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DVDEF

Monsieur Batignole

Critique
Synopsis/présentation
Gérard Jugnot, acteur français prolifique s'il en est (il a joué dans plus de soixante-dix films), est aussi un réalisateur reconnu, grâce à des films aux sujets variés comme Pinot, simple flic, Casque bleu ou Meilleur espoir féminin. Monsieur Batignole est son huitième long-métrage en tant que réalisateur et son premier en tant que producteur. Il en tient aussi le rôle-titre.

L'histoire commence à Paris, durant l'été 1942. Edmond Batignole, petit charcutier-traiteur, se retrouve malgré lui impliqué dans la déportation d'une famille juive voisine, les Bernstein. Le vrai responsable est son futur gendre, Pierre-Jean Lamour (Jean-Paul Rouve), dramaturge raté, antisémite fanatique et collabo. Grâce aux magouilles de ce dernier, et avec l'assentiment de Marguerite Batignole (Michèle Garcia), qui est en fait la seule de la famille a aimer son futur gendre, la famille Batignole s'installe bien vite dans l'appartement de la famille Bernstein. Quelques jours plus tard, alors que Mme Batignole donne une soirée en l'honneur des occupants, le petit Simon Bernstein (Jules Sitruk) sonne à la porte de ce qui était sa maison et se retrouve nez à nez avec Edmond. Se sentant coupable, celui-ci décide de cacher le garçon, en espérant pouvoir le faire passer rapidement en Suisse. La situation se complique encore quand, espérant trouver de l'aide auprès de l'oncle de Simon, Edmond se rend compte que celui-ci a aussi été déporté, et que ses deux filles sont cachées chez la concierge de leur immeuble. Lorsque Simon est rejoint par ses deux cousines dans la cave où il est caché, la situation devient intenable, et Edmond prend la décision de les conduire lui-même à la frontière suisse.

Cette belle histoire est servie par une réalisation sobre et surtout par une très belle interprétation. Gérard Jugnot est, comme à son habitude, très juste et convaincant dans son rôle de père de famille entouré de gens plus ou moins méprisables. Jean-Paul Rouve (qu'on a vu dans Mission Cléopâtre) incarne un salaud impeccable, le genre qu'on a plaisir à détester à cause de ses actes, de son attitude et de son abominable coiffure qui révèle au premier regard son statut de collabo gluant et reptilien. Les trois enfants, enfin, sont tout à fait adorables et eux aussi très convaincants, avec une mention spéciale à Jules Sitruk qui campe un Simon gaffeur, parfois insupportable mais infiniment attachant.

Comme à son habitude, Gérard Jugnot nous parle d'un personnage ordinaire qui se retrouve dans une situation qui ne l'est pas. Malgré la gravité du sujet, il parvient à garder un ton relativement léger, jouant surtout sur la distance entre son personnage et les adultes plus ou moins caricaturaux qui croisent son chemin. Au final, on obtient un excellent film, émouvant et drôle à la fois.

Jean-Paul Rouve a remporté le César du Meilleur Espoir Masculin pous son impeccable interprétation du méprisable Pierre-Jean Lamour dans ce film.


Image
L'image est présentée au format respecté de 2.35:1, d'après un transfert optimisé 16:9 (dit anamorphosé).

Comme pour 8 femmes du même éditeur, le transfert NTSC a visiblement été obtenu à partir d'un transcodage de la version PAL utilisée pour la zone 2. En effet, des effet de dédoublements apparaissent notamment lors des panoramiques et des mouvements rapides, ce qui est une signature d'une méthode de transcodage utilisant une interpolation des 25 images/secondes du format PAL pour générer les 30 images/secondes du NTSC. Cette interpolation est appelée "frame blending" en anglais, ce qu'on pourrait traduire par "fondu d'images", consiste a créer les 30 images/seconde nécessaires au NTSC en faisant l'équivalent de 25 fondus enchaînés en une seconde. Cette méthode entraîne une perte de définition visuelle et est parfois franchement fatiguante pour les yeux, notamment dans le cas de panoramiques horizontaux. Ces défauts sont plus ou moins visibles selon le matériel utilisé pour le visionnage, mais pour simplifier, on peut dire que le matériel haut de gamme ne pardonne pas. D'autres méthodes de conversion auraient pu être envisagées (comme par exemple ralentir la version PAL en 24 images/seconde et encoder le DVD en 24p, les lecteurs s'occupant alors de l'éventuelle conversion de pas de cadre 3:2 afin d'obtenir les 30 images entrelacées par seconde du NTSC) qui auraient évité ces désagréments et restauré la vitesse originelle du film.

