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DVDEF

Prestige, The

Critique
Synopsis/présentation
Christopher Nolan est un jeune réalisateur britannique très doué qui alterne sa carrière entre projets personnels et grosses productions hollywoodiennes.

Son premier film, Following (1998) est déja une oeuvre maitrisée et fascinante, jouant de tous les artifices du 7éme art pour intriguer le spectateur et l’interesser à cette histoire troublante d’un héros ambigue. Dés ses autres films le succés est au rendez-vous et il nous semble inutile de présenter Memento (2000), cet incroyable film dont le montage totalement cohérent est d’une complexité incroyable. Son suivant, Insomnia (2002) est une relecture passionnante d’un excellent polar norvégien qui marque les débuts de Nolan au sein d’hollywood et lui permet de signer un exercice de style en compagnie d’acteurs aussi prestigieux que Al Pacino, Robin Williams ou Hillary Swank pour un résultat passionnant.
Son oeuvre Batman Returns (2005) nous à vraiment déçu au sens ou le film n’est pas vraiment raté mais se rapproche trop d’un quelconque produit hollywoodien la ou nous attendions justement que la personnalité intéressante du cinéaste qui avait jusque la transpiré à travers tous ses films, permette a une franchise que Joel Shumacher avec littéralement massacrée de revenir au niveau exceptionnel ou Tim Burton l’avait placé avec son génial Batman Returns. Hors Nolan s’est vu dilué par la machine hollywoodienne et si son film reste intéressant par certains aspects, il reste bien loin de son potentiel et des capacités du cinéaste. Espérons que dans sa nouvelle addition à la série en 2008, Dark Knight, Nolan va pouvoir réellement revenir avec une œuvre plus empreinte de sa personnalité et de ses qualités propres.

Entre deux grosses productions hollywoodiennes, Nolan à pu donc négocier de s’offrir une parenthése/récréation beaucoup personnelle avec The Prestige. Il est certain qu’une telle œuvre n’est clairement pas un petit film et qu’un casting aussi prestigieux que Christian Bale, Hugh Jackman, Michael Caine, Scarlett Johansson et David Bowie ne se réunit qu’avec un budget conséquent mais son sujet beaucoup plus intime et que son style cinématographique si particulier y revient au meilleur de sa forme.
De façon curieuse The Prestige est le second film de 2006 à traiter de la magie à l’époque victorienne avec The Illusionist dont vous pouvez trouver une chronique sur le site.
Cependant, à l’inverse de The Illusionist qui adopte un trame classique et révéle son « truc » à la fin, se servant plus de la magie comme d’un mise en situation, The Prestige lui va faire de l’illusion la matiére même de tout le film.
Ainsi Nolan qui nous avait déjà envoutés et fascinés avec le montage très complexe et la fausse histoire de Memento qui aboutissait à une manipulation du spectateur sans réponses précises au final, revient à son style de prédilection et nous entraine au cœur même de l’illusion avec son film.
Il faut donc aborder ce Prestige avec tous nos sens ouverts et en alerte de même que notre esprit critique reglé sur la plus grande sensibilité comme nous y invite l’excellente introduction ou Michael Caine nous questionne : « are you watching closely ? » et nous prévient que nous allons être dupés (parce que nous le voulons au plus profond de nous même.
Il faut un talent certain et une assurance réelle pour se permettre de provoquer à ce point son spectateur en le prévenant qu’il va être dupé et trompé tout au long du métrage et le mettant au défi de ne pas se laisser attraper. Certes nous sommes donc en plein exercice de style brillant mais le film ne se limite pas à cela et pose de nombreuses questions de même qu’il réussit une mise en abime de l’art cinématographique des plus fascinantes.

