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DVDEF

Little Children

Critique
Synopsis/présentation
Depuis American Beauty de Sam Mendes, la vie de banlieue semble être très populaire pour mettre en scène des personnages en quête d’un bonheur insaisissable. Après In The Bedroom qui racontait la vengeance d’un père et d’une mère quant à la mort de leur fils, le cinéaste Todd Field s’intéresse ici à une poignée de banlieusards de la côte est américaine, plus précisément de Boston. On retrouve d’abord Sarah Pierce (Kate Winslet), femme au foyer qui traîne au parc avec sa fillette de trois ans, Lucy, en compagnie de banlieusardes coincées, pendant que son mari rapporte l’argent et s’amuse à pimenter ses heures au bureau en explorant des sites pornographiques. Puis, un matin, au parc, Sarah rencontre Brad Adamson (Patrick Wilson), père d’un jeune garçon, mari d’une prometteuse documentariste, nommée Kathy (Jennifer Connelly), et source de tous les fantasmes des compagnes de Sarah. Or, mise au défi par l’une d’entre elles, la jeune femme entamera une discussion avec l’homme et le tout se terminera, dans le but d’impressionner le groupe de banlieusardes, par un vulgaire baiser qui troublera pourtant autant Sarah que Brad. À partir de ce moment, Sarah et Brad trouveront tous les prétextes pour se revoir tout en résistant à la tentation du désir de l’autre. Vient s’insérer à cette trame principale, l’histoire de Ronnie McGorvey (Jackie Earle Haley) fraîchement sorti de prison après avoir été incarcéré pour attentat à la pudeur contre de jeunes mineurs.

Certes, l’approche du cinéaste Todd Field se rapproche beaucoup de film de Sam Mendes. Il tente de dépeindre une désillusion à travers la quête de bonheur de quelques personnages dont les destins vont s’entrechoquer. Mais le film de Field se distingue nettement d’American Beauty par les nombreuses thématiques qu’il aborde : la pédophilie, la pornographie virtuelle, la mort, la rivalité féminine et bien sûr, l’adultère. Le réalisateur, qui a co-écrit le scénario avec l’auteur du roman duquel le film est inspiré, Tom Perrotta, réussit à intégrer chacune de ces thématiques avec brio. D’ailleurs, l’idée qu’il s’agisse d’une adaptation et l’implication de l’auteur à l’écriture du scénario explique beaucoup le traitement « littéraire » du film. D’abord, l’intrigue est extrêmement linéaire, mais surtout, l’aspect littéraire se manifeste par la présence d’un narrateur omniscient. Un narrateur froid, distant qui extériorise les réflexions et les émotions de personnages qui sont incapables de le faire eux-mêmes. Et curieusement, ce narrateur n’intervient jamais au moment où on nous présente les images qui mettent en scène le personnage de Ronnie.

Il faut dire que cette influence littéraire se fait sentir également à plusieurs autres reprises dans le film, notamment par le fait d’aborder Madame Bovary de Gustave Flaubert. Le personnage de Sarah, qui n’a pas aimé le roman alors qu’elle était aux études, lui trouve soudain un tout nouvel intérêt de par la situation qu’elle vit au moment où elle est invitée à partager ses impressions sur le roman. Adoptant ainsi le point de vue de ce personnage, il est possible de faire un parallèle évident entre cette histoire et celle du personnage de madame Bovary. Sinon, Field adopte à plusieurs reprises le procédé de la métaphore, principalement narrative, pour décrire ses personnages et le malheur dans lequel ils vivent. De ce fait, la plus évidente demeure celle incarnée par le personnage de Ronnie qui symbolise à lui seul toute la perte de confiance, l'incommunicabilité des américains envers eux-mêmes, un thème récurrent depuis le 11 septembre 2001. La séquence où Ronnie fait trempette dans la piscine municipale est à ce titre extrêmement marquante. D’autres de ces métaphores sont aussi employées pour mieux définir le personnage de Brad, notamment son amour pour le jeu (le football et le skate-board) et qui semblent représenter son désir d’une vie meilleure et non pas celle où il est emprisonné par une femme qui le contrôle. Si l’influence littéraire du récit peut en rebuter plusieurs, il est cependant impossible de ne pas souligner la qualité générale de l’interprétation, particulièrement celle de l’acteur Jackie Earle Haley pour qui le défi d’incarner ce type de personnage n’a sûrement pas dû être facile. On saluera également la « confrontation » entre une Kate Winslet « ordinaire », mais sensuelle et une Jennifer Connelly sexy, mais insécure.

