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DVDEF

Avanti

Critique
Synopsis/présentation
Billy Wilder, malgré l'immense succès de certaines de ses oeuvres et sa réputation mondiale plus qu'amplement justifiée (cf critique Sunset Boulevard), rencontra les plus grandes peines à monter le financement d'Avanti (1972) à cause des échecs de ses deux précédentes et pourtant excellentes oeuvres : The Fortune Cookie (1966) et The Private Life of Sherlock Holmes (1970).

On y suit Wendell Armbruster (Jack Lemmon), fils d'un grand magnat américain, qui doit subitement se rendre en Italie pour rappatrier le corps de son père décédé dans un accident automobile. Au cours de son voyage, il fera la rencontre de Miss Piggot (Juliet Mills) qui s'avèrera être la fille de la maîtresse de son père, elle aussi décédée dans l'accident. Ils logeront tous les deux au même hôtel où leur parents respectifs se retrouvaient depuis une dizaine d'années lors de l'été pour consommer leur union dans le secret. Armbruster étant pressé de rappatrier le corps de son père pour le grand enterrement officiel, va se retrouver confronté à une ribambelle de situations loufoques et absurdes à cause des habitudes de vie italienne, de son propre caractère, de la personnalité de Miss Piggot et des suprises que lui reserve la découverte des secrets de son père.

Ce film est à réhabiliter rapidement car sa mauvaise réputation ou son absence de réputation sont totalement injustifiées une fois que l'on a goûté aux joies provoquées par le visionnage de cette excellente comédie, à la fois loufoque, noire, nostalgique et amoureuse.
Billy Wilder et son ami scénariste attitré I.A.L Diamond (The Apartement, Some Like it Hot), n'ont rien perdu de leur talent en adaptant la pièce de théatre Avanti ! de Samuel Taylor. Ils ont su imprimer le rythme adéquat à leur scénario, le truffer de gags cyniques et hilarants si caractéristiques des fruits de leur collaboration, et encore une fois écrire des dialogues en or, cinglants et efficaces, qui sont clairement leur apport à la pièce de départ.

La réalisation de B. Wilder est toujours aussi précise et discrète même si elle s'avère moins travaillée que dans ses chef d'oeuvres, mais il faut bien avouer que si le film ne contient pas vraiment de longueurs, il ne nécessitait peut-être pas 144 minutes de métrage. A moins que comme dans le prolongement des habitudes italiennes, Wilder ait voulu prendre son temps.

Jack Lemmon est absolument formidable dans ce rôle pourtant au départ peu sympathique (et pour lequel il reçut le Golden Globe du meilleur acteur de comédie en 1972), qu'il réussit à rendre touchant et attachant grâce à son talent unique pour incarner les héros si particuliers de Wilder. Les deux hommes forment réellement un duo imparable en matière de comédie satirique et si Avanti ! n'est pas leur meilleur film commun, il est l'un des sommets de leur collaboration.
Face à lui, Juliet Mills compose une Anglaise craquante et surtout réussit à tenir tête à un J. Lemmon au sommet de sa forme, en employant son charme et son ingénuité face à l'énergie et au mauvais caractère de son partenaire.

A noter également la savoureuse prestation de Clive Revill en maître d'hotel totalement dévoué, ainsi que celle de l'ensemble du casting qui s'avère toujours impeccablement choisi et surtout parfaitement dans le ton du film.
Les enchainements de situations couplés à un jeu outré (jamais Wilder n'était allé aussi loin dans les divers clichés) mais totalement assumé sur les specificités culturelles de chacun, donnent un caractère tout bonnement irrésistible au film. A ce titre, la présentation de la famille Trotta est un moment inoubliable pour qui sait apprécier l'intelligence de Wilder qui s'amuse avec les stéréotypes sans se laisser dépasser. A noter d'ailleurs qu'au final ce sont les Américains qui sont les plus ridiculisés et que les critiques qui sont faites sont en rapport direct avec l'attitude de leur pays dans le conflit du Vietnam qui battait alors son plein.

Mais sur un autre plan, Avanti ! est une oeuvre profondément nostalgique et marquée par l'ombre de la mort. Il est en effet question tout au long du film de cadavres, de leur transport, de leur disparition, de leur recherche. De même, les héros passent la majeure partie du film à tenter de revivre les mêmes situations que leurs parents avec plus ou moins de succès.
Il s'agit-là d'un trait caractéristique de l'oeuvre de Wilder (Sunset Boulevard, Fedora) et le seul petit problème qui réside dans son traitement lors de ce film est qu'il doit s'accorder avec un autre sentiment peu compatible, l'amour.

Les petites dissonances du film proviennent de ce mélange a priori contre nature que Wilder a tout de même réussi, mais qui l'a obligé à donner parfois de curieux retournements de situations et quelques fois des baisses de rythme. Il ne s'agit cependant là que de défauts très mineurs et qui proviennent surtout du fait que Wilder excelle plus dans la comédie satirique que dans la comédie romantique, et qu'il faut bien avouer que le mélange des deux est loin d'être des plus évidents.
Une comédie romantique et satirique haut de gamme superbement interprêtée, écrite et réalisée par l'un des grands génies du genre, que nous vous conseillons vivement surtout si vous avez déja vu et apprécié les oeuvres les plus fameuses de son auteur (Some Like it Hot, The Seven Years Itch) dont elle est dans le droit prolongement.


