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DVDEF

Family Plot

Critique
Synopsis/présentation
Réalisé en 1976 et appelé à l'origine "Deceit", Family Plot constitue l'oeuvre ultime que le maître du suspense légua au cinéma contemporain. Malheureusement, ce testament cinématographique se verra qualifier de déficient, d'inégal et de déstructuré par les critiques et échouera lamentablement au box-office.
Phénomène compréhensible en quelque sorte: Hitchcock continue d'appliquer ses techniques d'antan, alors que tout le cinéma américain subit de profondes mutations. Cette période sera celle de Rocky, Jaws, Taxi Driver et One Flew Over the Cuckoo's Nest, des oeuvres d'envergures mettant en vedette des acteurs en vogue: les DeNiro, Stallone et Nicholson. Cette nouvelle tendance hollywoodienne, préconnisant le divertissement au cinéma d'auteur, mettra quelque peu en marge le style vieillissant d'un Hitchcock maintenant âgé de 77 ans.
Adapté du roman de Victor Canning, The Rainbird Pattern, Family Plot débute par la visite de la richissime Julia Rainbird à la pseudo-médium Blanche Tyler, lui demandant de retrouver le fils de sa soeur décédée afin de le rendre héritier de sa fortune. Flairant la bonne occasion d'escroquerie, madame Tyler et son amant George Lumley décide dès lors de partir à la quête de cet homme. Parallèlement à cette histoire, une seconde s'initie, celle-ci suivant les aventures de deux kidnappeurs, Fran et Arthur Adamson, ayant réussi à mettre la main sur un prestigieux diamant. Les deux scénarios, si différents l'un de l'autre, s'entrecroiseront, laissant place à d'extravagantes péripéties et évidemment, le dévoilement inattendu des réelles identités et intentions de chacun.
Situé à mi-chemin entre la comédie noire et l'intrigue policière, Family Plot souffre malheureusement d'un scénario décousu et trop classique, ainsi que d'un choix d'acteurs mal approprié. Loin sont les brillantes interprétations des Ingrid Bergmann, James Stewart, Cary Grant et Kim Novak. Un seul nom au générique ne réussit qu'a éveiller un intérêt pour le film; celui d'Alfred Hitchcock.
Family Plot conclut ainsi la mémorable carrière cinématographique d'Hitchcock. Contrairement aux hilarants cameos des oeuvres précédentes, l'apparition du réalisateur revêt cette fois-ci une allure prémonitoire funèbre; l'ombre d'Hitchcock se dessine derrière la porte du registraire des naissances et décès. Quatre ans plus tard, soit le 29 avril 1980, s'éteignait le légendaire maître du suspense.


Image
Disponible soit individuellement, soit au sein du coffret "Best of Hitchcock, Volume 1", le DVD Family Plot est ici proposé en format original de 1.85:1, et d'après un transfert anamorphique.
Étant le film le plus récent de la collection offerte par Universal, il est justifiable de s'attendre à un transfert de qualité, de même qu'à une image supérieure à la moyenne. Il n'en est rien; le DVD présente des couleurs ternes et délavées, une saturation excessive de la couleur peau (tendant vers des tons rougeâtres). De plus, et c'est là le problème majeur de cette édition, on note une granulation excessive détournant constamment notre attention. Ce handicap est d'ailleurs perceptible sur la presque totalité du film au niveau des murs, objets et vêtements des personnages, tant dans les scènes obscures que claires. Les parties sombres affichent un dégradé acceptable et les noirs sont solides. Bien que peu d'artéfacts et parasites soient visibles, il n'en demeure pas moins que ce transfert est nettement sous la norme.


Son
À l'instar des DVD appartenant à la collection Hitchcock de Universal (à l'exception près de Vertigo), Family Plot propose une bande sonore orginale anglaise en format Dolby Digital 2.0. Encore cette fois-ci, les faiblesses associées à une bande-son monophonique demeurent les mêmes, soit une gamme réduite des fréquences utilisées, un dynamisme limité, des basses totalement absente, ainsi qu'une spatialisation quasi inexistante. Cela dit, les dialogues restent en tout temps de nets et intelligibles, alors que la trame sonore frivole de John Williams est justement rendue, sans cependant démontrer un dynamisme digne d'enregistrement symphonique récent (comme par exemple, l'excellent Fantasia 2000).
À ce titre, avant d'initier toute collaboration avec Hitchcock, Williams s'enquérit préalablement de l'approbation de son mentor et ami, Bernard Herrmann. Ce dernier, encore blessé de la conclusion abrupte de sa prestigieuse collaboration avec Hitchcock une décennie plus tôt, pressa tout de même Williams d'accepter le projet, lui soulignant que l'expérience gratifiante de travailler avec un grand réalisateur ne pouvait être à dédaigner.


Suppléments/menus
Fidèle à l'esprit de la collection, Universal propose comme supplément principal un documentaire de Laurent Bouzereau: Plotting Family Plot. D'une durée de 49 minutes, le documentaliste fait cette fois-ci appel à la fille du réalisateur, non pas comme simple intervenante, mais comme narratrice du documentaire. En plus de parcourir en détails les divers éléments relatifs à la production de Family Plot, ce supplément traite également de sujets inédits, tels que la retraite d'Hitchcock, ses problèmes de santé survenus lors du tournage, ainsi que de son héritage culturel transmis au septième art. Ainsi, les principaux collaborateurs sont donc: Howard Kazanjian (assistant au réalisateur), Harry Bumsted (directeur artistique), Bruce Dern, William Devane, Karen Black (acteurs), John Williams et finalement, Hilton Green (assistant d'Hitchcock et membre du conseil exécutif chez Universal). Un documentaire à ne pas manquer, jetant un regard neuf sur le film.
On retrouve, en complément à cette édition, les suppléments communs offerts dans cette collection: quelques scénarimages (Chase Scene), près d'une centaine de photographies de production (dont huit affiches publicitaires originales), des notes de production, la filmographie/biographie des acteurs principaux, ainsi que deux bande-annonces présentées par un Hitchcock dont l'âge avancé ne fait plus aucun doute.



Conclusion
Family Plot ne sera jamais reconnu comme un chef-d'oeuvre d'Hitchcock. Peu de gens seront tentés par l'édition individuelle du film, d'autres oeuvres suscitant plus d'interêt (Rear Window, Vertigo, The Birds ou Psycho). Malgré une image déficiente et des qualités sonores très ordinaires, Family Plot trouvera preneur auprès des plus férus collectionneurs, peu importe la qualité du titre. Il est dommage qu'une restauration de ce film n'ait pas été faite, chose d'ailleurs valable pour toutes les éditions de cette collection d'Universal.


Qualité vidéo:
2,0/5

Qualité audio:
3,5/5

Suppléments:
3,9/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Alexandre Caron

Date de publication: 2001-03-13

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Widescreen 16:9 Toshiba TheaterWide TW40F80, Récepteur certifié THX-Ultra, THX-EX, Dolby Digital 6.1, DTS-ES Discrete Denon AVR-4802, Lecteur DVD-Audio / DVD-Video Toshiba SD-4700, enceintes PSB et central Paradigm Reference, câbles Monster Cable (calibre 12).

Le film

Titre original:
Deceit

Année de sortie:
1976

Pays:

Genre:

Durée:
121 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono
Française Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Documentaire (Plotting Family Plot), scénarimages, galerie de photographies, deux bande-annonces, notes de production

Date de parution:
2001-03-06

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