Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Daredevil

Critique
Synopsis/présentation
Si les adaptations cinématographiques ont toujours eu la cote à Hollywood, c’est aujourd’hui à un véritable raz de marée auquel ont droit les cinéphiles. En effet, depuis 2002, les films tirés de bandes-dessinées se succèdent sur nos écrans à un rythme effarant. Rien d’étonnant, en fait, considérant la rentabilité de ces films… On se souviendra que c'est Spider-Man qui parti le bal au mois de mai 2002. Du haut de ses 400 Millions de dollars (US) de recettes engendrés, ce film représente l'un des plus grand succès commercial de l’histoire, et certainement l’adaptation de bande-dessinée la plus populaire à ce jour.

Il allait de sois que le succès de Spider-Man allait non-seulement ouvrir la porte à une franchise prometteuse (dont la première suite apparaîtra déjà en 2004, à peine deux ans plus tard…), mais aussi à une série de bandes-dessinées de tout genre qui allait enfin trouver le chemin des salles obscurs… À elle-seule, l’année 2003 aura été des plus fertile. Qu’on ne pense qu'à Hulk, de Ang Lee, qui est bien loin de rivaliser avec le succès commercial de Spider-Man (« seulement » 130 Millions $ au guichet) mais qui s’avère néanmoins l’une des adaptations les plus inventives en simple terme de réalisation (dans le genre bien sur). Bien pis fut le sort réservé à The League of Extraordinary Gentlemen, long-métrage adapté d’une bande-dessinée underground obscure qui, malgré son sujet prometteur, fut loin de livrer la marchandise. L'indifférence du public ne fait qu’en témoigner. Il ne faudrait pas oublier non plus X-2, la suite très digne du réussi X-Men. À en juger par l’engouement des critiques et des cinéphiles (215 Millions $), un troisième opus est d’ores et déjà assuré. L’année 2003 vit également la naissance au grand écran d’un héros de moindre envergure, Daredevil. Moins reconnu et moins populaire que les Batman, Spider-Man, Superman, Hulk et autres X-Men, Daredevil n’en est pas moins un héros de bande-dessinée respecté et bien établi qui compte bon nombre d’admirateurs. Vu l’attrait actuel pour les bandes-dessinées au cinéma, il n’était qu’une question de temps avant qu’un studio ne montre de l’intérêt pour ce super-héros.

Pour les non-initiés, sachez que l’univers de Daredevil reprends absolument toutes les conventions classiques de l’univers des super-héros. Par exemple, comme tout bon super-héros, Daredevil trahi une faiblesse, une lacune qui le rend plus vulnérable et incidemment plus humain à la fois. Cependant, cette lacune a ceci de particulier qu’elle est un réal handicap physique. Une première pour un super-héros, Daredevil est aveugle. Mais pourtant, tout en étant son pire handicap sa cécité est également son meilleur atout puisqu’en ayant perdu la vue, Daredevil a par le fait même décuplé l’efficacité et la puissance de ses autres sens. Ironiquement, la cécité de Daredevil représente justement le plus grand atout de cette bande-dessinée et en même temps sa plus grande faiblesse. Il y a quelque chose de fascinant et de très original dans ce concept de héros aveugle. Mais en même temps, il en résulte des péripéties qui sont souvent difficile à avaler tellement les habiletés de Daredevil semblent éxagérées. Quoique, soyons indulgent, il s’agit d’un univers de bande-dessinée, et non pas de cinéma vérité…

Comme adaptation cinématographique d'une bande-dessinée, Daredevil apparaît comme réussi. L’univers du film est très fidèle à ce que la bédé originale présentait, et le film exploite efficacement, sinon de manière manichéenne, toutes les conventions du film de super-héros. Il en résulte un film pour le moins distrayant, renfermant quelques très bons moments. Bien sûr, les maladresses sont nombreuses (ruptures d'axes, problèmes de raccords, rythme défaillant et costumes atroces), même en considérant qu'il s’agit du tout premier film du réalisateur, mais dans l’ensemble cette production livre la marchandise. À tout le moins, les acteurs du film semblent y prendre plaisir (particulièrement Colin Farrell, absolument hilarant !), alors pourquoi pas les spectateurs !


Image
Daredevil nous est ici présenté au format respecté de 2.35:1, et ce bien entendu d’après un transfert 16:9 (dit anamorphosé). Une édition offrant un transfert plein écran (pan & scan) est également disponible sur le marché.

Comme tout bon film tiré d'une bande dessinée, la facture visuelle de Daredevil est fortement stylisée. L'univers de ce film se rapproche d’avantage de celui de Batman que de Spider-Man, en ce sens que les éclairages sont très sombres et rasants et que les couleurs sont souvent froides, voir mêmes ternes. Quoi qu’il en soit, ce transfert reproduit fidèlement l’aspect visuel du film et ce malgré quelques défauts mineurs. Tout d'abord, si dans l’ensemble la définition est excellente, elle n’est pas pour autant optimale. Les détails et les textures sont généralement subtils et précis, mais il arrive à quelques occasions qu’un très léger manque de piqué soit perceptible, surtout dans les arrière-plans.
Le rendu des couleurs est remarquable. Les couleurs sombres et froides du film sont reproduites avec justesse. Elles sont constantes et parfaitement bien saturées malgré leur apparence volontairement terne. Les teintes de peau manquent par contre de naturalité, trahissant à l’occasion une dominante légèrement rougeâtre. Le contraste est impeccablement géré. Le niveau des noirs (brillance) est très bien ajusté, les parties denses offrant des dégradés généralement fluides et détaillés. Seules les scènes les plus sombres souffrent de dégradés qui bloquant légèrement. Les noirs sont quant à eux nets et profonds. Il n’y a pratiquement aucune trace de fourmillement à déplorer.

