Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Dog Day Afternoon

Critique
Synopsis/présentation
Sidney Lumet et Al Pacino avait déjà travaillé ensemble deux années avant de tourner Dog Day Afternoon pour arriver au formidable Serpico.
Ces deux projets sont finalement très proches dans l’esprit et leurs qualités intrinsèques, ayant bénéficié à chaque du meilleur de ces deux artistes hors-pair.
Comme Serpico, Dog Day Afternoon s’inspire d’une histoire vraie ayant créée un scandale, permettant un véritable commentaire social, offrant des personnages poignants le tout dans une ambiance la plus naturaliste possible.

Il d’ailleurs étonnant de voir à quel point la carrière de Lumet est versatile puisque pour Network en 1976, il va au contraire et choisit la satire la plus noire ainsi que des évènement fictifs et irréalistes.
Dog Day Afternoon nous propose de suivre l’histoire linéaire et tout simple d’un couple d’amis qui s’attaquent à une banque. Il est difficile de trouver un canevas plus basique et c’est bien grace à l’élément humain que Lumet va réussir à captiver son spectateur de bout en bout.
Pacino et Cazale composent des apprentis gangsters tout à fait crédibles, des personnages sur la corde raide mais qui, contrairement à de nombreux autres truands d’opérette décrit dans d’autres œuvres, sont avant toutdes être humains déchirés qui tentent le tout pour le tout.
Sonny et Sal sont donc deux âmes en peine qui ont des raisons bien différentes de cambrioler cette banque (ou du moins de le tenter), deux amis que leur situation telle qu’il la vive les pousse à se rebeller contre la société et à tenter le tout pour le tout.
Si Sonny a des motivations claires, une intelligence certaine qui lui permet de calculer certains problèmes éventuels (il a, qui plus est, déjà travaillé dans un établissement bancaire), Sal est quand à lui beaucoup plus mystérieux et son absence de motivation apparente combinée à sa grande nervosité en font un personnage attachant mais sous haute pression.
Sonny a réussi grâce à son charisme, son sens de la parole et son énergie à tout rompre à motiver Sal, comme il réussira à garder plus ou moins sous contrôle une situation pour laquelle beaucoup auraient explosés et terminé le tout dans un bain de sang (comme lui dira d’ailleurs l’agent du FBI sur un ton assez admiratif et sincère, ce qui n’a pas l’air d’être trop son habitude).
Sal quant à lui semble accompagner Sonny par habitude, il donne l’impression d’être au bout du rouleau, d’avoir été complètement traumatisé par le temps qu’il a passé en prison. Et c’est bien là tout le dilemme de Sal qui sans avoir de motifs apparent, ni même de besoin d’argent, se lance dans une entreprise criminelle risquée qui risque fort de reconduire en prison. Apparemment Sonny a promis à Sal (de façon à l’embarquer dans l’aventure avec lui) qu’ils iraient jusqu’au bout et qu’en cas de soucis ils se tueraient plutôt que de retourner en prison alors qu’il est évident qu’il n’a jamais eu aucune intention de se suicider.

Ce qui lie le plus les deux hommes semblent de façon évidente la malchance et la précipitation. En effet il semble assez incroyable d’attaquer une banque dont les fonds viennent d’être vidés et quelques minutes plus tard alors qu’il n’y avait pas d’incident à proprement (pas d’alarme déclenchée) de voir la police les encercler ainsi que les médias le tout avec un déploiement de moyens qui semble totalement disproportionnés au regard du problème à résoudre.
Si au début du film l’amateurisme de Sonny prête à sourire, au fur et a mesure que le film progresse on se rend compte qu’il n’a certes pas trop les pieds sur terre (nous ne tenons pas à vous révéler la raison première du braquage tellement le moment est savoureux, incongru et d’autant plus surprenant qu’il est véridique) mais qu’il est intelligent, connaît parfaitement le milieu bancaire et semble finalement relativement bien préparé à ce qu’il fait.
Mais c’est surtout son esprit d’adaptation qui s’avère surprenant et le fait que son crime est autant pour l’argent que finalement pour le cri d’alarme et de révolte contre la société. Sonny est assez intelligent pour ne pas se laisser avoir par le policier qui tente plusieurs fois de lui faire jeter l’éponge.
Au contraire plus la situation devient complexe, plus Sonny est étonnant dans ses réactions et son calme. Il réussit dès sa première et périlleuse sortie de la banque à gagner immédiatement les faveurs du public et des médias en se lançant dans une simpliste mais efficace vindicte à l’égard des forces de l’ordre qui quelques mois auparavant avaient brutalement massacré les malfrats et innocents dans la fameuse affaire d’Attica. Attica sera le cri qui permettra à Sonny d’être réellement protégé, lui qui n’avait prévu qu’un cambriolage rapide et se retrouve entourés d’hommes armés et coincé dans une situation rocambolesque.

