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DVDEF

What's Up Tiger Lily?

Critique
Synopsis/présentation
Woody Allen est un véritable monument du 7ème art qui a développé un style résolument personnel (mise en scène, thématique, jeu d'acteur) qui permet d'identifier une de ses oeuvres dès les premières minutes de visonnage.

Il occupe un statut totalement à part parmi les cinéastes, et la particularité de ses films ainsi que leur faible coût général lui ont permis de rester indépendant et de toujours faire ce qui lui plaît sans réel souci de grosse réussite au guichet.
Sa carrière connut plusieurs orientations, passant de la comédie pure à la comédie dramatique puis au drame pour enfin revenir vers des comédies légères. Il écrit quasiment tous ses scénarios et joue dans une grande partie de ses oeuvres, ce qui lui permet de développer un cinéma très personnel et autoréférentiel quasi unique dans les annales du cinéma. Son amour pour New-York, et plus précisément pour l'ile de Manhattan, pour la psychanalyse, le sexe et l'humour sont au centre de toutes ses oeuvres.

Cela implique que s'il a nombre d'admirateurs fidèles, beaucoup de spectateurs ne goûtent que très peu ses particularités qui, il faut bien le reconnaître, confinent à l'élitisme ainsi qu'à une forme poussée d'égocentrisme (heureusement tempéré par une autodérision féroce). Cependant, notre homme est assez doué et intelligent pour se renouveler malgré la permanence de certains thèmes majeurs et depuis 1966, ayant composé avec ses quarante films une oeuvre unique et passionnante placée sous le double signe de l'humour ravageur et de la réflexion.

Il est très prolifique et par conséquent, nous nous contenterons de citer ses plus grandes réussites qui sont déja nombreuses : Bananas (1971), Everything you always wanted to know about sex but were afraid to ask (1972), Sleeper (1973), Annie Hall (1977), Manhattan (1979), Zelig (1983), Broadway Danny Rose (1984), The Purple Rose of Cairo (1985), Radio Days (1986), Alice (1990), Husbands and Wives (1992), Manhattan Murder Mystery (1993), Bullets Over Broadway (1994), Deconstructing Harry (1997), Celebrity (1998).
Il est à noter malheureusement une baisse de qualité depuis 1998 et si ses films restent toujours plaisants, ils sont loins d'atteindre le niveau d'hilarité et de finesse de ceux de ses meilleures périodes.

What's Up Tiger Lily ? est sa première oeuvre officielle bien qu'elle ne soit pas une oeuvre originale. Il s'agit en effet du détournement d'un film d'espionnage japonais de 1962, Kagi No Kagi de Senkichi Taniguchi, en inspiration directe de la série des James Bond.
Le thème de James Bond et de sa parodie l'attire beaucoup et l'année suivante, dans Casino Royale (1967), il tiendra le double rôle délirant du neveu de James Bond et du méchant avec une désinvolture et un sens de la dérision très typiques de la fin des années soixante.
On retrouve ce même esprit dans What's Up Tiger Lily ? mais encore accentué par le décalage entre les voix des vrais acteurs japonais que l'on entend au début du film et les doublages absurdes de Woody et ses comparses, prenant un malin plaisir à s'éloigner le plus possible de l'aspect physique des acteurs.
De même, il remonta le film pour aboutir à une version totalement décousue pour les besoins de sa pseudo intrigue, qui lui sert de fil conducteur. Et là le délire s'amplifie car le héros affronte deux féroces ennemis en vue de récupérer une soi disant fabuleuse recette de salade à l'oeuf dur.

Ainsi, malgré l'absence quasi totale de continuité dans les scènes comme dans les hilarants dialogues (truffés de savoureux "one-liners" si caractéristiques de leur auteur), le film arrive à conserver l'attention du spectateur. Cependant on est loin de la qualité de ses oeuvres majeures et il faut bien avouer que la présence répétée et non justifiée des membres du groupe Lovin' Spoonfull n'apporte pas le décalage comique espéré et pour tout dire a même tendance à faire sortir les spectateurs du film (même les plus acharnés).

Une oeuvre de jeunesse qui permet de se rendre compte que dès le début de sa carrière Woody Allen était déja très doué, mais qu'il lui restait à apprendre la maîtrise de son comique et des techniques cinématographiques. Si vous appréciez l'ambiance des films parodiques des années soixante, n'hésitez pas une seconde, mais si vous n'êtes pas un inconditionnel du genre ou du cinéaste vous ne trouverez certainement pas votre bonheur dans ce film pourtant bien sympathique.


