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DVDEF

Casino Royale (FF)

Critique
Synopsis/présentation
À Hollywood, il semble que ce soit la nouvelle mode de tout refaire. On déterre les classiques du passé pour les remettre à jour. Dans bien des cas, on se demande où est l’intérêt puisque souvent la revisite n’arrive pas à la cheville de l’œuvre originale. Pourtant, il arrive, à des rares occasions, que la relecture d’une œuvre antérieure puisse être d’une incroyable pertinence. Casino Royale, version 2006, s’inscrit précisément dans cette lignée. Il faut dire aussi que le Casino Royale de 1967 se situe à des années lumières de ce à quoi la franchise nous avait habitué. D’abord parce que Casino Royale est le premier roman de la série écrit par l’auteur Ian Fleming et qu’il arrivait en plein milieu d’une série déjà très prolifique. Ensuite, parce que le producteur Albert Broccoli (Albert R. Broccoli’s Eon Productions) n’a jamais réussit à obtenir les droits pour adapter l’histoire, mais aussi, parce que le producteur Charles Feldman n’a jamais réussit à avoir Sean Connery pour incarner le célèbre agent James Bond. Ainsi, cinq réalisateurs ont été réunis (Ken Hugues, John Huston, Joseph McGrath, Robert Parish, Val Guest) et le film se transforma en une véritable parodie. Rien de moins qu’un ovni par rapport à ce qui avait été précédemment offert par les studios.

Le réalisateur Martin Campbell (qui a aussi redonner un nouveau souffle à la série plus tôt en réalisant Goldeneye) avec l’aide des scénaristes Neal Purvis, Robert Wade et Paul Haggis (oui, celui de Crash et Million Dollar Baby) nous font donc une relecture de cet épisode des aventures de l’agent 007 qui n’a strictement rien à voir avec l’œuvre de 1967 sauf le nom et quelques personnages. Comme l’a fait Christopher Nolan avec la franchise de Batman, Campbell ne se contente pas de simplement prolonger les épisodes de Bond en refaisant cet opus de la franchise. Il s’agit en fait d’un véritable retour aux sources, autant en ce qui concerne la franchise que le personnage de James Bond lui-même. Logique, puisque le film s’inspire du premier livre de la franchise écrit par Fleming. Les scénaristes reviennent donc avec la prémisse originale et une histoire beaucoup plus sérieuse où Bond découvrira les indices à son enquête petit à petit.

Le film se situe donc au moment où l’agent des services secrets britanniques James Bond (Daniel Craig) vient d’être promu 007. Sa première mission est d’intercepter un poseur de bombes à Madagascar, mission qu’il échoue en partie en assassinant la cible et en faisant exploser un ambassade … devant les caméras de surveillance. Bond tentera donc de faire ses preuves auprès de M (Judi Dench) et se verra finalement offrir une importante mission, celle de battre Le Chiffre (Mads Mikkelsen) lors d’une partie de poker et ainsi de pouvoir découvrir pour quel terroriste il tente de gagner cet argent au jeu.

En effectuant ce retour aux sources, Campbell ne réinvente pas nécessairement la série, il propose plutôt un autre personnage, un Bond qui est encore là très de ce à quoi nous avons été habitués : il est humain. Autant physiquement que psychologiquement. Lors des poursuites, il tombe, il s’essouffle, il se blesse et est cliniquement mort l’espace d’un moment. De plus, terminée l’utilisation des gadgets et des prouesses impossibles en voiture. Les scènes d’action sont donc beaucoup plus « réalistes » de par la nature plus humaine du héros. Mais l’élément sur lequel Bond devient incroyablement vulnérable est bien entendu, les femmes, ou plutôt ici une seule, Vesper Lynd (Eva Green), dont il deviendra éperdument amoureux. Cette relation dont la progression est assez lente et ambiguë, est le véritable arc du récit et a une incidence directe avec les futurs relations que Bond entretiendra avec la gente féminine et desquelles nous avons déjà été témoins.

