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DVDEF

Finding Nemo

Critique
Synopsis/présentation
Finding Nemo est le cinquième long-métrage issu de la collaboration entre les studios Disney et Pixar. Encore une fois il s'agit là d'une référence en matière d'animation 3D. Ce film a été réalisé par Andrew Stanton (qui est aussi scénariste du film, et à qui on doit les histoires des précédents longs-métrages de Pixar) et Lee Unkrich (monteur entre autres de A Bug's Life et de Toy Story 1 et 2).

Le début du film risque de traumatiser les plus jeunes spectateurs. En effet, un des deux héros de cette histoire, Marlin (Albert Brooks), un poisson-clown timide, perd sa femme Coral et environ 400 de ses enfants (encore au stade d'oeufs) entre les dents d'un terrible prédateur. Un seul oeuf échappe au carnage. Suivant le voeu de sa défunte épouse, Marlin décide de l'appeler Nemo, et jure de ne jamais rien lui laisser lui arriver.
Dès son premier jour d'école, Nemo échappe à l'attention de son professeur avec quelques amis, et, par défi, va nager jusqu'à une barque de plongeurs qui passait par là. Malheureusement pour lui, il se fait attraper par un des plongeurs, un dentiste de Sydney, qui décide de l'amener dans son aquarium. En compagnie de Dory (Ellen DeGeneres), une poisson bleue sympathique mais d'une distraction pathologique (elle souffre de problème de mémoire à court terme), Marlin va tout faire pour retrouver son fils. Pendant ce temps, Nemo va faire la connaissance des autres occupants de l'aquarium, va être initié dans leur confrérie et va comploter avec eux pour s'évader avant de devenir le jouet de l'épouvantable nièce du dentiste, qui a la désagréable habitude de secouer les poissons qu'on lui offre alors qu'ils sont encore dans leur sachet.

Sans être aussi hilarant que Monsters Inc., Finding Nemo permet à ses spectateurs de passer un excellent moment. Les décors sont absolument fabuleux, l'animation est comme toujours de très grande classe (les yeux des poissons sont sublimement mis à contribution pour pallier au manque d'expression corporelle) et les personnages sont très attachants. Mentionnons entre autres Dory, la dame-poisson à qui la distraction (voir la stupidité pure et simple) fait faire des gaffes à hurler de rire, et les trois requins qui tiennent des réunions pour se débarasser de leur besoin pathologique de manger d'autres poissons. Les amateurs de belle animation remarqueront sans aucun doute le merveilleux sourire de Bruce, qui révèle progressivement ses innombrables dents d'une façon diablement efficace.

Les acteurs qui prêtent leurs voix aux personnages ont fait un superbe travail, le duo Albert Brooks (Marlin) - Ellen DeGeneres (Dory) fonctionne à merveille et rend ces héros sympathiques et bourrés de défauts incroyablement crédibles. Les réalisateurs se sont amusés à donner des accents reconnaissables (par les anglophones avertis) à certains seconds rôles. Les crustacés ont ainsi un accent du Massachussetts, et de nombreux personnages, dont les mouettes et un requin interprété par Eric Bana, ont un épouvantable accent Australien.

Encore une fois, Pixar réussit la quadrature du cercle en réalisant un film d'animation qui réussit à plaire à la fois au public des plus jeunes et à celui des adultes. Sans être aussi bourré de références que Monsters, Inc., ce film en contient un assez grand nombre (surtour linguistiques), et donc risque moins de lasser les parents lorsque leurs enfants leur demanderont de revoir le film un nombre incalculable de fois. On retrouve ainsi dans les accessoires et décors de nombreux clins d'oeil aux autres films de Pixar, passés ou à venir. Des références à d'autres classiques (comme les mouettes qui rappellent furieusement le pingouin de Wallace and Gromit : The Wrong Trousers) parsèment le film.

Sans avoir eu droit à une promotion aussi intense que Monsters, Inc., ce film a été un des très gros succès de l'été 2003 en Amérique du Nord (il faut dire que la concurrence n'était pas d'un très haut niveau), et cette édition DVD s'annonce déjà comme étant un des gros titres du dernier trimestre de l'année 2003.


Image
Le film est présenté sur le premier disque au format respecté de 1.78:1 (les présentations cinématographiques étaient au format de 1.85:1) d'après un transfert optimisé 16:9. Le second disque propose une version d'image recadré à 1.33:1. Il est amusant de voir comment les introductions des deux disques diffèrent sur le sujet. Le premier nous vante l'image au format respecté, le second nous fait remarquer que plutôt que d'avoir été amputée des côtés par un épouvantable Pan&Scan, l'image a été étendue en haut et en bas afin de remplir un cadre 4:3 (une sorte d'équivalent numérique de l'Open Matte).

