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DVDEF

Howling, The (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Joe Dante est un cinéphile acharné et c'est cette passion qui le mena vers la réalisation.
The Howling (1981) est son troisième film et Roger Corman, son mentor qui lui mit le pied à l'étrier, y fait une apparition surprise marquant ainsi son soutien à son poulain. Dante volera ensuite de ses propres ailes après le succès phénoménal et amplement justifié que connut Gremlins.

Pour The Howling, il est encore dans le système D et le petit budget et bien qu'on le ressente assez nettement lors de certains passages, cela profite à l'atmosphère qui réussit à combiner aisément l'ambiance des vieux films de loup-garou avec une approche moderne et critique de notre société.
Une journaliste de télévision, Karen White (Dee Wallace), se rend dans un sex-shop où elle à rendez-vous avec un tueur en série, Eddie (Robert Picardo), qui terrorise la ville et s'est adressé directement à elle. Ce dernier sera abattu par la police alors qu'il s'apprêtait à l'agresser. Traumatisée par cet épisode, elle suit les conseils d'un psychanaliste en vogue, le docteur Waggner, qui lui propose de se rendre dans un centre de repos qu'il dirige. Une fois arrivée sur place en compagnie de son fiancé, William Neill (Christopher Stone), elle va faire la connaissance d'une communauté accueillante mais pour le moins étrange. Inquiétée par le comportement changeant de son compagnon et l'ambiance pesante de la communauté, elle appellera sa meilleure amie Terry Fisher (Belinda Balaski) à la rescousse. Celle-ci, travaillant pour la même chaine de télévision, inquiétée également par l'enquête qu'elle a ménée sur la disparition du cadavre d'Eddie, accourt en compagnie de son ami Chris.

Joe Dante a ancré son film dans son époque et modernisé le thème du loup-garou. Ainsi, cette première séquence glauque et angoissante à souhait grâce à l'émotivité naturelle de Dee Wallace et à la perversité suintante de Robert Picardo, détonne par rapport au mythe classique. Joe Dante, en cinéphile émérite, se régale d'ailleurs à nous édicter les nouvelles règles sur les comportements des loup-garous au travers d'extraits de classiques du genre ingénieusement intégrés. Ainsi il vous faudra être attentif car le film regorge de petits détails liés au sujet, du plus discret au plus évident.
Cela permet à Dante de faire fonctionner son film à deux vitesses différentes et de réserver des surprises pour les visionnages ultérieurs. Le spectateur sera ainsi happé par l'ambiance angoissante lors de son premier contact avec l'oeuvre, mais il pourra également prendre plaisir à repérer tous les détails (nom des acteurs, extraits de films, etc), intentionellement laissés par le réalisateur, lorsqu'il reviendra sur le film.

The Howling ne provoque certainement pas la même terreur immédiate qu'à l'époque de sa sortie mais comme Dante a bien saisi et surtout retranscrit l'essence du mythe (l'extériorisation de nos pulsions les plus sauvages et primitives), il reste d'une efficacité rare. Il diffuse en effet un sentiment d'insécurité assez puissant et vous angoisse de façon durable.
Les effets spéciaux du génial Rob Bottin étant toujours aussi impressionnants, le film et les sensations qu'il dégage vous accompagneront pendant longtemps et iront même en s'amplifiant.
Certaines scènes comme celle de l'introduction dans le sex-shop, celle de la mort de Terry ou de la transformation à vue d'Eddie sont impressionantes instantanément. Mais Dante manie de façon remarquable l'alternance d'humour et d'horreur, ainsi vous serez caressés dans le sens du poil puis agressés, ce qui lui permet d'être efficace sur les deux plans.

La critique sociale (l'arrivisme des yuppies) est mêlée à la bestialité sauvage de nos origines et cela donne un mélange qui pourra surprendre mais se révèle fort efficace dans les deux cas.
Les acteurs sont bons dans l'ensemble avec une mention spéciale à Dee Wallace qui s'avère vraiment convaincante et Robert Picardo, très dérangeant grâce à sa voix et son attitude générale.

