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DVDEF

Letters From Iwo Jima (Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Qui aurait dit qu'un jour, le très américain Clint Eastwood se transformerait, le temps d’un film, en un cinéaste japonais? Cela pour aborder, en plus, le point de vue de l’ennemi sur une page particulièrement cruelle et sanglante de l’histoire militaire des États-Unis. Le moins que l’on puisse dire est que Letters from Iwo Jima est une œuvre qui tranche de façon définitive avec la perception hollywoodienne traditionnelle de l’ancien adversaire japonais.

Sous la supervision de Paul Haggis, l’auteure américaine d’origine japonaise, Iris Yamashita, signe son premier scénario. La traduction japonaise de ce récit, rédigé originellement en anglais, a toutefois été révisée par deux traducteurs, pour s’assurer de sa justesse historique. Yamashita a su exprimer toutes les facettes évoquant la complexité de la mentalité japonaise. Par le biais des dialogues et des situations, l’opposant de jadis s’humanise, et l’anonymat du belligérant fait place à des personnages réalistes, sacrifiés par un état-major aux abois et sans ressource. Il faut espérer que ce ne soit pas le dernier scénario de Yamashita.

L’œuvre raconte les préparatifs au combat et l’affrontement mené par les Japonais pour défendre l’île d’Iwo Jima. L'histoire se concentre principalement sur deux personnages : le simple soldat Saigo et le général Kuribayashi, commandant en chef des troupes défendant l’île. Cette bataille était perdue d’avance : des 20 000 soldats japonais envoyés au combat, un millier seulement survivra.

Sur le plan formel, la réalisation d'Eastwood est très différente de celle de Flags of Our Fathers. Hormis quelques retours en arrière, le récit est linéaire et respecte la chronologie des événements. La voix hors champ est aussi employée de manière fort différente. Dans le premier film, elle présente le point de vue d’un personnage, tandis que dans le second, elle dévoile l’univers intime de Saigo et de Kuribayashi. Letters from Iwo Jima n’est pas seulement l’envers de la médaille historique : il est également celui de la médaille cinématographique.

Avec Letters from Iwo Jima, Eastwood tente de reconstituer le plus fidèlement, et le plus honnêtement, possible la réalité vécue par les combattants nippons au cours de cette bataille historique. Malgré tout, le film demeure essentiellement une œuvre de fiction répondant aux créneaux narratif et idéologique d’Hollywood. La progression du récit a comme fonction de transformer le soldat Saigo, de jeune indiscipliné et médiocre, en un soldat comprenant le sens de l’honneur, du devoir et de la patrie, les trois vertus militaires incarnées par le général Kuribayashi.

Impossible à réaliser au lendemain de la Guerre du Pacifique, ce film aura mis 63 ans avant de voir le jour, une longue période qui lui accorde une indéniable importance symbolique. Il présente aux Japonais une tranche de leur histoire qu’ils avaient occultée, et aux Américains, le côté humain de l’ennemi japonais, rongé par le doute et soumis aux impératifs militaires.



Image
L'image est présentée au format de 2:35:1 d'après un transfert 16:9. Tout comme dans le cas de Flags of Our Fathers, l’interpositif est sans défaut. Cependant, force est d’exprimer quelques réserves au sujet du transfert numérique. Durant les 17 premières minutes, l’image de notre copie du film présente une résolution nettement moins bonne qu’au cours des minutes restantes, ce qui gâche notre plaisir. Les traces de compression sont très visibles et l'arrière-plan manque de définition. Tout rentre heureusement dans l’ordre après ces 17 minutes, et l’image redevient de la même qualité que celle offerte par Flags of Our Fathers.

L’image du directeur photo Tom Stern est de même facture que dans Flags of Our Fathers, c’est-à-dire presque monochrome. Malgré les nombreuses scènes tournées dans des tunnels sombres, le transfert numérique n’en souffre pas. Le rendu des noirs est suffisamment solide et profond, tout comme dans Flags of Our Fathers. Le contraste est satisfaisant. Soulignons la définition particulièrement détaillée des textures rocheuses des tunnels.



