Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

I Am Sam

Critique
Synopsis/présentation
L'année 2001 marqua un tournant pour le moins surprenant dans la carrière de Sean Penn. Reconnu à Hollywood pour son attitude rebelle et parfois même agressive , il prit tout le monde par surprise en faisant une apparition remarquée dans la comédie de situation Friends, puis en interprétant le rôle d'un déficient intellectuel dans le mélodrame intitulé I Am Sam. Deux rôles qui constituent un véritable contre-emploi pour Sean Penn, qui a tendance à choisir des rôles beaucoup plus sérieux dans des ?uvres rarement destinées au grand public. Serait-il que le mauvais garçon d'Hollywood commence à s'assagir ? Peut-être pas? Sean Penn a toujours aimé relever des défis en tant qu'acteur, et celui de I Am Sam en représentait un de taille qu'il a su relever avec un brio exemplaire. Un rôle qui lui a d'ailleurs valu une nomination pleinement justifiée au dernier gala des Academy Awards.

Dans I Am Sam, Sean Penn incarne donc le personnage d'un déficient intellectuel d'âge adulte qui se retrouve, par un concours de circonstances, père monoparental d'une petite fille. Lorsque la fillette atteint l'âge de sept ans, les autorités, qui ont été saisis de l'affaire, craignent que le père ne puissent plus suffire aux besoins intellectuels de l'enfant. Mais Sam a beaucoup d'amour a donner à son enfant, et il tentera de prouver, avec l'aide d'une avocate malheureuse, que c'est tout ce dont un enfant à besoin pour s'épanouir.

Chose malheureuse, malgré les meilleurs intentions du monde, le film n'arrive jamais à la hauteur de la performance de Sean Penn, ni même à la hauteur de ses propres prétentions d'ailleurs. Si les prémices du film provoquent un questionnement d'ordre social tout à fait contemporain et d'actualité, le reste du film nous laisse rapidement tomber pour sombrer dans une surenchère de bons sentiments. À lui seul, le sujet du père déficient tentant d'élever seul son enfant aurait dû suffire à raconter une histoire. Une histoire qui aurait été beaucoup mieux desservie par une mise en scène strictement contemplative qui aurait conduit le spectateur à une saine réflexion quant aux véritables enjeux du récit. Mais plutôt que de laisser parler son sujet de lui-même, la co-scénariste et réalisatrice Jessie Nelson a favorisé une approche beaucoup plus active et impliquée, de par laquelle elle tente par tous les moyens de nous imposer des émotions pré-fabriquées et une moralité quelque peu simpliste. Certains qualifierait cette approche de manipulatrice, ce qui n'est pas totalement faux. Sa réalisation est trop expressive et ne se prête tout simplement pas au contenu du film. La caméra nerveuse, les zooms in et out prompts et excessifs, la photographie stylisée, tous les artifices employés dignement par les Michael Mann ou Steven Soderbergh pour expliciter leurs oeuvres et leurs donner une saveur documentariste sont ici employés un peu naïvement, de façon injustifiée. La réalisatrice voulait ainsi traduire formellement les émotions et les sentiments du personnage principal, mais les effets de style deviennent rapidement agaçant. Après tout, le scénario est celui d'un mélodrame mielleux et un peu prévisible, Jessie Nelson aurait due assumer ce scénario et réaliser son film comme tel quel. De plus, l'idée de greffer au récit de Sam celui celui de son avocate , une mère malheureuse qui élève mal son enfant, ne fait que brouiller le fil scénaristique. En voulant prouver que Sam le simple d'esprit élevait mieux son enfant que l'avocate riche et intelligente, les scénaristes ont surtout réussies à simplifier à outrance un sujet beaucoup plus complexe. Certes, l'amour est essentiel, mais l'enfant n'a-t-il pas besoin de plus? Le film aborde brièvement cette question mais ces séquences ont surtout comme dessein de nous arracher quelques larmes.

La conclusion du film laisse bien peu de place au questionnement puisqu'il tente surtout de répondre à toutes les questions. Reste dans tout cela que I Am Sam est un film qui aura au moins eu le courage d'aborder un sujet méconnu, voir tabou. Si seulement le tout avait été abordé d'un angle moins léger, pompeux et même loufoque (admettons qu'il y a quelques bons gags), le film n'en aurait été que plus réussi. Avis aux amateurs de musique, la trame-sonore du film, entièrement composée de ré-interprétation par des artistes contemporains de classiques des Beatles, constitue l'un des véritables point fort du film.


Image
Le film nous est offert en format d'image original de 1.85:1 d'après un transfert anamorphosé et numérique. Comme toujours, c'est un transfert d'excellente qualité que nous offre New Line, un studio dont la qualité technique des éditions déçoit rarement, peu importe la difficulté que peu représenter le matériel à reproduire. Dans ce cas-ci, c'est la photographie parfois très stylisée faisant un usage abondant de filtres (souvent bleutés) qui aurait pu causer problème. Heureusement ce n'est pas le cas, l'étalement de des couleurs est optimales. Mis à part ces scènes où les teintes bleutées prédominent, les couleurs sont naturelles, saturées et ne souffre d'aucun débordement.