La conversion utilisée ici est d'autant plus mauvaise par rapport à un transfert en 24p que le nombre d'images à encoder est plus important (30 au lieu de 24 par seconde), et les fondus compliquent énormément et inutilement le travail de compression. Non seulement la qualité d'image est mauvaise, mais en plus la place occupée sur le disque est plus importante.

L'image donne donc parfois une impression de flou, sauf sur les plans fixes où le rendu des détails et des textures est correct.
Les couleurs sont vives, surtout les rouges, mais les tons de peau restent naturels. Au contraire, les verts semblent délavés, ce qui est excessivement dommage pour la seconde partie du film. Cela est sans doute dû encore une fois au transcodage de PAL vers NTSC, l'encodage des couleurs et donc l'ensemble des couleurs représentables (le gamut) étant différent dans les deux systèmes. La brillance (le niveau des noirs) est bien ajustée, les zones d'ombres offrant des dégadés fluides et un niveau de détail acceptable. Le contraste est d'un bon niveau, et fait preuve d'une belle constance.

On note quelques fourmillements et macroblocs dans certaines zones de l'image, mais ces deux derniers défauts sont mineurs à côté des problèmes majeurs dus au transcodage.


Son
Le film est proposé en version originale française, en Dolby 2.0 surround, avec en option des sous-titres en anglais.

Il ne faut pas s'étonner que le champ sonore ne soit pas très immersif, car il ne s'agit pas là d'une bande-son multicanaux 5.1. La séparation des canaux est moyenne, surtout en ce qui concerne l'ambiophonie, et la dynamique est assez limitée à cause du multiplexage. La trame sonore, très bien intégrée, démontre une belle fidélité. Les dialogues sont toujours parfaitement intelligibles. Les effets de basse fréquence sont rarissimes, et le canal .1 (LFE) est inexistant, le format 2.0 n'en comportant pas.

Il est dommage que cette édition ne comporte pas de bande-son multicanal 5.1, même si ce genre de film n'a pas vraiment besoin d'une bande-son agressive.



Suppléments/menus
Le film et les suppléments sont proposés sur un seul disque double-couche.

Les suppléments se résument à une bande-annonce du film (1:35) et à une Galerie de Bandes-Annonces"qui permet de voir celles d'autres titres édités par Séville, à savoir 8 Femmes (1:04), Je suis Dina (1:32) et Embrassez qui vous voudrez (0:42).

On ne peut pas parler de pauvreté au niveau des suppléments, c'est quasiment le désert. L'édition française du film comporte un grand nombre de suppléments (segment portant sur la réalisation, commentaire de Jugnot, commentaire des enfants, documentaire sur les français sous l'occupation, pour n'en citer que quelques-uns), ce qui rend d'autant plus frustrante l'absence totale de supplément significatif sur celle-ci.



Conclusion
Ce très beau film aurtait mérité un bien meilleur traitement. La qualité d'image n'est absolument pas dans les normes actuelles. Il est très dommage que l'éditeur se soit contenté de convertir une source vidéo PAL européenne en NTSC, récupérant les défauts inhérents à ce genre de transfert et en ajoutant d'autres dûs à la méthode impropre de conversion.
Cette édition est donc franchement ratée d'un point de vue technique, et on ne peut qu'espérer que Séville corrige très vite le tir en ce qui concerne le traitement vidéo des films européens de son catalogue. Quand aux suppléments, c'est le désert. Quel dommage.


Qualité vidéo:
2,0/5

Qualité audio:
2,5/5

Suppléments:
0,5/5

Rapport qualité/prix:
2,0/5

Note finale:
2,0/5
Auteur: François Schneider

Date de publication: 2003-05-20

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur NTSC 4/3 Panasonic 36

Le film

Titre original:
Monsieur Batignole

Année de sortie:
2002

Pays:

Genre:

Durée:
100 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Films Séville

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais

Suppéments:
Bande-annonces

Date de parution:
2003-05-13

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