Image
L'image est présentée au format respecté de 2.35:1 d'après un transfert 16:9.

La définition générale est d'un niveau étonnamment élevé pour un film de cette époque. L'interpositif est propre laissant juste apparaître quelques petits points et rayures discrets qui ne viennent jamais perturber le plaisir du visionnage. Le niveau des détails est parfois fluctuant et occasionne quelques arrières plans un peu flous mais rien de vraiment gênant.
Les couleurs vives et pétillantes sont bien rendues, toujours justes, constantes et plutôt bien saturées.
Le contraste est correctement géré et réussit à éviter les brillances.
Les passages sombres du film sont bien rendus et ce grâce à des noirs relativement profonds et d'une pureté plus que satisfaisante.
Les dégradés sont eux aussi d'une bonne tenue et permettent donc un rendu agréable des nuances de l'image.
La partie numérique du transfert est également d'une qualité appréciable, ne générant que très peu de défauts. Une sur-accentuation des contours est répérable lors de plusieurs passages, ainsi que quelques traces de de fourmillements.

Une copie d'une qualité surprenante eu égard à l'âge et aux origines du matériau de base. Si ce transfert n'atteint pas des sommets, il est fort séduisant et remplit parfaitement son office malgré les quelques défauts susmentionnés.


Son
Les deux bandes-son proposées sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 2.0 mono) et Anglais (Dolby Digital 2.0 mono, version alternative).

Leur dynamique est plus que correcte pour une oeuvre de cette époque. Leur présence et leur spatialité sont du même acabit, sans être remarquables, elles s'avèrent appréciables.
La musique est bien rendue et parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les dialogues, essentiels pour ce film, sont toujours parfaitement intelligibles et sans traces de parasites ou distortions.
Les basses fréquences sont quasi absentes mais cela ne gêne en rien la qualité de la restitution.
Aucune option de sous-titres n'est malheureusement proposée.
Une bande-son qui finit par surprendre autant que l'image, non que sa qualité soit exceptionnelle mais son rendu est d'un bon niveau pour une oeuvre de 1965 et s'accorde parfaitement avec l'image.


Suppléments/menus
Une section quasiment vide si ce n'est la présence d'une piste audio alternative qui présente une version édulcorée des dialogues de Woody Allen et donc du coup, très peu d'intérêt. Pour s'en persuader, il suffit d'écouter les comparaisons qui sont proposées entre les deux versions sur une vingtaine de scènes, qui démontrent clairement la supériorité de la bande-son originale.

Est également proposée une biographie de la carrière de Woody Allen en tant que réalisateur, mais aussi en tant qu'acteur.
Un ensemble donc très léger mais qui a l'avantage de proposer toutes les versions existantes de l'oeuvre remaniée par W. Allen.



Conclusion
Une édition techniquement adéquate au niveau audio comme vidéo. Les suppléments sont légers mais l'oeuvre se prête peu à l'exercice de par sa nature, et finalement le seul gros défaut de cette édition est de ne pas contenir de sous-titres dans quelque langue que ce soit.

Woody Allen fait avec cette oeuvre délirante ses débuts officiels d'amuseur public et force est de reconnaître que s'il est encore bien loin de maîtriser totalement son matériau, le résultat est rafraîchissant et démontre de façon imparable son talent et son originalité. L'aspect fourre-tout de ce film lui permet d'être assez novateur mais le dessert également, conférant un ton confus à l'oeuvre. W. Allen a su concocter une intrigue délirante à la hauteur de l'aspect kitsch du film d'espionnage japonais qu'il détourne. Il joue également beaucoup sur les accents et l'aspect absurde de ses nombreuses répliques cinglantes et imparables.

Cependant, le film est souvent trop décousu même pour une telle farce et les ajouts de la poussive musique des Lovin' Spoonful le rendent parfois un peu long. De plus, les séquences filmées du même groupe paraissent avoir été insérées par hasard, en perturbant le rythme.
Donc, s'il est quand même loin de l'excellence tragi-comique de ses plus grandes oeuvres, Woody Allen nous offre un film très amusant, dont la tendance hétéroclite et désordonnée correspond bien au style de son époque, qui vous distraira assurément à défaut de vous faire plier de rire.


Qualité vidéo:
3,6/5

Qualité audio:
3,7/5

Suppléments:
2,5/5

Rapport qualité/prix:
3,2/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2003-08-26

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
What's Up Tiger Lily?

Année de sortie:
1966

Pays:

Genre:

Durée:
80 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Image Entertainment

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:

Suppéments:
Bandes-annonces, Piste audio alternative

Date de parution:
2003-07-15

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