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DVDEF

ER (The Complete First Season)

Critique
Synopsis/présentation
Les rouages de la production et de la distribution de séries télévisées sont parfois mystérieux et nébuleux. Prenez justement la télé-série ER par exemple. À l’origine destiné à devenir un long-métrage réalisé par Steven Spielberg lui-même, le synopsis original fut ensuite considéré être taillé sur mesure pour une série télévisée.

L'auteur du synopsis et scénario, le réputé écrivain Michael Crichton (qui publiait au même moment Jurassic Park, justement réalisé par Spielberg), modifia donc le traitement pour l'adapter à l'univers télévisuel. Spielberg, de son côté, croyait si fermement au projet qu'il accepta de financer la série via sa propre maison de production, Amblin Entertainment. Pourtant, quand est venu le temps de dénicher un diffuseur pour la série, personne ne s’est montré intéressé. Ironique, quand on considère la réputation de l'auteur mais surtout le pouvoir et l'influence quasi-infini dont profite Spielberg dans l'univers du cinéma. Comme si, du jour au lendemain, leur renommé n’avait plus aucune valeur. Voilà un bel exemple qui prouve que le monde du cinéma et de la télévision sont régis par des règles bien différentes. Quoi qu'il en soit, devant le refus de toute grande chaîne de s'approprier les droits de diffusion de la série, Spielberg et son équipe décidèrent de produire coûte que coûte un épisode pilote. Devant cet entêtement, la NBC décida ultimement de laisser la chance au coureur et d’acheter les droits de diffusion de l'épisode pilote seulement, non sans créer des divergences au sein de la direction de cette chaîne. On jugeait le rythme de l'émission trop rapide, on lui reprochait le réalisme parfois cru des scènes médicales et, surtout, le jargon médical trop technique. Jamais la NBC ne croyait que le spectateur moyen suivrait cette émission. D’autant plus qu’au même moment, une chaîne rivale mettait sur pied une série médicale assez similaire, Chicago Hope.

Certains dirigeants de la NBC voyait même en la diffusion d'un seul et unique épisode pilote une vulgaire gaspillage de temps d’antenne. Mais quelle ne fut pas leur surprise de constater que le seul épisode pilote, sans promesse d’une télé-série à venir, attira une part d'auditeurs des plus impressionnantes. Il n’en fallu pas d’avantage pour convaincre les dirigeants du potentiel de la série…

À partir du moment où le feu vert fut donné pour la production d'une série, NBC mit les bouchées doubles pour faire de ER un succès. La campagne de promotion fut agressive, et la chaîne accorda à la série la case horaire la plus convoitée par une série dramatique, soit le jeudi à vingt-deux heures... Nez à nez avec son rival Chicago Hope ! Quelques semaines de diffusion suffirent à consacrer le succès et la réussite de ER, qui s’est attiré tant les éloges de la critique que des téléspectateurs, en plus de bénéficier de cotes d’écoute fort supérieures à Chicago Hope. Les pronostics, qui couronnaient vainqueur Chicago Hope bien avant le début de la saison, étaient déjoués. Avant même la fin de sa première saison, la réussite de ER et son succès étaient tels que la série fut convoité par de nombreux artisans de renoms désireux d'y contribuer (par exemple Quentin Tarantino, qui réalisa un épisode) tout en s’attirant pas moins de treize récompenses aux Emmy Awards en 1995. Pas étonnant qu’aujourd’hui la série en soit rendu à sa neuvième saison…


Image
Si les premières saisons de ER furent toutes diffusées au format télévisuel conventionnel de 1.33:1, dès l'année 2000 la série fut tourné au format de 1.78:1 en vue d'une diffusion en haute-définition.

Étrangement, pour cette édition regroupant l'intégralité de la première saison la Warner a remplacé le format plein cadre original par un nouveau format masqué (matted) à 1.78:1, présenté ici d'après un transfert 16:9. Si certains puristes risquent d’être choqués par une telle décision, la majorité des consommateurs devrait se satisfaire de cette décision puisque la composition d'image ne souffre jamais des caches apposées au haut et au bas de l’image. Évidemment, les propriétaires de support 16:9 ne ressortent que gagnant d'une telle décision.

