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DVDEF

Winchester 73

Critique
Synopsis/présentation
Anthony Mann est un des grands réalisateurs hollywoodiens, mais sa carrière est peu connue du grand public et pourtant, quel parcours ! Son clacissisme ne lui a pas ouvert les voies de la célébrité, mais une admiration sincère de la part de nombre de cinéphiles. Il a touché à tous les genres avec plus ou moins de succès dans les quarante et un films que comptent ses vingt-six ans de carrière en tant que réalisateur. Ses plus grandes réussites sont à compter dans des catégories précises : le western avec The Furies (1950), Bend of the River (1952), The Naked Spur (1953), The Far Country (1955) ; le polar/film noir avec T-Men (1947), Raw Deal (1948), Reign of Terror (1949), The Tall Target (1951) ; le film de guerre avec Men in War (1957) ; le film historique avec El Cid (1961) et The Fall of the Roman Empire (1964).

Anthony Mann est l'exemple type de ce qu'un vrai cinéaste classique a d'intéressant. Ses intrigues sont linéaires mais rigoureuses et sa mise en scène est claire et concise, plaçant toujours les paysages au coeur de l'action pour souligner l'interaction entre l'homme et la nature. Ses personnages ne sont pas des héros habituels, plutôt des hommes normaux qui font ce qu'ils ont à faire et rêvent de joies simples. Il sut également s'entourer d'acteurs et de techniciens à l'image de ses oeuvres, remarquablement compétents mais discrets. Il était donc parfaitement adapté au système hollywoodien, sachant évoluer librement en son sein et en tirer ce qu'il souhaitait sans se retrouver bloqué par sa complexité de fonctionnement. Ce sont sa série de western avec James Stewart qui resteront comme ses oeuvres les plus abouties, ayant à la fois changé le visage du western et reposé ses nouvelles bases. Un cinéaste classique dans le meilleur sens du terme, simple, humain, efficace et concis, dont nous conseillons vivement de découvrir ou redécouvrir les oeuvres précitées.
Winchester 73 (1950) fait partie de la glorieuse série de westerns qui vit les débuts de la fructueuse collaboration entre A. Mann et J. Stewart.

On y suit Lin McAdam (James Stewart) et son ami High Spade Frankie Wilson (Millard Mitchell), qui sont à la poursuite de Dutch Henry Brown (Stephen McNally) pour d'obscures et vengeresses raisons. Ils se retrouvent lors d'un concours de tir dont le prix principal est un très rare fusil Winchester 73. Lin gagnera le concours devant Dutch Henry, mais celui-ci fou de jalousie lui dérobera l'arme. Nous suivrons ensuite le passage de mains en mains de cette arme myhtique et cela nous permettra de croiser beaucoup d'autres personnages intéressants, jusqu'à l'affrontement final. Comme nous l'avons dit, l'intrigue est linéaire mais cela est une qualité dans le cas présent, et c'est surtout la valse de l'arme entre les divers personnages qui étonne par son inventivité et sa précision. De même, la nouveauté de ce western se situe au niveau du ton plus noir et violent que ce qui se faisait habituellement à l'époque. Lin est humain, mais animé par des pulsions vengeresses qui le poussent à se dépasser physiquement et le conduisent même jusqu'à l'obsession. Il évite surtout la caricature de l'habituel héros de western, et commet même à la fin du film un acte qui peut paraître justifié pour le spectateur mais qui est franchement très inhabituel de la part d'un héros traditionnel. Les autres personnages sont tous là pour offrir un commentaire ou un contrepoint de l'affrontement sans merci entre Lin et Dutch Henry.

Certains aspects du film sont toutefois très classiques, comme la représentation des Indiens (perfides et haïssant l'homme blanc). De même, le personnage de Lin malgré certaines nouveautés dans son caractère, s'avère être tout de même un héros plus intelligent, courageux, instruit que tous les autres personnages du film. Les valeurs sont très conservatrices mais tout cela est logique pour l'époque, et constitue un des revers de la médaille du clacissisme. Cependant, une fois ces conventions acceptées, le film est un régal à suivre.

La mise en scène de Mann est limpide et le rythme du film sans temps morts, ce qui permet de maintenir en permanence l'attention et l'intérêt du spectateur. Le duel final est d'ailleurs des plus surprenants par son inventivité et sa nervosité. La photographie du film travaille beaucoup les contrastes et magnifie la superbe utilisation que A. Mann fait de ses extérieurs. Les acteurs sont tous excellents et introduisent pour la plupart un peu d'ambiguité dans leur jeu, sauf ceux qui sont cantonnés dans un rôle formaté (Shelley Winters et Rock Hudson).

