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DVDEF

Prizzi's Honor (édition MGM)

Critique
Synopsis/présentation
L'immense John Huston a réalisé cette irrésistible comédie dramatique à 79 ans et le moins que l'on puisse dire c'est que même à cet âge avancé, il n'avait rien perdu de sa verdeur, de son sens de l'humour et de cynisme.

Pour un résumé de sa carrière, il vaudra mieux se reporter à la critique de Fat City. Charley Partanna (Jack Nicholson) est le fils d'Angelo Partanna (John Randolph), un des bras droits du parrain de la famille Prizzi et ce dernier, Don Corrado Prizzi (William Hickey) le considère comme son propre fils. Lors du mariage de l'arrière-petite-fille de Don Corrado, il fait la connaissance de la superbe Irene Walker (Kathleen Turner) dont il tombe éperduement amoureux. Elle aussi est loin d'être insensible au charme de Charley et cela rend Maerose Prizzi (Angelica Huston), ancienne maîtresse de Charley, folle de rage. Elle devait se marier avec lui mais à cause de ses infidélités, elle fut bannie de la Famille par son père Dominic Prizzi (Lee Richardson) qui déteste Charley car il a les faveurs du Don étant le tueur officiel du clan.

Charley va découvrir beaucoup de surprises sur Irene qu'il a épousée entre temps, et il se retrouvera coincé dans un véritable enfer où tout le monde est susceptible d'en vouloir aux autres au point de les tuer, même entre père et fille ou mari et femme.
Le scénario du film est absolument remarquable en ce sens qu'il est en permanence à la limite de la comédie sans jamais vraiment tomber dans la farce ou la parodie. Les gangsters et leur famille décrits sont en permanence crédibles même s'ils ressemblent à des caricatures des figures mythiques développées dans la plupart des films sur la Mafia (The Godfather 1, 2 et 3 de Francis Ford Coppola). Et pourtant les mafieux de Prizzi's Honor paraissent plus humains car débarrassés de l'aspect solennel des films de Coppola que beaucoup ont plagié.

Ainsi, cette famille est un véritable panier de crabes dont les diverses turpitudes nous sont habilement dévoilées en cours d'intrigue sans que l'on ne puisse jamais les anticiper. C'est la grande force de ce scénario, chacun est un assassin et un traître en puissance pour tous les autres personnages et aucun ne va vraiment dans la direction à laquelle s'attend le spectateur (guidé par sa connaissance de la mythologie des films de gangsters ou leurs parodies).
Aucun des personnages n'est traité de façon classique et force est de reconnaître que s'ils sont tous étranges et tordus, ils paraissent plus réels et plausibles que ceux que le cinéma a l'habitude de nous présenter.

L'humour noir et absurde est le grand gagnant de ce traitement original et au fur et à mesure que le film avance, vous serez de plus en plus surpris et amusés par l'audace du scénario et de son metteur en scène.
Le thème de l'honneur de ce genre de personnages est d'ailleurs poussé jusqu'à l'absurde, renforçant encore le ridicule de situations notamment grâce à la stupéfiante prestation de William Hickey en parrain à la limite du vampire desséché à la voix doucereuse, contrepied presque total du Don Corleone de Marlon Brando.
Un tel script aurait pu donner lieu à la pire des comédies sur le thème éculé de la famille mafieuse et ses relations internes, mais grâce à la réalisation discrète mais assurée de Huston, à son talent de directeur d'acteurs et à son tempo sans failles, le film devient un véritable régal.

Les scènes de meutre sont traitées de manière quasi burlesque mais conservent le sérieux nécessaire afin de ne pas faire tomber le film dans la franche parodie. Les scènes familiales sont par contre traitées de façon sérieuse et dans ce cas, c'est le ridicule des personnages et des situations qui leur donne un accent ironique et satirique.
Les acteurs ont tous bien saisi les intentions de Huston et nous offrent des performances à l'image du film, insaisissables, surprenantes voire déroutantes, en permanence à la limite de la caricature sans jamais y tomber. Ils sont imprévisibles, rendant les nuances attendues pour de tels rôles, ne tombant jamais dans l'excès ou le cabotinage. L'habituelle grandiloquence de Jack Nicholson sied à merveille à son rôle et il trouve en Kathleen Turner et Angelica Huston, deux garces/femmes fatales à sa hauteur.

