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DVDEF

Sea of Love

Critique
Synopsis/présentation
Harold Becker est un réalisateur hollywoodien typique des années quatre-vingt, avec un métier solide mais sans talent particulier. Il enchaine des films (principalement des suspences) sans grand intérêt, mais sans gros défauts non plus, depuis 1978. Il restera sans doute l'homme d'une seule réussite : Sea of Love (1989) et pour s'en persuader, il suffit de regarder ses dernières oeuvres où il tente en vain de reproduire les éléments qui ont fait les qualités de celle-ci (Malice, 1993 ; City Hall, 1996 ; Mercury Rising, 1998 ; Domestic Disturbance, 2001).

Avec Sea of Love, il signera donc son meilleur film et par la même occasion lancera la mode du thriller érotique, remettant sur pied la carrière (alors sur pause) d'Al Pacino. On y suit Frank Keller (Al Pacino), un inspecteur de police passionné par son travail malgré ses vingt ans de métier. Celui-ci est divorcé, passablement alcoolique et plutôt incontrôlable lors de sa quarantaine difficile. Alors qu'il est placé sur une enquête concernant l'assassinat d'un homme, il devra faire équipe avec le sympathique et débonnaire Sherman Touhey (John Goodman) qui enquête sur un meurtre similaire. Au cours de leur enquête, Frank rencontrera la sensuelle et énigmatique Helen (Ellen Barkin), avec qui il entamera une relation sensuelle et torride bien qu'elle soit suspecte dans son affaire. Harold Becker bénéficia de plusieurs éléments décisifs, qui lui permirent de faire de son film une réussite.

Le scénario de Richard Price est efficace et met en scène plusieurs personnages intéressants, permettant de bâtir autour des héros autant que sur leurs péripéties. Les revirements de situations sont toujours bien amenés et l'intrigue se suit avec d'autant plus de plaisir que l'on s'est attaché aux personnages. Les acteurs nous offrent tous des performances remarquables et grâce à eux, le film prend corps. Al Pacino effectue un retour (après six ans d'absence au cinéma) directement au sommet, en personnifiant de façon remarquablement convaincante et intense ce personnage pourtant peu attrayant sur le papier. Face à lui, Ellen Barkin est formidable conférant à son personnage (pivot du film) un mystère, une sensualité et une énergie formidables lui permettant de le rendre aussi ambigü que nécessaire, et surtout arrivant à tenir tête de façon plus que crédible à Al Pacino. Entre eux, John Goodman confère à son personnage assez convenu une humanité chaleureuse qui le rend très attachant. La musique de Trevor Jones est également pour beaucoup dans l'ambiance dégagée par le film. Il s'agit d'un mélange réussi entre un style très inspiré des films noirs des années cinquante remis au goût des années quatre-vingt, qui restitue bien l'état d'esprit des personnages. De même, la photographie de Ronnie Taylor nous présente un New York à la fois très actuel mais dans le même temps, sous l'influence directe des films noirs. Ainsi un des autres gros atouts du film est la ville elle-même, qui est un personnage à part entière grâce à la formidable énergie qui s'en dégage et tout son passé cinématographique de ville nocturne et torturée (Taxi Driver de Martin Scorcese, 1976).

La réalisation de Harold Becker est en fait le point faible du film. Elle n'est pas mauvaise ou ratée, elle est simplement d'une banalité convenue. Au lieu de renforcer les situations ou de faire ressortir son point de vue par le biais de sa caméra, il se contente d'illustrer platement les situations. Un réalisateur avec plus de personnalité aurait pu transcender l'histoire par une mise en scène inspirée et engagée. Harold Becker est heureusement un réalisateur qui a du métier, assurant un niveau de qualité minimum ne desservant jamais le film, et beaucoup des bonnes options de l'oeuvre sont à mettre à son crédit.

Un suspence haut de gamme qui vous tiendra en haleine sur toute sa durée. Al Pacino et Ellen Barkin vous captiveront par l'intensité et la crédibilité totale de leurs performances.


Image
L'image est offerte au format respecté de 1.85:1 d'après un transfert 16:9.

La définition générale est homogène et d'un niveau de qualité tout à fait acceptable. L'interpositif est propre et il faut vraiment chercher pour dénicher un défaut gênant. Le rendu des couleurs est bon malgré une sur-saturation parfois agacante. Le contraste est d'un bon niveau, évitant ainsi toutes brillances. Les parties sombres sont correctement rendues grâce à des noirs purs et profonds. Ainsi, toute la partie nocturne du film (plus de la moitié) est fort bien rendue et offre un niveau de détail satisfaisant.

