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DVDEF

Made (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
L'univers de la mafia représente, pour bon nombre de scénaristes hollywoodien, une source intarisable d'inspiration. Le milieu criminel, le respect de la hiérarchie, l'importance de la famille, l'attrait de l'argent, voilà tant de thèmes prisés de ce genre cinématographique. De cette dichotomie entre le bien (famille, loyauté, etc.) et le mal (violence, meurtre) parurent de nombreuses oeuvres cinématographiques d'importance: Little Caesar (1930), Al Capone (1959), la trilogie Godfather (1972-74-90) et plus récemment, la télésérie The Sopranos (1999). Quoique plus tardive, la télévision québécoise se frotta également à ce genre, cette dernière proposant, à l'automne 1996, la première de trois miniséries, soit Omertà, La Loi du Silence.
Ce thême ayant conquis de nombreux cinéphiles, Hollywood se lança dès lors dans la comédie, cette fois-ci en parodiant les clichés propre au genre. Bien que souvent décevants, quelques films connurent plus de succès, dont Mafia! (1998), Analyze This (1999) et Whole Nine Yard (2000). À l'été 2001, Jon Favreau, acteur, producteur et auteur de Swingers (1996), y alla de sa vision personnelle du milieu du crime organisée. Celui-ci opta toutefois pour la comédie de situation, plutôt que celle, beaucoup plus facile, de la parodie burlesque.
L'attrait principal de Made se situe au niveau de ces deux personnages principaux particulièrement bien campés. Bobby (Favreau), le plus sérieux, analytique et réservé du duo, est un boxeur sans envergures travaillant, à temps partiel, comme chauffeur privé pour sa copine qui propose des dances érotiques à domicile. Son meilleur ami, Ricky (Vaugnh), représente plutôt l'antithèse de Bobby, c'est-à-dire, un être irréfléchi, bavard, désinvolte et surtout ambitieux de devenir le Tony Soprano du crime organisé. Lorsque Bobby, jaloux, frappe un client de sa copine, il se retrouve devant son patron Max (Peter Falk) en quête d'explication. La querelle ayant coûté 8000$ à Max pour fins de dédommagement, Bobby n'a d'autres choix que d'accepter une tâche louche afin d'être kif-kif avec son patron. Son but: voyager à destination de New-York et livrer un paquet. Simple, n'est-ce-pas? Mais Bobby commet l'erreur de sa vie en demandant l'aide de Ricky, ce dernier y voyant enfin la chance de faire partie du "réseau". Le petit travail de Max deviendra rapidement très épineux, les excès et inconduites de Ricky risquant de leur coûter très cher...
Première oeuvre de Jon Favreau en tant que réalisateur, Made connut un certain succès critique lors de sa sortie. La chimie parfaite entre Favreau et Vaughn, un scénario subtil et des dialogues savoureux, valurent au film beaucoup de commentaires favorables. Cependant, plusieurs comparèrent Made à Swingers (alors que Favreau n'y était que le scénariste). Swingers est, comparativement à Made, plus lêché et la critique sociale est plus évidente. Toutefois entre la scénarisation et la réalisation, il y a une marge importante. Comparer ces deux travaux est un peu absurde...
Fait indéniable, Made confirme le talent de Favreau comme réalisateur. Made demeure une oeuvre à part entière qui plaira sans aucun doute aux amateurs du style si particulier de Jon Favreau. Tel que le dit si bien le slogan promotionelle du film, "Welcome to disorganized crime"...



Image
La présente édition de Made propose le film en format original de 1.85:1 et d'après un transfert anamorphique. La définition générale est adéquate, sans toutefois être sans reproches. Le rendu global demeure tout de même net, laissant agréablement transparaître la subtilité des détails et textures. Bien que le matériel source ait moins d'un an d'âge, le transfert laisse voir occasionellement un grain relativement présent lors de scènes plus lumineuses. Cela est probablement imputable au type de pellicule choisie lors du tournage ou au procédé de développement retenu. Les couleurs, quant à elles, sont irréprochables. Les tons de peau sont justes, tout comme les couleurs, celles-ci étant constantes et sans débordement ou sur saturation.
Les noirs constituent probablement la principale difficulté de cette édition. Beaucoup des scènes du film se déroulent dans une relative noirceur; la différenciation entre les éléments de l'image est donc plus ardue. Certaines scènes de nuit sont si sombres, qu'on ne détecte que les visages des personnages de peau blanche, alors que les personnages à peau noire, les costumes foncés et les éléments de décors se fondent en un tout homogène. Accentuer le contraste dans les parties les plus sombres n'aurait pas été superflue. Attention, il ne s'agit pas d'un blocage des noirs, mais plutôt d'un manque de contraste.
Une surdéfinition des contours est persistante, de même que quelques effets d'escalier (jagging). Peu de parasites n'entâchent toutefois cette édition.



Son
Seule la bande sonore originale anglaise (Dolby Digital 5.1) est offerte.
Comme pour la majorité des comédies, le son se déploie essentiellement au sein des enceintes avant. Toutefois, de ce mixage sonore se dégage un certain dynamisme et un champ sonore, somme toute, crédible. Le champ sonore avant est large, ouvert, et aéré. La trame sonore profite d'une bonne stéréophonie, paraît fidèle et profite majoritairement des effets .1 (LFE). Les dialogues sont en tout moment agréablement rendus, ceux-ci s'intégrant parfaitement au reste de la bande sonore. Peu d'effets d'ambiophonie caractérisent ce mixage; à quelques reprises, on peut entendre certains effets, mais sans plus. Ce mixage est essentiellement fonctionnel, sans extravagances et surtout, au service du propos.
Made ne propose aucune bande sonore française, seule une bande anglaise 2.0 surround est offerte. Des sous-titres anglais (closed captions) et espagnol sont également disponibles (section Audio Features du segment Special Features).



