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DVDEF

Monsters, Inc. (2-Disc Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Ce film est le quatrième long-métrage d'animation co-prduit par Pixar et Disney, après Toy Story, A Bug's Life et Toy Story II. Ce film a été réalisé par Pete Docter, qui signe là son premier long-métrage en tant que réalisateur (il a réalisé un court-métrage, Winter, en 1988 et a co-écrit Toy Story et Toy Story 2 avec John Lasseter).

Les monstres dont il est question dans ce film sont ceux qui viennent effrayer les enfants durant la nuit en sortant de leur placard. Ils ne font pas cela par méchanceté, mais par nécessité. Les cris d'enfants sont en effet leur seule source d'énergie. Ils ont dans leur monde les équivalents de toutes les portes de placard de notre monde, qu'ils utilisent comme portails pour passer d'un monde à l'autre pour effrayer les enfants. En vérité, ils sont au moins autant effrayés par les enfants que l'inverse. Ils considèrent tout contact avec ceux-ci comme hautement toxique. Les deux héros de l'histoire, James P. "Sulley" Sullivan (John Goodman), employé du mois depuis plus d'un an chez Monstres Inc. et son assistant Mike Wazowski (Billy Crystal) sont donc très ennuyés lorsque le premier ramène accidentellement une petite fille, qu'ils vont surnommer Boo, dans Monstropolis.

L'histoire est franchement hilarante et permet encore une fois au studio Pixar de montrer sa maîtrise de l'animation et du rendu 3D. La palette de couleurs utilisée est un peu moins vive que dans les précédentes production Pixar, qui offre un réalisme accru aux images sans pour autant enlever quoi que ce soit au côté cartoon de l'animation, dont la qualité est à des années-lumière de ce qu'on a pu voir dans Shrek (où l'animation des personnages secondaires a été franchement bâclée).
Le film contient un nombre incroyable de références. L'exemple le plus frappant est le restaurant Japonais dans lequel Mike invite sa fiancée Célia (dont la chevelure faite de serpents est animée d'une vie propre), qui s'appelle Harryhausen's, en hommage au précurseur de la pixillation (animation image par image, qu'il a entre autres utilisée dans Jason and the Argonauts et the Golden Voyage of Sinbad) Ray Harryhausen. Vous pouvez porter aussi une attention très spéciale aux jouets présents dans la chambre de Boo, réminiscents de presque tous les films (courts ou long-métrages) de Pixar. Il y a enfin des clins d'oeil à des films qui n'ont rien à voir avec l'animation ou les films pour enfants, comme Fight Club ou Being John Malkovitch.

La faiblesse principale du scénario est que la découverte que les monstres vont faire à la fin du film nous est faxée, téléphonée et télégraphiée au point qu'on se demande comment ils font pour être aussi aveugles. La réponse est peut être que le film aurait été nettement moins long (et sans doute moins bon) si cette découverte était survenue plus tôt dans l'histoire. Par contre, une des grandes qualités du film est qu'il s'adresse vraiment à tous les publics. Même si à la base il s'agit d'un film pour enfants, certains gags et beaucoup de références s'adressent à un public adulte. C'est un bon exemple de film "tous publics", dans le sens où tout le monde peut y trouver son compte et passer un très bon moment.

Les acteurs choisis pour donner leurs voix aux monstres sont excellents, aussi bien les vedettes (John Goodman et Billy Crystal, en grande forme) que les seconds rôles. Bob Peterson, par exemple, dont ce n'est pas le métier à l'origine (il a cependant par le passé prêté sa voix à Geri dans le court-métrage Geri's Game), est fabuleux dans son interprétation de Roz la limace chargée de la répartition et de la paperasserie. Pour l'enregistrement de Mary Gibbs, la petite fille qui prête ses babillages à Boo, les ingénieurs du son ont choisi de la laisser jouer dans le studio et l'ont suivi avec un micro pour l'enregistrer, ce qui nous donne des babillages absoluments charmants qui ajoutent beaucoup à notre attachement au personnage.