Si Campbell nous propose un nouvel homme, il en est tout autrement de l’humour qui ne devrait dépayser aucun fan de la franchise. Bond possède toujours un excellent sens de la répartie et n’a rien perdu de son humour. Le meilleur exemple reste sans aucun doute la première rencontre entre l’agent et Vesper Lynd où les sous-entendus sexuels fusent à chaque réplique. La relation qu’entretient l’agent 007 avec sa supérieure, M, est également toute aussi en dents de scie que dans les précédents opus les mettant en scène. Elle se concrétise davantage de par leurs nombreuses divergences, M représentant le protocole et Bond incarnation même de l’égocentrisme.

Après Pierce Brosnan qui a refusé de retourner pour un cinquième volet, les producteurs se sont finalement penchés sur Daniel Craig, connu pour ses rôles dans Layer Cake et Munich. Si plusieurs redoutaient l’arrivée de cet acteur pour incarner l’agent double zéro, il faut dire que ce choix s’impose presque de lui-même. Craig incarne le parfait Bond égoïste, dur et arrogant. Il réussit haut la main à nous faire croire à ce personnage complexe qu’est finalement James Bond. Il est sans contredit le meilleur agent 007 depuis Sean Connery. Le méchant de service, Le Chiffre, incarné ici par l’acteur danois Mads Mikkelsen évite également plusieurs clichés n’étant pas le « bad guy » ultime à éliminer. Et que dire de la sublime Eva Green qui personnifie la Bond Girl la plus complexe de la série. Elle incarne les deux visages récurrents de la femme présents à travers les films de la série.

Casino Royale est donc un espoir qu’à Hollywood, le remake peut être prolifique et qu’une œuvre digne de ce nom peut émergée d’une revisite. Dans le cas présent, le réalisateur Martin Campbell a effectué un judicieux et pertinent retour aux sources en mettant en scène un agent qui avait perdu beaucoup de sa magie et de son charisme au profit de gadgets multiples et de scènes d’action impossibles. Le cinéaste n’a pas oublié ce qu’était James Bond d’abord et avant tout : un homme.



Image
Le film est disponible en deux versions : l’une au format d’image respectée de 2.40:1 d’après un transfert 16:9 et une édition pleine écran au format 1.33:1. L’édition fournie par Sony est exceptionnellement (nous le souhaitons très fort) celle au format d’image recadrée de 1.33 :1.
Évidemment, il est important d’en tenir compte pour le reste de cette critique.

La définition générale de l’image est tout à fait excellente. Hormis un grain cinématographique relativement prononcé (durant la scène d’ouverture présentée en noir et blanc notamment), l’image présente une netteté exemplaire dû à un interpositif qui était visiblement dans état impeccable. Ainsi, le niveau de détails et de textures offert est précis et tout à fait adéquat. Le rendu des couleurs est tout aussi irréprochable. Ces dernières sont riches et parfaitement délimitées, rendant ainsi indétectable tout problème de saturation ou de débordement de leur part. Les magnifiques paysages des Bahamas de même que les différents tons de peaux peuvent donc être admirés sans problème. En ce qui concerne les contrastes, ils sont parfaitement gérés grâce à un niveau des noirs correctement réglé. Les parties sombres sont toutes aussi superbement rendues grâce à des dégradés fluides et précis. Finalement, ce sont des noirs intenses et purs qui complètent ce très satisfaisant transfert.

En ce qui concerne la partie numérique, ce transfert s’en sort haut la main, ne proposant aucun problème majeur à noter.



Son
Trois bandes sons sont offertes avec cette édition, toutes trois au format Dolby Digital 5.1. Elles sont disponibles en versions anglaise, française et espagnole. C’est évidemment le mixage original anglais qui a été pris en considération pour cette critique.

Voilà un mixage qui risque très peu de vous laisser sur votre faim. Incroyablement et étonnamment excitante, la bande son fait preuve d’un dynamisme souvent époustouflant, et donc peu subtil, ainsi que d’une solide présence. L’exploitation de l’environnement sonore est ici très judicieuse. Même si la majorité des scènes passent par les canaux avant, les enceintes arrière sont loin d’être en reste. Elles supportent parfaitement ces canaux avant en plus de donner lieu à de nombreux effets d’ambiophonie particulièrement réussis et très efficaces, notamment lors des scènes de fusillades qui ne vous auront jamais parues aussi excitantes. Les différents éléments sonores réussissent donc, malgré tout, à être subtilement intégrés au reste du mixage, de la trame sonore aux dialogues qui parviennent à demeurer parfaitement et constamment intelligibles. Encore une fois, les scènes d’action permettent une utilisation judicieuse des basses qui demeurent peu souvent inutilisées alors que le canal d’extrêmes graves gronde à plusieurs occasions (durant la scène de l’aéroport, entre autres) et ce, d’une redoutable efficacité. Un judicieux et excitant transfert, donc, qui sert parfaitement le type de film ici présenté.

