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DVDEF

Scaramouche

Critique
Synopsis/présentation
George Sidney était un réalisateur de comédies musicales plutôt banal de la MGM. Il eut un jour la chance de pouvoir diriger ce qui allait devenir l'un des meilleurs films de cape et d'épée (swashbucklers) qui soit : The Three Musketeers (1948), d'après Alexandre Dumas. Il eut donc l'excellente idée d'utiliser Gene Kelly dans le rôle de d'Artagnan et d'inventer la mise en scène adéquate (aérienne et fluide) pour pouvoir suivre et bien restituer à l'écran les qualités athlétiques du danseur. Ce film permit de donner un nouvel élan au genre et imposa de nouveaux standards en matière de duels à l'écran.Le reste de la carrière de G. Sidney s'avère assez classique mais peu intéressante, et il ne retrouvera qu'une seule fois l'inspiration et la réussite de The Three Musketeers en les surpassant même, grâce à l'excellent Scaramouche (1952).

On y suit André Moreau (Stewart Granger), un jeune aventurier coureur de jupons, qui verra son meilleur ami (sympathisant à la future révolution française) se faire tuer en duel par le redoutable Marquis de Maynes (Mel Ferrer). Moreau jure alors de venger son ami en devenant meilleur escrimeur que De Maynes. Il se cachera du terrible Marquis au sein d'une troupe de théâtre, pour laquelle il interprête le personnage de Scaramouche. Lorsqu'il sera arrivé à la maîtrise de son art, il cherchera désespérement à affronter le Marquis en duel officiel, mais leurs entourages respectifs tenteront d'éviter cette rencontre.
George Sidney vient du musical et cela se sent dans la légèreté et la mobilité de ses mouvements de caméra, son aisance à suivre les plus folles cascades de ses acteurs, et son habileté à maintenir un rythme effréné tout au long de son film.
Une composante inattendue de Scaramouche est un humour au second degré, qui fait mouche à chaque fois et permet d'éviter la reconstitution historique guindée grâce à un final des plus délirants.
Cette oeuvre s'adresse à tous les publics de par son large éventail de situations et ses sous-entendus permanents, exprimés par des acteurs au meilleur de leur forme. Le spectacle est donc complet, passant par toutes les figures imposées du film populaire pour en offrir la quintessence.

Malgré son côté cliché par certains aspects, l'ensemble est beaucoup moins naïf et simplet qu'il ne pourrait paraître. Ainsi, les histoires d'amour sont relativement complexes et ambigües, le méchant est loin d'être aussi unidimensionnel que dans bien des films d'aventure, le héros malgré son aisance confine parfois à la stupidité, et cela permet ainsi au film d'acquérir un statut à part parmis les nombreux films du genre.
En effet, comme nous le disions, il en est l'un des plus virtuoses, il en est la quintessence, mais de surcroît il anticipe le côté référentiel et clin d'oeil de beaucoup de films actuels.
Stewart Granger et Mel Ferrer (ancien danseur) sont absolument époustouflants de maîtrise de leurs armes et leurs corps. Ils nous offrent des combats à l'épée inoubliables dont le dernier, qui avec plus de six minutes est le plus long jamais filmé. Les deux hommes sont parfaitement crédibles et le fait qu'ils ne soient jamais doublés et que leurs cascades soient pour la plupart sans filets, rajoute encore beaucoup à la véracité et à la qualité du spectacle.

Il ne faut pas chercher une quelconque leçon ou morale à tirer du film, celui-ci s'intéresse uniquement à divertir son spectateur et y réussit de la plus belle façon qui soit. Beaucoup d'oeuvres 'légères' feraient bien de s'inspirer du respect du spectateur, qui était la norme dans les années cinquantes à Hollywood et fit que nombres de films de cette époque fonctionnent toujours aussi bien de nos jours.


Image
L'image est présentée au format respecté de 1.37:1 d'après un transfert 4/3.
La définition générale est résolument excellente. L'interpositif est propre mais laisse régulièrement passer des points et rayures qui s'avèrent discrèts, ainsi qu'un peu de grain sur certaines scènes en extérieur. Au final, cela ne gâche en rien le plaisir du visionnage.
La finesse des détails est surprenante de qualité, permettant d'apprécier pleinement la splendeur des décors et costumes.
Le rendu des couleurs est tout bonnement magnifique et éclatant. Le Technicolor était un traitement sans équivalent de ce côté-la lorsque contrôlé, et force est de reconnaître que G. Sidney a su en faire un usage remarquable. Les couleurs sont donc justes, constantes et parfaitement saturées.
Le contraste est également très bien géré et évite heureusement toutes les brillances.
Les noirs sont purs et profonds, permettant un rendu impeccable des scènes nocturnes. La qualité des dégradés est également à relever car elle permet un rendu impeccable des moindres nuances de la photographie.
La partie numérique est elle aussi quasi totalement exempte de reproches, un ou deux très légers défauts de compression étant visibles au cours du film. Cependant, aucune trace de sur-accentuation ou de fourmillements.

