Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Black Snake Moan

Critique
Synopsis/présentation
Tout comme Snakes on a Plane, un autre film qui mettait en vedette Samuel L. Jackson, Black Snake Moan est un film qui a fait beaucoup plus jasé de lui avant sa sortie qu’après. D’abord, le film était réalisé par Craig Brewer, fort de son prix du public au Festival du film de Sundance en 2005 pour le drame musical Hustle & Flow, qui a également obtenu un Oscar pour la meilleure chanson originale en 2006. Donc, il y avait une certaine attente envers Black Snake Moan. Jusqu’à ce que les première affiches et la bande-annonce commencent à apparaître. Les attentes étaient alors énormes. On pouvait y distinguer clairement Christina Ricci enchaînée au pied de Samuel L. Jackson annonçant ainsi un film aux relents Blaxpoitation. Ce genre a connu ses débuts pendant les années soixante-dix et jouait avec les rôles qui étaient attribués aux blancs et aux noirs dans les films. Jusqu’à ce qu’arrive Sweet Sweetback’s Baadasssss Song de Melvin Van Peebles où un noir tuait un policier blanc. Il n’en fut pas moins pour le succès du film soit immédiat et donne lieu à une nouvelle mode de jouer avec les archétypes et les codes. Black Snake Moan laissait donc croire à un film hommage ou encore à référence de la Blackpotation puisqu’il semblait posséder tous les éléments : réalisation par un blanc, importance de la culture des noirs, présence de la sexualité et attention particulière à la trame sonore. Mais même si Black Snake Moan respecte toutes ces caractéristiques à la lettre, il est beaucoup plus qu’un simple film de genre.

Rae (Christina Ricci) est une jeune nymphomane qui a été abusée par son père lorsqu’elle était toute jeune. Son petit ami Ronnie (Justin Timberlake) décide de joindre l’armée afin d’assurer un meilleur futur pour leur couple. À peine Ronnie est-il parti, Rae se tourne vers tous les hommes du village pour soulager ses intenses pulsions sexuelles. Un soir, le meilleur ami de Ronnie ramène Rae chez elle en espérant que cette dernière cédera à ses avances. Mais Rae refuse et ce dernier la frappe et la laisse seule et inconsciente au beau milieu de la route. Rae est découverte le lendemain par Lazarus (Samuel L. Jackson), un ancien bluesman qui a été laissé par sa femme et qui est convaincu que la jeune femme a été mise à sa disposition pour qu’il puisse l’aider et qu’il puisse ainsi se racheter auprès de Dieu. Lazarus, ayant pris connaissance des habitudes de Rae, décide de l’enchaîner afin qu’elle aussi puisse finalement se sortir de sa situation.

Avant d’être un film de genre, Black Snake Moan est une rencontre entre deux individus, deux mondes, deux vies. Les démons intérieurs de Lazarus entrent en collision avec la promiscuité et la sexualité de Rae. L’un serait ferait tout avec sa foi en Dieu et l’autre serait prête à mourir pour une partie de jambe en l’air. Si Lazarus possède une foi constante, Rae semble beaucoup plus sceptique, comme elle l’exprime au personnage du révérend. Bref, tout les oppose ou presque. Excepté que pour tous les deux c’est le passé qui est la cause de leur tourments. Et c’est ce passé enfoui qu’ils devront affronter pour exorciser progressivement leurs démons. Dans le cas de Lazarus, c’est son passé de bluesman et pour Rae, c’est l’abus sexuel dont elle a été victime lorsqu’elle était enfant. Et c’est à travers le contact de l’un et de l’autre ainsi qu’à travers la musique que les deux trouveront finalement leur rédemption. Brewer ne renie donc pas son amour pour la musique si évident dans Hustle & Flow et toujours présent ici. Pensons seulement au titre qui est inspiré d’une pièce de Blind Lemon Jefferson ou encore à la superbe scène où une poignée d’habitants, dont Rae, s’abandonnent aux rythmes d’un morceau interprété par Lazarus.

Mais il faut également accorder que si ces deux personnages réussissent à être aussi touchants, c’est dû, en grande partie, au jeu des deux interprètes principaux. Samuel L. Jackson joue avec une retenue étonnante son personnage intérieur et meurtri alors que Christina Ricci s’extériorise complètement donnant à son personnage une agressivité sexuelle hallucinante et une douce fragilité. Il s’agit probablement, dans le cas de cette dernière, de sa meilleure performance en carrière. Et à ceux qui se le demandaient, le chanteur Justin Timberlake est correct. Son visage trop connu empêche le spectateur de le prendre réellement au sérieux dans le rôle d’un jeune homme aussi perturbé. À ce sujet, dans les dernières quinze minutes, le film semble se diriger vers un « happy-end » mielleux, mais connaissant Brewer, c’est un leurre. Les dernières secondes du métrage ramènent les personnages ainsi que le spectateur à la réalité et offrent un moment d’une rare intensité dramatique.

Black Snake Moan est évidemment à découvrir. Le réalisateur et scénariste Craig Brewer a fait se rencontrer deux personnages touchants et fascinants en plus de rendre un vibrant hommage à la musique blues et au genre Blaxpoitation. Dommage cependant que le public n’ait pas montré d’intérêt marquant pour ce petit film indépendant d’une grande qualité. Espérons que sa sortie en DVD le fera découvrir davantage.



Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2.35:1 d’après un transfert 16:9.