Sal quand à lui est présenté d'emblée par Sonny comme un tueur de sang froid qui n’hésitera pas à massacrer tous les otages. Et pourtant une fois de plus avec Sal si son allure et ses manières timorées, presque timides lui donne une allure presque inoffensive (on saura plus tard qu’il est très croyant à la limite de la bigoterie), son regard et ses brusques montées d’adrénaline tout juste contrôlées par Sonny et font vraiment peur. C’est grâce à cette peur que Sal peut croire que le plan de Sonny fonctionnera, sans la détermination de Sal et sans le contrôle qu’il exerce sur lui rien n’aurait été possible.

Dans se deuxième partie le film prend un ton plus sombre, résultat de la prise en main de l’affaire par le FBI et ses méthodes certes efficaces mais nettement plus sournoises que celles employés par le policier Moretti du début.

La relation entre Sonny, Sal et leurs otages prend souvent des tournants inattendus et le maintenant si célèbre Syndrome de Stockholm (où les otages sympathisent avec leurs ravisseurs et en dressent souvent des portraits faussés) est clairement à l’œuvre. Pourtant il est certain que l’amateurisme et l’humanité dégagée par les deux hommes est pour beaucoup dans la situation. Ainsi malgré la présence policière et toute l’action que cela suppose, le cœur du film reste les relations humaines.

La mise en scène de Lumet est au diapason du scénario et grâce à un style affirmé mais visuellement assez neutre il réussit a convoyer une impression de naturel et de réalisme assez incroyable, sans pour autant adopter un style documentaire. Bien au contraire nous sommes bel et bien en présence d’une œuvre cinématographique où chaque plan est pensé et très souvent aussi signifiant en tant que tel que ce qu’il montre. Lumet utilise à merveille le décor de la banque ou la majeure partie de l’action se situe. Malgré le fait que le film fut entièrement tourné en décors naturel, on sent en permanence la maîtrise finale du cinéaste sur son matériau sans pour autant que celle-ci ne soit jamais étouffante. En étant rigoureux tout en s’accordant le fait de suivre ses comédiens dans leurs envolées (mention spéciale à Charles Durning en plein effervescence), en alternant à la perfection les moments tendus et les moments en creux, Lumet signe une œuvre passionnante qui réussit l’exploit de garder totale l’attention du spectateur tout en lui offrant un spectacle qui ne peut que le conduire à s’interroger sur bien des questions sociales et morales, tout en lui offrant un point de vue bien défini qui a parfaitement analysé son époque et ses maux, le tout à travers un fait divers réel et peu modifié pour les besoins de l’adaptation.




Image
Nous attendions avec impatience l’occasion de tester ce titre en HD-DVD, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un film que nous avons déjà testé dans son édition spéciale de fort belle qualité en DVD.