Un transfert absolument resplendissant qui redonne une seconde jeunesse à cette oeuvre très distrayante. La conservation des copies est une étape primordiale dans la préservation des grandes oeuvres du patrimoine cinématographique mondial. Le superbe transfert de Scaramouche apporte donc la preuve qu'en conservant bien leurs copies, les grands studios peuvent les ressortir en vidéo numérique sans qu'ils aient besoin d'une longue et coûteuse restauration.


Son
Les deux bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 1.0 mono) et Français (Dolby Digital 1.0 mono).

La dynamique de la bande-son anglaise est fort honorable pour une oeuvre de 1952. Sa présence et sa spatialité sont très appréciables, tant que l'on reste à des niveaux sonores raisonnables.
La tonitruante musique de Victor Young est impeccablement intégréé au reste de la bande-son et profite bien du bon déploiement du champ sonore.
Les dialogues sont en toutes circonstances parfaitement intelligibles et quasiment sans parasites ou distortions (à partir du moment où le niveau reste correct).
Les basses fréquences sont présentes lorsque nécessaire, pour apporter le surplus d'assise requis par les scènes d'action et la musique.
La bande-son française fait preuve d'une dynamique plus tassée, de plus de parasites et surtout d'une qualité artistique du doublage assez limite, diminuant ainsi l'impact du film.
Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.
Une bande-son qui aurait supporté un remixage en profondeur et même une bande multicanaux, mais qui s'avère fort bien conservée et donc amplement satisfaisante en l'état.


Suppléments/menus
Une section surprise sur une telle édition et qui plus est d'une qualité fort correcte.

On y trouve donc une interview de sept minutes: A Retrospective with Mel Ferrer, où l'acteur revient visiblement pour son plus grand plaisir sur ses souvenirs du tournage. Il nous délivre quelques sympathiques anecdotes et nous explique sa fierté d'avoir tenu ce qu'il considère comme son meilleur rôle, dans ce film qu'il affectionne particulièrement.
Est ensuite proposé un curieux film animé mettant en scène le traditionnel lion de la MGM sous forme d'un personnage au design banal, présentant mollement et de façon plutôt inintéressante le film.
Est également disponible un texte déroulant retraçant sommairement mais efficacement l'histoire du film de cape et d'épee, en donnant de nombreux titres.
Enfin sont disponibles la traditionnelle bande-annonce (de qualité) et les filmographies des artisans du film.
Des segments informatifs plus que de vrais suppléments, qui permettent néanmoins de bien se plonger dans l'ambiance du film et cela est déja très bien pour une édition économique.



Conclusion
Une édition impeccable permettant de pleinement savourer les joies du Technicolor grâce à une superbe copie et une bande-son bien conservée. De plus, quelques suppléments de qualité accompagnent ce DVD et lui permettent d'obtenir nos recommandations sans aucunes réserves.

Un film comme on n'en fait plus, une oeuvre de pur divertissement contenant de l'action, de l'aventure, de la romance et un humour au second degré dévastateur. Son rythme trépidant et ses héros bondissants sont ses meilleurs atouts pour un spectacle total ne perdant jamais ses spectateurs en chemin. Hollywood produisait à l'époque des oeuvres distrayantes et sans prétentions, avec des moyens et un professionnalisme qui faisaient des merveilles.
Stewart Granger et Mel Ferrer sont réellement impressionnants et crédibles au cours de leurs duels à l'épée, dont le dernier constitue un morceau de bravoure incroyable et ce sans effets spéciaux ou doublures.

Une oeuvre emblématique de la grande époque d'Hollywood, contenant tous les éléments nécessaires à un divertissement haut de gamme et les poussant chacun à leur paroxysme pour aboutir à un film 100 % plaisir.



Qualité vidéo:
3,7/5

Qualité audio:
3,3/5

Suppléments:
2,9/5

Rapport qualité/prix:
3,8/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2003-07-28

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Scaramouche

Année de sortie:
1952

Pays:

Genre:

Durée:
115 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1

Format d'image:
1.37:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono
Française Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Interview de Mel Ferrer, Essai écrit sur les combats à l'épée, Dessin animé présentant le film, Bandes-annonces, filmographies

Date de parution:
2003-07-01

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