Ainsi le film se compose grace à un montage virtuose qui joue sur le temps de façon remarquable, même si moins poussée et radicale que dans Memento qui frolait l’abstraction de côté la tout en étant parfaitement cohérent une fois le puzzle recomposé et en total accord avec son sujet. Mais l’illusion que compose Nolan utilise tous les possibilités offertes par le cinéma et le jeu des acteurs comme le point de vue de la caméra, les décors ou la musique participent totalement au projet.
Comme il est de tradition une image cinématographique ment à 24 images par seconde et Nolan exploite cela comme peu de cinéastes ont su le faire. Ceci dit nous sommes loin d’être dans un film théorique comme le sont ceux de Jean Luc Godard ou de Michelangelo Antonioni et Nolan joue le jeu du divertissement virtuose haut de gamme qui nous semble être la seule limite parfois contestable de son film.
En effet, la construction du film en trois actes suit celle d’un numéro de magie comme Michael Caine l’expose brillament au début du film et seule la derniére partie qui abuse un peu trop de circonvolutions dans sa conclusion nous semble un peu en retrait du reste du film. Encore que lorsque le film est terminé, que l’on croit avoir la solution et que l’on y repense, tout est loin d’être aussi simple et il ne fait nul doute que plusieurs autres visionnages attentifs seront nécessaires a remettre les piéces du puzzle dans l’ordre, déterminer clairement (en fonction des nombreux et discret indices laissés tout au lond du film) ce qui est vrai et faux au cours des scénes et ainsi avoir une vision plus claire des tenants et aboutissants du spectacle auquel nous venons d’assister.
Ainsi à la maniére d’un magicien/illusioniste de l’époque Nola joue avec ses spectateurs, les éblouit, les émerveille, les égare, les embrouille et les passionnent. Ceux qui ne goutent que peu ce type de spectacle seront forcément agacés voire déçus mais pour ceux qui aiment se perdre dans un film le divertissement sera de taille.

En excellent technicien qu’il est, Nolan signe une œuvre impressionnante a tous les niveaux. De la superbe, sombre et réaliste photographie de Walter Pfister qui est une personnage à part entiére du film, à la musique de David Julian qui sait exactement quand accompagner, souligner ou au contraire se rendre discréte en passant par le montage virtuose de Lee Smith qui nous n’en doutons pas à été accompagné de prés par Nola, ne serait-ce que pour le choix audacieux de structure. La bande-son est elle aussi primordiale par l’attention qu’elle apporte au détails et la capacité qu’elle à intéresser le spectateur attentif à un détail (important ou non) ou bien à cacher un détail en détournant son attention est proprement sidérante.

Un autre domaine ou Nolan excellence est celui de la direction d’acteurs. Force est de reconnaître la qualité générale de l’interprétation dans The Prestige, d’autant plus qu’aucun des rôles ne se peut targuer d’être aisé étant donné qu’aucun des personnages n’est entiérement sympathique et tous cachent de nombreuses zones d’ombre que chacun de leurs interprêtes respectifs restituent à la perfection. De plus ils ont tous eu à inclure de nombreuses nuances dans leurs performances en fonction des intentions de manipulation ou non de Nolan sur différentes scénes ce qui ajoute encore une couche de complexité et de manipulation à l’ensemble sans pour autant que le film tourne à l’exercice de style vain qui se mord la queue, bien au contraire.

Nous conseillons donc vivement à tous les spectateurs amateurs de récits gigognes et délicieusement manipulateurs comme à ceux amateurs de magie de se précipiter sur ce film qui vient rappeler le talent de Christopher Nolan et de ses acteurs ou techniciens, de leur capacité a offrir une œuvre surprenante et qui vous fera tourner les méninges longtemps après son visionnage.






Image
L’image est présentée au format respecté de 2.35 :1 d’après un transfert 16:9.

La définition générale est aussi poussée qu’elle peut l’être sur le format DVD et ce malgré une œuvre en basse lumiére ce qui est d’autant plus réussi.
L’interpositif est vierge de tous traces de parasites quels qu’ils soient et le grain est inexistant.
La photographie est très travaillée et grace à des couleurs en permanence vraiment naturelles (surtout sur les tons de peau), toujours constantes et parfaitement saturées (même en basse lumiére), le rendu général est remarquable.
Le contraste est impeccablement géré, évitant absolument toutes brillances.
Les très nombreuses scénes sombres sont admirablement rendues grace à des noirs parmis les plus purs et profonds qu’il nous ait été de voir.
La partie numérique enfin est totalement exempte de reproches quels qu’ils soient et ce même lors d’un visionnage sur un écran de 3 m de diagonale.

Un transfert de toute beauté et sans aucun défaut qui propose ce que l’on peut faire de mieux avec un DVD pour notre plus grand plaisir.





Son
Les trois bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 5.1) et Espagnol (Dolby Digital 5.1).