Le moins que l’on puisse dire est que si le bond qualitatif n’est pas gigantesque, il est cependant largement au dessus de nos attentes sur un tel titre et corrige la majorité des défauts qui parasitait l’édition DVD.
Ainsi tous les effets de moiré qui perturbait la restitution des décors comme les persiennes (qui jouent un rôle primordial dans le film et sont présentes presque en permanence) ou le rendu du costume d’Al Pacino ont disparues pour notre plus grand plaisir de spectateur.
La profondeur et la pureté des noirs est également bien meilleure que sur le DVD (où ils étaient déjà plus que satisfaisants) atteignant un niveau que nous ne pensions pas possible sur un film des années 70 au look volontairement « documentaire ». De même le rendu de toutes les scènes de jour est nettement meilleur que sur le DVD et l’effort tout particulier de Lumet pour filmer en lumière naturelle est restitué à la perfection. La définition générale connaît elle aussi un bond en avant et permet un niveau de détail excellent que l’on ne pensait pas possible sur une telle œuvre. La sensation de profondeur de champ et de 3d s’en trouve grandement augmentée le tout à nouveau pour notre plus grand plaisir.

Les deux seuls défauts qui persistent et voire même s’en trouvent augmentés du fait d’une plus grand définition sont la présence du grain (qui ne nous à jamais gênés étant donné les partis pris de réalisation) qui se fait plus sentir que sur le DVD et surtout la présence de surdéfinition qui est le corollaire d’un niveau de détail plus important. À nouveau, jamais cette surdéfinition n’est gênante en elle-même mais étant donné la quasi absence de défauts, elle n’en ressort que d’autant plus. Gageons que la Warner sera capable par la suite de réussir à presque supprimer ce type de défauts une fois que sa maîtrise de la haute définition sera totale. À nouveau à mettre au crédit de la Warner, ce film en lumière naturelle et intense rend la suppression de la surdéfinition d’autant plus difficile.

En résumé et malgré notre position actuelle d’ardents défenseurs du format DVD, nous ne pouvons que constater l’écrasante supériorité du format HD-DVD sur ce dernier. En effet, sur le même titre et à partir du même transfert nous ne pouvons que l’image est totalement transfigurée (comme cela pouvait être le cas d’une VHS à un DVD) mais est débarrassée de tous ses défauts ou presque et offre une expérience de spectateur vraiment supérieure pour peu que l’on possède le matériel adéquat. En effet, pour le dvdphile lambda équipé d’un téléviseur classique ou simplement HDReady, le gain ne sera pas forcément valable ou du moins ne justifiera pas forcément le rachat d’une édition HD. Par contre, dès que l’on passe en projection et sur grand écran, le gain qualitatif devient beaucoup plus marquant et justifie un rachat pour une sensation beaucoup plus cinématographique même si, comme nous l’avons déjà dit, ce HD-DVD est loin d’être un disque de démo. Il représente au contraire toutes les subtiles améliorations qui font que nous ne pouvons qu’attendre avec impatience les prochains HD-DVD.





Son
L’amélioration de la qualité du son par rapport à l’édition spéciale en DVD est moins évidente que sur l’image mais elle tout de même audible.

La dynamique est clairement plus importante même si la spatialisation reste la même à savoir peu développé du fait qu’il s’agisse d’un mixage monophonique.
Le rendu musical est à nouveau limité par les techniques d’enregistrement de l’époque et le format mais s’avère supérieur à celui proposé sur le DVD même si l’ensemble reste un peu brouillon. Les dialogues sont plus clairs et intelligibles que jamais et enfin les parasites ou distorsion si elles restent toujours audibles sont nettement en retrait. Les basses fréquences ne sont pas plus présentes que sur l’édition DVD mais cela est du au format monophonique. Il faut tout de même noter un rendu des graves plus affirmé que sur le DVD même si cela reste subtil.

De façon assez incompréhensible et afin d’introduire une note critique, les sous-titres ne sont malheureusement toujours disponibles qu’en Anglais, Français et Espagnol, ce qui est somme toute ridicule si l’on songe à la place disponible et au fait que ce disque n’est pas zoné.

La bande-son est reproduite avec un maximum de fidélité et la supériorité du rendu sonore du Dolby Digital Plus sur le « simple » Dolby Digital du DVD est assez aisément audible à nouveau pour le plus grand plaisir du spectateur et le respect maximum de l’œuvre originale.