Il y a option de sous-titrage en anglais, français et espagnol.


Suppléments/menus
Une section qui nous laisse sur notre faim, de par le peu de suppléments qui nous sont offert sur cette édition. Exclusivement situés sur le deuxième disques, trois documentaires sont disponibles. « Becoming Bond (26:16) » jette un rapide coup d’œil sur l’annonce en 2005 du nouvel acteur devant personnifier Bond et sur le travail effectué par Daniel Craig pour incarner physiquement et psychologiquement l’agent 007. Un documentaire qui, malgré son intérêt considérable, aurait mérité d’être un peu plus approfondi en ce qui concerne la vision de Craig par rapport au héros. « James Bond : For Real (23:31) » se concentre sur l’élaboration de trois scènes d’action du film soit la scène sur le chantier de construction, celle de l’aéroport et enfin celle à bord de la voiture de Bond. On nous montre tout le travail effectué afin d’avoir recours le moins possible au numérique pour les effets spéciaux. La plupart des cascades sont donc faites par les acteurs ou des cascadeurs. Encore une fois, ce documentaire, bien que très intéressant, reste très en surface de par sa courte durée. « Bond Girls Are Forever » est un documentaire qui peut être visionné en trois segments : « A New Kind of Woman (13:27) », « Children of Our Generations (17:51) », « Bond Meets His Match (17:34) ». Animé par Maryam D’Abo, la Bond Girl de The Living Daylights, il propose plusieurs rencontres avec une bonne partie des actrices ayant déjà incarné une Bond Girl. Ces dernières reviennent alors sur leur expérience et sur la façon dont ce rôle a changé leur vie et leur carrière. Même s’il s’agit d’un documentaire qui aurait, encore une fois, pu être davantage approfondi, il reste très divertissant et agréable à regarder.

Nous retrouvons finalement le vidéoclip de Chris Cornell « You Know My Name (4:07) », chanson thème du film ainsi qu’une poignée de bandes-annonces regroupant Premonition, Spider-Man 3, Rocky Balboa, The Pursuit Of Happiness, The Holiday et Spider-Man 2.

À noter qu’il y a option de sous-titrage en espagnol, portugais, chinois, coréen et thaïlandais pour le visionnement des suppléments. L’anglais et le français sont mystérieusement négligés ici.




Conclusion
Casino Royale risque très peu de décevoir les fans. Si dans la forme le film de Martin Campbell ne s’éloigne pas trop du cocktail auquel nous étions habitués d’assister (scènes d’action, humour très présent), c’est dans le traitement du héros qu’il se distingue particulièrement. Campbell nous présente un Bond humain, vulnérable, prisonnier de son ego et qui est incarné par un acteur absolument irréprochable. On ne peut espérer que du bien pour le prochain volet …

On nous propose ici une édition techniquement très satisfaisante avec un transfert vidéo agréable et élégant ainsi qu’un mixage diablement excitant et d’une incroyable efficacité. Quant aux suppléments, ils sont assez intéressants et divertissants, mais vraiment trop peu nombreux. Avec une œuvre aussi importante dans la franchise 007, un commentaire audio de la part du réalisateur aurait été plus que la bienvenue.




Qualité vidéo:
3,5/5

Qualité audio:
4,2/5

Suppléments:
3,4/5

Rapport qualité/prix:
3,7/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: Frédéric Bouchard

Date de publication: 2007-03-14

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Toshiba 27A43C, Récepteur JVC TH-A30

Le film

Titre original:
Casino Royale

Année de sortie:
2006

Pays:

Genre:

Durée:
144 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
MGM

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.33:1

Transfert 16:9:
Non

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1
Espagnole Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Documentaires, segments, bandes-annonces, vidéoclip

Date de parution:
2007-03-13

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