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DVDEF

Men of Honor (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Men of Honor s'inscrit dans la même lignée de films visant à faire connaître au grand public les difficultés de la communauté afro-américaine à se tailler une place dans les rangs de l'Armée américaine. Avant lui, Glory s'était attardé au sort du premier régiment de soldats de couleurs lors de la guerre de sécession, alors que The Tuskegee Airmen traitait du premièr groupe d'aviateurs noirs lors de la deuxième guerre mondiale.
Men of Honor aborde quant à lui des difficultés rencontrées par Carl Brashear, un jeune afro-américain aspirant à devenir Maître-plongeur pour la marine américaine. Bien que la présence de soldats noirs se faisait de moins en moins rare au sein de l'armée des États-Unis, les postes de prestiges leur était toujours inaccessible. De fait, l'autorité en place fit tout en son pouvoir pour empêcher l'homme d'atteindre son but. Mais c'était bien mal connaître la ténacité et le courage de Brashear. L'histoire racontée dans Men of Honor est basée sur des faits réels. Le sujet est prenant et le récit, inspirant.
Cependant, les créateurs (en particulier le scénariste et le réalisateur) n'ont pu se retenir d'insister et d'appuyer chaque éléments dramatiques jusqu'à rendre plusieurs séquences particulièrement mielleuses et mélodramatiques. À ce niveau, la trame sonore de Mark Isham est ridiculement pompeuse et insistante plutôt qu'inspirante. Dommage, car les difficultés rencontrées par Carl Brashear étaient suffisamment prenantes et dramatiques pour ne pas avoir à être appuyés par des effets cinématographiques grossiers et usés. De plus, le film souffre dramatiquement d'un rythme déficient. Alors que le milieu du film est particulièrement prenant, après une introduction précipitée et confuse, le récit souffre d'une sérieuse rupture de ton dans le dernier tiers, alors qu'on nous propose une scène de tribunal banale intégrant un patriotisme particulièrement agaçant. Pendant tout ce temps, le réalisateur George Tillman Jr. se contente de filmer le tout platement, sans inspiration, visiblement déstabilisé devant l'ampleur du projet.
En fin de compte, le film repose presque entièrement sur les épaules de ses interprètes, tous magnifiques, à commencer par Cuba Gooding Jr. Il joue avec une conviction et une subtilité qui impressionnent, prouvant hors de tout doute qu'il peut porter un film entier sur ses épaules.
Bref, le film comporte de nombreux défauts. Mais Men of Honor a l'immense mérite de nous faire connaître une partie importante de l'histoire récente des États-Unis, une histoire inspirante jusque là inconnue.



Image
Le film est présenté dans son format original et ce, d'après un transfert anamorphique. Dans l'ensemble, la définition est excellente, certaines scènes seulement souffrent d'un manque de piqué. Les couleurs sont également bien ajustées. Elles sont constantes et bien saturées. Les noirs sont profonds et les parties sombres, en particulier dans les scènes se déroulant sous l'eau, sont bien dégradées. Bien que le contraste est justement rendu, nous avons remarqué une certaine inconsistance dans la brillance à quelques reprises dans les séquences extérieures. Il est toutefois difficile de juger s'il s'agit d'un défaut du transfert ou de la photographie même du film.
Comme il en est la norme avec un film aussi récent, le transfert est exempt de défauts ou d'artéfacts apparents.


Son
La qualité de la bande-son anglaise Dolby Digital 5.1 est très satisfaisante. Les effets d'ambiophonies sont utilisés intelligemment pour créer une spatialité presque exemplaire. À noter la subtilité du mixage des scènes sous-marines, captivantes et envoûtantes à souhait. Les effets directionnels sont dynamiques, alors que les basses font preuves de rpofondeur, là encore plus particulièrement lors des scènes se déroulant sous l'eau. Les dialogues, quant à eux, restent toujours clairs et intelligibles. Une seule bémol toutefois, le trop grand volume avec lequel à été enregistrée la trame-sonore de Mark Isham, qui peut sembler enterrer le contenu de la bande-son à quelques reprises, lors de montées dramatiques.
Des bandes-son française et anglaise sont aussi offertes en format Dolby Surround 2.0. Les basses y sont nettement moins profondes, et le dynamisme y est absent.