La splendide photographie de Andrzej Bartkowiak offre un résultat proche de la splendeur des oeuvres matricielles de Coppola et du coup, donne au film une aura de crédibilité absolument essentielle à son efficacité. L'amusante musique d'Alex North, dont le thème principal est inspiré de La Pie Voleuse (bien de circonstance), offre un contrepoint léger et comique à la photographie, exprimant parfaitement la dualité de l'oeuvre.

Au lieu de tirer un constat désespéré de cette histoire finalement sinistre, Huston y porte un regard amusé et moqueur qui paraît encore beaucoup plus dénonciateur et efficace que ne l'aurait été un traitement sérieux.

Une oeuvre considérée à juste titre comme l'une des meilleures de son auteur, qui est pourtant réalisateur de nombre d'oeuvres mémorables (comme de films à oublier aussi) au cours de sa longue et prolifique carrière.


Image
L'image est proposée au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert malheureusement 4:3.

La définition générale est plutôt faible pour une édition aussi récente d'un film de 1985, mais cela est en grande partie dû au fait de l'absence de transfert 16:9 assez incompréhensible de la part de la MGM. Cela est d'autant plus dommage que l'interpositif est propre. La finesse des détails est elle aussi limitée par cause de copie un peu légère de ce côté-la et surtout de transfert 4:3.
Les couleurs sont correctement traitées, rendant justice à la belle photographie de A. Bartkowiak. Cependant, leur saturation aurait pu être plus poussée ce qui laisse croire que le matériel source était quelque peu agé. Le contraste est bien géré, évitant les brillances. Les parties sombres sont correctement rendues grâce à des noirs appréciables (sans être abyssaux non plus). Le rendu des dégradés est correct mais sans plus.

La partie numérique du transfert est de qualité moyenne, laissant de temps à autres apparaître unbe légère sur-accentuation des contours et des trâces de fourmillements. A noter également la présence sur l'autre face du disque d'un transfert au format de 1.33:1, qui présente les mêmes qualités et défauts que celui au format respecté.

Une image qui aurait pu être de bon niveau si l'éditeur s'était donné la peine d'en faire un transfert 16:9 et de restaurer le tout. Il semble, en fait, qu'on ait utilisé le même transfert que pour l'édition Anchor Bay parue de ça il y a quelques années.
En l'état le film est largement regardable mais son niveau de qualité est en dessous des standards actuels, ce qui est fort dommage pour une telle oeuvre.


Son
La seule bande-son disponible est en Anglais (Dolby Digital 2.0 Surround).

Sa dynamique est d'un niveau correct. Sa spatialité et sa présence sont également d'un niveau acceptable, sans atteindre des sommets.
La musique est bien rendue car c'est elle qui profite de l'environnement d'ambiophonie. Elle est bien intégrée au reste de la bande-son. Les enceintes arrières sont peu utilisées pour des effets ponctuels, profitant surtout à la musique.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et avec des traces très limitées de distortion à haut volume.
Les basses fréquences sont faibles mais présentes lors des quelques passages qui nécessitent leur intervention.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.
Une bande-son classique qui souffre moins que l'image de sa non-adaptation aux standards actuels. Un remixage multicanal aurait été le bienvenu mais le son est le compartiment le moins en retrait de cette édition, donc ne boudons pas notre plaisir.


Suppléments/menus
Uhe section totalement vide, pas même une bande-annonce. Cela correspond à la stratégie de la MGM sur ses éditions économiques, mais étant donné l'importance de cette oeuvre, un effort aurait pu être fait.



Conclusion
Une édition décevante aussi bien au niveau audio, vidéo que suppléments. Le résultat est en deça des standards actuels du marché.

Cependant, le film de Huston est résolument excellent et surprenant.
L'oeuvre est d'une ironie mordante et bénéficie de la classe de Huston, de ses interprètes ainsi que d'un scénario redoutable. Il ne s'agit pas d'un grand film inoubliable et profond mais d'une comédie très réussie et ayant su éviter les clichés et la facilité sur un sujet où cela aurait été aisé.
Si nous ne pouvons pas vraiment vous conseiller l'achat de cette édition, nous ne pouvons que vous encourager à donner sa chance à cet excellent film par une location qu'à coup sur vous ne regretterez pas.


Qualité vidéo:
2,5/5

Qualité audio:
2,8/5

Suppléments:
0,0/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
2,8/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2003-09-17

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Prizzi's Honor

Année de sortie:
1985

Pays:

Genre:

Durée:
129 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
-

Date de parution:
2003-09-16

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