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DVDEF

Pacte des loups, Le (édition de luxe - 3 disques)

Critique
Synopsis/présentation
Le Pacte des Loups fut, avec Amélie Poulin, l'un des plus importants succès commercial du cinéma français des dernières années, autant en France qu'internationallement. Sans généralisation excessive, la France est perçu comme étant un pays produisant un cinéma d'auteur, intimiste, aux mises en scène réalistes. Plusieurs s'en sont trouvés pour applaudir ce cinéma français s'ouvrant à une plus grande diversité cinématographique. Toutefois, des productions comme le Pacte des Loups pourraient avoir un effet pervers sur l'industrie cinématograhique française.

Récemment, on soulignait dans le Cahier du Cinéma une tendance dans la polarisation des budgets de production. Un film comme Le Pacte de Loups nécessite énormément de moyen financier et gruge inévitablement une part substentielle du budget des producteurs. Il se trouve alors que moins d'argent reste disponible pour des productions de moindres envergures. De manière absolue, il se produirait en France que d'énormes productions ou des films à petit budget, les productions de moyenne envergure ne trouvant aucun financement. Des propos alarmistes? Les chiffres de l'année 2001 confirme cette tendance...
Du point de vue du marché des États-Unis, et internationalement, la perception de l'identité cinématographique française passera-t-elle par ce genre de production? Il faut aussi se demander si la France (ou un pays) est confiné à un style. Ce débat à fait rage en France où se campaient les pro- et anti-Christophe Gans. La question n'est pas de savoir si un cinéma de genre peut être produit en France, mais bien qu'il ait avant tout sa propre identité. Né en 1960, Christophe Gans a toujours défendu le cinéma de genre. Ce n'est pas sans hasard qu'après ses études à l'IDHEC, où il signe un premier court-métrage nommé Silver Slime, il fonde le magazine Starfix. Les orientations du magazine sont claires et sans ambiguîté
Starfix; on traite du cinéma d'action, fantastique et de la science-fiction. Las de ce poste de rédaction, Christophe Gans quitte le magazine à la fin des années quatre-vingt et revient à la réalisation. Il signe un des sketchs (Drowned) de Necronomicon (1993), puis enchaîne en 1995 avec la réalisation de Crying Freeman (adaptation d'un manga japonais).
Le Pacte des Loups est inspiré d'incidents survenus dans le Gévaudan entre 1764 et 1767 où plusieurs personnes furent tuées par une mystérieuse bête. Voilà ce qui inspira Stéphane Cabel auteur du scénario.

Dans le Gévaudan d'horribles crimes sont commis par une bête. Informé de la situation, le chevalier Grégoire de Fronsac (Samuel Le Bihan) est envoyé par le Jardin du Roi afin d'élucider cette affaire et surtout, mettre fin à cette terreur. Grégoire de Fronsac est accompagné de Mani (Mark Dacascos), un indien rencontré en Nouvelle-France. Logé chez le Marquis D'Apcher (Hans Meyer), Fronsac découvre au fil de ses recherches qu'au delà d'une bête féroce se trame un complot politique.

Si The Matrix réussissait un habile mélange de genre, on ne peut pas dire que le résultat soit aussi convaincant avec Le Pacte des Loups. Par exemple, les combats de Mani rappellent ouvertement la gestuelle de combats asiatiques; venant d'un indien originaire de la Nouvelle-France la chose est plutôt agaçante. En fait, malgré certaines qualités esthétiques (décors, costumes, direction artistique), Le Pacte des Loups reste un film dont les références sont souvent trop évidentes. Le Pacte des Loups semble parfois plutôt tenir d'un collage de séquences que d'un film entier et fluide. Une fluidité d'ailleur compromise par une production dont la lourdeur est évidente. Doublez à cela un scénario qui s'étire inutilement en longueur; si la première moitié du film garde en haleine et est assez efficace, la deuxième est convenue, voir une succession de séquences annoncées.
Le Pacte des Loups n'est pas un film totalement raté, mais n'est pas, non plus, à la hauteur de ses ambitions. On aurait aimé une oeuvre plus dense où les sous-messages politiques ne sont pas simplement évacués ou prétextes à des scènes d'action.
Notons que cette édition de luxe, tout comme l'édition régulière, offre un montage quelque peu différent de celui proposé en salle. La durée de ce montage est de 152 minutes tandis qu'en salle, le film totalisait 144 minutes.