La dynamique de la bande-son anglaise est aussi poussée que le format Dolby Digital compréssé le permet, attention à vos voisins même si il est vrai que le film n’est pas un déluge non stop de décibels, les écarts de volume peuvent s’avérer vraiment importants.
De même sa présence et sa spatialité sont parmis les plus poussées que nous ayons eu à tester ces derniers temps, du niveau d’un blockbuster d’action, la subtilité en plus.
La musique est parfaitement restituée, sans aucune limité quelle qu’elle soit. Elle est par ailleurs et de façon logique parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les enceintes arriéres sont utilisées à la perfection, à la fois subtile et puissante lorsque la scéne l’exige. De nombreux détails d’ambiance sont restitués quasiment en permanence mais sans jamais de risque de fatigue auditive et la musique en profite grandement, sans parler des effets ponctuels qui peuvent s’avérer « dévastateurs ».
Les voix sont en permanence parfaitement intelligibles même si nous avons remarqués un canal central mixé un peu bas en volume et il vous suffira donc de remonter d’un ou deux crans le niveau de votre enceinte centrale. Aucune trace de parasites ou distortions ne sont audibles et ce même a volume très élevé.
Les basses fréquences sont elles aussi gérées à la perfection et d’une profondeur remarquable. Elles apportent un plus impressionnant sur le rendu musical mais aussi sur les effets ponctuels comme les arcs électriques des expériences de Telsa qui en prennent un relief incroyable et qui ne semble jamais hypertrophié.

Les deux bandes-son multicanaux doublées sont elles aussi remarquables même si une léger ton en dessous de leur homologue anglaise.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnols.

Une bande-son remarquable sur tous les plans et dont le seul très léger défaut que nous avons pu relever est un niveau de l’enceinte centrale un peu faible. En dehors de cela, cette bande-son est en tous points à la hauteur de l’image, c’est à dire exceptionnelle et qui tire le meilleur parti des possibilités du DVD. Comme pour l’image nous sommes vraiment très curieux de voir à quel point un HD-DVD ou un Blu-ray pourra réellement proposer une qualité vraiment supérieure à cela.





Suppléments/menus
Une section par contre fonciérement décevante surtout au regard de l’exceptionnelle qualité de l’image et du son.

Ainsi aucun commentaire audio n’est proposé alors même que The Prestige est le type même de l’œuvre qui appelle au commentaire et aux explications.
En lieu et place de ce commentaire tant attendu nous avons droit à un documentaire « The director’s notebook » de 19 minutes (si c’est bien léger), divisé en 5 parties et qui ne peut que vraiment laisser le spectateur sur sa faim.
En effet, de nombreux intervenants viennent donner un avis qui est loin d’être indispensable alors même que Nolan est assez rare et succint dans ses interventions qui sont loin de couvrir le spectre des interrogations des spectateurs.
Gageons qu’une édition spéciale viendra dans le futur corriger ce faux pas mais il est fort dommage qu’elle ne nous ait pas été proposée dés la premiére incarnation en vidéo du film comme il est malheuresement de plus en plus le cas.
De même un documentaire sur la magie à l’époque victorienne aurait été plus qu’apprécié, ainsi que des éclaircissements sur l’énigmatique et fascinant Telsa personnage ayant réellement existé et pére de l’utilisation moderne de la technologie électrique.

Est également offerte une bien inutile galerie de photos du film qui vient compléter un tableau donc décevant pour une édition qui jusque la frisait le sans-faut total.





Conclusion
Une édition aux qualités audio et vidéo exceptionnelles qui font totalement honneur au format DVD, mais au suppléments malheureusement largement en deça que ce soit au niveau qualitatif ou quantitatif.

The Prestige est une œuvre fascinante qui effectue une vertigineuse mise en abime de son sujet. Le cinéma n’est autre que l’art des illusionistes modernes et fort de cet état de fait, Nolan nous offre une œuvre qui réfléchit sur l’art de l’illusion de remarquable façon et compose un portrait de la magie à l’époque victorienne des plus fascinants. De plus ses personnages sont passionnants et si l’abondances de twists pourra paraître superflue à certains surtout dans sa derniére demi-heure, gageons qu’au moins un visionnage s’imposera de façon à déterminer à quel moments l’illusion à tous les niveaux (image, montage, son, dialogue) est bien réelle et à quel moment elle ne l’est point. Un bien beau et fascinant casse-tête intelligent et fascinant en perspective que nous recommandons à tous !!



Qualité vidéo:
4,6/5

Qualité audio:
4,5/5

Suppléments:
3,0/5

Rapport qualité/prix:
4,7/5

Note finale:
4,4/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2007-03-30

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Prestige, The

Année de sortie:
2006

Pays:

Genre:

Durée:
130 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Buena Vista

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-5 (simple face, simple couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Espagnole Dolby Digital 5.1
Espagnole Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Documentaire en 5 parties (19 mins), Galerie de Photos

Date de parution:
2007-02-20

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