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DVDEF

A Beautiful Mind (Awards Edition)

Critique
Synopsis/présentation
La carrière de Ron Howard s'étale sur plus de quarante années. D'abord comédien (The Shootist, American Graffiti et à la télévision avec Happy Days), Ron Howard amorçe une carrière de réalisateur à la fin des années soixante-dix. Les productions d'Howard alerne depuis ce temps entre deux genres: le film fantaisiste (Willow, How the Grinch Stole Christmas) au drame (Apollo 13, Backdraft).
Adapté d'un fait vécu, A Beautiful Mind raconte l'histoire de John Nash. Jeune mathématicien entré à l'Université de Princeton en 1947, il cherche l'idée, l'éclair de génie qui fera révolution. Il développe la théorie de l'équilibre, ce qui lui vaudra un poste de professeur à l'université. Parralèlement, se développe chez Nash des comportements schizophréniques; il s'imagine travailler sur un projet du département de la défense. Un premier internement lui fait prendre conscience que la réalité n'est peut-être pas ce qu'elle est. Appuyé de sa femme, Nash apprendra à composer sa schizophrénie. Consécration ultime, Nash obtient un prix Nobel en 1994.
Ce film de Ron Howard est littéralement construit en deux parties. La première, et la plus interessante, est efficace. Lentement, on plonge dans l'univers paranoïaque de Nash où l'équilibre/déséquilibre se cotoie. La notion de réel est toujours compromise par un climat d'incertitude que le réalisateur laisse planer. De plus, Howard sait évoquer avec une certaine poésie la conceptualisation des théories de Nash, les méandres de sa pensée scientifique. Puis, environ à la moitié du film, le ton change radicalement. Cette rupture est marquée par l'internement du mathématicien. Là, le film, sans être ennuyant, sombre dans le mélodrame facile. On comprend vite qu'il s'agit de la rédemption du héros...
Howard n'a jamais, après tout, été reconnu pour son audace et A Beautiful Mind en est un bel exemple. Il inscrit son film dans la trop commune tradition d'un déséquilibre mental palié par une forme de génie ou de sympathie. Nombre de films issus de la machine hollywoodienne cultive ce phantasme (Rainman, Forrest Gump, As Good As It Gets). Comme Moulin Rouge était le phantasme américain d'un certain Paris, A Beautiful Mind est celui de la maladie mentale. La schizophrénie est une maladie fondamentalement dure et dont les conséquences sont graves. Non pas qu'Howard ne traite pas de cela, mais il le fait avec une retenue agacante très proche de la perversion. Par exemple, le cinéaste n'évoque jamais que la femme de Nash, incapable de composer avec la maladie de son mari, l'a quitté un certain temps. Howard a préféré projété l'image d'une épouse compréhensive, toujours là pour soutenir son mari. De plus, sûrement pour ne pas vexer l'auditoire (selon le point de vue des producteurs), on a aussi évité d'aborder les expériences homosexuels de John Nash, ce qui sema la controverse lors de l'annonce de la nomination de l'oeuvre cinématographique au titre de Meilleur Film aux Academy Awards de 2002. Notons que ce n'est pas la première fois qu'Howard travestit la réalité, avec Apollo 13 le réalisateur avait aussi pris quelques libertés.
Bien que proprement mis en scène (dans la tradition hollywoodienne), A Beautiful Mind laisse une impression de faux; comme si on ne pouvait montrer la maladie mentale qu'en tant que conte de fée. Dommage qu'Howard ait pris le partie de réaliser un film qui verse dans le mélodrame (aux enjeux moraux plus qu'appuyés), car il avait ici tous les éléments pour mettre en scène un film fort. Heureusement, et ce qui sauve ptobablement cette production, les performances de Russell Crowe (ironiquement oscarisé pour Gladiator alors que son jeu ici est de loin supérieur), Jennifer Connelly et surtout, un Ed Harris toujours aussi intense.
Il n'est vraiment pas étonnant que ce film ait obtenu l'Oscar du Meilleur Film de l'année 2001. A Beautiful Mind réunit tout les ingrédients d'un film bâtit en fonction de récolter un maximum de statuettes; un destin particulier, la victoire d'un homme sur la maladie (l'incontrôlable) et l'histoire d'un couple éxhultant les forces de l'amour. Ajouté à cela un réalisateur d'expérience, un acteur en vogue, une solide équipe d'artisans et voilà l'Oscar...