Image
Cette édition nous offre Le Pacte des Loups au format respecté de 2.35:1 et ce, d'après un transfert anamorphosé. L'interpositf employé en vue du téléciné est généralement sans problème quoique certains parasites (points blancs) soient inexplicablement visibles considérant l'âge du film.

La définition est dans les normes du marché. L'image, généralement précise, offre un bon niveau de détails. Les couleurs paraissent justement reproduites, pleinement saturées mais sans aucun débordement excessif. Le niveau des noirs est correctement ajusté laissant du même coup deviner des dégradés bien détaillés. Les noirs sont profonds et pur. Malgré ses qualités, ce transfert n'est pas sans problème. Lorsque comparé à l'édition Universal (destinée aux marché des États-Unis), force est de constaté quelques défauts. Surtout visible dans les rouges (le chapître 18 est éloquent à cet égard) on observe des soucis de compression (et/ou de bruit vidéo (chroma noise)) laissant entrevoir la présence de macrobloc. De plus, on dénote parfois un certain manque de précision qu'on ne remarque pas avec l'édition Universal. Une très légère surdéfinition des contours est observable.



Son
Pas moins de trois bandes-son sont incluses; deux françaises (Dolby Digital 5.1/DTS) et l'autre anglaise (Dolby Digital 5.1).

Il va sans dire que les mixages français sont pour le moins explosifs. Le son est d'un dynamisme stupéfiant et met à contribution tous les canaux pour créer un espace sonore immersif. Précis et détaillé, le son est avant tout d'une fidélité étonnante. Les transitions canaux à canaux sont étourdissantes. Un usage soutenu des canaux arrières est fait, utilisant toute la plage dynamique que permettent des mixages Dolby Digital/DTS. Les basses sont puissantes et fortes, l'usage du canal .1 (LFE) est percutant. La trame-sonore est reproduite avec fidélité et profondeur. On retient surtout un travail exceptionel des ingénieurs du son qui nous offrent un mixage riche, dynamique et puissant, mais sans excès inutiles. Les différences entre les bandes-son Dolby Digital 5.1 et DTS sont marginales. Cependant, l'avantage va à la bande-son DTS légèrement plus précise et détaillée.

La troisième bande-son est un doublage anglais Dolby Digital 5.1. Il est inutile de s'attarder à cette bande-sonore tant la force des mixages français se trouve ici réduite. Vivement déconseillé. Il y a option de sous-titrage en français et anglais.

Curieusement, le menu permettant de sélectionner la bande-sonore de notre choix est nommé versions, pourquoi ne pas avoir plus justement nommé ce menu bandes-son, son ou audio?



Suppléments/menus
L'édition évaluée ici est celle de luxe (trois disques), une autre édition est aussi mise en marché par TVA Films; moins riche en supplément et n'inclue qu'un disque. Mentionnons que pour pour tous les menus, l'éditeur offre la possibilité de navigué en français ou en anglais. De plus, mis à part les pistes de commentaires audios, il y a option de sous-titrage en anglais pour tous les suppléments. Les suppléments de cette édition trois disques sont à un détail près identiques à ceux offerts avec l'édition limitée parue en Zone 2.

