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DVDEF

Misfits, The (Vintage Classics)

Critique
Synopsis/présentation
The Misfits est la rencontre de deux grands esprits : celui d'un grand réalisateur, John Huston, et d'un grand intellectuel américain, le dramaturge Arthur Miller. Ensemble, ils ont créé une oeuvre en rupture de banc avec la grande machine à rêves hollywoodienne où le soleil se couche sur le mythe du cowboy, figure emblématique de la conquête de l'ouest.
The Misfits (qui veut littéralement dire « les mésadaptés ») met en scène Roslyn (Marilyn Monroe) une jolie jeune femme fraîchement divorcée qui fait la rencontre d'un garagiste Guildo (Eli Wallach). Celui-ci la présente à son ami Gay (Clark Gable), un cowboy alcoolique vivant de l'air du temps et de la chasse aux chevaux sauvages. Dès leur première rencontre, Roslyn accepte d'amorcer une relation amoureuse avec Gay et le couple emménage dans la maison de Guildo.
En route pour un rodéo, ils rencontrent Perce (Montgomery Clift), une connaissance de Gay. Perce est le fils d'un propriétaire terrien et a été évincé de l'entreprise familiale par son beau-père. Il en est réduit à faire les rodéos des petites villes du Nevada pour gagner sa vie.
Gay, Guildo et Perce décident d'organiser une chasse aux chevaux sauvages, question de se faire un peu d'argent. Devant la cruauté de cette forme de chasse, Roslyn réagit fortement, provoquant une crise dans le groupe. L'aventure se solde alors par la libération des bêtes. Roslyn et Gay quitteront le groupe pour s'établir ailleurs...
The Misfits présente une galerie de personnages ayant atteint leur dernière frontière. Ils y découvrent que leurs entreprises sont illusoires et ne servent qu'à cacher leurs regrets. Guildo regrette sa femme morte trop jeune, Gay, de n'avoir pas su être un vrai père pour ses enfants et Perce, la terre de son père. Roslyn est le centre de ce groupe d'hommes. Celle qui est tout à la fois confidente et objet de désir finira par les convaincre de l'idiotie de leur entreprise de destruction. Malgré son apparence d'ingénue, elle est sensible, intelligente et forte.
Nous pouvons voir dans cette oeuvre l'affrontement de deux visions du monde : l'une masculine, fondée sur le besoin de conquérir, et l'autre, féminine, sur celui de vivre dans un monde sans conflit. Fait très intéressant à noter, la vision féminine l'emporte à la fin. Ceci est assez unique dans l'univers de John Huston et est probablement dû au contact de Miller et à sa force de caractère. De tous les films de Huston, voilà celui qui tranche le plus, principalement par son caractère critique du monde des machos (scène du rodéo).
De manière sans doute inconsciente, cette oeuvre annonce les bouleversements qui ébranleront les État-Unis pendant les années soixante. Cette décennie verra naître une profonde remise en question des valeurs traditionnelles et ce, par l'émergence du mouvement de la contre-culture, l'émancipation des femmes, les revendications des Noirs. Tous ces chambardements trouveront progressivement écho dans le cinéma américain. Avec The Misfits, « l'American way of life » devient « l'American way of the blues ».
Notons que ce film admirable ne fait pas partie de la liste des 100 plus grands films américains de tous les temps (telle qu'établie en 1999 par l'AFI). Pourtant, il aurait pu prendre la place de Tootsie, par exemple. The Misfits possède une très grande beauté plastique et fait montre d'une remarquable maîtrise formelle. Tout la scène de chasse aux Mustangs est un exemple brillant du savoir-faire de son réalisateur.
Il y a des films qui sont marqués par le destin et The Misfits fait partie de ceux-là. En effet, nul ne pouvait se douter que ce serait la dernière apparition au grand écran de Marilyn Monroe et de Clark Gable. Ces deux interprètes y jouent des rôles importants dans leur filmographie respective. Dans le cas de Marilyn, le rôle fut écrit sur mesure par son ex-mari et marque un sommet dans sa carrière. Dans celui de Gable, le personnage qu'on lui propose est celui d'un homme que l'orgueil a usé. Le dernier plan du film nous les montre regardant les étoiles et en route vers une autre destination. Cette séquence est aujourd'hui presque prophétique.


Image
Cette édition de la MGM ne déçoit pas. L'interpositif qui a servi au transfert numérique était plus qu'acceptable. Naturellement, il y a ici et là des traces du passage des années, mais rien de significatif. On remarque donc peu d'égratignures et de saletés sur la pellicule.
Le transfert numérique présente le film dans son format d'image d'origine de 1.66:1. Cependant, il n'est pas anamorphique, la MGM ne croyant pas nécessaire d'offrir ce type de transfert pour ce ratio. Le travail de numérisation de ce long-métrage, exécuté par la société Sunset, est bon. Il serait faux de prétendre que cette numérisation sera une référence, mais elle est supérieure à la moyenne de celles offertes dans la collection Vintage Classic.
Dès le début du visonnement, le spectateur remarquera la qualité de l'étalement tonal des gris, ce qui donne un beau relief à l'ensemble de l'image. Les noirs sont profonds et stable, les blancs éclatants. De plus, l'image affiche une définition étonnante, ce qui la rend des plus agréables à regarder. En conclusion, au chapitre de l'image, ce DVD offre un bon rapport qualité/prix.



Son
Comme c'est généralement le cas dans cette collection, le DVD offre trois bandes sonores : anglaise, française et espagnole. Pour un film qui a 40 ans, la prise de son est très bonne. La définition des différents plans sonores n'est pas trop comprimée et les dialogues gardent toujours une bonne intelligibilité. Soulignons au passage la superbe musique d'Alex North qui est dense et dramatique. Celle-ci retrouve des aigus et des graves corrects. Le souffle est plus présent qu'à l'accoutumée, sans toutefois distraire l'auditeur.



Suppléments/menus
Avec la MGM aucune surprise à ce chapitre : il n'y a que la bande-annonce du film. Malheureusement, il faudra probablement s'habituer à cette situation encore longtemps sous-cette collection (Vintage Classics).



Conclusion
Voici le DVD d'un film de haut niveau, doublé d'un transfert plus qu'acceptable. Alors, que demander de plus? De vrais suppléments avec des notes sur les acteurs, les auteurs, la production, des scènes retranchées, des documents d'archives, des commentaires audio et un vrai documentaire auraient été entièrement justifiés et très appréciés des cinéphiles. Mais pour les obtenir, le collectionneur devra attendre que la MGM/UA se réveille et utilise ce merveilleux support au maximum de ses capacités pour l'ensemble de son catalogue.


Qualité vidéo:
3,6/5

Qualité audio:
2,8/5

Suppléments:
0,5/5

Rapport qualité/prix:
3,4/5

Note finale:
3,2/5
Auteur: Sylvain Lafrenière

Date de publication: 2001-06-29

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Toshiba 32 pouces, Récepteur Sony STR-DE945, Lecteur DVD Sony DVP-S360, enceintes Energy, câbles Cable Accoustic Research

Le film

Titre original:
Misfits, The

Année de sortie:
1961

Pays:

Genre:

Durée:
125 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.66:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono
Française Dolby mono
Espagnole Dolby mono

Sous-titres:
Français
Espagnol

Suppéments:
Bande-annonce

Date de parution:
2001-06-19

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