Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Day of the Dead, George Romero's

Critique
Synopsis/présentation
George Romero est l'un des réalisateurs francs-tireurs les plus célèbres de l'industrie du cinéma (voir critique de The Crazies). Grâce à sa trilogie des morts-vivants, Night of the Living Dead (1968), Dawn of the Dead (1978) et Day of the Dead (1985), il a réussi un ensemble unique dans les annales du 7ème art.

Day of the Dead conclut la trilogie de façon radicale et totalement nihiliste. On y suit un groupe de militaires et de scientifiques ayant réussi à survivre aux zombies en se terrant dans une immense mine reconvertie en base militaire. Les morts-vivants dominent la surface de la planète et les protagonisites du film apparaissent comme les derniers survivants humains, à échelle de 400 000 contre un d'après l'un des scientifiques.
Rapidement leur situation devient intolérable nerveusement et le fait d'être enfermés sous terre n'arrange rien. Ainsi, seule la scientifique Sarah (Lori Cardille) tiendra tête au Capitaine Rhodes (Joseph Pilato) lorsque celui-ci visiblement rendu fou par la situation craque et menace de mort toute personne n'obéissant pas à ses ordres.
Les militaires étaient normalement censés aider les scientifiques à mener des expériences sur les morts-vivants de façon à trouver une solution au danger qu'ils représentent. Maintenant que tout contact avec leur commandement est perdu, ils vont chercher à savoir ce que font exactement les scientifiques et plus précisément l'étrange Docteur Logan (Richard Liberty). Celui-ci tente d'apprivoiser les zombies, de les rendre non-agressifs vis à vis des hommes, mais par le biais d'expériences dignes des pires élucubrations de savants-fous, n'hésitant pas à récupérer ses sujets parmi les victimes récentes du groupe, au mépris le plus total de toute forme de sentiments.
La situation deviendra de plus en plus explosive au fur et à mesure qu'elle se fermera et que les très faibles lueurs d'espoir feront encore monter l'animosité entre les deux groupes.

Il fallait oser une suite aussi différente de ses deux prédécesseurs et c'est cela qui vaut à Day of the Dead sa fausse réputation d'épisode le plus faible des trois. Ils sont en fait radicalement différents dans leur traitement, leur évolution et leur conclusion et cela pour la bonne raison que Romero eut l'intelligence de ne pas se répéter et surtout de faire épouser les specificités de chacune de leur décennie respective.
Ainsi Day of the Dead est un film nihiliste et noir, presque inhumain (d'ailleurs la fin des humains y est proche), qui reflète bien les travers de son époque sans pitié, sans valeur autre que celle du pouvoir.

Les monstres ne sont plus les morts-vivants, ou du moins il ne sont plus les seuls, les derniers humains vivants retournant presque tous à un état bestial (les militaires) ou oubliant leur sensibilité (le professeur), valant bien les morts-vivants sur le terrain de la férocité aveugle. On assiste ainsi à des reunions censées mettre la situation à plat et qui n'aboutissent bien entendu qu'à un état des choses encore plus explosif.
Il est reproché à Romero un traitement assez caricatural des personnages et la grossièreté de leur language mais ces critiques apparaissent dénuées de sens tant la situation qu'il décrit est plausible et logique pour peu que l'on y réflechisse. Les personnages se devaient d'être représentatifs et pour cela point d'autre moyen qu'un aspect général donc parodique. Quant à leur language ordurier, il paraît vraiment de circonstance car comment imaginer les derniers survivants de l'humanité, enfermés dans un lieu clos et n'étant pas d'accord sur la marche à suivre, ne pas s'engueuler de la façon la plus ordurière qui soit.

De plus, les personnages du capitaine fou et du docteur sans états d'âme représentent chacun des extrêmes opposés. Et il faut bien avouer que l'interprétation irrésistible de Richard Liberty donne un aspect comique inattendu à son personnage de savant poussant jusqu'à la limite ses possibilités d'expérimentations sur les morts-vivants, et qui ce faisant s'avère sans doute plus proche d'une solution que tous les autres.
Si l'humour n'est plus aussi ouvertement de la partie que dans l'épisode précédent, cette histoire où des zombies deviennent civilisés et les hommes retournent à l'état sauvage fait preuve d'une ironie vraiment radicale totalement dans l'esprit contestataire et critique de la trilogie.

Son final faussement optimiste est tout à fait dans le même esprit et pour ceux qui y verraient une trahison, regardez bien le traumatisant début du film et la façon dont il est amené et vous saisirez toute l'amertume de cette fin.
Un mot enfin sur les incroyables effets spéciaux de Tom Savini et son équipe qui valent à eux seuls le déplacement. Il représentent à coup sûr ce qui s'est fait de mieux en la matière.