La définition, dans son ensemble, est optimale offrantt un rendu des détails et des textures tout à fait à point. L'image est donc parfaitement nette et ne souffre d'aucun manque de piqué. La brillance et les contrastes peuvent sembler sur-accentuées à quelques occasions, mais il s'agit là d'un effet de style recherché, obtenu via une légère surexposition. Les dégradées sont adéquats tandis que les noirs sont purs et profonds.

L'interpositif utilisé pour ce transfert est impeccable, exempt de tout défaut ou anomalie. On n'observe aucune sur-définition des contours ni de défauts relié à la compression.


Son
Avec cette édition distribuée par New Line, seules des bandes-son anglaises DTS 5.1, Dolby Digital 5.1 et Dolby Surround 2.0 sont offertes. Prenez note que ce titre est distribué au Canada par Alliance/Atlantis. L'édition canadienne est en tout point similaire à la version ci-critiquée a l'exception qu'on a substitué à la bande-son anglaise Dolby 2.0 Surround un doublage français Dolby 2.0 Surround (en plus de sous-titre français).

Les mixages DTS et Dolby Digital sont tout ce que l'on pourrait qualifier de subtils et d'intelligents. Tous les éléments sonores ont été intégrés avec justesse et minutie pour créer un champ sonore riche et crédible. Ce champ sonore se déploie agréablement de toutes les enceintes, la séparation des canaux est subtile et efficace. La trame-sonore, marquée par la présence de plusieurs reprises de succès des Beatles, a merveilleusement bien été intégrée à l'ensemble. Elle se manifeste surtout des canaux avants mais profitent également d'une intégration au niveau des enceintes arrières pour créer une aymosphère enveloppante. La fidélité est exemplaire et sans compromis. De façon générale, les canaux d'ambiophonies sont judicieusement employés pour créer une espace sonore crédible et exempte d'effets tapageurs inutiles. En tout temps les dialogues sont clairs, nets et intelligibles. Les basses sont profondes et bien dosées, tandis que l'usage du canal .1 (LFE) est ponctuel et approprié, sans surenchère.
Les différences entre les mixages Dolby Digital et DTS sont réellement mineures, peut-être pouvons-nous souligner du mixage DTS une plus grande subtilité et une séparation des canaux plus juste. À noter que des sous-titres anglais sont aussi inclus.


Suppléments/menus
Avec cette édition, New Line prouve que malgré le lancement de la bannière Infinifilm ils n'ont certainement pas fait une croix sur la série Platinum, renommée depuis quelques années pour offrir des suppléments de qualité. Ce gage de qualité se perpétue une fois de plus avec cette édition spéciale d'I Am Sam. Les suppléments de ce titre brillent par l'absence de tout matériel promotionnel (mis à part la bande-annonce originale, bien sûr !) et de tout discours inutile.
Vous retrouverez d'abord une très bonne piste de commentaires audio animée par la réalisatrice Jessie Nelson. Cette dernière laisse généralement de côté les anecdotes sans intérêt et se concentre plutôt sur la réalisation de son film. Ses propos sont clairs et concis, les informations données sont intelligentes et pertinentes puisque toujours en rapport direct avec le film. Seul bémol, la réalisatrice apparaît quelque peu complaisante à quelques reprises lorsqu'elle tente de justifier ses choix formels.

Encore plus intéressant est un documentaire complet portant sur la production du film. Intitulé Becoming Sam et d'une durée de 42 minutes, ce documentaire offre une véritable vue d'ensemble sur la création du projet, de l'écriture du scénario jusqu'à l'enregistrement (in extremis) de la trame-sonore. Les sujets abordés au cours de ce documentaire sont judicieusement séparés en chapitre, et l'information donnée est toujours pertinente. Becoming Sam est essentiellement composé d'entrevues menées auprès des acteurs/artisans du film (y compris Sean Penn, ce qui est rare !), et de scènes filmées en coulisses. Techniquement, ce documentaire est bien réalisé, le montage est efficace et captivant. Franchement, si tous les studios prenaient le temps de produire des documentaires aussi long et complet, les consommateurs be seraient que mieux servit!

Dernier supplément d'intérêt, une série de 7 scènes inédites, présentées avec option de commentaires audio de la réalisatrice. Ces scènes n'apportent rien de vital au récit, mais certaines d'entres elles sont à tout le moins distrayante. Au dos du boîtier on mentionne également la présence d'un Theatrical Press Kit, ce ne sont en fait que des notes de production, des filmographies et des biographies. La partie DVD-ROM donne accès au scénario.



Conclusion
Fidèle à ses habitudes, New Line nous offre une édition tout à fait impeccable. La qualité d'image est certainement à la hauteur des exigences du marché actuel, et les mixages sonores, bien qu'ils ne cassent rien, font preuve d'une belle subtilité. Quant aux suppléments, leur nombre n'est pas aussi phénoménale que beaucoup d'éditions qui nous sont offertes de nos jours, mais ils ont au moins l'avantage d'offrir du matériel concret et solide. Voilà donc un produit de qualité pour tout ceux intéressés à ce film.


Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
3,9/5

Rapport qualité/prix:
4,2/5

Note finale:
4,1/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2002-06-13

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
I Am Sam

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
134 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
New Line

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaire, scènes inédites, notes de production et bande-annonce.

Date de parution:
2002-06-18

Si vous avez aimé...