La mise en scène de Dante, discrète et totalement au service de son histoire, ne cherche jamais l'esbrouffe. La superbe photographie de John Hora est pour beaucoup dans l'ambiance du film, rendant inquiétant le moindre lieu pourtant banal en apparence. Cet aspect est renforcé par la musique de Pino Donaggio dont les notes d'orgue vous font parfois monter des frissons motivés uniquement par l'ambiance créée. De même, les bruitages et l'utilisation de la bande-son sont fort peu rassurants car même si vous n'avez plus peur du grand méchant loup, une image de la forêt éclairée de façon à ménager de la visibilté et de grosses zones d'ombre, quelques notes d'orgue et un mélange de hurlements et de grognements vous mettront à coup sur dans un état étrange.

Il faut bien avouer que quelques passages du film trahissent son faible budget et son âge, mais ces défauts sont très aisément surmontables tant l'ensemble regorge de qualités.
Dante se paye même le luxe de terminer son film de façon originale, surprenante, intelligente et pessimiste, ce qui est loin d'être le cas de la grosse majorité des films fantastiques.
Un petit film que nous conseillons vivement si vous êtes amateur de fantastique et aimez être pris par les ambiances mystérieuses. Si vous n'êtes pas client de ce type de cinéma, passez votre chemin car l'aspect années quatre-vingt ainsi que son budget limité vous feront sans doute plus sourire qu'autre chose.


Image
L'image est présentée au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 16:9.

La définition générale est d'un bon niveau et reste bien stable tout au long du film. L'interpositif est très propre même s'il reste ça et là quelques traits et points peu gênants. Le grain qui est apparent par certains moments est dû aux faibles conditions de production et à la tendance des films des années quatre-vingt à proposer des images assez granuleuses. La finesse des détails permet d'apprécier au mieux la précision des incroyables effets spéciaux de Rob Bottin.
Les couleurs sont bien traitées, justes et constantes même si manquant parfois de saturation, mais cela semble plus dû aux conditions de production qu'au transfert lui-même. Ainsi, la formidable photographie de John Hora qui donne une ambiance si particulière à ce film est bien restituée.
Le contraste est bien géré et permet d'éviter les brillances. A noter malgré tout une luminosité un peu faible...
Les parties sombres sont bien rendues grâce à des noirs relativement profonds et purs. Les dégradés sont eux aussi de qualité appréciable.
La partie numérique du transfert est d'excellente tenue et ne laisse jamais apparaître de défauts gênants. Quelques légères traces de sur-accentuation des contours sont parfois observables cependant, mais aucun parasite de compression n'est apparent.

Un transfert très agréable sans être parfait et surtout qui paraît tirer le maximum exploitable des copies de départ.


Son
Les deux bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1) et Anglais (Dolby Digital 1.0 mono).

La bande-son multicanal est d'une dynamique certes limitée mais suffisament efficace pour surpasser allègrement celle de la bande-son monophonique. Sa présence et sa spatialité ne sont pas des plus développées mais s'avèrent bien effectives lorsque nécessaire.
L'angoissante musique de Pino Donaggio est fort bien rendue et profite du remixage multicanal tout en étant impeccablement intégrée au reste de la bande-son.
Les enceintes arrières sont peu utilisées ce qui est logique et surtout rassurant car les ingénieurs du son n'ont pas cherché à suramplifier et donc dénaturer le travail original.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et les traces de distortions ou parasites sont limitées au minimum (à condition de rester raisonnable au niveau du volume).
Les basses fréquences sont par contre un peu décevantes du fait de leur manque de profondeur et d'impact qui aurait pu bénéficier à l'aspect choc du film. Cependant, elles apportent un surplus d'assise appréciable lors des scènes fortes.
La bande-son monophonique est elle très nettement en retrait et étant donné le bon travail réalisé sur le remixage multicanal, elle ne présente que peu d'intérêt.
Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.
Une bande-son satisfaisante, respecteuse du matériau d'origine, même si elle aurait mérité d'être un peu plus tranchante de façon à encore mieux relayer l'aspect angoissant de l'oeuvre.