Le scénario somme toute excellent, la réalisation impeccable et pleine de clins d'oeil, les images de synthèse parfaites et l'excellente prestation des acteurs font de ce film un chef-d'oeuvre du cinéma d'animation, dont le succès en salles et auprès de la critique a été amplement mérité.



Image
Le film est présenté au format respecté 1.85:1 anamorphique (il existe aussi une version plein écran 1.33). Comme pour toutes les productions Pixar (et pour presque tous les films d'animation 3D récents), le transfert nous vient directement d'une matrice numérique obtenues après le rendu final, sans passage par la case argentique, et est donc parfait. La définition est exemplaire, et les moindres détails sont là.

Le rendu des fourrures, pour lesquelles un logiciel a été spécialement développé durant la pré-production du film, est superbe. L'animation de la fourrure de Sully, très complexe à cause de la longueur des poils de celui-ci, est d'un réalisme à couper le souffle. Le rendu des cheveux de Boo et des yeux des différents personnages (notamment l'unique et énorme oeil de Mike) est lui aussi magnifique.

Les couleurs sont toujours justes, brillantes et pleinement saturées mais sans aucun débordement, même dans les scènes d'extérieur où elles sont nettement plus vives que dans le reste du film.

Le contraste est parfaitement maîtrisé, la surexposition volontaire de certaines scènes a été respectée. Les zones sombres sont tout aussi détaillées que les zones claires de l'image, le tout est parfaitement homogène et contribue à l'excellente qualité de l'image.

La compression est exempte de tout reproche (en tout cas pour le film en lui-même, c'est une autre affaire pour les suppléments). Du grand art. Il y a bien quelquefois un très léger fourmillement ou quelques macroblocs visibles dans les zones sombres, mais il faut vraiment les chercher (et avoir un moniteur très performant) pour les voir, et ces défauts sont trop rares et anecdotiques pour être gênants.
Voilà un DVD de démonstration, un véritable régal pour les yeux.



Son
Cette édition propose le mixage originale du film en Dolby Digital 5.1 EX, et une version française (doublée au Québec) en Dolby Digital 5.1.

Cette bande-son multicanaux fait preuve d'un beau dynamisme et d'une solide une présence. La séparation des canaux totalement maîtrisée (le mixage a été fait chez Skywalker Sound) contribue une totale immersion sonore. La trame sonore est parfaitement intégrée, se déployant là aussi sur tous les canaux (elle a bénéficié d'un enregistrement binaural qui a été ensuite remixé en multi-canaux).

Les effets sont présents au bon endroit et au bon moment, avec des transitions impeccables. Les bruits électriques qui se font entendre lors des surcharges d'énergie se déplacent tout autour du champ sonore avec un réalisme étonnant, et sans aucun à-coup.

Les dialogues sont eux aussi parfaitement intégrés et naturels, là aussi l'enregistrement binaural, qui permet d'enregistrer ce qu'entendent réellement deux oreilles sur une tête, a été utilisé. Les basses sont bien présentes sans jamais être envahissantes, et utilisent judicieusement le canal .1 (LFE). L'explosion sous cloche rend par exemple un son sourd parfaitement convaincant.

Pour résumer, cette bande-son est tout à fait au niveau de l'image, ce film ravira vos oreilles autant que vos yeux.



Suppléments/menus
Cette édition inclut deux disques. Le premier se compose du film, d'une piste audio offrant les commentaires du réalisateur, de deux courts-métrages (For the birds et Mike's new car, ce dernier ayant été spécialement réalisé pour la sortie du film en DVD et VHS), le faux bêtisier du générique de fin et des bandes-annonces (notament celle de Finding Nemo, le prochain long-métrage de Pixar coproduit avec Disney).
Le second contient les mêmes courts-métrages que le premier (ils doivent tenir à ce qu'on les visionne), et une foule de documentaires, de galeries, de jeux interactifs ainsi qu'une partie DVD-ROM.

Le commentaire des réalisateurs et des producteurs semble être un montage de plusieurs sessions d'enregistrement, s'attache plus à nous expliquer le développement de l'histoire et la réalisation du film plutôt que les aspects purement techniques de celui-ci.