La partie numérique du transfert est relativement sans problème mis à part quelques légers fourmillements parfois visibles. De même, on peut déceler des contours sur-accentués pour quelques passages.



Son
Les bandes son proposées sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby 2.0 surround), Français (Dolby 2.0 surround), Espagnol (Dolby 2.0 mono).

La dynamique offerte par la bande-son anglaise Dolby 2.0 Surround est surprenante de qualité et vaut largement celle de bien des bande-son en 5.1 ratées. Sa présence et sa spatialisation sont parmi ce qui se fait de mieux dans ce format et ce malgré une bande-son qui ne s'y prête pas vraiment. La musique est notamment fort bien restituée et intégrée au reste de la bande-son. Les enceintes arrières sont employées régulièrement tout au long du film. Parfois pour de subtils effets d'ambiance, ou plus violemment pour les impacts des coups de feu. La musique bénéficie également de la bonne utilisation des canaux d'ambiophonies qui lui apporte une ampleur non négligeable. Les dialogues sont toujours parfaitement intelligibles, sans aucune trace de saturation ou de parasites. Les basses fréquences, malgré leur niveau et leur qualité, sont le point faible de cette bande-son par rapport à un remixage 5.1. En effet, leur niveau est appréciable et apporte une assise nécessaire à la musique, mais il ne fait nul doute que dans le cas d'un remixage multicanal bien menée leur gestion et leur impact auraient été plus efficaces.

La bande-son française est une bonne surprise car elle est techniquement assez proche de son homologue anglaise mais une fois de plus, c'est la qualité artistique du doublage qui flanche.

La bande-son espagnole en mono est bien logiquement plusieurs tons en dessous.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.



Suppléments/menus
Une section de qualité, même si l'ensemble paraît quand même très classique. Il s'agit de la deuxième édition DVD de ce film. La première, parue au cours de l'année 1998, offrait un nombre limité de supplément.

Le commentaire audio de Harold Becker s'avère surprenant car si sa mise en scène pêche par manque de personnalité, il avait une raison très précise pour chaque plan et chaque détail de son film. En effet, son commentaire est très précis (même si un peu froid) et il nous explique chacun de ses choix aussi bien au niveau du jeu d'acteur que des plans, des costumes ou des décors.

Le documentaire intitulé The Creation fo Sea of Love (14 mins) reprend quelques éléments déja mentionnés dans le commentaire par H. Becker et fait intervenir le producteur M. Bregman. L'ensemble est plutôt bien construit et instructif, même si l'on peut regretter un ton un peu trop tourné vers l'autocongratulation et l'absence d'Al Pacino ou Ellen Barkin.

Les scènes coupées sont d'un intérêt limité et démontrent que H. Becker a bien géré la durée et le montage de son film.

Enfin, la bande-annonce est de qualité correcte et présente le film de façon neutre et classique.
Au final, des suppléments un peu légers pour vraiment justifier de l'appellation Collector's Edition, mais malgré son clacissisme cette section suffit à la tâche.



Conclusion
Une bonne édition aux qualités techniques appréciables pour une résultat final tout à fait correct. Il est cependant dommage de ne pas avoir procédé à un remixage multicanal, car la bande-son le méritait. Les suppléments sont classiques mais nous offrent des informations intéressantes.

Un film efficace et remarquablement interprêté qui démarra la vague des polars à tendance érotique qui atteindra son sommet avec Basic Instinct de Paul Verhoeven (1992). Son excellent scénario, ses interprêtes et sa musique sont ses meilleurs atouts. La mise en scène d'Harold Becker, malgré son aspect très conventionnel et son manque d'audace, arrive à maintenir le suspense et l'intérêt du spectateur d'un bout à l'autre du métrage. Sans révolutionner le genre, ce film vaut mieux que sa réputation et ses spectateurs passeront un excellent moment.



Qualité vidéo:
3,5/5

Qualité audio:
3,0/5

Suppléments:
3,5/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
3,5/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2003-05-26

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Sea of Love

Année de sortie:
1989

Pays:

Genre:

Durée:
113 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby 2.0 Surround
Espagnole Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Commentaire audio, documentaire, scènes coupées, bande-annonce

Date de parution:
2003-05-06

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