Il est à noter que la musique est dans le plus pur style des années quatre-vingt et qu'elle n'aidera pas forcément les recalcitrants à entrer dans le film.
Une oeuvre d'une cohérence totale dans son propos comme dans son style, réussissant à transmettre à ses spectateurs une rare sensation de claustrophobie et de fin du monde en ne lui montrant quasiment rien.
Romero a pris le risque de réduire son budget et ses ambitions pour garder le contrôle artistique de son projet, alors même que les studios lui ouvraient leurs portes après le succès de Creepshow (1983).

Son film reflète donc sans aucun doute son état d'esprit de l'époque, aigri par le système et donc radical. Il ne craint de fustiger aucun groupe social ni aucune idéologie, chacun en prend pour son grade et il se paye même le luxe de faire philosopher de bien belle façon les héros d'un film de zombies.
Si ce film n'a pas été fait dans le but d'être agréable et amusant, c'est dans la logique de ce que nous venons d'expliquer et ce n'est certainement pas une raison pour passer à côté.


Image
L'image est présentée au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 16:9.
La définition générale est excellente et vraiment surprenante pour un film à petit budget de 1985. L'interpositif est d'une propreté quasi parfaite et très appréciable tant les anciennes versions étaient désastreuses de ce côté-là. Seule la scène d'introduction révèle un grain assez important.

La finesse des détails est elle aussi d'un niveau élevé, permettant de bien faire ressortir la quasi perfection des maquillages de Tom Savini.
Les couleurs sont également bien traitées. Elles sont naturelles (pour les tons de peau des vivants), constantes et relativement bien saturées.
Le contraste n'a pas été oublié lors de la restauration (numérique) et il affiche une santé de fer. Il évite donc toutes les brillances.
Les parties sombres du film sont bien rendues grâce à des noirs suffisamment profonds. Les dégradés sont d'une qualité étonnante pour ce type d'oeuvre.

La partie numérique du transfert est sans reproches, ne générant que quelques très légères traces de fourmillements sur certains plans.

Un transfert absolument splendide qui nous permet de vraiment redécouvrir le film tant il est vrai qu'il avait été peu gâté lors de ses précédentes éditions en DVD ou VHS. A nouveau un formidable travail de la part d'Anchor Bay et de sa bannière DIVIMAX, après Manhunter et Halloween (cf critiques), que nous ne pouvons qu'inviter à poursuivre dans la même voie et avec autant de professionalisme.



Son
Les trois bandes-son disponibles sur cette édition sont en Anglais (DTS ES 6.1), Anglais (Dolby Digital 5.1 EX) et Anglais (Dolby Digital 2.0 surround).

La bande-son en DTS et en Dolby Digital 5.1 étant proches, nous en parlerons simultanément en vous précisant que la bande-sonore DTS est meilleure sur tous les plans pour qui possède le matériel capable de rendre de telles nuances.
Les bandes son multicanal sont d'une dynamique un peu faible mais logique au vu de l'âge et des conditions de production du film. Leur présence et leur spatialité ne se révèlent que sur certains passages.
La musique est à nouveau l'élément qui profite le plus d'un remixage multicanal et elle est parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les dialogues sont toujours parfaitement intelligibles et ne laissent jamais entendre de distortion ou de parasites.
Les enceintes arrières sont utilisées avec parcimonie, les ingénieurs du son ayant cherché à respecter l'équilibre du mixage monophonique initial. Lors de quelques passages mouvementés, les canaux d'ambiophonie se font donc entendre et de manière bien maîtrisée et efficace.
Les basses fréquences sont elles aussi utilisées avec économie et uniquement lorsque la situation l'exige.
La bande-son en Dolby 2.0 Surround est elle plus limitée que ses homologues multicanal et présente par conséquent peu d'intérêt puisque forcément de moins bonne qualité.
A noter que la bande-son monophonique d'origine n'est pas proposée.
Un remixage de grande qualité ayant su faire la part des choses entre l'efficacité et le respect du matériau original. Malheureusement on ne trouve ni doublage ou de sous-titres en français.


Suppléments/menus
Une section complète et intéressante répartie sur deux disques DVD.
Sur le premier disque sont présents deux commentaires audio.