Voilà un transfert en tout point superbe. La définition générale de l’image est excellente et l’interpositif employé était visiblement dans un état immaculé puisque aucune anomalie n’est perceptible. L’image affiche donc une netteté exemplaire et le niveau de détails et de textures offert est irréprochable. Le rendu des couleurs est tout aussi magnifique. L’étalonnage est précis et juste offrant ainsi des couleurs riches, pleinement saturées et ne souffrant d’aucun problème de débordement. Tout effet de surbrillance est également évité grâce à un niveau des noirs parfaitement réglé. Quant aux dégradés, ils demeurent fluides et précis offrant ainsi d’admirables parties sombres. Nous retrouvons également des noirs purs et intenses.

Finalement, on notera une compression bien gérée puisqu’un très faible fourmillement se laisse paraître dans les arrière-plans plus sombres. Vraiment, du très beau travail pour ce transfert.



Son
Trois bandes sons sont offertes avec cette édition : deux au format Dolby Surround 2.0, en version anglaise et française et une autre en version anglaise au format Dolby Digital 5.1. C’est le mixage original anglais 5.1 qui a été pris en considération pour cette critique.

Malgré le genre auquel appartient le film, la bande son proposée ici en est une de qualité. Le dynamisme est tout à fait acceptable et la présence totalement exemplaire. Le déploiement du champ sonore s’effectue de belle façon. Les ouvertures frontale et latérale sont précises et claires alors que les enceintes arrière se veulent un peu plus discrètes et son généralement destinés à des fins d’ambiance. Élément prédominant de ce mixage, les dialogues demeurent constamment et complètement intelligibles. Mais c’est avec la trame sonore (absolument savoureuse) que ce mixage multicanaux révèle tout son potentiel. Les morceaux sont amenés avec subtilité et précision grâce à un solide et terriblement efficace support de la part des basses. En ce qui concerne ces dernières, elles grondent avec une belle profondeur lorsqu’elles sont sollicitées à d’autres fins que de supporter la trame sonore. Quant au canal d’extrêmes graves, il se manifeste à quelques occasions avec efficacité. Un superbe mixage qui rend judicieusement justice au film qu’il sert.

Des sous-titres anglais et espagnols sont disponibles.



Suppléments/menus
Du côté des suppléments, nous retrouvons d’abord une piste de commentaire audio animée par le scénariste et réalisateur Craig Brewer. Même s’il fait preuve d’un léger manque de modestie à certains moments, le cinéaste livre des interventions qui demeurent souvent intéressantes et pertinentes. Les temps morts sont assez nombreux, mais très courts. Nous avons même droit à une interprétation biblique de la scène finale entre Christina Ricci et Justin Timberlake et à plusieurs informations techniques (ex. : la chaîne de Ricci pesait soixante livres) assez instructives.

Viennent ensuite trois documentaires. Le premier, « Conflicted : The Making of Black Snake Moan (27:51)», est un segment typique où on nous présente différentes interventions du réalisateur, des producteurs, des acteurs et des différents artisans du film et dans lequel ils se félicitent les uns les autres pour le travail qu’ils ont accompli, pour leur complicité et pour leur audace. On passe peut-être un peu trop de temps à flatter l’ego des comédiens, mais sinon, c’est un segment qui se laisse regarder. « The Black Snake Moan (9:00) » se concentre sur le travail du compositeur Jason Freeman qui a remis à jour la pièce qui donne son titre au film. On s’attarde également au choix de cette chanson et au tournage de la scène dans laquelle elle est mise en scène. Le troisième segment est « Rooted in the Blues (12:36) » et nous fait faire un tour dans un studio pour l’enregistrement et la production de la trame sonore. Très instructif et intéressant, il nous fait rencontrer les différents musiciens et chanteurs ayant collaboré à la trame sonore de Scott Bomar.

Nous retrouvons ensuite cinq scènes supprimées dont l’intérêt varie énormément, mais dont la décision finale de les couper au montage reste sage. Mention cependant à la scène où les personnages de Rae et Ronnie partagent leur premier moment et qui mérite une certaine attention. Finalement, nous retrouvons une galerie de photos et une poignée de bandes-annonces (Year of the Dog, Zodiac, Shooter et Hustle & Flow).




Conclusion
Black Snake Moan est un film qui, étonnamment, n’a pas du tout fonctionné en salles. Il possède néanmoins toutes les qualités d’un film à découvrir : réalisation inspirée, personnages attachants, distribution impeccable et trame sonore d’enfer. En plus, le cinéaste Craig Brewer fait revivre un genre des années soixante-dix (Blaxpoitation) en jouant avec ses codes et, par la même occasion, en lui rendant un fier hommage.

Une édition techniquement à la hauteur du film. Le transfert est carrément superbe et la trame sonore fera vibrer votre salon aux rythmes de la musique blues. Quant aux suppléments, ils méritent tous une certaine attention et présentent un intérêt suffisant pour justifier leur présence sur cette édition. Vraiment, nous souhaitons que la sortie de ce film en DVD lui donne la chance d’être vu et apprécié par le plus de cinéphiles possible.



Qualité vidéo:
3,9/5

Qualité audio:
3,9/5

Suppléments:
3,8/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
3,9/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2007-09-07

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Toshiba 27A43C, Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Black Snake Moan

Année de sortie:
2007

Pays:

Genre:

Durée:
115 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Paramount

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais (CC)
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaires, scènes supprimées, gallerie de photos, bande-annonce

Date de parution:
2007-06-26

Si vous avez aimé...