Suppléments/menus
Une section de haut niveau aussi bien en quantité qu'en qualité.
Les segments sont répartis entre la première et seconde face du disque DVD.

Sur la même face que le film est présent un commentaire audio enjoué de Joe Dante, Dee Wallace, Christopher Stone et Robert Picardo.
Si la somme d'informations ou de reflexions passionnantes n'est pas des plus élevées, il faut bien avouer qu'il est rare d'entendre les particpants à ce type exercice s'y amuser autant et surtout rendre leur plaisir communicatif. Ce commentaire n'est donc pas indispensable mais vraiment agréable et très représentatif de la conception qu'a Joe Dante du cinéma.
Sur la même face est également disponible (en surlignant le smiley) une entrevue de l'excellent Dick Miller qui revient sur sa carrière (3 min).
Sur l'autre face se trouve donc la majeure partie des suppléments. Le principal est un documentaire intitulé "Unleashing The Beast" (54 mins), découpé en cinq parties malheureusement distinctes (qui obligent à un générique de fin toutes les dix minutes environ). Quasiment tous les artisans du film y interviennent et en ont l'air visiblement ravis. Chaque partie est axée autour d'un thème précis et délivre son lot d'informations passionnantes, d'analyse bien sentie. Ce documentaire bénéficie des vingt années qui se sont écoulées depuis la sortie du film et qui ont permis à chacun de bien réfléchir dessus.
Vient ensuite un documentaire d'époque, "Making a Monster Movie : Inside The Howling" (9 mins.), consistant en diverses interviews un peu légères mais permettant de découvrir que Rob Bottin était à l'époque très proche du Loup Garou.

Viennent ensuite des scènes coupées relativement intéressantes (9 mins.) ainsi que des prises de plateau souvent hilarantes (5 mins.).
Sont également offertes une cinquantaine de photos de production et d'affiches promotionnelles.

Puis viennent deux bandes-annonces qui permettent de voir que le film n'a pas vraiment été vendu comme un film de loup-garous, sous genre alors absent des écrans depuis une vingtaine d'années.
Le livret contient un petit texte assez intéressant.

Un ensemble de qualité qui propose à peu près tout ce qui doit être disponible concernant ce film mais également un nouveau regard sur l'oeuvre.



Conclusion
Une superbe édition qui propose un transfert et une bande-son de qualité optimale (eu rapport à l'âge du film et ses conditions de production). Cerise sur le gateau, les suppléments sont passionnants, complets et en nombre, le tout pour un tarif plus que correct.

Un film d'horreur intelligent et évitant les poncifs ce n'est déja pas courant mais quand en plus de cela il arrive à mêler la peur à l'humour sans que l'un prenne le pas sur l'autre, il s'agit d'une date.
Ce n'est pas un chef d'oeuvre mais un petit film, au budget minuscule mais à l'efficacité maximale, qui marqua l'apparition de l'excellent cinéaste qu'est Joe Dante sur la scène internationale.
Il réussit à parfaitement capter et retranscrire ce que le mythe du loup-garou peut avoir d'angoissant et d'effrayant pour l'inconscient collectif. Sa modernisation du mythe ne s'accompagne pas, comme c'est souvent malheureusement le cas, d'une efficacité moindre, bien au contraire.

Il réussit de plus à proposer une satire bien sentie du monde des médias et du phenomène des communautés à tendance psychanalytique, très en vogue à la fin des années soixante-dix, qui ne vient jamais amoindrir l'impact de l'oeuvre.
Un film qui mérite d'être redécouvert impérativement surtout dans les excellentes conditions que nous propose cette édition.


Qualité vidéo:
3,6/5

Qualité audio:
3,2/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2003-09-14

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Howling, The

Année de sortie:
1981

Pays:

Genre:

Durée:
91 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Commentaire audio, deux documentaires, scènes coupées, gallerie de photos, bandes-annonces

Date de parution:
2003-08-26

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