Le premier est effectué par George Romero, Tom Savini, Lori Cardille et Cletus Anderson. L'ensemble s'avère enjoué et très informatif, contenant nombre d'anecdotes sur le tournage et finalement assez peu sur les intentions du cinéaste. Il faut de plus bien avouer que l'actrice Lori Cardille a fort peu à dire mais le dit régulièrement.
Il en va de même pour le commentaire du réalisateur Roger Avary (Killing Zoe et Rules of Attraction). En effet, Avary est vraiment un amateur de la trilogie de Romero et en tant que tel, il peine à expliquer pourquoi il apprécie tant cette série. Il passe son temps à répéter que les maquillages sont géniaux, qu'il lui font toujours peur et à inverser des passages de Day et Dawn of the Dead. Il ne s'est manifestement pas préparé pour cet exercice difficile et cela est fort dommage tant on sent chez lui un potentiel jamais exploité. L'idée d'une piste de commentaire par un autre cinéaste amateur de l'oeuvre est bonne, mais il faut que celui-ci prépare et organise ses interventions pour que le résultat soit valable.

Sur le deuxième disque sont présents le reste des suppléments.
Le documentaire The Many Days of Day of the Dead (39 mins.) a été créé spécialement pour l'occasion. Il est résolument passionnant et recèle d'informations essentielles sur la vision originelle qu'avait Romero de ce projet et sur le travail de Tom Savini. Les différentes interviews sont bien montées et permettent à ce documentaire de maintenir un rythme trépidant qui fait regretter que sa fin arrive si vite.

Le documentaire suivant, Day of the Dead : Behind the Scenes (31 mins.), est un assemblage de vidéos concernant Tom Savini et son atelier de maquillage et d'effets spéciaux, malheureusement sans aucun commentaire de l'intéressé ce qui fait trouver bien longue la durée de ce segment malgré l'intérêt de son contenu.

Vient ensuite un documentaire de huit minutes qui est en fait une publicité pour la mine dans laquelle a été tourné le film, qui a pour seul intérêt de montrer l'excellente utilisation qu'en ont fait G. Romero et son équipe.
Puis est offerte une interview de Richard Liberty qui incarne le scientifique fou (Frankenstein) et qui durant 15 minutes (de mauvaise qualité audio) revient sur son inteprétation.

Enfin est proposé l'habituel matériel promotionnel, à savoir trois bandes-annonces, des bandes-annonces TV, des galeries de photos : photos de plateau, de maquillage des zombies, de posters et d'affiches.

Pour finir est disponible le tant discuté scénario original de Dawn of the Dead dans la section DVD-ROM (accompagné de mémos de la production). Sa lecture permet de réaliser à quel point le film de Romero aurait été différent si on lui avait donné les moyens de ses ambitions et combien il a habilement réduit et simplifié ce matériau de départ. A noter également la présence d'un livret de 16 pages, présenté sous la forme du journal de bord du Professeur Logan, agrémenté de croquis sanguinolents de ses expériences et d'un bon texte de Michael Felsher concernant les conditions de production et le film lui-même.

Une section donc complète et même assez incroyable quand on considère le film auquel s'intéressent ces segments. La qualité est au rendez-vous même si certains méritaient plus d'efforts (le commentaire d'Avary et le making of). Cette section associée à l'excellence de la partie audio-vidéo nous permet d'affirmer sans trop de risque qu'il s'agit sans doute là d'une édition définitive.



Conclusion
Une édition de grande classe, techniquement excellente, remplie de suppléments valables, le tout emballé dans un boîtier absolument magnifique.

Un film nihiliste au possible et qui dérouta les fans de la série en prenant à contrepied les principes hérités de la bande-dessinée utilisés dans le précédent épisode, Dawn of the Dead (1978). Il abandonna donc le ton comique qui allégeait de nombreuses scènes éprouvantes de Dawn of the Dead pour plonger dans la noirceur la plus totale.
Nous sommes donc devant une oeuvre au ton différent, la fin du monde des hommes est proche et rarement un film aura fait ressentir ce postulat radical de façon aussi forte et désagréable.
Les zombies sont moins présents mais leurs interventions sont encore plus marquantes du fait de la qualité bien supérieure des incroyables effets de Tom Savini et de leur extrémisme.

Les hommes et l'énorme tension que provoquent chez eux l'enfermement, les morts fréquentes de leurs camarades et l'inéluctabilité de leur situation sont les vrais monstres du film. L'espoir vient d'un zombie capable de se souvenir de sa vie passée et non du final faussement optimiste.
Un film intelligent et éprouvant qui réussit efficacement à denoncer les travers de notre société par le biais d'un traitement inattendu et des plus efficaces.


Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
3,7/5

Suppléments:
3,9/5

Rapport qualité/prix:
4,5/5

Note finale:
4,1/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2003-09-24

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Day of the Dead

Année de sortie:
1985

Pays:

Genre:

Durée:
101 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Anchor Bay

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS ES 6.1
Anglaise Dolby Digital 5.1 EX*

Sous-titres:

Suppéments:
2 commentaires audio, 2 documentaires, interview audio, bandes-annonces, matériel promotionnel, biographies, section DVD rom (scénario, memos de la production)

Date de parution:
2003-08-19

Si vous avez aimé...