Suppléments/menus
C'est ici que cette édition se démarque le plus. Fox a fait un effort considérable pour produire une série de suppléments des plus complète, à commencer par l'excellente piste de commentaires audio animée par l'acteur Cuba Gooding Jr., le réalisateur George Tillman Jr., et le producteur Robert Teitel. Quel plaisir que d'entendre ces hommes parler avec autant d'enthousiasme d'un projet qui les tenait visiblement à cœur. L'information transmise n'est pas toujours techniquement approfondie, mais les anecdotes racontées sont savoureuses et le ton dans lequel baigne cette piste captive l'intérêt du début à la fin.
Suivent ensuite une série de douze scènes coupées au montage, dont une fin alternative. Dans une introduction précédent le menu des scènes coupées, le réalisateur George Tillman Jr. fait mention que son premier montage a dû être coupé de plus d'une heure pour accélérer le déroulement du récit. Réunis sur cette édition sont les scènes que le réalisateur jugeait les meilleures dans ce qui a été enlevé. De fait, quelques unes de ces scènes sont d'un intérêt surprenant qui aurait ajoutées une certaine intensité au récit. À l'opposé, certaines autres sont d'un intérêt plutôt nul et ne méritaient pas nécessairement leur inclusion sur cette édition. À noter qu'une piste de commentaires est aussi disponible pour chacune de ces scènes qui, somme toute, composent un bel amalgame.
Vous retrouverez ensuite deux documentaires qui, malgré leurs intentions différentes, tournent hélas autour du même sujet. Le premier segment, simplement intitulé Making Of, traite pendant 13 minutes de la création du long métrage. Malheureusement, plus souvent qu'autrement c'est le véritable Carl Brashear qui devient le centre d'intérêt, et le ton devient vite complaisant et mielleux. L'information technique n'y est qu'effleurée, on fait plus la promotion du film qu'autre chose. Une occasion manquée.
Quant au deuxième documentaire, intitulé Masterchief : A tribute to Carl Brashear (7 min.), on se doute vite que l'intérêt sera porté à la vie du héros en question. Ce document a la particularité de présenter plusieurs parties d'entrevues avec Mr Brashear, racontant un peu son vécu et son expérience sur le tournage. Ici encore, un peu plus de sobriété aurait été de mise. En fait les amateurs du film ne seront jamais déstabilisés par ces deux documentaires qui sont exactement à l'image du film: pompeux.
Suit ensuite un montage vidéo de scénarimages (storyboards) reconstituant une des séquences clé du film. On y offre l'option d'écouter ce montage avec les commentaires du réalisateur, celui-ci racontant son utilisation des scénarimages durant le tournage de son film. Une perspective beaucoup plus intéressante que d'avoir à visionner des scénarimages sans support auditif.
Le reste des suppléments est essentiellement composé de matériel promotionnel, à commencer par les habituelles bandes-annonces et des publicités télévisuelles. Vous retrouverez ensuite une publicité ridicule faisant la promotion de la trame-sonore du film. Finalement, est disponible la vidéoclip Win de Brian McKnight qui s'avère être plutôt sans intérêt, malgré sa justesse à traduire le ton du film.




Conclusion
Certainement, le film trouvera des adeptes, grâce en particulier à une histoire plutôt intéressante et à un jeu d'acteurs exceptionnel. La qualité techniques en font un divertissement des plus convaincants, et les suppléments, à défauts d'être vraiment informatifs, ont le mérite d'être variés. Une édition présentée avec professionnalisme, dans les standards du marché actuel.


Qualité vidéo:
3,9/5

Qualité audio:
4,1/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
3,9/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2001-04-17

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Men of Honor

Année de sortie:
2000

Pays:

Genre:

Durée:
128 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
2 Documentaires, piste de commentaires audio, 12 scènes coupées dont une fin alternative, séquence de scénarimages animés, vidéoclip, bande-annonce

Date de parution:
2001-04-10

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