Comme pour toutes les productions Pixar (et pour presque tous les films d'animation 3D récents), le transfert nous vient directement d'une matrice numérique obtenues après le rendu final, sans passage par un film argentique, et est donc parfait. La définition est exemplaire, nous laissant profiter des moindes détails. Les caustiques (effets de lumière dûs aux réflexions/réfractions sur des surfaces courbes ou complexes, comme ceux qu'on peut voir au fond d'une piscine) sont superbement rendus, ajoutant au réalisme des décors. Le récif coralien est sublime, d'une complexité rarement atteinte en synthèse 3D. Si les professionnels de la 3D remarqueront des détails trahissant une économie de moyens sur quelques rares plans, le profane n'y verra que du feu, et les compositions sont de toute façon très réussies. Les couleurs sont toujours justes, brillantes et pleinement saturées mais sans aucun débordement, ce qui n'est pas une mince affaire étant donné le grand nombre de couleurs très vives employé pour les poissons et les coraux.

Le contraste est parfaitement maîtrisé, tout comme la brillance (niveau des noirs). Tous deux sont parfaitement constants. Les zones sombres sont tout aussi détaillées que les zones plus lumineuses de l'image, avec des noirs profonds et des dégradés fluides. La compression, si elle est d'un bon niveau général, n'est pas aussi irréprochable que celle de Monsters, Inc.. Il y a quelquefois de petit soucis comme des macroblocs visibles dans les images les plus complexes et de légers fourmillements dans les zones à fort contraste de chrominance. On remarque aussi quelques bandes de mach (discontinuités) dans les dégradés les plus subtils. Ces défauts sont surtout visibles sur des moniteurs à haute définition (l'entrelacement des téléviseurs standards en dissimule une bonne part), et sont la plupart du temps presque invisibles dans le mouvement (les mouvements de caméra parfois très complexes dans des décors hyper fouillés ne facilitent évidemment pas la compression).
Ce DVD, comme beaucoup de titres d'animation, à cause des couleurs vives et contrastées, risque d'être particulièrement sensible aux problèmes de rééchantillonnage de chrominance que rencontrent certains lecteurs à balayage progressif. On notera aussi que, la compression MPEG-2 étant basée sur un sous-échantillonnage de chrominance de type 4:2:0 ou 4:1:1, certains défauts sont tout simplement inévitables quel que soit le taux de compression employé, et que de nombreuses scènes de ce film, comportant des contrastes de chrominance plus importants que les contrastes de luminance résultant d'un éclairage majoritairement diffus, tombe exactement dans ce genre de cas.
Malgré ces petits défauts, Pixar nous propose là un nouveau titre DVD offrant une image de haut niveau, qui servira sans aucun doute de matériel de démonstration.


Son
Cette édition propose trois bandes-son : Anglaise, Française et Espagnole, toutes au format Dolby Digital 5.1 EX. Malheureusement le premier disque (qui comporte le film en format respecté) ne comporte pas la version française, la piste de commentaire audio-visuel ne laissant pas la place pour cette version française d'après le studio. Des sous-titres Anglais, Français et Espagnols sont proposés.

On notera que, comme pour les autres longs-métrages de Pixar, le son a été fait chez Skywalker Sound, et supervisé par Gary Ryndstrom, véritable légende vivante du design sonore à qui on doit la fabuleuse bande-son de Jurassic Park. Ce sont là des gages de qualité.

Cette bande-son multicanaux fait preuve d'une dynamique impressionnante et d'une solide présence. La séparation des canaux totalement maîtrisée contribue à une totale immersion sonore. L'ambiophonie est omniprésente, et les effets de transition sont parfaitement maîtrisés et réalistes.
Les effets, notamment les effets d'ambiance, participent totalement à l'immersion (le mot prend ici tout son sens) du spectateur. La trame sonore est fidèlement reproduite et d'une puissance tout à fait adéquate. Les timbres de voix sont naturels et chaque ligne de dialogue tout à fait intelligible. Les basses sont bien sur bien en appui et ici bien reproduites. Le canal .1 (LFE) est bien sur régulièrement mis à contribution; le cri de la baleine est un bel exemple de spectre sonore étendu dans les basses fréquences.


Suppléments/menus
Si les suppléments sont en grand nombre, l'arborescence des menus pour y parvenir est nettement moins touffue et redondante que ce qu'on a pu souffrir sur des éditions récentes comme The Lion King.

Le premier disque propose une piste de commentaire appelée "Commentaire Visuel". Il s'agit en fait d'une option qui permet de regarder le film avec un commentaire audio des réalisateurs, entrecoupé de multiples mini-documentaires sur la fabrication de tel ou tel élément du film visible à ce moment-là. La durée du film passe alors de 1h40mn à 2h13mn. Une option permet de regarder ces documentaires en-dehors du film, soit séparément, soit les uns à la suite des autres (ce qui donne alors un ensemble de 35:45 divisé en 49 chapitres). Cela rappelle un peu certains bonus comparables proposés sur les éditions de The Matrix ou de X-Men 1.5, et le résultat est plutôt réussi, il est assez intéressant de voir de tels segments dans le contexte du film.