Image
Deux éditions d'A Beautiful Mind sont mise en marché. L'une format plein écran (transfert P&S) et l'autre format original (1.85:1), d'après un transfert anamorphosé. C'est cette dernière version qui est évaluée ici.
Voilà un superbe transfert. La définition dans son ensemble est optimale offrant un rendu des détails et textures saisissant. Seuls quelques plans laissent voir un peu de grain, mais ce problème n'est pas réellement agaçant. La colorimétrie, mis à part pour les scènes filtrées (ouverture du film), nous a paru juste et constante. Les couleurs, souvent chaudes et chatoyantes, sont richement reproduites. Le contraste est correctement équilibré, tandis qu'on n'observe aucune fluctuation de la densité. Le niveau des noirs (brillance) est parfaitement ajusté offrant un solide niveau de détail. Les noirs sont purs, intenses et exempt de tout fourmillement.
L'interpositif ayant servi au téléciné ne démontre aucun parasite. Si la numérisation n'a pas posé problème, une légère sur-définition des contours a été appliquée. Sans être distrayant, ce problème fait tout de même perdre quelques points à ce transfert qui, sans cela, aurait été sûrement de référence.


Son
Tant pour l'édition plein écran (P&S) que format original (1.85:1, anamorphosé), des bandes-son anglaise et française Dolby Digital 5.1 sont incluses.
Le mixage original (anglais) est discret, mais tout à fait fonctionel et intelligent considérant la nature du film. Le champ sonore se déploie, pour la majeure partie du film, des enceintes avant. L'image stéréophonique est articulée et cohérente. Ce qui étonne le plus est sûrement la profondeur du son et l'excellent enregistrement/intégration des dialogues tout à fait naturel. Sans être percutant, ce mixage est d'un bon dynamisme mais surtout présent. Les canaux d'ambiophonie sont mis à contribution de façon pontuelle, mais juste; par exemple, lorsque le personnage de John Nash tente de solutionner un problème. On note alors de belles transitions canaux à canaux tant avant/arrière que gauche/droit.
Faute d'espace (136 mins., deux bande-son, deux pistes de commentaires audio, scènes inédites), aucune bande-son DTS n'est incluse. Voilà qui est dommage car les basses auraient probablement gagnées en détails et définition si présentées dans ce format. À l'instar des effets d'ambiophonie, l'usage du canal .1 (LFE) est ponctuelle, mais appropriée. La trame-sonore de James Horner, relativement en retenue, est rendue avec fidèlité et précision.
Le doublage français surprend par sa qualité et à, en grande partie, les mêmes attributs que le mixage anglais. Les voix sont bien positionnées, ni trop en avant ou arrière du champ sonore, bien que celle-ci n'ait pas la profondeur du mixage original.
Il y a option de sous-titrages en anglais et espagnol. Bien que via la télécommande on puisse opter pour des sous-titres français, ce sont en fait que les textes à l'écran (lieux, année, etc.) qui sont sous-titrés.


Suppléments/menus
Cette édition double disque offre un lot de suppléments tout à fait impressionant. Du moins en quantité. Ce titre est offert sous la bannière Awards Edition; cette bannière fut celle aussi d'American Beauty (une autre co-production Universal-Dreamworks).

Sur le premier disque, nous trouvons en premier lieu deux piste de commentaires audio. La première est animée par le réalisateur, Ron Howard. Ce commentaire audio est quelque peu inégal, si Howard sait être interessant par moment, les trop nombreuses pauses font perdre tout rythme à l'ensemble. D'autre part, le cinéaste ne semblait pas avoir de plan, il se contente de suivre l'action plutôt qu'élaborer sur des thêmes particuliers. La deuxième piste de commentaires audio est celle d'Akiva Goldsman, scénariste du film. Là encore, cette piste est ponctuée de quelques pauses. Le scénariste a par contre le mérite de ne pas trop s'éparpiller. Le propos reste centré sur la scéanrisation et construction du film. Peut-être qu'un enregistrement simultané d'une piste par Ron Howard et Akiva Goldsman aurait donné des résultats plus probant.
Les scènes inédites (dix-huit en tout) ne peuvent être vu individuellement, mais bien en rafale, avec ou sans commentaires audio du réalisateur. Les 26'50 que prennent l'écoute de ces scènes (1.85:1, non-anamorphosé, anglais Dolby 2.0 Surround) valent sans l'ombre d'un doute la peine. N'eux été de contrainte imposé par la durée du film, plusieurs de ces scènes auraient eu leur place (du moins considérant le partie pris du film).
Complète ce premier disque, des notes de production (une douzaine de page) et la biographie/filmographies d'artisans et acteurs ayant travaillé à ce film. Ces suppléments sont courts, mais concis.

