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DVDEF

About Schmidt

Critique
Synopsis/présentation
Alexander Payne n'a peut-être que trois films à son actif que déjà il est passé maître dans l'art de dépeindre les travers des mœurs nord-américaines avec une acuité et une lucidité presque dérangeante. Dans son premier film, le cinglant Citizen Ruth, le réalisateur portait un regard critique sur la cause de l'avortement aux États-Unis. La portée de son film était d'autant plus grande qu'il étudiait tour à tour les pro-vies et les pro-avortements, et ce à travers les yeux d'une protagoniste hors du commun : une toxicomane monoparentale… Son deuxième film, Election, s'est révélé être une satire mordante du système scolaire et de la politique américaine. Le propos était à la fois drôle et incisif, et sa mise en scène remplie de clins d'œils savoureux et de métaphores démontrait chez l'auteur une maîtrise surprenante du langage cinématographique. Son troisième film, About Schmidt, est chez Payne l'œuvre de la maturité. Non seulement parce que le film raconte l'histoire d'un homme vieillissant, mais surtout parce que About Schmidt est le mieux structuré et le plus concis de ces films. Dans ses deux précédentes œuvres, Payne alternait si souvent entre le tableau de la comédie et de la tragédie qu'on en venait presque à être déstabilisé devant le propos du film. Or, son dernier né réussis à doser les genres. Le sujet du film n'en est que mieux cerné. Aussi, la mise en scène du film apparaît nettement plus soignée. La photographie est léchée et expressionniste, la composition d'image est travaillée et minutieuse, et la direction d'acteur est attentive. De film en film, Alexander Payne n'a cessé d'évoluer. Et il le prouve encore une fois avec About Schmidt.

À l'aube de sa retraite, après avoir consacré 45 ans de sa vie à une compagnie d'assurance, Warren Schmidt (formidable Jack Nicholson) s'aperçoit avec désarrois que rien ne l'attend. Toute sa vie, il a vécu en fonction de son travail, et aujourd'hui, alors qu'une nouvelle vie l'attend, Schmidt ne sait plus où donner de la tête. Il n'a aucun véritable intérêt, aucune passion. Son seul projet de retraite, soit l'achat d'un véhicule de plaisance, c'est se femme qui l'a initié. Une épouse qui lui paraît désormais plus étrangère que jamais maintenant qu'il doit la côtoyer à longueur de journée. Bref, Schmidt doit quitter sa routine sécurisante pour une vie qui l'enchante guère. Rapidement, il se rendra à l'évidence… il a gâché sa vie et est malheureux.

La grande réussite du film réside dans la grande acuité avec laquelle le réalisateur et co-scénariste Alexander Payne réussit à dépeindre le personnage principal. Chaque scènes et même chaque plan traduit chez le personnage de Schmidt un désespoir de plus en plus grandissant, de plus en plus tragique, de plus en plus pathétique… Car soyez-en assuré, About Schmidt n'est pas tant une comédie (comme l'est pourtant catalogué le film) qu'une tragédie. Tout dans le film est prétexte à souligner les malheurs de Schmidt. Dès le premières minutes du film, tandis qu'un zoom in isole Schmidt lors d'un souper célébrant sa retraite, le personnage se retrouve dès lors détaché dans le cadre du reste du monde, et ce pour la majorité du film. Les dialogues sont pour la plupart du temps filmés en champ / contre-champ. Rarement Schmidt se retrouve en compagnie de d'autres personnages à l'écran, pour discuter avec eux face à face. De dire que le film repose presque entièrement sur les épaules de Nicholson n'est pas exagéré. Il fait partie de chaque scène et monopolise toute l'attention avec son jeu. Rarement a-t-il été aussi bon, aussi juste. Le comédien nous épargne même ses tics d'acteurs et ses mimiques particulières pour nous offrir une interprétation neuve, aux antipodes de ce qu'il a interprété à ce jour. Pour une fois, Nicholson joue quelqu'un de vieillissant, quelqu'un de son âge quoi ! Et voilà l'un des autres points forts du film. Les personnages sont étonnamment bien développés. Ils sont crédibles et réalistes, des personnages principaux jusqu'aux moindres petits rôles. Tout ces personnages donnent magnifiquement la réplique à Nicholson, particulièrement Hope Davis dans le rôle de sa fille et Kathy Bates en nymphomane extravertie. About Schmidt est un film d'une rare intelligence qui aborde avec grande sagesse les déboires d'un homme vieillissant et malheureux. Un film profondément touchant mais jamais pompeux, un film qui porte à réfléchir.



Image
About Schmidt nous est offert au format d'image respecté de 1.85:1. Le transfert est évidemment 16:9 (dit anamorphosé).