Avec le premier disque, nous trouvons deux pistes de commentaires audios. La première est animée par Samuel Le Bihan et Vincent Cassel. Comme c'est souvent le cas pour les pistes de commentaires audios animées par des acteurs, le propos est souvent anecdotique et sans grand intêret. C'est effectivement le cas ici où en plus, il faut endurer de longs silences et le cabotinage de Vincent Cassel. Recommandé uniquement aux plus passionés du Pacte des Loups.
La piste de commentaires audio animée par Christophe Gans est de loin beaucoup plus instructive. Ici, aucun temps morts, le cinéaste fait constamment référence aux films et genres qui ont inspirés sa réalisation. Christophe Gans suit surtout l'action à l'écran portant une attention particulière à l'esthétisme visuelle de son film. On aurait aimé que le réalisateur élabore un peu plus sur le fil scénaristique et les enjeux du film. Néanmoins, cette piste sait garder l'attention. Autre mérite, et non le moindre, Christophe Gans reconnait avec humilité les limites de son oeuvre et de son expérience. Le deuxième disque débute avec un long documentaire (4:3, extraits présentés au format respecté, DD 2.0 Surround) sur l'historique de cette production: Les entrailles de la bête (78'06). De la génèse du film à la réalisation des effets spéciaux, toutes les étapes entourant la production sont abordées. En plus d'être bien fait et sans complaisances inutiles, ce documentaire laisse une grande place à Christophe Gans. L'épilogue est particulièrement révélateur de cette recherche d'identité dont nous parlions dans le synopsis.
Suivent les scènes coupées. Là encore, le travail fait par les producteurs de cette édition DVD est à la hauteur. Au nombre de cinq (en plus d'un sixième segment regroupant certains plans non retenus), ces séquences sont toutes présentées par le réalisateur qui explique avec un plaisir évident les raisons justifiant leurs retraits. L'écoute complète de ces scènes coupées (présentées au format respecté de 2.35:1 mais non anamorphosées) en plus des commentaires du réalisateur totalise exactement de 42'47.
Dernier élément important de ce deuxième disque est un supplément nommé Légende. Il s'agit en fait d'une entrevue (17'23) avec Michel Louis. Cet homme, naturaliste, a écrit un ouvrage sur les incidents survenus dans le Gévaudan. C'est sur les bases de cet ouvrage que Le Pacte des Loups tient son essence. Michel Louis démystifie au cours de cette entrevue le vrai du faux, les faits de la légende. On aimerait en savoir un peu plus, mais le sujet est bien synthétisé.
Complète finalement ce deuxième disque, la bande-annonce du film (format respecté, non-anamorphosé, DD 2.0), des filmographies (au nombre de sept) et une partie DVD-ROM (lien Internet et dossier de presse en anglais et français). Le troisième disque s'ouvre sur un très long documentaire (77'48) nommé Les coulisses du tournage (4:3, DD 2.0). Il ne s'agit pas ici d'un documenaire formel sur la production du film comme l'était Les entrailles de la bête. En fait on suit en caméra libre l'équipe de tournage sur les différents plateaux. Justement divisé en 13 segments (tous accessible individuellemnt) Les coulisses du tournage est un pur bonheur. Pas d'artifices, pas de mises en scène, c'est l'émotion en direct. Il est très rare que l'envers du décor soit montré aussi naturellement. Hautement recommendable.
Le supplément Storyboard est joliment présenté. Au lieu de platement avoir à presser une touche de notre télécommande les planches défiles dynamiquement. En tout, c'est plus d'une douzaine de séquences dont on peut visionner les scénarimages (soit en continu ou en sélectionnant la séquence choisie).
Le supplément Album se divise en cinq sections: la bête, les portraits, les carnets de Fronsac, les photos du plateau et les affiches. Vous aurez compris qu'il s'agit ici de galeries de dessins et de photographies. Voilà qui est probablement le moins dynamique de tous les suppléments présentés. Toutefois, la présentation est propre et sans bavure.
Une partie DVD-ROM complète finalement ce troisème disque. On peut consulter une copie du script annoté par le scénariste (dont la description de quelques scènes supprimées avant le tournage du film). Tout le monde devrait y trouver son compte puisque ce script est offert en format Acrobat PDF, HTML et RTF (Rich Text Format).
Un livret de 16 pages, où sont abordés la préparation, le tournage, la post-production ainsi que des notes historiques, complète cette édition. Bien que nous ne prêtions pas grande importance aux menus (mise à part s'il y a des problèmes de navigabilité), soulignons leurs très belles présentations.




Conclusion
Cette édition DVD est-elle à la hauteur? Nous aurions aimé dire qu'elle se classe parmi les produits de références, mais malheureusement, le transfert vidéo n'est pas toujours optimal. Les suppléments de cette édtion sont toutefois impressionants. Les propos des artitisans sont d'une honnêteté peu communune, ce qui est plutôt rare dans un monde DVD où, trop souvent, les suppléments sont d'une complaisance agaçante...


Qualité vidéo:
3,5/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
4,3/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
4,4/5
Auteur: Mathieu Daoust

Date de publication: 2002-09-18

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC Widescreen 16:9 Toshiba TheaterWide TW40X81, Récepteur Pioneer Elite VSX-07 TX, Lecteur DVD Pioneer Elite DV-37, enceintes Paradigm, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
Pacte des loups, Le

Année de sortie:
2001

Pays:

Genre:

Durée:
152 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
TVA Films

Produit:
DVD

Nombre de disque:
3 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Française Dolby Digital 5.1
Française DTS
Anglaise Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Français
Anglais

Suppéments:
Livret, pistes de commentaires audio, dossiers de presse, script, scènes coupées, documentaires (2), documentaire sur la légende du Gévaudan, bande-annonce, scénarimages, galerie d'images

Date de parution:
2002-10-01

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