise qualité s'estompe et laisse lieu à un ensemble correct. La définition générale est passable et le niveau de détails plutôt faible.
Les couleurs semblent un peu passées mais plutôt bien rendues et toujours saturées. Elles rendent justice aux décors et accessoires psychédéliques du film. Les contrastes sont correctement ajustés et ne donnent pas lieu à aucuns problèmes. Les parties sombres offrent un bon niveau de détail (sans être exceptionnel) tandis que le niveau des noirs semble adéquat.
Les problèmes numériques sont par contre bien présents sous la forme de soucis de compression, de fourmillements et de surdéfinition. A plusieurs reprises, la compression se montre défaillante et des macro blocs plutôt gênants font leur apparition. Les fourmillements sont présents sur une bonne partie du film, mais dérangent finalement assez peu étant donné l'âge du film. La surdéfinition rend l'image désagréable à regarder, heureusement de façon vraiment sporadique.
Un transfert qui aurait très largement mérité une renumérisation poussée, mais cependant se laisse regarder en l'état.



Son
Les bandes-son sont disponibles en Anglais ((DD 2.0 stéréo) et (DD 1.0 mono)), en Français (DD 1.0 mono) et Espagnol (DD 1.0 mono).
La bande-son Anglaise en stéréo est qualitativement supérieure aux 3 autres en mono. Il ne faut cependant pas s'attendre à des miracles de la part d'un matériau de 1967 non restauré. La dynamique et le niveau de sortie sont tous les deux faibles. La spacialité suit donc le même chemin, mais les dialogues restent intelligibles de bout en bout. C'est la belle et psychédélique musique du film qui pâtit le plus de cette piste étriquée. Les 3 autres bande-son remplissent donc correctement leur office de piste mono d'époque. Les sous-titres ne sont eux disponibles qu'en Anglais et Espagnol.
Comme pour l'image, une renumérisation aurait due faîte de cette bande-son de façon à la mettre à niveau des critères actuels de qualité, même si elle reste écoutable telle quelle.


Suppléments/menus
Une édition malheureusement vide de suppléments quels qu'ils soient. Il aurait pourtant été très appréciable de se voir expliquer les options étranges choisies par le réalisateur, ou ses difficultés rencontrées avec les acteurs.
A nouveau, c'est l'aspect économique plutôt qu'artistique de cette édition DVD qui a été pris en compte.



Conclusion
Un film qui avait tout (acteurs excellents et grand metteur en scène) pour être exceptionnel et qui pourtant semble être passé à côté de la plaque. Malheureusement pour lui, la présente édition ne fait aucun effort pour le réhabiliter. Un achat à réserver aux amateurs de délires kitsch des années 60/70, qui eux seront comblés.



Qualité vidéo:
2,8/5

Qualité audio:
2,8/5

Suppléments:
0,0/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
2,5/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2002-07-16

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Modesty Blaise

Année de sortie:
1966

Pays:

Genre:

Durée:
119 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby 2.0 stéréo
Anglaise Dolby mono
Française Dolby mono
Espagnole Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Aucun

Date de parution:
2002-07-16

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