Le menu principal du second disque nous donne accès aux deux courts-métrages, dont l'excellent For the birds, gagnant de l'oscar du meilleur court-métrage d'animation, à l'hilarant faux bêtisier, et deux portes nous donnent accès aux deux parties principales du disque : le monde des humains et le monde des monstres.

Le menu du monde des humains nous done accès à sept sous-parties en plus d'une visite guidée de Pixar par John Lasseter et les crédits du DVD (cachés dans le rail de gauche). La porte Pixar nous donne accès à un documentaire sur le studio ainsi qu'à un oeuf de pâques (cliquez sur l'avion en papier) sur le championnat international Pixar d'avions en papier. La porte Story nous donne accès à sept documentaires sur le développement de l'histoire et comporte une comparaison scénarimage/film multiangles.
La porte Music and Sound donne accès à deux documentaires sur la chanson du film et les effets sonores et une sous-section Binaural Recording qui nous renseigne sur la technique d'enregistrement binaural utilisée sur le film.
La porte Animation mène à cinq documentaires passionnants qui nous détaillent le processus d'animation, les effets spéciaux, le générique d'ouverture et une section Production Demo qui nous permet d'admirer une séquence à tous les stades de la production (animatique, layout, animation et rendu final). Ces suppléments intéresseront autant le grand public que les professionnels de l'animation. La porte Monsters s'attache plus particulièrement aux monstres, à leurs interprètes et à leur design à travers deux documentaires et un ensemble de galeries. La porte Design permet d'accéder à sept suppléments sur les décors, les couleurs, l'éclairage et certaines références intégrées au film. On notera particulièrement de très jolis survols en 3D des décors principaux.
La dernière porte, Release, contient encore sept suppléments, qui s'attachent cette fois-ci à la première du film, aux jouets, aux versions internationales, aux bandes-annonces du film, aux affiches et au bêtisier.

Le monde des monstres est nettement plus ludique. Il se divise en trois parties. New Monster Adventures nous donne accès au court-métrage Mike's new car (encore), à des extraits d'apparitions des monstres à la télévision américaine et japonaise, un jeu interactif où il faut retrouver des morceaux de portes dans des décors, à un livre de lecture pour enfants et enfin au clip de la chanson du film.
Behind the Screams nous donne accès au bêtisier (encore), au livret-programme et à un petit segment animé sur le travail chez Monsters, Inc. Orientation, enfin, nous mène à des galeries et segments animés destinés aux nouveaux employés de la compagnie, qui développent un peu plus le monde des monstres et la vie dans la firme.

Vous l'aurez compris, la quantité de suppléments rassemblés sur ce disque est proprement hallucinant. La qualité est globalement au rendez-vous, les documentaires sont intéressants sans se prendre au sérieux, et les segments supplémentaires mettant en scène les monstres sont sympathiques et permettent d'étoffer un peu notre connaissance de leur monde et de lui donner encore un peu plus de profondeur.




Conclusion
Ce film, peut être le meilleur de Pixar, nous est offert ici dans une édition qui frôle la perfection. L'image et le son font de cette édition DVD un titre de démonstration, et le nombre et la qualité des suppléments sont hallucinants. Le seul reproche que l'on puisse faire à cette édition est le boîtier un peu trop ordinaire, mais c'est une habitude chez Disney. Mais qu'importe l'emballage, ce DVD double devrait trouver sa place sur votre étagère et surtout passer beaucoup de temps dans votre lecteur.




Qualité vidéo:
4,7/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
4,2/5

Rapport qualité/prix:
4,4/5

Note finale:
4,4/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2002-12-04

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Panasonic CT-36D11E / Moniteur ViewSonic P95f, PC avec GeForce3 et Sonic CinePlayer, Récepteur Denon AVR-1602, Enceintes Wharfedale Cinestar 30 (5 Vivendi Modus Cube + 1 PC-8).

Le film

Titre original:
Monsters, Inc.

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
93 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Disney

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Oui

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1 EX
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Bandes-Annonces, Courts-métrages, Documentaires, Jeux interactifs (DVD-Vidéo et DVD-ROM), Oeufs de pâques, THX Optimode, Galeries

Date de parution:
2002-12-17

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