Suppléments/menus
Les suppléments présentés sur le premier HD-DVD que nous testons sont identiques à ceux présents sur l’édition spéciale que nous avions chroniqués en début d’année et nous vous proposons donc le même texte les concernant.

Un ensemble relativement bien fournie et de qualité appréciable, même si il n’atteint pas le niveau des suppléments de Network. Le commentaire audio de Sidney Lumet est sur le premier disque et offre une très agréable, intelligente et informative plongée en profondeur dans le film. Lumet est un cinéaste passionnant qui à toujours une bonne raison pour chacune de ses actions et s’avère qui plus est un aussi bon conteur oral que visuel. Voici donc un commentaire que nous recommandons chaudement, humble, rythmé, toujours intéressant et offrant au final au spectateur une autre vision de l’œuvre.
Sur le second disque se trouve le nouveau documentaire en 4 parties intitulé « The making of Dog day afternoon ». “The Story”, “Casting the Controversy”, “Recreating the Facts”, “After the Filming” sont donc ces 4 segments qui bout a bout durent environ 55 minutes et reviennent de façon convaincante sur toutes les étapes de fabrication du film ainsi que sur les intentions du cinéaste. A quelques moments l’ensemble se laisse aller à de l’autocongratulation éhonté mais néanmoins totalement mérité donc pour une fois cela ne s’avère pas plus gênant que cela. Les interviews sont intéressantes, bien montées, les extraits de films bien choisis même si souvent trop longs. On aurait aimé l’intervention d’un critique de façon a amener un regard plus analytique et neutre, ainsi qu’a situer l’impact du film comme sa place dans l’histoire du cinéma.
Enfin est offerte un court segment d’époque, « Lumet : Filmmaker » (10 mins) qui offre un portrait relativement convaincant du cinéaste même si dans l’ensemble trop unanimement enthousiaste pour être totalement convaincant.
Pour terminer est disponible la traditionnelle bande-annonce qui cette fois-ci est de qualité et permet pour une fois de se faire une idée réaliste de l’œuvre.

Des suppléments donc d’excellente qualité dont seul le manque de recul critique et d’analyse peut prêter le flanc a une quelconque critique et nous remercions la Warner d’avoir soigné ce film avec tout le respect qu’il méritait.







Conclusion
Le choix de Dog Day Afternoon comme test HD DVD était loin d’être évident et pourtant il s’agit paradoxalement d’un titre idéal à cet effet. Provenant d’une remasterisation récente et s’agissant d’une œuvre tirant vers le plus de naturel possible dans son image, elle permet de vraiment juger des performances du support lui-même. Et force est de constater que le HD-DVD dépasse nos attentes, le gain qualitatif étant subtil (du moins sur ecran CRT de taille normale) mais déterminant pour le cinéphile exigeant, proposant une vraie expérience très proche de celle du cinéma.
Un grand bravo à la Warner qui à donc choisi son titre courageusement et en fonction de l’aspect qualitatif et non promotionnel, offrant du coup au HD-DVD un départ sérieux qui retient définitivement notre attention.

Dog Day Afternoon fait partie de ces « perles » que le cinéma américain des années 70 offrait régulièrement à cette époque. Un mélange totalement réussi de naturalisme, de tension, de commentaire social et de portrait humains finement travaillés font de cette œuvre un film rare qui supporte admirablement les années et réussit son pari: divertir autant qu’il fait réfléchir.





Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
4,3/5

Rapport qualité/prix:
4,0/5

Note finale:
4,1/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2007-07-18

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Dog Day Afternoon

Année de sortie:
1975

Pays:

Genre:

Durée:
124 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
HD DVD

Nombre de disque:
1 HD-15

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
-

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital Plus 2.0
Française Dolby mono
Espagnole Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Commentaire audio, documentaires

Date de parution:
2007-04-10

Si vous avez aimé...