Fidèle à sa réputation, New Line nous offre encore une fois un transfert qui rend parfaitement justice au long métrage. L'image est nette et précise, offrant un niveau de détail plus que satisfaisant. L'étalonnement des couleurs est juste, respectant la protographie du film souvent terne et froide (un effet de style tout à fait voulu). Les couleurs sont parfaitement stables et bien délimitées. Le rendu des tons de peau est naturel et juste. Le contrate semble parfois en rentrait mais il s'agit probablement de l'effet souhaité. Les noirs sont intenses et profonds, ne laissant jamais transparaître quelconque trace de fourmillement. Les parties denses, quant à elles, offrent des dégradés correctement étalés mais imparfait puisque ceux-ci bloquent en certaines occasions.

L'interpositif employé pour réaliser ce transfert était en parfaite condition. On ne remarque aucuns problèmes liés à la compression ou marques de sur-accentuation des contours.


Son
Pour cette édition, New Line nous offre trois bandes-son anglaises, soit l'une en format DTS 5.1, une autre en Dolby Digital 5.1, et la dernière en Dolby Stéréo Surround 2.0. Au Canada, le distributeur de ce produit est Alliance-Atlantis et ces derniers ont substitués la bande-son anglaise Dolby Stéréo Surround 2.0 pour une bande-son française au même format.

Les mixages multi-canaux sont totalement au service du film, sans jamais tomber dans aucuns excès. Les mixages sont dynamiques et d'une bonne présence. Le champ-sonore se déploie de tous les canaux, avec prédominance des enceintes avants. Les canaux arrière sont subtilement utilisés pour créer l'ambiance, rarement d'avantage. Le positionnement des différents éléments sonores est irréprochable, précis et sans bavure. La trame-sonore, minimaliste, est intégrée avec une belle fidélité et une justesse rendant justice à l'ambiance du film. Les dialogues, principal élément de ce mixage, sont toujours intelligibles et naturels. Il en va de soit ave un tel film, les basses et les extrêmes graves ne sont pas la force première de ces bande-son. Quoi qu'il en soit, elles sont employés à bon escient, lorsque nécessaire.

On note un son mieux détaillé dans le cas de la bande-son DTS mais les différences avec celle en Dolby Digital 5.1 sont relativement mineures.

À noter que des sous-titres anglais et espagnols sont également offerts.



Suppléments/menus
Voilà une belle déception… La New Line, qui a pourtant l'habitude d'être généreuse en terme de suppléments, se contente ici de nous offrir que quelques scènes coupées ainsi qu'une série de courts métrages étranges d'un intérêt moyen.

Les scènes coupées, au nombre de neuf, ont à tout le moins le mérite d'être intéressantes. Chacune d'entres elles offrent quelques moments savoureux dans la vie de Warren Schmidt qui méritent d'être écoutés attentivement par tout ceux qui ont aimé le film. Qui plus est, chaque scène est précédée d'un long texte rédigé par le réalisateur aucours du quel il explique la fonction première de la scène et la raison du retrait de cette dernière. Quelques petites anecdotes intéressantes y sont également dévoilées. Cela compense d'ailleurs quelque peu pour l'absence d'une piste de commentaires audio (pourtant offerte avec les deux éditions DVD des précédents films du réalisateu).

S'ensuit une curieuse série de cinq courts métrages ayant comme thème l'édifice Woodmen, vu au début du film. Dans un texte similaire à ceux offerts avec les scènes coupées, le réalisateur explique qu'il avait donné comme exercice à de jeunes monteurs en formation de monter des courts segments avec l'édifice en toile de fond pour se pratiquer sur les tables de montage Avid. En guise de suppléments, ces courts-métrages sont relativement amusants, sans plus.



Conclusion
About Schmidt est un grand film qui, malheureusement, a été oublié à la dernière cérémonie des Oscars. Voilà maintenant votre chance de voir ce film dans une édition techniquement tout à fait honnête. La qualité d'image est excellente et, tout comme les mixages multi-canaux, rendent parfaitement justice au film. Dommage seulement que les suppléments nous laissent sur notre appétit…


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
4,0/5

Suppléments:
1,5/5

Rapport qualité/prix:
3,4/5

Note finale:
3,3/5
Auteur: Yannick Savard

Date de publication: 2003-06-04

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4:3 Sony Trinitron Wega KV-32S42, Récepteur Pioneer VSX-D509, Lecteur DVD Pioneer DVL-909, enceintes Bose, câbles Monster Cable.

Le film

Titre original:
About Schmidt

Année de sortie:
2002

Pays:

Genre:

Durée:
124 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
New Line

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise DTS
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
9 scènes coupées, 5 courts métrages sur la tour Woodmen.

Date de parution:
2003-06-03

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