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DVDEF

House of 1000 Corpses

Critique
Synopsis/présentation
Fatigué du monde de la musique, Rob Zombie (originalement du groupe White Zombie) planifiait depuis un bon bout de temps déjà son incursion au cinéma. Il voyait dans le cinéma le médium idéal pour exprimer son imagination pour le moins fertile. Son baptême cinématographique, devait à l'origine se faire avec une suite du film à succès The Crow. Zombie en était arrivé à une entente avec la boîte de production Dimension pour à la fois scénariser et réaliser le troisième opus de la série. Mais des mésententes perpétuelles entre Rob Zombie et les producteurs du film causèrent tellement de retard dans la pré-production que le projet fut ultimement retiré des mains de Zombie. Amer, ce dernier se lanca dans production d'un petit film d'horreur bien personnel, financé par des fonds privés. Si la production de ce film, House of 1000 Corpses, s'est déroulé sans véritable embûche, les choses se sont compliquées quand est venu le temps de faire la distribution du film...

Rob Zombie fit la tournée de tous les distributeurs hollywoodiens et indépendants pour vendre son film, et ce sans succès. Personne ne voulait distribuer le projet, qui était catalogué de film d'horreur pervers archi-violent. C’est finalement la Universal qui se porta acquéreur du film, non sans quelques conditions visant à rendre le film plus commercialement viable. Le montage du film fut refait encore et encore pour satisfaire tous les partis, jusqu'à ce que la Universal se lasse des complications et abandonne ses droits de distribution. À nouveau, Zombie s’est retrouvé devant une impasse. Finalement, c'est le producteur et distributeur indépendant Lion’s Gate qui décida de prendre le risque de distribuer le film. La Lion’s Gate croyait que la controverse entourant la sur-enchère de violence du film ne serait qu'un atout qui en ferai un succès… Or, à la parution en salles du film, il n’y eu aucune controverse, ni aucun intérêt du public ou des critiques d'ailleurs. Le film est disparu du circuit des salles de cinéma aussi vite qu’il est apparu.

Ce qui nous pousse finalement à une réflexion : la Universal était-elle réticente de distribuer le film à cause de sa violence exacerbée ou tout simplement parce que le film est un échec qu'ils savaient non-rentable. Au visionnement du film, force est d'admettre que la deuxième hypothèse est plus plausible. Car House of 1000 Corpses ne nous montre rien qui ne nous ait déjà été montrée par le passé. Ses éléments d'horreur et de violence, le film les empruntes de tous les classiques du genre, principalement le Texas Chainsaw Massacre de Tobe Hooper. La supposée imagination de Zombie n’est en fait qu’un calque de plusieurs classiques du genre, que Zombie plagient sans gêne. Certes, les rumeurs qui voulaient que le film soit très violent sont fondées, surtout en deuxième partie. Et si cette violence dérange autant, c'est qu’elle est perverse et dénudée de toute pudeur. En fait, la vision de l'horreur telle qu’imaginée par Zombie s’avère très puéril et naïve. Montrer de la violence et des personnages grotesques et louches en sur-enchère. Tels sont les ingrédients qu’utilisent l’auteur pour effrayer son public. Il n'y a aucune place à l'imagination ou à la retenue. Et Zombie réalise son film tel un vulgaire amateur, y allant d'effets stylistiques faciles et particulièrement agaçants. Les effets de « négatif », de ralentis et de montage saccadés abondent, sans jamais servir le film mais plutôt en lui nuisant.

Heureusement, le film offre quelques performances intéressantes des comédiens et les maquillages sont généralement très réussis. Car voilà bien les deux seules qualités de ce film banale et plutôt fade.

Et voilà que Zombie prépare déjà une suite au film…


Image
Ce film est présenté au format respecté de 1.85:1 et d'après un transfert 16:9. Malgré le petit budget alloué à la production du film ainsi que la nature volontairement sale et glauque, voilà une qualité d'image des plus satisfaisante.

Si l'interpositif employé pour le téléciné n’est pas toujours dans une condition optimale, les défauts y apparaissant sont mineurs et se limitent à quelques égratignures et points blancs. Attention, il ne faut pas confondre l'état de l’interpositif avec le matériel source employé, qui inclus parfois des scènes filmées en pellicule Super8 ou en bande MiniDV. Ces quelques scènes sont d’ailleurs les seuls moment où la définition laisse à désirer. À nouveau il ne s’agit pas d’un défaut du transfert mais simplement des limitations de la résolution du Super8 et du MiniDV. Mis à part pour ces séquences, la définition est bonne et laisse entrevoir les détails les plus subtils. Pour une photographie aussi dense, les couleurs sont étonnamment riches et pures. Celles-ci sont toujours bien saturées et il n’y a aucun débordement à déplorer. Le contraste est parfaitement contrôlé, évitant les sur-brillances. Les noirs sont purs et profonds, seul un léger fourmillement est parfois visible. Les parties sombres, évidemment très nombreuses pour ce film, présentent des dégradés généralement subtils et précis.