Son
Le DVD ne comporte qu’une bande sonore japonaise, en Dolby digital 5.1. Des sous-titres en français et en anglais sont offerts en option.

La même équipe que celle de Flags of Our Fathers s’acquitte de l’enregistrement, du montage et du mixage du son, et propose une bande sonore de pareille qualité. On y retrouve une scène ambiophonique identique, très réaliste et enveloppante, pourtant moins ouverte que dans Flags of Our Fathers, les enceintes latérales étant un peu moins sollicitées. Dans les scènes plus intenses, les différents plans sonores sont bien équilibrés. Les explosions retentissent avec force, tout en étant moins spectaculaires que dans le premier film. La dynamique est convenable, les dialogues étant toujours audibles, même lors des scènes de combat. Cette bande sonore ne passera pas à l’histoire, mais elle sert bien cette édition.



Suppléments/menus
Cette édition spéciale offre une revue du tournage de la production, la cérémonie de la première ayant eu lieu à Tokyo, la conférence de presse tenue au Japon par le réalisateur, la scénariste et les acteurs, ainsi qu’un photomontage de la production. Fait intéressant, tous ces documents peuvent être sous-titrés en français.

Red Sun, Black Sand, est un petit documentaire qui traite du projet de Clint Eastwood, et en présente, de façon détaillée, toutes les étapes, de sa genèse jusqu’à la rédaction du scénario, au tournage et au montage. Ce documentaire passablement fouillé a été tourné en vidéo HD. Il dure 18 minutes, ce qui en fait plus qu’un publireportage. Cela dit, en dépit de sa réalisation soignée et professionnelle, Red Sun, Black Sand est correct, sans plus.

Un second documentaire, de même durée, s’intitule The Faces of Combat et traite des difficultés inhérentes à la réunion d’une distribution japonaise pour le tournage d’une production américaine. Les cinéphiles américains y découvrent les principaux acteurs japonais mis en vedette dans le film. Ce document est plus intéressant qu'il n'y paraît : en effet, aucun de ces acteurs japonais ne connaissait l'existence de la bataille d'Iwo Jima!

Un diaporama de 3 minutes propose ensuite des photos de la production. Ce troisième supplément est sans véritable intérêt.

Le quatrième document, réalisé par la télévision japonaise, présente la cérémonie de la première mondiale du film, tenue à Tokyo le 15 novembre 2006. On y voit quelques images captées sur le tapis rouge et lors des discours prononcés par les acteurs, la scénariste et Clint Eastwood lui-même. Le tout est d'un intérêt limité.

Le cinquième supplément, qui dépasse les 24 minutes et est plus ou moins intéressant, propose la conférence de presse tenue le lendemain de la première. Les questions des journalistes sont souvent superficielles et légèrement complaisantes, ce qui devient vite ennuyeux.

Le dernier supplément consiste en la bande-annonce du film.




Conclusion
Il est dommage que l’encodage ait été raté durant les 17 premières minutes de notre copie du DVD consacrées au film, car le reste est de bonne qualité. Il s’agit, somme toute, d’une bonne édition spéciale sur DVD, qui propose les suppléments standard caractérisant les productions DVD des studios américains.


Qualité vidéo:
3,0/5

Qualité audio:
4,1/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
3,5/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Sylvain Lafrenière

Date de publication: 2007-08-20

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Toshiba ACL 42 pouces modèle 42HL196, lecteur DVD Sony DVPNS75H, Connecteur HDMI, récepteur Sony STR-DE945, enceintes Bose

Le film

Titre original:
Letters From Iwo Jima

Année de sortie:
2006

Pays:

Genre:

Durée:
141 min. minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Japonaise Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français

Suppéments:
The Making of Letters From Iwo Jima, The Faces of Combat, Galerie de photos, Conférence de presse, Cérémonie de la première mondiale, La bande annonce du film

Date de parution:
2007-05-22

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