Image
L'image est présentée au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 16:9.

La définition générale est correcte, typique du cinéma des années soixante-dix. L'interpositif n'est pas immaculé mais s'avère très propre, ne voyant que quelques traces et points venir légèrement perturber le visonnage.
Le rendu des couleurs est impeccable et la photographie (elle aussi très typée soixante-dix) somme toute assez classique, en profite amplement. Elles sont justes, naturelles mais manquent parfois d'un peu de saturation.
Le contraste est plutôt bien géré même s'il aurait largement pu être plus poussé et il évite toutes les brillances.
Les parties sombres du film sont bien restituées et ce grâce à des noirs qui, s'ils n'ont rien d'abyssaux, restent meilleurs que sur bien des films de cette époque.
La qualité des dégradés est plutôt standard mais permet de bien rendre les nuances des splendeurs des côtes italiennes.
La partie numérique du transfert remplit parfaitement son office, ne laissant que de temps à autre apparaître un peu de fourmillements sur les ciels et quelques traces de surdéfinition globalement peu gênants.
Un transfert solide sans être exceptionnel qui rend parfaitement justice au film et c'est tout ce que l'on attend d'une telle édition basique, contrat rempli !


Son
Les deux bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 1.0 mono) et Français (Dolby Digital 1.0 mono).

La dynamique de la bande-son anglaise est d'un niveau largement acceptable. Sa présence et sa spatialité sont loin d'être exceptionnelles mais assurent un niveau de qualité amplement suffisant pour ce genre de film.
L'agréable musique du film est bien rendue et fort bien intégrée au reste de la bande-son. Les dialogues sont impeccablement restitués, en permanence intelligibles et sans aucune trace de parasites ou saturation.
Les vraies basses fréquences sont absentes mais cela n'est absolument pas gênant pour un rendu correct de cette bande-son qui n'en nécessite que très peu pour offrir un bon rendu.
La piste française est une fois de plus en dessous au niveau qualité, principalement à cause d'une dynamique tassée, d'un effet d'étouffement et d'un doublage à la qualité artisitique à nouveau limite.
Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.

Une bande-son sans aucunes surprises mais sans défauts non plus, qui se contente de remplir impeccablement son rôle.



Suppléments/menus
Une section bien évidemment réduite à son strict minimum du fait du type d'édition DVD. Seule une bande-annonce de qualité correcte et qui présente le film de curieuse manière mais s'avère relativement intéressante.

Il aurait bien évidemment été passionnant d'avoir le commentaire d'un spécialiste de Wilder concernant cette oeuvre assez méconnue du maître, mais l'aspect économique de cette édition a pris le dessus.



Conclusion
Une édition correcte au niveau audio comme vidéo mais sans plus. Les suppléments sont à nouveau absents mais le film se suffit à lui-même et son prix de vente justifie en partie cette absence.

Une comédie à la fois noire et romantique qui, sans atteindre les plus grandes réussites de son auteur, se hisse très largement au dessus du tout venant comique. Wilder était en 'vacances' lorsqu'il tourna ce film en Italie et il en profite donc pour capter l'air du temps et les clichés du pays, et son penchant pour l'exagération des lieux communs le mêne vers une satire assez outrée mais attachante et hilarante des moeurs italiennes. Certains pourront s'en offusquer mais il s'agit-là d'un principe car les Anglais, les Américains en prennent aussi pour leur grade et surtout cela s'intègre parfaitement dans une des thématiques du film, le choc des diverses cultures et traditions sociales.
Le film rappelle les meilleures comédies de Wilder par son sens du rythme (même s'il est plus lent et long que ses meilleurs) et son sens de l'ironie cinglante. Les acteurs sont tous formidables, Lemmon en tête, et en fait cette oeuvre est assez proche et anticipatrice du style de comédies douces-amères que réalisera l'immense Blake Edwards lors de son retour dans les années 80 (Ten, S.O.B). De plus, l'omniprésence de la mort en arrière-plan donne un ton plus sérieux au film alors qu'il aurait pu prendre la direction de la farce totale.
Wilder n'a donc rien perdu de son talent, de sa verve satirique ni de son génie de dialoguiste et il serait donc fort dommage que vous passiez à coté de cette excellente comédie dramatique, qu'il faut réhabiliter à sa juste valeur de toute urgence !


Qualité vidéo:
3,5/5

Qualité audio:
3,2/5

Suppléments:
1,0/5

Rapport qualité/prix:
3,1/5

Note finale:
3,2/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2003-08-06

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Avanti

Année de sortie:
1972

Pays:

Genre:

Durée:
144 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono
Française Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Bande-annonce

Date de parution:
2003-07-15

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