Il est aussi possible de voir un documentaire, Making Nemo (25:35), qui détaille à peu près tous les aspects de la création du film, des recherches sur le rendu à l'animation en passant par le scénarimage. De superbes galeries de dessins et de recherches sur les décors, les personnages et les couleurs, agrémentées d'une agréable navigation, sont aussi proposées. Un petit documentaire, Art Review, qui est un enchaînement de dessins commentés par trois directeurs artistiques, est proposé dans le menu des galeries. Les personnages nous sont présentés par des rotations de leurs sculptures, et enfin la dernière galerie, Color Script est une sorte de scénarimage de plus de 300 planches donnant des indications de couleur et d'éclairage pour chacune des scènes.

Les deux disques proposent un nouveau type de supplément, très joli mais parfaitement inutile : des aquariums virtuels. L'idée consiste, en sélectionnant un icône en forme de poisson dans un téléviseur, à retirer le texte des menus pour admirer les décors animés, quelquefois peuplés de poissons. Ces aquariums virtuels sont aussi accessibles par un menu dédié sur chacun des disques.

Le second disque, dans la grande tradition des DVD Disney (heureusement oubliée pour le premier disque), commence par une série de bandes-annonces, heureusement abrégeables par la touche chapitre suivant ou menu de la télécommande.

Un documentaire de Jean-Michel Cousteau, Exploring The Reef (7:00) est proposé dès le menu principal de ce second disque. Le même menu propose aussi un raccourci vers un ancien court-métrage de Pixar, Knick Knack (3:35), avec en option un commentaire de John Lasseter lui-même. Ce court-métrage était celui diffusé en salles juste avant Finding Nemo, Pixar n'ayant pas produit de court-métrage cette année.

Le menu des suppléments propose trois suppléments s'adressant aux plus jeunes : Mr Ray's Encyclopedia, une encyclopédie interactive pas très sérieuse, Fisharade, un jeu interactif, et Storytime, l'équivalent multimédia d'un livre de contes racontant l'histoire du film aux touts-petits.

L'option Behind the Scenes du menu des suppléments donne accès à un autre menu, qui nous propose Character Interviews (2:29), une vraie fausse entrevue avec quelques personnages du film, Studio Tour (5:25), une amusante visite des studios Pixar, et un menu Publicity. Ce dernier nous permet d'accéder à quatre bandes-annonces (un teaser de 2:05 et trois trailers de 2:09, 1:27 et 2:12 respectivement), trois publicités appelées Fish Facts d'environ une minute chaque, et une galerie de matériel publicitaire, Print Gallery.

Un menu Sneak Peeks nous permet enfin d'admirer une série de bandes-annonces, la plus intéressante et la plus drôle étant celle de The Incredibles, le prochain long-métrage de Pixar. Les autres bandes-annonces proposées sont : Home on the Range, The Lion King 1 1/2, Santa Clause 2, Special edition DVDs, et Spy Kids 3D : Game Over.

Une astuce très intelligente a été utilisée sur chacun des menus : lorsqu'on sélectionne un segemnt vidéo, la durée de celui-ci s'affiche à côté en même temps qu'il est souligné. Les durées affichées sont parfois approximatives, mais au moins on sait à quoi s'attendre. Notons aussi la présence de quelques oeufs de pâques fort sympathiques.



Conclusion
Si ce film n'est pas le meilleur issu des studios Pixar, c'est sans doute le plus beau. Le monde sous-marin est rendu de façon à la fois graphique et réaliste, un vrai régal pour les yeux. Cette édition rend tout à fait justice au film, avec une très belle qualité d'image et un son de très grande classe. Les suppléments sont nombreux et d'un très bon niveau général, et l'interactivité des menus est excellente.

Le seul regret qu'on puisse formuler est l'absence de la bande-son française sur le premier disque (le film au format d'image respecté). Les explications du studio à ce sujet sont plus ou moins convaincantes, et on ne peut qu'espérer que ce genre de choix ne se reproduira plus.


Qualité vidéo:
4,4/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
4,0/5

Rapport qualité/prix:
4,3/5

Note finale:
4,3/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2003-11-10

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Panasonic PT-L500U, écran 110'' 2.35:1 Stewart Grayhawk, Lecteur DVD LG DV7832NXC (sortie composantes 1080i), récepteur Denon AVR-1602, enceintes Onkyo HT-S670, subwoofer Wharfedale PC-8, câbles Acoustic Research

Le film

Titre original:
Finding Nemo

Année de sortie:
2003

Pays:

Genre:

Durée:
100 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Buena Vista

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.78:1 et 1.33:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Oui

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1 EX*
Française Dolby Digital 5.1 EX*
Espagnole Dolby Digital 5.1 EX

Sous-titres:
Français
Espagnol
Anglais (CC)

Suppéments:
Piste de commentaires audio, documentaires, segments portant sur la production/réalisation, court-métrage, jeux, encyclopédie, une visites des studios Pixar, galeries, oeufs de pâques, THX optimode

Date de parution:
2003-11-04

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