À travers ce portrait actuel d’une Amérique désillusionnée et en perte de repères, Todd Field semble livrer une vision pessimiste du bonheur comme peut en témoigner la conclusion qui pourrait paraître moralisatrice. Mais il offre aussi un film d’une grande qualité, aux influences littéraires qu’il ne renie pas et au propos qui, finalement, demeure universel. Ce qui manque enfin à Little Children pour être un grand film, du moins, c’est cette touche d’humanité, ce sentiment de se laisser lentement émouvoir par le destin des personnages qui sont peut être ici un peu trop nombreux. Malgré tout, il s’agit d’un film à voir, chaudement recommandé et recommandable.



Image
Le film est offert au format d’image respectée de 2 :40 :1 d’après un transfert 16:9.

La définition générale de l’image est excellente. Puisqu’il s’agit d’une production récente, l’interpositif était logiquement dans un état impeccable et, malgré un léger grain cinématographique qui n’est pas désagréable à remarquer, offre une image d’une admirable netteté. Le niveau de détails et de textures rendu est donc irréprochable. Il en va de même pour le rendu des couleurs qui est absolument superbe. Little Children est un film qui exploite pleinement les différentes couleurs et ces dernières font preuve de richesse, sont pleinement saturées et ne souffrent d’aucun débordement. Les contrastes sont, quant à eux, impeccablement gérés et évitent toute forme de brillance. Il n’y aura rien à reprocher non plus aux parties sombres grâce à des dégradés fluides et précis et des noirs purs et profonds. Puisque seul le film est offert sur cette édition, la partie numérique se voit, logiquement et heureusement, sauve de tout défaut apparent. Un excellent et superbe transfert.



Son
Cette édition offre deux bandes sons : anglaise Dolby Digital 5.1 et version française Dolby Surround 2.0. La bande son anglaise a été celle écoutée pour cette critique.

Le film étant essentiellement basé sur les dialogues, il n’est donc pas étonnant de constater que cette bande son s’avère plutôt en retrait. Son dynamisme est correct, mais évidemment limité. Sa présence s’avère satisfaisante étant donné le genre de film (drame psychologique). Le déploiement du champ sonore est donc adéquat ici. L’ouverture frontale est juste et l’utilisation des voies latérales demeure efficace pour assurer une certaine immersion au spectateur. Par contre, les enceintes arrière se voient limitées (trop) discrètement à des fins d’atmosphère. Ne vous attendez donc pas à une panoplie d’effets d’ambiophonie, ils sont complètement anecdotiques. Les dialogues sont heureusement constamment et parfaitement intelligibles et la trame sonore s’intègre tout aussi parfaitement et subtilement au mixage. Quant à l’utilisation des basses, elle demeure elle aussi totalement anecdotique alors que le canal d’extrêmes graves ne se manifeste jamais ou presque. Malgré tout, il s’agit d’une sage bande son qui sert honnêtement et adéquatement le film présenté ici.

Des sous-titres anglais et français sont disponibles.



Suppléments/menus
Malheureusement, et surtout, honteusement, aucun supplément n'est offert sur cette édition. Pas même la fascinante bande-annonce du film qui était une oeuvre en soi. Ceci ne peut signifier que l'arrivée d'une édition spéciale dans un futur lointain ou encore une façon peu subtile d'inciter les consommateurs à se convertir au HD ou Blu-ray advenant le cas que leur édition propose quelconque supplément.



Conclusion
Little Children entre parfaitement dans la lignée de films qui, comme American Beauty, dresse un portrait un peu pessimiste, mais pas néanmoins fascinant, d’une Amérique méfiante et insécure. S’inspirant du roman du même nom, le film exploite son influence littéraire de judicieuse façon et le réalisateur Todd Field offre ainsi un film captivant et intriguant. Après In The Bedroom, il prouve ici qu’il est un cinéaste ambitieux, talentueux et que le meilleur reste à venir.

Une édition extrêmement décevante. Si le transfert vidéo s’avère superbe et la bande son honnête et respectable, l’absence totale de suppléments pour une œuvre de cette qualité ne peut qu’engendrer frustration et indignation. Peu importe si oui ou non une édition spéciale est prévue prochainement, dans les deux cas, le consommateur n’est pas traité honnêtement. Heureusement, vous n’aurez pas tout perdu, il y a l’œuvre qui demeure évidemment l’unique motivation pour cet achat.



Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
3,2/5

Suppléments:
0,0/5

Rapport qualité/prix:
3,0/5

Note finale:
3,0/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2007-06-25

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Toshiba 27A43C, Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Little Children

Année de sortie:
2006

Pays:

Genre:

Durée:
137 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Alliance Atlantis

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby 2.0 Surround

Sous-titres:
Anglais (CC)
Français

Suppéments:
-

Date de parution:
2007-05-01

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