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Handmaid's Tale, The

Critique
Synopsis/présentation
Plusieurs auteures ont fait du féminisme l'enjeu de leurs oeuvres. Margaret Atwood, une canadienne originaire d'Ottawa qui a passé une grande partie de son enfance au Québec, est l'une d'entre elles. Militante féministe au cours des années 70 et 80, Atwood est à l'origine d'oeuvres marquantes dont Lady Oracle (1976) et Second Words (1982). La consécration de l'auteur arriva en 1986 avec l'écriture de The Handmaid's Tales, qui lui valu le prix du Gouverneur général du Canada ainsi que le prix littéraire du Los Angeles Times.
The Handmaid's Tales nous amène au coeur d'un état totalitaire institué suite à un terrible holocauste. Gilead, construite sur ce qui était autrefois Boston, est une société guidée par une idéologie religieuse monothéiste. Dans cet univers, le rôle des femmes est relégué à la procréation. Qui plus est, suite à plusieurs épidémies, seulement une femme sur dix est maintenant fertile. Les dirigeants de Gilead se sont dotés une banque de mères porteuses leur permettant à eux (et leurs épouses) stériles d'avoir des enfants.
Le film débute lorsque Kate (Natasha Richardson) tente de s'évader de Gilead mais est rapidement capturée par les militaires. Pour décider du sort de Kate on la soumet a un test de fertilité, qui se révèle positif. La jeune femme se retrouve alors dans un centre de procréation où elle est formée pour devenir une mère porteuse. Rapidement, Kate est chosit par une couple politiquement influant (Robert Duvall et Faye Dunaway).
Après plusieurs tentatives pour le moins infructueuses, la jeune femme apprend que l'homme de qui elle doit avoir un enfant est stérile. La situation semble perdue d'avance et Kate craint de subir le sort réservé aux femmes fertiles qui ne procrée pas: la pendaison publique. Désireuse de quitter cet univers hostile, la jeune femme s'aperçoit alors qu'un mouvement de rebellion secret pourrait lui venir en aide. Les étapes pour obtenir la liberté sont toutefois ardues...
The Handmaid's Tales, réalisé par le cinéaste allemand Volker Schlöndorff, est une adaptation assez fidèle du roman de Margaret Atwood. Sans avoir toute la densité du livre, le film reprend les thèmes abordés sans en perdre l'essence. L'univers imaginé par l'auteure est complexe et Schlöndorff a bien su, notamment, recréer l'aspect visuel inspiré par le roman.
La photographie joue un rôle important dans la compréhension de l'oeuvre. Ainsi, chacune des classes sociales de Gilead sont associées à des éléments visuels. Les couleurs définissent l'appartenance à chacunes des castes : les mères porteuses portent une robe et un voile rouges tandis que les femmes non-fertiles arborent le bleu. Il en va de même pour les hommes politiques, les militaires, les enseignantes des centres de procréation et même les bourreaux.
Notons l'excellente mise en scène faite par Schlöndorff des rituels religieux si importants dans le film. Tant les exécutions sur la place publique que les rites initiatiques des mères porteuses sont présentés avec justesse par le réalisateur. On se sent véritablement plongé dans l'univers extrémiste de Gilead.
Ces symboliques visuelles soutiennent un message beaucoup plus profond. The Handmaid's Tales est en effet une mise en garde de Margaret Atwood envers certains agissements du mouvement féministe des années 80. À cette époque, certaines féministes militantes s'étaient associées à l'Église afin de mener quelques batailles. Atwood s'inquiétait alors de voir les femmes s'allier à une institution qui les reléguait au rôle de simple mère de famille et qui les encourageait à rester à la maison. En réaction The Handmaid's Tales peint un tableau apocalyptique d'une société totalitaire contrôlée par l'Église. Le fonctionnement de l'état relègue la femme dans les castes inférieures de la société. Atwood indique de cette façon son désaccord face à l'association entre l'Église et les féministes, elle met ces dernières en garde contre les institutions religieuses.
Bien que son message soit aujourd'hui moins à propos, The Handmaid's Tales demeure une oeuvre de solidement construite. La société imaginée par Atwood et mise en images par Schlöndorff ne nous semble pas tout à fait impossible.


Image
The Handmaid's Tales est présenté en format original (1.85:1) d'après un transfert vidéo anamorphosé.
Malgré les douze ans du film, l'interpositif utilisé est d'une très bonne qualité, preuve qu'un on a fait les efforts nécessaire pour trouver le meilleur matériel source possible.
Le transfert nous permet d'apprécier le travail de photographie effectué par l'allemand Igor Luther. De façon générale, l'image est définie et nette. Les détails et les textures sont reproduits avec précision, à l'exception de quelques plans qui souffrent d'un léger manque de piqué. La palette de couleur, qui est plutôt froide tel que désirée par Luther, est rendue avec justesse. Les couleurs sont ainsi constantes et naturelles. La saturation est adéquate et nous ne remarquons aucun débordement. Les tons de peau sont également bien rendus. Les noirs quant à eux sont généralement profonds et intenses. La brillance et le contraste demeurent stables tout au long de la présentation. Les parties sombres offrent un bon niveau de détail et ne souffrent aucunement de fourmillement.
Le transfert ne montre aucune anomalie de compression et on apprécie l'absence de toute sur-définition des contours.


Son
Cette édition de The Handmaid's Tales offre une seule bande sonore, anglaise, présentée en Dolby 2.0 Surround.
La bande-son peut être considérée comme fonctionnelle. Compte tenu des limites du format, la bande souffre d'un manque de dynamisme. Le son ne se déploie que du champ sonore avant et l'image stéréophonique est plutôt limitée. De plus, les enceintes arrières ne sont presque jamais mises à contribution. Les dialogues sont généralement précis à l'exception de quelques scènes. En effet, la trame musicale, mixée à un niveau un peu trop élevée, vient nuire à la compréhension des dialogues. Les basses ont peu d'appui et manquent de précisions.
Il y a option de sous-titrage en français ainsi qu'en anglais et en espagnol.


Suppléments/menus
The Handmaid's Tales est présenté dans la collection Avant-Garde Cinema de MGM et est distribué au Québec par Seville. À l'instar des autre titres de cette collection, l'édition n'offre malheureusement aucun supplément outre la bande annonce du film, présentée en format 1.85:1 (anamorphosé).
MGM considérant le film comme un titre de catalogue a jugé comme limité le potentiel commercial de cette édition. On ne peut que déplorer l'absence d'un documentaire situant le film ou un segment évoquant le contexte social de l'époque où le roman a été écrit.




Conclusion
Fortement inspiré par le célèbre 1984 de Georges Orwell, The Handmaid's Tales représente une véritable vision dystopique du futur et demeure encore aujourd'hui intéressant. L'édition offerte par MGM est techniquement honnête, bien qu'on aurait grandement apprécié la présence d'un peu plus de matériel supplémentaire.


Qualité vidéo:
3,9/5

Qualité audio:
2,5/5

Suppléments:
0,5/5

Rapport qualité/prix:
2,5/5

Note finale:
2,8/5
Auteur: Steve Tremblay

Date de publication: 2002-04-17

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 16:9 Samsung HCL5515W, Récepteur Harman/Kardon AVR310, Lecteur DVD Panasonic RP91, enceintes Cerwin Vega, câbles Accoustic Research

Le film

Titre original:
Handmaid's Tale, The

Année de sortie:
1990

Pays:

Genre:

Durée:
108 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-5 (simple face, simple couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Bande-annonce

Date de parution:
2002-04-16

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