Heureusement la sur-accentuation des contours est réduite au minimum. Par contre, la compression n'est pas un sans faute laissant voir de nombreux macroblocs ce qui finit par agacer.


Son
Cette édition ne propose que des bandes-son anglaises, soit au format Dolby Digital 5.1 et Dolby Surround 2.0. Comme le film n’avait pas été doublé en français pour sa distribution en salles, il ne faut pas trop se surprendre de l'absence d'un doublage. Des sous-titres français auraient cependant été les bienvenus; seuls des sous-titres anglais et espagnols sont inclus.

Rarement un petit film d'horreur de série B aura-t-il eu une bande-son aussi profonde et agressive. Le mixage anglais Dolby Digital 5.1 est très spatial et bénéficie d’une dynamique surprenante. Tous les canaux sont mobilisés pour créer un champ-sonore pleinement immersif. Le mixage tire avantage des canaux d’ambiophonies en offrant des effets sonores localisés qui servent plutôt bien le film. Les quelques transitions stéréophoniques et avants/arrières donnent une belle dimension à l'espace sonore. Les dialogues sont généralement nets mais manquent parfois d'intelligibilités. Est-ce un problème du à l'enregistrement? La trame-sonore, tantôt anonyme et tantôt pompeuse, est bizarrement mixée; parfois éxagérément subtile ou par moment trop agressive et tapageuse. Agaçant… L'un des atout de cette bande-son, les basses sont profondes et bien gérées. Le canal .1 (LFE), bien que peu utilisé, ajoute beaucoup de mordant aux scènes d’action.


Suppléments/menus
C'est peut-être plus que ce que le film méritait, mais cette édition propose une quantité très respectable de suppléments, quoique la qualité de ceux-ci soient plus que moyennne.

Il y a tout d’abord une piste de commentaires audio animée par le scénariste et réalisateur, Rob Zombie. Ceux qui prennent ce dernier pour un fou furieux démoniaque devront se raviser, Zombie est un animateur intelligent et articulé. De manière très calme et posée, l’homme raconte de façon détaillée toute la petite histoire du tournage de son film, sans entrer dans les détails de ses chicanes avec les distributeurs, tout en parsemant d'anecdotes parfois amusantes ayant rapport au tournage du film. Voilà une piste qui en vaut l’écoute si vous avez apprécié le film ou si vous êtes un amateur du personnage. Également offerte est la trame-sonore du film, isolée sur une piste indépendante (de format Dolby Surround 2.0).

Suit un très cour segment banalement intitulé Making of Featurette (5 mins). Vous l’aurez deviné, il ne s’agit que d’un simple montage promotionnel alternant quelques scènes du film avec des entrevues qui ne font rien d’autre que de résumer le film. D'avantage une bande-annonce qu'un documentaire, ce segment a pour seul mérite de montrer quelques scènes filmées en coulisse d’un intérêt moyen.

Guère mieux est le segment Behind the Scenes (2 mins), qui n’est qu’un cour montage montrant des activités en coulisse. Vous y verrez des choses aussi passionnantes que des techniciens rouler un câble…

Casting (2 min) ne nous montre qu’une seule audition sans véritable intérêt. Bien mieux, Rehearsals nous offre trois répétitions avec les acteurs principaux du film. Il y est intéressant de voir les comédiens jouer leur rôle sans leur maquillage et dans un environnement autre que celui du film. Cela ne nous fait qu’apprécier d’avantage le travail de composition qui se cache derrière chaque performance qui, rappelons-le, représentent l’un des seuls atout du film.

La section Interviews renferme quatre entrevue avec autant de comédiens du film. Ces entrevues auraient pu s’avérer intéressante, si ce n’était de l’ineptie des questions posées (quel est votre film d’horreur préféré ? Avez-vous aimé tuer des gens dans le film ?). Désolant… Le supplément Tiny Fucked a Stump est supposé être un gag, mais laisse bien perplexe quant au niveau d’humour de certains des comédiens du film… À vous de juger !

Finalement, cette édition propose une galerie d’images plutôt intéressante renfermant plusieurs photographies prises en coulisse, ainsi que les bandes-annonces originales et une publicité radiophonique.



Conclusion
On ne saurait recommander un film comme House of 1000 Corpses. Il est impératif, avant tout, d'avoir un intêret pour l'horreur et la violence pour y trouver quelconque attrait. À tout le moins cette édition en est-elle une de bonne qualité, grâce à l'étonnante qualité du transfert et du mixage sonore. Les suppléments sont par contre d'un intérêt presque nul...


Qualité vidéo:
3,8/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
2,0/5

Rapport qualité/prix:
3,3/5

Note finale:
3,2/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2003-08-25

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
House of 1000 Corpses

Année de sortie:
2002

Pays:

Genre:

Durée:
88 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Lion's Gate (Canada)

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-5 (simple face, simple couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Piste de commentaires audio, trame-sonore isolée, deux segments, auditions et répétitions, entrevues, galerie d'images et bandes-annonces.

Date de parution:
2003-08-12

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