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DVDEF

Mission : Impossible 2

Critique
Synopsis/présentation
Sortie en 1996, le premier Mission : Impossible avait été loin, à l'époque, de faire l'unanimité. Certains ont qualifiés le scénario de trop complexe et incompréhensible, alors que d'autres l'on au contraire trouvés intelligent et captivant. Tous, par contre, s'entendaient pour dire que le film, quoi qu'ayant une facture très soignée, était bien loin de la fameuse série dont il s'inspirait. Quatre ans plus tard, la suite tant attendue paraissait enfin sur les écrans, avec comme résultat de raviver les débats qui sévissaient déjà autour du premier épisode.
Premièrement, le choix de John Woo comme réalisateur en a déconcerté plusieurs. Effectivement, ceux qui s'attendaient à un retour aux sources du classique télévisé ont vite criés au sacrilège devant la tournure que pris la série. La suite est à des années lumières de son prédécesseur, certes, mais elle s'éloigne du même coup d'avantage de la série culte pour devenir une grosse machine d'action bien huilée. Le scénario, d'une simplicité navrante à comparé avec celui du premier opus, ne sert d'ailleurs que de prétexte à ces nombreuses séquences où l'action est filmé de main de maître par le virtuose chinois. Même le personnage de Tom Cruise ne garde de sa première apparition que son nom. Son look, son attitude, tout est différent chez lui. Alors, qu'y a-t-il dans Mission : Impossible 2 qui vaille la peine de s'y attarder ?
Pour apprécier toute la portée du film, il est important de se pencher sur le cinéma de John Woo, puisque ce film s'inscrit dans une suite logique de films portant sur une thématique chère à Woo, la relation qui existe entre deux ennemies, au point où l'un devient le complément de l'autre. Dans The Killer, c'était le lien qui unissait un tueur et un policier, au point où les deux personnages finissaient par développer une profonde admiration l'un pour l'autre. Dans Broken Arrow, ce sont deux meilleurs amis qui s'affrontent, qui testent leur habilité, sans jamais pourtant vouer une haine l'un pour l'autre, un peut à la manière de Bullet in the head. Dans Face/Off, le point culminant de ce thème survient lorsque les deux ennemis échangent littéralement de visage, et de vie, l'un avec l'autre. Lorsque le héros se regarde dans le miroir, c'est son ennemi qu'il voit. Cette thématique atteint un nouveau point avec Mission : Impossible 2, alors que les deux ennemis, dont le nom (Sean et Ethan) forment presque un anagramme, se battent pour de l'obtention d'un virus mortel qui peut tuer en quelques heures. Vendu sur le marché pharmaceutique (avec son antidote), ce virus peut effectivement rapporté une petite fortune... Cette prémisse simpliste donne lieu à des affrontements sans mercis entre les deux hommes, entre deux alter ego. Dès lors, on se rend vite compte que le conflit fondamental n'est pas celui, secondaire, du virus, mais plutôt de cet affrontement entre deux hommes qui se ressemblent au point de se confondre et ce pour une femme que ni l'un ni l'autre ne possède complètement. À Ethan (Tom Cruise) la première nuit, à Sean (Dougray Scott) le baiser des retrouvailles. Cette femme, interprétée avec beaucoup de retenue par une Thandie Newton ravissante, devient en quelque sorte le virus pour lequel les deux hommes se confrontent, une métaphore qui prendra tout son sens au point d'être le pivot du film. Par analogie la finalité de cette relation amoureuse mimétisera les effets mortels du virus.
Finalement, pour ceux qui croient encore que le personnage de Tom Cruise a bien réussi sa mission, retournez au début du film pour redécouvrir ses objectifs. Alors seulement vous réaliserai les véritables enjeux de sa mission...



Image
Présentée dans son format original 2.35 :1 d'après un transfert anamorphique, MI2 bénéficie d'une image qui rend justice à la qualité de la mise en scène de John Woo. L'image est claire et est en tout point exempte de défauts ou d'artéfacts. Les noires sont profonds sans bloquer. Les couleurs sont contrastées et vibrantes, quoique parfois très éclatées. La luminosité est excellente pour les séquences extérieures, contrastant avec la sobriété des scènes intérieures qui, malheureusement, peuvent à l'occasion laisser entrevoir une certaine granularité. Mais il s'agit là d'un défaut mineur qui ne gâche pas l'aspect général du rendu.


Son
La bande-son anglaise, présentée en Dolby Digital 5.1, offre quant à elle une énergie et une agressivité étonnante! Du début à la fin, cette bande offre un dynamisme constant qui contribue à insuffler au film une surdose d'énergie. La basse est particulièrement puissante et énergique, alors que les effets directionnels jouent intelligemment de l'avant à l'arrière, sans créer d'effets superflus et gratuits. Les dialogues, malgré tout le dynamisme de cette bande, restent claires et facilement compréhensibles.
Gracieuseté de Paramount, qui ne laisse pas tomber ses bonnes habitues, une bande son française est aussi disponible. Malheureusement, celle-ci n'est disponible qu'en Dolby Surround 2.0. Non pas que la bande-son n'a pas de qualités, seulement l'énergie de sa contre partie anglaise est perdu. Le dynamisme y est réduit, mais les basses y restent néanmoins de qualités. Depuis qu'elle s'est lancée dans le marché des DVD, Paramount n'a jamais cessé d'offrir des bandes-son françaises sur ces éditions. Il serait tout de même intéressant que ce studio songe un jour à y inclure des bandes-son françaises en Dolby Digital 5.1.