Suppléments/menus
Avec la mention Special Edition, cette édition de Made se doit d'offrir beaucoup... et c'est d'ailleurs ce qu'elle fait.
Les suppléments débutent avec une piste de commentaires animée par Jon Favreau (réalisateur, scénariste, acteur et co-producteur) et Vince Vaughn (acteur et co-producteur). Les deux acteurs discutent de tous les points saillants de cette production, et surtout des enjeux un peu plus subtil du film. Ainsi, Favreau et Vaughn vous renseignerons, entre autres, sur le choix des costumes, les acteurs, les logos (par exemple, le mot EMES imprimé sur un camion stationné devant le local de Max signifie Vérité en yeddish), les personnages, les caméos (par exemple, le père de Vaughn en entraîneur de football), etc.. Sans contredit, Favreau et Vaughn ont suvit attentivement tout le processus de création et leurs commentaires témoignent de leur connaissance et enthousiasme pour le projet.
Un type de supplément peu utilisé est proposé avec cette édition de Made: le Action Commentary, ou commentaire visuel. Utilisant la même piste de commentaires de Favreau et Vaughn, ce supplément permet aux deux comédiens de dessiner, encercler ou souligner certains éléments à l'écran à l'aide d'un crayon numérique jaune. Ce processus s'apparente à celui utilisé dans certains matchs sportifs télédiffusés afin d'attirer l'attention du spectateur sur une section de l'écran. Innovatrice, cette technologie aidera sûrement quelques auditeurs ayant de la difficulté à suivre des commentaires audio anglais en leur apportant un support visuel adéquat. Très intéressant, et surtout favorisant des commentaires précis sur ce qui se passe à l'écran plutôt que des propos inutiles.
La section des suppléments se poursuit avec trois documentaires successifs portant sur la production du film (Getting it Made - 9 minutes), le processus créatif (Creative Process - 14 minutes 30) et la production de la trame sonore (Making the Music of Made / Friends - 16 minutes). Ponctués, entre autres, d'entrevues de Favreau, Vaughn, Falk, du producteur Peter Billingsley et du compositeur Tim Riley, ces segments servent de complément à la piste de commentaires, ceux-ci s'intéressant surtout à des aspects généraux du film ou alors à des sujets non-traités.
Troisième supplément d'importance, Made propose un banc de montage permettant au spectateur de créer son propre montage d'une scène donnée en choisisant les plans de caméra à conserver. Après avoir retenu et positionné les plans dans un ordre particulier, la séquence montée peut être comparée à la version finale du film. Ce supplément souligne ainsi l'importance d'une bonne orchestration des plans (montage) afin révéler pleinement les intentions du réalisateur.
Suit ensuite le bonus More Made Footage regroupant les scènes retranchées au montage (5 scènes avec ou sans commentaires), les scènes rejetées (9 scènes) et les versions alternatives de certaines scènes (9 scènes avec ou sans commentaires). La section More Made Music, quant à elle, se compose de segments musicaux utilisés dans le film (12 extraits) ou rejetés au montage sonore (26 extraits).
Enfin, cette édition de Made vous propose deux bande-annonces du film, l'une cinéma et l'autre télé (format original, non-anamorphique), la bibliographie/filmographie des artisans du film, ainsi que quelques notes de production.
Pour ce qui est de la section DVD-ROM, celle-ci consiste en la liste complète des scènes du film répartie telle une grille de télé-horaire. Chaque scène correspond à un lien vers son scénario. En appuyant sur le bouton Alternate Scenes, certaines scènes de la gille tourneront au rouge, mentionnant ainsi leur positionnement. Le choix du bouton Outtakes illuminera certaines scènes en vert, alors que les Deleted Scenes s'afficheront en bleu. Puis, il est possible de sélectionner les scènes particulières d'un personnage (chacun d'entre eux ayant sa propre couleur) et les locations du film (Limousine, Spa, Zoo, etc.). En d'autres mots, un supplément tout à fait inutile mais fort innovateur...




Conclusion
Version revisée de la "famille", aussi dysfonctionnelle qu'elle puisse paraître, Made constitue l'un des meilleurs exercises cinématographiques comiques sur la mafia. L'écriture sarcastique de Favreau, mêlée à ses talents de comédien et de cinéaste (en plus de son rôle de co-producteur) font de Made l'une de ses oeuvres les plus personnelles. Les qualités techniques de la présente édition, ses nombreux suppléments (dont quelques-uns franchement innovateurs), de même que son coût relativement modique en font un choix sûr.


Qualité vidéo:
2,5/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Alexandre Caron

Date de publication: 2001-11-25

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Widescreen 16:9 Toshiba TheaterWide TW40F80, Récepteur certifié THX-Ultra, THX-EX, Dolby Digital 6.1, DTS-ES Discrete Denon AVR-4802, Lecteur DVD-Audio / DVD-Video Toshiba SD-4700, enceintes PSB et central Paradigm Reference, câbles Monster Cable (calibre 12).

Le film

Titre original:
Made

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
94 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Artisan

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-5 (simple face, simple couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaire visuelle, Scènes retranchées, Banc de montage, Documentaires (3), Bande-annonces, Contenu DVD-Rom


Date de parution:
2001-11-27

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