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DVDEF

Taken

Critique
Synopsis/présentation
Après le succès de Band of Brothers, Spielberg a récidivé, cette fois-ci avec la chaîne Sci-Fi Channel, en lançant une nouvelle mini-série, Taken. Le succès de ces mini-séries prouve qu'il y a un réel marché pour ces produits qui se situent quelque part entre les séries télévisées traditionnelles et les longs-métrages, ce qui est une bonne nouvelle pour la qualité moyenne de la production télévisuelle, engluée dans les sitcoms à répétition et autres télé-réalités dont le but semble être de réduire le quotient intellectuel des téléspectateurs à celui d'une palourde.

Le thème de Taken rappelle fortement la série The X-Files (série prometteuse irrémédiablement gâchée par la cupidité et le manque de vision des dirigeants de la Fox), par son côté surnaturel-paranoïaque, avec des extra-terrestres spécialiste des enlèvements à répétition et autres complots gouvernementaux. Le traitement penche par contre plus du côté Soap Opera (dans le sens noble du terme, n'oublions pas que Twin Peaks était un Soap Opera) de par la multiplicité des protagonistes en présence et la complexité de leurs rapports.

Taken nous raconte en effet, en 10 épisodes de 90 minutes, les histoires entremêlées de trois familles, de la fin de la seconde guerre mondiale à nos jours. La famille Keys est la première à entrer en scène, alors que l'avion piloté par le Capt. Russel Keys (Steve Burton) se fait abattre au-dessus de l'Allemagne au milieu d'une épique bataille aérienne où d'étranges objets lumineux se mêlent aux avions. Quelques jours plus tard, l'équipage au complet se retrouve en France, sans souvenir de ce qui a pu leur arriver. Lui et ses descendants vont être victimes d'enlèvements a répétition. Vient ensuite la famille Crawford. Le Capt. Owen Crawford (Joel Gretsch) est un des premiers militaires amenés à enquêter sur le crash d'un objet volant non identifié à Roswell en 1947. Sa quête de la vérité à tout prix, ainsi qu'un artefact extra-terrestre récupéré sur le site du crash, va se transmettre dans sa famille jusqu'à sa petite fille Mary (Heather Donahue, l'héroïne de Blair Witch Project). Vient enfin la famille Clarke. Sally Clarke (Catherine Dent), délaissée par son mari Fred (Alfrede Humphreys), reçoit lors des absences de celui-ci un visiteur étrange, John (Eric Close), qui s'avère être l'unique survivant du crash de Roswell. La lignée d'hybrides issue de leur union culminera en la personne de Allie (Dakota Fanning, qu'on a pu découvrir dans I am Sam), la fille de Lisa Clarke et de Charlie Keys, qui est en même temps la narratrice et le personnage-clé de cette histoire.

Cette ambitieuse mini-série a été saluée par la critique, grâce à son scénario bien ficelé et sa réalisation digne d'un long-métrage. Ces éloges sont méritées, la réalisation étant d'un excellent niveau général, la photographie particulièrement soignée et les scénarios bien écrits bourrés de multiples rebondissements font que chaque épisode était très attendu. L'histoire décrite par la première moitié de la série se déroule sur presque un demi-siècle, chaque épisode étant à une époque différente. On retrouve donc une foule de références historiques qui aident à crédibiliser ce scénario assez incroyable. Le travail de maquillage réalisé pour rajeunir ou vieillir les acteurs dans des épisodes les montrant à différentes périodes de leur vie est parfois stupéfiant. Les acteurs eux-mêmes offrent une interprétation d'un très bon niveau, on notera entre autres l'excellente prestation de Dakota Fanning, très juste dans le rôle d'Allie, à la fois naïve et supérieurement intelligente, et celle de Heather Donahue, qui réussit parfaitement à nous faire détester son personnage.

Si le scénario de tous les épisodes a été écrit par une seule personne (Leslie Boehm, co-créateur de la série avec Steven Spielberg), chaque épisode a été dirigé par un réalisateur différent, chacun ayant été choisi pour son style en fonction de l'histoire de chaque épisode. On retrouve ainsi des signatures aussi différentes que Tobe Hooper (auteur de The Texas Chainsaw Massacre, l'original) pour le premier épisode et Thomas J Wright (réalisateur d'épisodes de séries comme X-Files, Smallville ou CSI) pour l'avant-dernier.

CBC avait eu l'excellente idée, pour la diffusion au Canada, d'employer le grand William B. Davis (l'homme à la cigarette dans X-Files) pour présenter les épisodes de la série ainsi que quelques mini-documentaires sur sa réalisation. Si Davis est absent de cette édition, de nombreux documentaires couvrant les mêmes aspects que ceux abordés par les mini-documentaires vus lors de la diffusion de la série et sur le web sont offerts sur le dernier disque de cette édition.


Image
L'image est proposée au format respecté de 1.78:1 d'après un transfert 16:9. Notons que les suppléments sont eux aussi proposés à ce ratio, ce qui est assez rare pour être mentionné.

Ce qui surprend le plus dès les premières minutes, c'est l'aspect cinématographique de l'image. La série a été tournée en 35mm et cela se sent. L'image offre une assez bonne définition, et présente un grain assez présent (surtout sur les premiers épisodes) qui ajoute à ce côté cinématographique. La scène de bataille aérienne, par exemple, a un aspect assez proche des rares films en couleur de l'époque, avec un grain très présent et une colorimétrie assez particulière. Les couleurs sont subtiles et ne souffrent d'aucun débordement, rendant justice à un travail d'éclairage et d'étalonnage assez particulier. En effet, les éclairages utilisés pour chaque épisode étaient ceux disponibles à l'époque où est censé se dérouler chacun d'entre eux, afin d'adapter la photographie à chaque époque couverte par la série, afin d'en augmenter le réalisme.

