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DVDEF

Chicago

Critique
Synopsis/présentation
Qui l'eut cru... On croyait le genre passé de mode et désuet, mais il semble bien que le film musical fasse un retour en force au cinéma. Après le succès critique de Dancer in the Dark et la performance impressionnante de Moulin Rouge au Box-Office, Chicago a récolté les prix les plus prestigieux aux cérémonies des Oscars et des Golden Globes. Et déjà, d'autres comédies musicales devraient prendre l'affiche au cours du quatrième trimestre 2003 et l'année 2004. Mais est-ce réellement suffisant pour prédire le retour sur nos écrans des comédies musicales d’antan ? Pas nécessairement… Après tout, les films musicaux d'aujourd’hui, tant par leur forme que leur contenu, sont adaptés au goût du jour et sont généralement bien différents que ce que la MGM produisait au cours des années trente et quarante. Par exemple, les thèmes abordés dans Dancer in the Dark étaient graves et sombres, ce qui était rarement le cas dans les films musicaux d'autrefois. Formellement, Moulin Rouge tient plus à l'univers du vidéoclip que des chorégraphies tirées des films de Fred Astaire ou Gene Kelly par exemple. Et si Chicago est des plus classique dans sa forme et son récit, il n’en demeure pas moins que le film est très actuel.

À l’origine un spectacle musical créé par Bob Fosse dans les années soixantes dix, ce spectacle lui-même avait été inspiré par une pièce de théâtre datant de 1926, lequel était en fait basé sur une histoire vraie ! Mais malgré l’âge du récit, le thème du film pourrait difficilement être plus actuel. Pour les non-initiés, sachez que le film raconte comment deux meurtrières, l'une aspirante-chanteuse et l'autre vedette de cabaret, qui réussissent à s’attirer la sympathie du public grâce à la couverture biaisée du procès par les médias. Or, si l’action du film se situe dans les années vingt, elle aurait pu aussi bien se dérouler aujourd'hui même, dans n’importe quelle ville d’Amérique du Nord.

Formellement, Chicago se détache de la masse de comédies musicales produites dans la première moitié du siècle dernier. À cette époque, les scènes chantées et dansantes étaient généralement incorporées à même les décors et l'action du film. Les chorégraphies étaient anchrées au quotidien des personnages. Les créateurs du film Chicago ont au plutôt optés pour une distanciation. Les numéros musicaux se distinguent de la narration en prenant tous comme décor une scène plus conventionnelle. Les chorégraphies sont le produit des fantasmes et de l'imagination des personnages, il était ainsi logique de transposer ces chorégraphies dans un lieu plus ludique, un lieu autre que les décors conventionnels de l'intrigue. Cette distanciation résulte d’autre part en un tour de force au montage, qui allie avec une fluidité exemplaire la narration aux chorégraphies. Le mariage entre les deux est parfait et démontre chez le réalisateur Rob Marshall un réel talent de metteur en scène. Il exploite à fond le langage cinématographique, particulièrement les éclairages, pour créer une mise en scène riche et spectaculaire dont Bob Fosse lui-même aurait certainement été fier.


Image
Deux éditions différentes nous sont offertes pour Chicago. La première offre le film au format respecté de 1.85:1 et d'après un transfert 16:9, tandis que l'autre offre le film au format d'image recadré (1.33:1). Pour cette critique, nous avons bien entendu évalué l'édition au format respecté.

La qualité d'image de ce transfert est excellente. La définition générale est optimale, offrant une image précise et pleinement détaillée. Tous les détails sont finement reproduits et le rendu des textures optimal. La reproduction des couleurs est magnifique. La très riche et somptueuse palette de couleur employée est ici superbement étalonnée. Les couleurs sont brillantes, saturées et pures. Seulement à l'occasion on perçoit un subtil fourmillement (chroma noise). les couleurs sont toujours bien délimitées et ne débordent jamais. Les tons de peau sont toujours naturels. Le contraste apparaît quelque peu sur-accentué mais jamais au point de nuire au rendu général de l'image. Les parties denses offrent de dégradés subtils, bien détaillés, qui ne bloquent jamais. Les noirs sont purs, nets et profonds.

Quelques légers défauts empêchent ce transfert d'en être un de référence. Tout d'abord, la sur-accentuation des contours qui a franchement été trop accentuée. Aussi, on observe la présence de subtils macroblocs.