Une oeuvre charnière, qui se libère habilement de certaines conventions inhérentes au genre, mais reste quand même engoncée dans une certaine tradition. Une fois cela accepté, vous vous régalerez devant ce western vif et alerte, remarquablement interprêté (James Stewart en tête), qui vous surprendra par l'évolution de ses péripéties et une morale générale ambigüe.



Image
L'image est offerte au format respecté de 1.37:1.

La définition générale est acceptable dans son ensemble, allant d'excellente à limite selon les passages. L'interpositif n'est malheureusement pas très propre et égratignures et points blancs font souvent leur apparition sans être trop gênants toutefois. A noter un grain assez élevé, preuve que la copie n'a pas bénéficié d'une restauration soignée. Le contraste est bien géré, évitant les brillances. La profondeur des noirs n'est pas phénoménale mais suffit parfaitement pour proposer un rendu agréable des scènes nocturnes. Les dégradés sont bien restitués, faisant bien ressortir les nuances de la belle photographie en noir et blanc.

La partie numérique du transfert est correcte mais a tendance à flancher par moments, laissant apparaître des fourmillements venant s'ajouter au grain déja présent. Cela est surtout sensible sur les scènes d'intérieur du Saloon. De même, à deux ou trois moments, quelques traces de compression sont visibles .

Une copie très agréable, mais un peu trop fluctuante en qualité pour obtenir une note élevée. Cependant, malgré ces réserves et vu l'age du film, il est plaisant de pouvoir redécouvrir cet excellent western dans d'aussi bonnes conditions. La Universal a fait un bon travail mais devrait soigner un peu plus les détails, même pour une édition économique.


Son
La seule bande-son disponible sur cette édition est en Anglais (DD 2.0 mono).

La dynamique de cette bande-son est vraiment appréciable pour un film vieux de plusieurs décennies. Sa présence et sa spatialité sont honorables, tout à fait dans les limites techniques de l'époque. La musique est fort bien intégrée au reste de la bande-son. Les dialogues sont parfaitement restitués et ce dans toutes les circonstances. Si vous poussez le son dans ses retranchements, vous entendrez bien évidemment quelques bruits de fond et quelques sifflantes sur les dialogues, mais rien de grave (surtout si vous restez raisonnable sur le volume). Les basses fréquences sont bien sur anecdotiques, mais à leur échelle viennent bien appuyer la bande-son lorsque nécessaire (coups de feu et chevauchées).

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.


Suppléments/menus
Une section très satisfaisante car surprenante à bien des égards.

En effet, déja la présence d'une interview de James Stewart s'avérait intéressante et étonnante. Mais lorsque l'on enclenche la piste de commentaires audio et que l'on constate que cette interview se poursuit tout le long du film, on ne peut être que ravi. Il s'agit bien d'uneentrevue au cours de laquelle James Stewart alterne les propos sur le film et d'autres sur sa carrière en général. L'animateur pose de bonnes questions et J. Stewart est visiblement ravi d'y répondre en détails. Il ne s'agit pas d'un commentaire audio proprement dit, mais d'une interview de quatre-vingt dix minutes où le film Winchester 73 et son influence sur la carrière de J. Stewart sont discutés.

Est également disponible une bande-annonce du film.

Une bonne surprise que ce supplément inattendu qui, même s'il ne va pas au fond des choses, nous apporte nombre d'informations intéressantes et cela de surcroît dans une édition simple et économique.



Conclusion
Une édition simple mais à l'image agréable (malgré ses défauts), un son plus que correct et surtout une surprise de taille au niveau des suppléments. En effet, en lieu et place d'une traditionnelle entrevue, nous avons en fait droit à une piste de commentaire de la part du grand James Stewart.

Qui plus est, le film est un western passionnant jouant à la fois avec et contre les stéréotypes du genre. Anthony Mann y fait preuve d'un sens aigu de l'espace, de la progression du récit, et surtout ne prend pas ses spectateurs pour des idiots. James Stewart y est exceptionnel, rajoutant une touche plus ambigüe à son éventail d'interprétation, ouvrant ainsi sa carrière à des rôles plus noirs. Le film est mené à un rythme élevé, la profondeur et la complexité (relative) de son histoire en font une oeuvre fortement conseillée à tous les amateurs de westerns.


Qualité vidéo:
3,0/5

Qualité audio:
3,4/5

Suppléments:
3,4/5

Rapport qualité/prix:
3,4/5

Note finale:
3,4/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2003-05-21

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Winchester 73

Année de sortie:
1950

Pays:

Genre:

Durée:
93 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.33:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Interview (commentaire audio), bande-annonce

Date de parution:
2003-05-06

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