Le contraste et la brillance (niveau des noirs) sont parfaitement ajustés et ne souffrent d'aucune fluctuation. Les noirs sont profonds, offrent des détails assez subtils et des dégradés fluides. La qualité des effets spéciaux a par contre été nettement surévaluée. Si certaines scènes sont très réussies (comme par exemple la séquence de bataille aérienne, qui rappelle par sa qualité celles de Band of Brothers), d'autres sont plutôt bâclées (on a du mal à croire à certaines images de soucoupes volantes), et certaines compositions trahissent l'origine numérique de certains éléments qui les composent, ruinant leur crédibilité.

C'est aussi au niveau numérique du transfert que le bât blesse. L'image souffre d'une sur-accentuation des contours qui semble variable et parfois franchement exagérée, ce qui entraîne des effets de halos autour des personnages et dans les zones à fort contraste, surtout dans les scènes de jour. Des tracess de compression sont aussi visibles de temps à autre : la plupart du temps les fourmillements se perdent dans le grain parfois exagéré de l'image, mais des macroblocs sont visibles çà et là. Ces défauts sont assez peu gênants dans l'ensemble (à part la sur-accentuation des contours, parfois distrayante), mais Dreamworks nous a habitués a mieux.


Son
Les bandes-son proposées pour les épisodes sont la version originale Anglaise et la version Française, toutes deux en Dolby Digital 5.1. Des sous-titres Anglais, Français et Espagnols sont proposés. Les suppléments ne sont pas doublés mais sont par contre tous sous-titrés.

Si l'image laisse parfois à désirer, le son est impressionnant, surtout pour une série de presque 15 heures dont la production a pris le même temps qu'un seul long-métrage de deux heures. La présence est solide et la dynamique d'un bon niveau, bien au-dessus de ce qu'on a pu entendre lors des diffusions télévisées au format Dolby Surround. La spatialité est parfois très impressionnante et le champ sonore immersif, servi par une bonne séparation des canaux et une utilisation soutenue des canaux d'ambiophonie. La séquence de la bataille aérienne est un petit chef d'oeuvre à ce niveau, les avions passant d'un canal à l'autre de façon fluide et crédible, nous plongeant littéralement dans l'action.

La trame sonore, qui offre profondeur et fidélité, est bien intégrée, et soutient parfaitement l'ambiance de la série. Les dialogues s'intègrent fort bien à l'ensemble, comme tous les éléments composant cette très belle bande sonore, et sont toujours parfaitement intelligibles. Les basses fréquence sont elles aussi bien présentes, appuyant de façon marquante les nombreux effets sonores de la série, et mettent à contribution le canal .1 (LFE) de façon appuyée et judicieuse.



Suppléments/menus
Les cinq premiers disques du coffret sont exclusivement réservés aux dix épisodes de la série, et les suppléments sont tous rassemblés sur le sixième disque. Il s'agit de cinq documentaires, qu'une option du menu permet de regarder les uns à la suite des autres.

Inside Taken (17:20) est un documentaire de type making-of nous racontant la genèse du projet, en passant par l'écriture du scénario et la production. Ce premier documentaire est le plus généraliste des cinq. Ce documentaire comporte de nombreuses interventions des intervenants ayant travaillé sur la série (créateurs, producteurs, acteurs...).

The Cast of Taken (4:50) s'intéresse plus particulièrement aux nombreux acteurs ayant participé à la série, avec de nombreuses interventions des plus célèbres d'entre eux.

A New Reality (7:45) est un documentaire sur les effets spéciaux numériques. Le plus intéressant est de voir le travail que ces effets numériques impliquait lors du tournage, alors que les acteurs devaient réagir à des éléments absents du plateau.

A Singular Vision : The Directors (4:22) explique pourquoi chaque épisode a été confié à un réalisateur différent, et comment ils ont été sélectionnée en fonction de l'histoire de chaque épisode, et ce que la vision de chacun a apporté.

Time Warp (4:30) met l'accent sur le côté historique de la série, comment celle-ci traverse 50 années d'histoire américaine à travers la petite histoire des trois familles concernées par ces enlèvements.

S'ils ne sont pas dénués d'intérêt, ces documentaires sont tous franchement complaisants, à la limite du publi-reportage. Sans aller vraiment en profondeur, ils abordent tout de même à peu près toutes les facettes de la série, ce qui est un point positif. Mais on aurait préféré un peu plus de profondeur et un peu moins d'auto-congratulation.



Conclusion
Cette série, qui était très attendue avant sa diffusion, aurait mérité une édition d'un meilleur niveau. Si le boîtier est de toute beauté et les spécifications de haut niveau (format respecté, son multicanaux, suppléments), la qualité d'image est en-deçà de ce qu'on était en droit d'attendre, et les suppléments un peu trop superficiels. Heureusement le son, étonnant pour une série, vient quelque peu rattraper le tout. Il ne s'agit pas là d'une mauvaise édition, loin de là, mais on attendait mieux au vu du temps qu'il a fallu attendre cette édition et du prix demandé.


Qualité vidéo:
3,6/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
3,3/5

Rapport qualité/prix:
3,7/5

Note finale:
3,8/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2003-11-17

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Panasonic CT-36D11E / Moniteur ViewSonic P95f, PC avec GeForce3 et Sonic CinePlayer, Récepteur Denon AVR-1602, Enceintes Wharfedale Cinestar 30 (5 Vivendi Modus Cube + 1 PC-8).

Le film

Titre original:
Taken

Année de sortie:
2002

Pays:

Genre:

Durée:
885 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Dreamworks

Produit:
DVD

Nombre de disque:
6 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.78:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais (CC)
Français
Espagnol

Suppéments:

Date de parution:
2003-10-21

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