Dans l'ensemble, la qualité du transfert est bonne mais pas excellente. Tout d'abord, l’interpositif employé pour le transfert était visiblement dans un piteux état, considérant les normes de qualité actuels. Les égratignures, taches et points blancs y sont récurrents, particulièrement pour les premiers épisodes. Les choses s'améliorent vers la fin de la saison mais sans jamais que l’image soit totalement exempte de ces anomalies distrayantes. Heureusement, la définition est bonne et il s'agit d'une belle amélioration par rapport à la télédiffusion originale. L'image est généralement nette et précise, offrant des détails et textures subtilement rendus. L'étalonnement des couleurs est juste offrant une palette riche, précise et naturelle. Les tons de peau sont naturels et on ne remarque aucune dominante involontaire. Il semble que le contraste ait été accentué, surement pour donner un peu plus de mordant à l'image. Les dégradés sont acceptables, sans être particulièrement détaillés. Un subtil fourmillement est visible à l’occasion.

Heureusement, il n’y a pratiquement aucune sur-accentuation des contours ni aucun défaut de compression à déplorer.


Son
Seul le mixage original anglais (Dolby 2.0 Stéréo) est offert pour la totalité de la première saison. Il est dommage que la Warner n’ait pas jugé bon de produire un re-mixage multi-canal comme elle l’a pourtant fait avec la télé-série Friends. Après tout, ER se prêtait peut-être mieux à un re-mixage que Friends… Dommage également qu’un doublage français ne soit pas offert, même si un tel doublage (produit en Europe) existe bel et bien. Des sous-titrages français sont cependant offerts.

Si cette bande-son est assez typique des mixages produits pour la télévision, celle-ci bénéficie néanmoins d’un montage sonore particulièrement réussi. La bande-son est d'une présence et d'une dynamique très limitée. Le champ-sonore ne se déploie évidemment que depuis les enceintes avants mais avec, heureusement, une certaine profondeur. L'espace stéréophonique est de bonne facture grâce à des éléments sonores bien intégrés et efficacement positionnés, particulièrement lors des scènes d’action plutôt chargées d'effets sonores. Les transitions stéréophoniques sont fluides et bien réussies. Les dialogues, principal élément de ce mixage, sont toujours naturels et intelligibles. Les basses, assez élémentaires, manquent de profondeur mais ponctuent aux bons moments les scènes plus intenses.


Suppléments/menus
Généralement peu généreux avec ses parutions de séries télévisées en format DVD (voir les éditions de Friends et South Park), la Warner nous surprend cette fois-ci avec une quantité tout à fait honorable de suppléments.

Vous retrouverez tout d'abord quatre pistes de commentaires audio offertes sur trois épisodes différents. Les deux premières pistes sont pour l'épisode pilote. La première est animée par le scénariste, créateur et producteur exécutif Michael Crichton. Il est accompagné par le co-producteur exécutif John Wells. Cette piste en est une des plus intéressante. Les deux hommes tirent profit du temps mis à leur disposition pour décortiquer tous les aspects techniques entourant la production du premier épisode, de l'écriture du scénario au tournage, en passant par le choix des acteurs. Leurs propos sont toujours pertinents et ne s’éparpillent jamais dans les anecdotes sans intérêt.

La deuxième piste offerte pour l'épisode pilote est animée par le réalisateur Rod Holcomb, le directeur de casting John Levey, la productrice associée Wendy Spence Rosato, le monteur Randy Jon Morgan et le monteur sonore Walter Newman. D’amblée, le ton de cette piste apparaît beaucoup plus décontracté que pour la piste précédente. Les animateurs n'hésitent pas à s'amuser aux dépends de la série, tout en offrant chacun des propos très concis reliés à leur rôle respectif dans la production de la série. Cette piste donne donc un bon aperçu de tout le travail qui doit être accompli dans la création de chaque épisode. Très intéressant.

La troisième piste est disponible sur l'épisode 17, intitulé Sleepless in Chicago. Animée par le producteur et réalisateur de l'émission Christopher Chulack ainsi que le scénariste Paul Manning, cette piste n’est pas nécessairement à la hauteur des deux premières puisque les deux hommes gaspillent beaucoup de leur temps à tout simplement résumer ce qui se passe dans l'épisode en question. Cependant, leur analyse de l'importance de cet épisode en particulier mérite une certaine attention.