Suppléments/menus
Depuis ses débuts, ce studio n'a jamais été des plus généreux en terme de suppléments, une situation qui commence à changer tranquillement depuis la sortie l'année dernière de General's Daughter et de Sleepy Hollow plus tôt cette l'année. Paramount nous offre maintenant son édition la plus complète à ce jour.
Il y a pour commencer une série de documentaires.. Le premier, Behind the Mission, se compose majoritairement de segments d'interviews avec les membres de l'équipe technique et les acteurs du film. D'une durée de 14 minutes, ce documentaire s'élève au-dessus des courts documentaires promotionnels. Les commentaires des artisans sont souvent intéressants, quoiqu'ils donnent d'avantage leurs opinions sur le tournage du film que des informations sur le processus de création. À ce niveau, nous aurions aimé voir d'avantages de scènes tournées en coulisse. Suivant ce documentaire, on en retrouve un autre intitulé Mission Incredible. D'une durée d'à peine 5 minutes, cette présentation qui se veut un aperçue de la création des cascades s'avère être un de ces documentaires strictement promotionnel, offrant même des segments d'entrevues du premier documentaire (?).
Dans ce qui constitue l'attrait principal de cette édition, il y a une série de 11 mini-documentaires qui présentent la conception des séquences d'actions. D'une durée totale de 35 minutes, ces courts extraits combinent à la fois des entrevues, des scènes tournées en coulisses, et même des scénarimages pour nous faire comprendre le procéssus de création de ces scènes. Le contenu est très intéressant, quoique là encore, quelques scènes en coulisse supplémentaires nous auraient certainement fait plaisir.
C'est aussi avec bonheur que nous retrouvons une piste de commentaires audio du réalisateur John Woo. Son accent peut être difficile à comprendre quelques fois, mais il fournit néanmoins des informations intéressantes et articulées, tantôt techniques, tantôt plus générales sur le processus de création du film.
Le générique du début du film est aussi offert dans une version alternative qui n'a pas survécu au montage final. Bien peu à se mettre sous la dent ici, ce nouveau générique ressemblant beaucoup à l'original. Le vidéoclip I Disappear, de Metallica, est aussi disponible en Dolby Surround 2.0.
Finalement, dans ce qui constitue un geste très intéressant de la part de Paramount, ils ont inclus sur le disque la courte parodie Mission Improbable, créée pour le gala des MTV Movie Awards. Ce pseudo-documentaire met en scène l'acteur Ben Stiller dans la peau du cascadeur de Tom Cruise, alors que celui-ci, tout comme le réalisateur John Woo, se prêtent amicalement au jeu. À ne pas manquer.
Une portion DVD-ROM complète les suppléments. De facture propre, cette portion présente divers éléments dans l'esprit du film, comme les dossiers secrets des agents, la légende de la chimère et autres plans secrets des lieux de tournage. Bien qu'elle n'offre que très peu d'informations ayant un rapport direct au tournage du film, cette portion s'avère néanmoins bien conçue et agréable à naviguer.
Nous aimerions aussi vous glisser quelques mots sur les menus. Ceux-ci se révèlent une belle surprise, compte tenu que ce studio n'a pas l'habitude d'inclure sur ses éditions des menus animés. On y retrouve de la musique, des séquences animées entre chaque tableaux tout en restants facilement navigable. Quelques surprises vous attendent d'ailleurs dans la navigation. De plus, les concepteurs ont eu l'intelligente idée d'afficher la durée de chacun des suppléments. Bravo !




Conclusion
Sans être une édition de référence, Mission Impossible 2 a de belle qualité. L'image est plus que remarquable, la bande-son est absolument saisissante, les suppléments sont plutôt variés et de bonne facture. On se demande toujours où diable sont passées les bande-annonces (il n'y en a aucune), mais Paramount a le mérite avec ce DVD d'offrir ce qu'ils ont fait de mieux jusqu'à présent, tout en trouvant le moyen d'innover sur certains aspects. Pour une compagnie qui arrive de loin, c'est une bonne nouvelle.



Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
4,5/5

Suppléments:
3,8/5

Rapport qualité/prix:
4,2/5

Note finale:
4,3/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2000-11-07

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Mission : Impossible 2

Année de sortie:
2000

Pays:

Genre:

Durée:
123 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Paramount

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais (CC)

Suppéments:
Documentaires, commentaires audio, vidéoclip, parodie du film, DVD-ROM

Date de parution:
2000-11-07

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