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DVDEF

Harder They Fall, The

Critique
Synopsis/présentation
Mark Robson fut un monteur extraordinaire avant de devenir réalisateur. Il supervisa ainsi le montage pour la RKO, de trois films importants de Jacques Tourneur : Cat People (1942), I Walked with a Zombie (1943) et The Leopard Man (1943). Si l'ensemble de sa carrière de metteur en scène fait qu'il est moins intéressant que d'autres réalisateurs de la firme (R. Wise par ex), certaines de ses réalisations méritent néanmoins que son travail soit réévalué ou du moins plus connu. A noter donc comme films intéressants parmi toutes ses oeuvres (33 en 36 ans tout de même !) : The Seventh Victim (1943), The Ghost Ship (1943), Bedlam (1946) , Champion (1949), Home of the Brave (1949), Phffft! (1954), The Harder they Fall (1956), Von Ryan's Express (1965). Il souffre d'un certain manque de personnalité propre qui est largement compensé par une habileté technique jamais prise en défaut et un sens du rythme acquis lors de ses années en tant que monteur. Ce qui ressort surtout de son oeuvre est son penchant pour la critique sociale qui transparaît surtout à travers le film qui nous intéresse aujourd'hui : The Harder they Fall (1956).

On y suit Eddie Willis (Humphrey Bogart), journaliste sportif reconnu en fin de carrière. Il est recruté en tant qu'agent de presse par un promoteur de matchs de boxe véreux, Benko (Rod Steiger), pour son habileté à influer sur les opinions. Il se verra contraint, par l'appât du gain mais contre sa volonté profonde, de faire croire aux capacités de boxeur d'un géant un peu benêt, Toro Moreno (Mike Lane). Le pauvre Toro (très mauvais boxeur, malgré sa carrure), que Benko a ramené d'Argentine, remportera un nombre important de victoires sur la côte Est (toutes truquées). Benko pourra ensuite le faire prétendre au titre de champion du monde poids lourd, et ainsi parier très gros! Mais pour cela, il a encore besoin de l'aide d'Eddie qui a bien compris son manège et se retrouve tiraillé entre sa conscience et son besoin d'argent.

Il s'agit surtout d'un drame avant d'être un film sur la boxe. Humphrey Bogart y exprime avec une grande finesse et conviction les problèmes moraux liés au sport de paris à cette époque. La structure simple et linéaire sert parfaitement bien le propos de M. Robson qui s'attaque directement, et plutôt violemment pour l'époque, à l'establishment et ses dérives en général. Ainsi, c'est le pouvoir de l'argent et de la corruption qui sont dénoncés à travers le milieu bien représentatif de la boxe. Le destin tragique de Toro l'innocent est poignant et l'implication d'Eddie malgré ses réticences, le place à la fois parmi les exploiteurs (il est censé profiter de l'argent gagné au détriment de Toro) et les victimes (Benko connaît sa situation et lui fait une offre qu'il ne peut refuser). Il s'agit là du dernier rôle d'H. Bogart et celui-ci ne démérite en rien par rapport au reste de sa carrière. Les autres acteurs sont tous très bien dirigés et contribuent pour beaucoup à l'impact du film par leur jeu juste et réaliste.

La mise en scène de M. Robson sait s'effacer devant son propos et ne cherche jamais à surdramatiser les situations (qui s'y prêtent pourtant). Le réalisme des scènes de combat rajoute encore un point de plus en faveur du film, et leur véracité est garantie par la présence de deux anciens véritables champions parmi les acteurs. La fin est un peu trop manichéenne et simple (Eddie n'est jamais inquiété) mais introduit déja le pouvoir énorme de la bureaucratie et des chiffres (à travers l'explication du salaire de Toro).

Une oeuvre solide et émouvante qu'il est impératif de découvrir ou redécouvrir. De plus, pour tous les amateurs de boxe, il s'agit d'un film très réaliste et passionnant sur le noble art.


Image
Le générique du film débute en 1.66:1 et le film se continue en 1.85:1. Il n'apparaît cependant aucune déformation due à une erreur ou à une modification du format original.

La défintion générale est de bonne qualité sur l'ensemble du film malgré un genérique qui laisse présager le pire. L'interpositif est plutôt propre, mais souffre des habituels défauts de vieilles productions récemment offertes par la Columbia Tristar à savoir la présence quasi incompréhensible (au vu du reste du transfert), de points blancs intermittants et de quelques grosses rayures. Le contraste est fort bien géré et évite toutes les brillances inutiles. Les noirs sont profonds et purs, et associés au bon contraste (essentiel pour une restitution correcte du noir et blanc de l'époque), ils permettent un très bon rendu des scènes sombres.

La partie numérique est exempte de reproches et le grain que l'on aperçoit sur certaines scènes correspond à la volonté du réalisateur et non à un quelconque défaut technique.

Une belle image, qui sans les saletés de son interpositif, aurait pu être très proche du sans fautes.


Son
Les bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (DD 1.0 mono) et Portugais (DD 1.0 mono).

A notre surprise, la dynamique est fort correcte et permet d'offrir une présence très appréciable lors des scènes de combat. La musique est fort bien intégrée au reste de la bande-son. Les dialogues sonnent toujours très naturels et sont à tous moments parfaitement intelligibles. Les basses fréquences viennent correctement appuyer les coups lors des mêmes scènes de combat.

La bande-son en Portugais est comme l'on pouvait s'y attendre, beaucoup plus sourde que son homologue anglaise.
Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français, Japonais , Coréen, Portugais et Espagnol.
Une bonne surprise que cette bande-son nette et efficace lorsque nécéssaire, alors qu'habituellement, les films de cette époque souffrent de limitations techniques beaucoup plus marquées.


Suppléments/menus
ne fois de plus, le parent pauvre d'une édition par ailleurs de qualité. Il aurait été judicieux de produire un documentaire sur la réalité des milieux de la boxe à cette époque et de replacer le film dans le contexte.

Nous ne disposons ainsi que d'un résumé déroulant de la carrière de H. Bogart avec la Columbia Tristar, agrémenté d'extraits publicitaires d'époques. Sont également disponibles les bandes-annonce de On the Waterfront et de The Greatest, ce qui fait somme toute assez léger.

Il est dommage de ne pas trouver plus de renseignements sur cette oeuvre passionnante, mais heureusement elle se suffit amplement à elle-même et permet ainsi de rendre cette absence de suppléments moins génante.



Conclusion
L'excellent niveau technique du DVD est malheureusement contrebalancé par l'absence de vrais suppléments. Cependant, le prix de vente attractif et la qualité de l'oeuvre permettent à cette édition d'obtenir notre recommandation. Un film âpre et réaliste sur la corruption ambiante qui régnait sur le milieu de la boxe et de la presse dans les années 50. Ce sont les acteurs, Humphrey Bogart en tête, l'intelligence du scénario et la sobriété de la réalisation qui permettent au film de garder encore un tel impact.


Qualité vidéo:
3,6/5

Qualité audio:
3,3/5

Suppléments:
1,0/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2003-02-05

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Harder They Fall, The

Année de sortie:
1956

Pays:

Genre:

Durée:
108 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Columbia Tristar

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono
Portugaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Japonais
Coréen
Portugais
Espagnol

Suppéments:
Documentaire écrit et déroulant sur la carrière de Bogart avec la Columbia, une bande-annonce de On the Waterfront et une autre de The Greatest

Date de parution:
2003-01-21

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