La dernière piste, offerte sur l’épisode 18 (Love’s Labor Lost), est animée par la réalisatrice Mimi Leder, la productrice associée Wendy Spence Rosato, le monteur Randy Jon Morgan, le monteur sonore Walter Newman et le compositeur Martin Davich. Cet épisode, gagnant à lui-seul cinq Emmy Awards, est certainement l’un des meilleur de toute l’existence de la série. Les animateurs analysent toute la structure de l’épisode et les raisons qui expliquent sa réussite. Les propos sont toujours pertinents et ne s'enlisent jamais dans l’auto-congratulation et la complaisance de l’équipe responsable de cet épisode. Une très bonne piste.

Tous les autres suppléments sont localisés sur le quatrième disque de cette édition. Vous retrouverez tout d'abord un excellent documentaire intitulé Behind the Curtains. D'une durée de 42 minutes et offert en deux parties, ce documentaire fait la synthèse de tout le processus qui entoura la création et la diffusion de la série. Pratiquement tous les principaux artisans et comédiens de la série (y compris Steven Spielberg) racontent leur expérience et leur contribution au projet, tout en abordant les enjeux de la série et les difficultés rencontrées lors de sa production. Que voilà un documentaire honnête (même certains des anciens dirigeants de NBC expliquent leurs réticences initiales) qui dresse un portrait concis et franchement fascinant du processus de création de cette série-culte. À ne pas manquer.

On the Cutting Edge : Medical Realism on ER (9 mins.) nous donne un bon aperçu de toutes les mesures prises par l’équipe de production de la série pour demeurer la plus réaliste et crédible possible. Le conseiller technique, un médecin, nous explique comment il entraînait les comédiens tandis que ces derniers racontent de façon amusante les difficultés rencontrées durant l'apprentissage de leurs dialogues.

Post Operative Procedures : Post Production in the ER (5 min) est un court segment résumant les étapes de post-production de la série, du montage jusqu’à la composition de la musique. Les informations sont concises, mais la trop courte durée du documentaire nous laisse quelque peu sur notre appétit.

Vous retrouverez également trois scènes coupées de certains des épisodes de cette première saison et dont l’intérêt est plutôt nul. Beaucoup plus distrayant est le montage de dix minutes de prises ratées (bloopers/outtakes). Si ER est une série dramatique, les comédiens ne s’en donnent pas moins à cœur joie sur le plateau, au gré de dialogues manqués et de blagues volontaires. Ce montage inclus également quelques gags et cabotinages récoltés pendant les entrevues filmées pour les documentaires de cette édition.

Le dernier supplément est intitulé First Year Handbook et renferme un lot d’informations textuelles allant du glossaire du langage technique employé dans la série jusqu’aux profiles de tous les personnages en passant par la carte détaillée de l'hôpital où se situe l’action de la série.



Conclusion
Les amateurs de la série ER attendaient depuis longtemps ce coffret renfermant tous les épisodes de la première saison de cette série. Le délais en aura tout de même valu la peine en considérant les qualités de cette édition. Le transfert vidéo, s'il est imparfait, est néanmoins bien supérieur aux épisodes télédiffusés. Et bien qu’un re-mixage aurait été souhaitable, la bande-son n’en est pas moins dépourvue de bonnes qualités grâce à l'efficacité du montage sonore original. Quant aux suppléments, il surprennent non seulement par leur nombre mais surtout par leur excellente qualité et le lot d'informations fascinantes qu’ils renferment. Souhaitons seulement que la Warner ne tarde pas autant avant d’offrir les saisons suivantes !


Qualité vidéo:
3,5/5

Qualité audio:
3,0/5

Suppléments:
3,4/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2003-09-09

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
ER

Année de sortie:
1994

Pays:

Genre:

Durée:
1179 minutes

Réalisateur (s):
-

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
4 DVD-18 (double face, double couche)

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby 2.0 stéréo

Sous-titres:
Français
Anglais (CC)

Suppéments:
Quatre pistes de commentaires audio,trois documentaires, trois scènes coupées, prises ratées, profiles des personnages et glossaire des termes médicaux

Date de parution:
2003-08-26

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