L'interpositif employé pour le transfert était en très bon état, la seule anomalie perceptible étant un subtil grain. Quelques macroblocs perceptibles à de rares occasions représentent l'unique défaut de compression, tandis que la sur-accentuation des contours est limitée au strict minimum.


Son
Cette édition offre pas moins de cinq bandes-son différentes. Il y a deux mixages anglais (DTS et Dolby Digital 5.1), un doublage français (Dolby Surround 2.0) et un autre espagnol (Dolby Surround 2.0). La cinquième bande-son, au format Dolby Surround 2.0, n’est en fait qu’une bande-son anglaise destinée aux non-voyants sur laquelle un narrateur décrit l’action se déroulant à l’écran.

Les deux mixages multi-canaux anglais sont étonnamment percutants et agressifs. Ils présentent une pleine gamme dynamique et leur présence ne manque pas d'impact. Tous les canaux sont judicieusement et généreusement mis à contribution pour créer une atmosphère enveloppante. L'utilisation appuyée des canaux d'ambiophonies devrait en étourdir plus d'uns. Chapeau aux mixeurs qui ont créés des effets d’une rare efficacités. Les éléments sonores sont parfaitement intégrés pour créer un espace riche et profond qui place directement au coeur de l'action. Les nombreuses transitions de canaux sont pour le moins étourdissantes et leurs exécutions impressionnantes. Pour Daredevil, le son est d’une importance capitale et les artisans de ce mixage ont parfaitement bien exploités cet élément. La trame-sonore, majoritairement composée de chansons rock, apparaît agressive et très efficacement intégrée. La fidélité est irréprochable. Les basses sont fort bien exploitées, tandis que le canal .1 (LFE) s’avère actif et puissant. S’il est un léger défaut à reprocher à ces mixages, il s’agit des dialogues. Ceux-ci ne sont pas toujours naturels signe d'un travail en studio plutôt élaboré (ADR).

Si la différence n’est pas particulièrement marquante, la bande-son DTS s'avère néanmoins plus précise et mieux détaillée que sa contre-partie Dolby Digital. Beaucoup plus évidente est la différence entre les deux mixages anglais et la bande-son française Dolby Surround 2.0. Celle-ci manque dramatiquement de profondeur, de précision et d’intensité. Quel dommage que la Fox néglige à ce point les consommateurs francophones. Des sous-titres sont offerts en anglais et en espagnol (évidemment pas en français…).


Suppléments/menus
Que voilà une édition des plus généreuse ! La Fox a apparemment déployé des efforts considérables pour produire des suppléments nombreux, variés et intelligents, le tout réparti sur deux disques.

En plus du film, le premier disque comprend une très bonne piste de commentaires audio animée par le réalisateur et scénariste Steven Mark Johnson accompagné du producteur Gary Foster. Cette piste en est une des plus informative. Le duo ne s’enlise jamais dans les anecdotes futiles et concentrent au contraire leurs commentaires sur l’essentiel du déroulement de la production du film. Les propos sont toujours bien articulés et pertinents. Très intéressant.

Vous retrouverez également sur le premier disque une option intitulée Enhanced Viewing Mode. Similaire au « Follow The White Rabit » offert avec The Matrix, cette option fera apparaître pendant l’écoute du film un icône qui, lorsque vous appuierez sur la touche Enter/Select de votre télécommande, vous permettra d’accéder à une série de vignettes techniques sur les effets spéciaux du film. Il y a six vignettes au total, et leur durée varie de 1 à 3 minutes. La plupart sont très intéressantes et concises et sont dignes d’intérêt. Le hic, c’est qu’il est impossible d’accéder à ces vignettes autrement que par un visionnement du film.

Finalement, le premier disque offre également un choix de sous-titres. Ces sous-titres sont composés de multiples informations et anecdotes à propos du film et de la bande-dessinée Daredevil. Ces informations sont généralement intéressantes, surtout celles concernant la bande-dessinée originale.