Le deuxième disque débute avec A Beautiful Partnership (5'22). Ce supplément est en fait une entrevue donnée conjointement par Ron Howard et Brian Grazer (producteur du film). Entrecoupé de séquence du film ou filmé en coulisse, les deux hommes parlent de leur collaboration. Malheureusement, peut-être faute de temps, Howard et Grazer restent vague sur les mécanismes de leur collaboration.
Development Of The Screenplay laisse place au scénariste du film; Akiva Goldsman. Bien construit, ce segment permet de comprendre ce que fut le travail d'adaptation et d'écriture du scénario. C'est un peu court, mais le produit final a le mérite d'être informatif.
Meeting John Nash (8'26) nous permet de voir le vrai John Nash expliqué une de ces théories et un projet de recherche actuellement en cours. Filmé dans le bureau de Nash, ce segment nous permet (enfin) de saisir la vrai nature de l'homme. Plus formel, un court segment (Accepting the Nobel Prize) nous montre John Nash recevant son prix Nobel en 1994.
Suit Casting Russell Crowe/Jennifer Connelly (5'55). Comme son nom l'indique, on traite ici du choix des deux acteurs principaux. Ron Howard et Brian Grazer explique ce qui a motivé leurs choix. On a déja vu ce genre de segment produit avant, celui-ci ne brise aucune barrière.
The Process of Age Progression (7'12) nous permet de voir le travail de Greg Cannom, l'artisan responsable de la création des prothèses ayant servi au veillissement des personnages. Greg Cannom vulgarise admirablement bien et c'est avec plaisir que l'on écoute ces commentaires. On a eu de plus la bonne idée, à certain moment, de diviser l'écran en deux parties; d'un côté les propos de Greg Cannom et de l'autre le résultat final (extraits du film). Bien fait.
Autre segment plutôt bien réalisé, et dynamique, les Storyboard Comparisons. Ce sont pas moins de cinq séquences (trois ayant survécues au montage final et deux inédites) que l'on peut comparer avec le produit final. Apres une courte présentation oà Ron Howard explique comment les scénarimages l'aident dans son travail, on accède au choix des séquences. On peut soit comparer le scénarimage au produit final ou bien seulement visionner celui-ci.
Avec Creating the Visual Effects, nous pouvons jeter un coup d'oeil aux effets visuels numériques créés par Kevin Mack. À l'instar du segment portant sur les maquillages, nous avons encore ici affaire avec un artisan qui sait admirablement bien expliquer son travail. Les exemples sont pertinents et convaincants. Ni trop long, ni trop court, ce segment vaut l'écoute.
Scoring the Film (5'55) porte sur la composition de la trame sonore. James Horner nous parle de son approche vis à vis ce film, mais aussi nous présente Charlotte Church dont la voix accompagne cette trame-sonore.
Le plus long segment se nomme Inside a Beautiful Mind (22'29). Bien qu'il s'agisse du plus important des suppléments en terme de durée, celui-ci est en fait une longue bande-annonce... Visiblement produit à des fins promotionelles, ce segment vous apprendra peu. Pour les plus passionés du film seulement.
Finalement, nous retrouvons parmi les suppléments de ce deuxième disque, les discours de remerciement des différents artisans/acteurs lors de la remise des Oscars, une publicité ventant la trame-sonore, des recommendations de visionnement, la bande-annonce du film et des liens Internet (différents organismes dévoués au traitement de maladie mentale).
Via la partie DVD-ROM, et en acceptant d'installer le logiciel de lecture InterActual, vous pouvez accèder (après vous être enregistré) à un site Internet qui vous permettra de consulter encore plus de suppléments (photos et vidéos). Ce nouveau type de complément nommé Total Axess a le mérite d'ajouter un peu plus d'interactivité, mais pour vraiment interesser le consommateur il faudra offrir du matériel qui tire un avantage exclusif de ce qu'un ordinateur personel peut offrir.





Conclusion
Le partie pris de Ron Howard en laissera plusieurs amers, malgré les qualités de ce film. Néanmoins, cette édition, techniquement parlant, vaut la peine; l'image est d'une très belle facture et le mixage adapté à ce type de film (quoiqu'une bande-son DTS aurait sûrement mieux reproduit l'intensité dramatique de certains passages). Les supléments, bien que généreux, sont inégaux. Tels d'autres parutions DVD récentes, on préfère découper en plusieurs segments ce qui aurait pu être un long et solide documentaire.


Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
3,6/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Mathieu Daoust

Date de publication: 2002-06-06

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Widescreen 16:9 Toshiba TheaterWide TW40X81, Récepteur Pioneer Elite VSX-07 TX, Lecteur DVD Pioneer Elite DV-37, enceintes Paradigm, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Beautiful Mind, A

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
134 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Pistes de commentaires audio (2), documentaire, segment d'archive, segments portant sur la réalisation, entrevues, galerie d'images, bande-annonce et partie DVD-ROM

Date de parution:
2002-06-25

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