Son
Ce sont trois bandes-son différentes qui nous sont offertes avec cette édition. Il y a deux mixages anglais (DTS / Dolby Digital 5.1) ainsi qu’un doublage français (Dolby Digital 5.1). Des sous-titres anglais et espagnols sont également offerts.

Ces mixages sont d'une bonne dynamique et offrent une présence et une spatialité on ne peut plus satisfaisante. On notera en premier lieu un champ sonore cohérent, articulé ou les éléments sonores trouvent leurs juste place. Le champ-sonore jouis d'une bonne profondeur, cependant on pourrait lui reprocher un déploiement qui met trop d’emphase sur les canaux avants. Une utilisation plus appuyée des canaux d’ambiophonies aurait certes été préférable et aurait contribué à rendre le mixage plus immersif. Cependant, les éléments sonores sont superbement reproduits et toujours correctement positionnés. La trame-sonore, qui constitue l'élément sonore le plus important, est très efficacement intégré, quoique à nouveau une présence accrue au niveau des canaux arrières aurait été souhaitable. Quoiqu'il en soit, cette trame-sonore est fidèlement reproduite et a par moment une force peu commune. Les voix sont toujours parfaitement nettes et intelligibles. Les basses sont justement reproduites. Le canal .1 (LFE) offre des basses-fréquences profondes et intenses qui donnent beaucoup de force à ce mixage.

Les différences entre les mixages DTS et Dolby Digital 5.1 sont réellement mineures, si c'est un positionnement plus juste des différents éléments pour la bande-son DTS.
Le doublage français Dolby Digital 5.1 à sensiblement les mêmes qualités que sa contre-partie anglaise. Mais ce doublage français tend à écraser les éléments sonores d'ambiance au point où cela devient franchement agaçant. L'inclusion de sous-titres en français aurait été souhaitable.


Suppléments/menus
Et bien, pour un film qui fut proclamée le meilleur de l'année 2002, cette édition DVD nous apparaît étonnamment avare de suppléments.

Vous retrouverez en premier lieu une excellente piste de commentaires audio animée par le réalisateur Rob Marshall et le scénariste Bill Condon. De toute évidence, les deux hommes sont très à l’aise avec l'exercice. Le ton est décontracté, voir parfois jovial, et le duo se révèle particulièrement généreux dans leurs commentaires. Ils expliquent de façon concise tout le processus de création du film, s'attardant sur les embûches rencontrées et les solutions trouvées pour s'en sortir. Les propos sont toujours pertinents, et la bonne humeur qui se dégage des deux hommes devient vite contagieuse.

Le deuxième supplément d'intérêt est un documentaire promotionnel intitulé banalement The Making of Chicago. D'une durée de vingt-huit minutes, ce segment se contente de résumer l'histoire du film et ses principaux enjeux ainsi que de décrire vaguement les personnages. Les intervenants se félicitent tous du bon travail fait par tous et chacun, sans jamais expliquer plus en détail l'apport des artisans dans la production du film. Seules quelques brèves minutes sont dédiés à des aspects plus techniques du film, comme par exemple les costumes, les chorégraphies et les éclairages. Mais les informations données sont trop succintes et vagues pour que nous puissions apprendre quoi que ce soit. Dommage.

Le dernier supplément digne d'intêret est une séquence complète retirée du film. Il s’agit d'une scène musicale, interprétée/chantée par Catherine Zeta-Jones et Queen Latifah. Cette séquence s'avère être à la hauteur des autres scènes du film et mérite incidemment une écoute attentive. Il est en fait dommage, quoique compréhensible, que cette scène ait été retirée du film pour une question de temps.

La bande-annonce originale ainsi que quelques publicités complètent les suppléments de cette édition.



Conclusion
À juste titre, Chicago fut acclamé à la fois par le public et la critique lors de son passage dans les salles de cinéma avant d'être récompensé de plusieurs prix. Ne serait-ce que pour le film, donc, cette édition DVD en vaut certainement le prix d’achat. Qui plus est, la qualité d'image est excellente et les mixages sonores rendent justice à la musique du film. Seuls les suppléments déçoivent de par leur quantité, que nous aurions souhaitée plus nombreux.


Qualité vidéo:
4,1/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
3,7/5

Note finale:
3,6/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2003-09-25

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Chicago

Année de sortie:
2003

Pays:

Genre:

Durée:
113 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Alliance Atlantis

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, séquence musicale retranchée, documentaire et bande-annonce

Date de parution:
2003-08-19

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