Les suppléments du deuxième disque sont séparés en deux sections, nommées The Film et The Comic Book. La première section, The Film, renferme l’essentiel des suppléments et s’attarde à la production du film. Vous y retrouverez tout d’abord un excellent et fascinant documentaire d’une durée de 59 minutes et intitulé Beyound Hell’s Kitchen : Making Daredevil. Bien supérieur à ce qui est généralement offert en format DVD, ce documentaire ne perd pas une seule minute à résumer du film ou à en faire la promotion. Les informations sont toujours pertinentes et intelligentes, tandis que toute la production du film est décortiquée et expliquée. Le documentaire est composé de plusieurs entrevues où apparaît une variété d’intervenants ainsi qu’une panoplie d’images filmées en coulisse franchement fascinantes. S’il est une chose à déplorer avec ce documentaire, il s’agit de l’option Enhanced Viewing Mode similaire à celle offerte pour le film. Ainsi donc, il est possible de visionner ce documentaire avec la possibilité d’accéder à six vignettes supplémentaires, accessibles en appuyant sur la touche Enter/Select de votre télécommande au moment où un icône apparaît à l’écran. Pourquoi ne pas tout simplement avoir intégré ces vignettes dans le montage du documentaire ? Heureusement, il est possible de visionner ces vignettes indépendamment du documentaire.

Beaucoup plus simpliste est le segment HBO First Look Special (24 min). Typique des documentaires promotionnels produits par la HBO, ce segment n’offre rien de mieux qu’un résumé de l’intrigue, une description sommaire des personnages et l'autocongratulation des artisans impliqués dans la production du film. D’un intérêt presque nul, surtout comparé au documentaire précédent. Guère plus intéressant est le segment Character Profile : Kingpin (2 min), qui n’est en réalité qu’une brève entrevue avec l’acteur Michael Clarke Duncan qui nous décrit vaguement son personnage. Le prochain segment est intitulé Moving Through Space with Tom Sullivan (8 min). Sullivan était le consultant non-voyant sur le plateau, il avait comme tâche de guider les artisans du film dans leur façon de concevoir la cécité de Daredevil. Ce segment nous explique le rôle que ce dernier a joué sur la production du film et nous explique comment il mène sa vie d’aveugle. Fascinant, ce segment aurait gagné à être allongé au-delà des 8 minutes qu'ont consacre au sujet.

Vous retrouverez ensuite une audition de l’actrice Jennifer Garner (3 min). Ne serait-ce que pour constater la grande évolution dans son jeu entre cette audition et le film, cette séquence mérite un rapide coup d’œil. Plus fascinant sont les Multi-Angle Raw Dailies, qui nous permettent de voir le tournage de deux séquences clés tel que filmé par trois caméras différentes. Cela donne un bon aperçu du travail de montage et de mixage sonore qui s’en est suivi pour donner le résultat final. La section « The Film » renferme également une vaste galerie d’images répartie en cinq catégories, trois vidéoclips (« Won’t Back Down » de Fuel, « For You » de The Calling, et « Bring Me To Life » de Evanescence) et deux bandes-annonces originales.

La deuxième section, The Comic Book, est nettement moins généreuse en terme de suppléments mais elle n’en pas dénudée d’intérêt pour autant. Vous y retrouverez un autre excellent documentaire, d’une durée de 56 minutes cette fois, et intitulé The Men Without Fear : Creating Daredevil. Vous l’aurez deviné, ce documentaire aborde l’univers de la bande-dessinée de Daredevil, de ses origines jusqu’à aujourd’hui, en prenant bien soin d’expliquer toute l’évolution du personnage et de ses aventures. Pour ceux qui n’étaient pas familier avec l’univers de Daredevil, ce documentaire constitue une mine d’or d’informations fascinantes. Ce documentaire est essentiellement composé d’entrevues, et les multiples intervenants y vont de déclarations pertinentes et articulées. Franchement, à ne pas manquer.

Shadow World Tour est un montage de 6 minutes qui fait la comparaison entre certains éléments de la bande-dessinée originale et l’adaptation cinématographique. Voilà un aperçu intéressant pour les non-initiés à la bande-dessinée. Finalement, Modeling Sheets est une sorte de brève biographies fictive des personnages de la bande-dessinée. D’un intérêt pour le moins limité…

Cette édition propose également une section DVD-ROM qui renferme un historique du personnage Daredevil, quelques brèves biographies des personnages de la bande-dessinée, des jeux questionnaires ainsi que des fonds d’écrans à télécharger.



Conclusion
Si Daredevil ne s'élève pas nécessairement à la hauteur de certaines adaptations cinématographiques récentes de bandes-dessinées (par exemple Spider-Man et X-Men), ce film n’en est pas moins un divertissement agréable ponctué de quelques bons moments.

D'un point de vue technique cette édition DVD de Daredevil est d'un excellent niveau. La qualité d’image est excellente, tandis que les mixges multi-canaux anglais sont tout à fait adaptés au genre. Les suppléments sont si nombreux et pour la plupart d’entre eux si fascinants qu’ils devraient vous garder occuper un bon moment.


Qualité vidéo:
3,9/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
4,1/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
4,1/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2003-08-03

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Daredevil

Année de sortie:
2003

Pays:

Genre:

Durée:
103 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Twentieth Century Fox

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, visionnement interactif du film, deux documentaires de soixante minutes, sept segments techniques et promotionnels, piste de sous-titrage informative, audition de Jennifer Garner, coulisses du tournage en multi-angle, trois vidéoclips, galerie d'images, bandes-annonces et DVD-Rom

Date de parution:
2003-07-29

Si vous avez aimé...