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DVDEF

Babel (Special Collector's Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Alejandro Gonzalez Innaritu est un jeune cinéaste que l’on ne présente déjà plus tant ses deux premiers films (Amores perros , 2000 et 21 grams, 2003) font déjà preuve d’un artiste en plein possession de ses moyens et d’une maitrise absolument confondante pour un « débutant ».
Le principal reproche qui lui est fait par les critiques est d’avoir privilégié une forme complexe et manipulatrice similaire sur ses trois longs métrages. Le film choral à la narration chronologiquement retravaillée et au différentes histoires qui s’entremélent pourrait sembler à beaucoup un exercice de style un peu vain si justement Innaritu ne se servait de cet outil stylistique comme d’un révélateur particuliérement efficace des thémes qu’il souhaite traiter.
Et nous ne sommes d’ailleurs pas loin de penser qu’il maitrise cette forme avec une telle aisance (malgré certains défauts sur lesquels nous reviendrons) que de nombreux critiques se sont vu agacés par cette réussite indéniable et on choisis de délibérément ignorer le fond pourtant primordial de ces œuvres qui en regorgent contrairement à ce qu’ils ont tentés de faire croire au grand public.

Cette capacité à mélanger forme brillante, et certes parfois trop brillante et consciente d’elle même (mais il s’agit la d’un « défaut » plus lié à l’époque qu’a ce cinéaste) avec des thématiques fortes et universelles abordées de façon directe et sans fards est justement la marque d’un talent immense dont nous allons personnellement continuer à suivre l’évolution de très prés tant il est rare de trouver une telle singularité chez un jeune cinéaste récent. Nous nous permettons aussi de souligner la vitalité et le talent des nouveaux cinéastes mexicains qui offrent des œuvres d’une force et d’un cohérence rare, Guillermo Del Toro (Cronos, The Devil’s Backbone, Blade 2, Hellboy, Pan’s Labyrinth) et Alfonso Cuaron (Y tu mama tanbien, Harry Potter and the prisonner of Azkaban et surtout Children of men). A eux trois ils représentent ce que le cinéma récent offre de meilleur à nos yeux et partagent la même capacité à travailler à la fois au sein et en marge du systéme hollywoodien.

Gonzalez Innaritu nous semble le plus ambitieux des trois que ce soit par la difficulté et la profondeur de ses sujets et thématiques mais aussi par son travail de mise en scéne d’une maitrise rare même si pour l’instant il est resté fidéle à la même forme sur ses trois prémiéres œuvres dont il dit lui même qu’elle forment une trilogie. Tous les espoirs sont donc permis pour son prochain film, le fait qu’il puisse donc montrer que son talent n’est pas aussi limité que ses détracteurs veulent bien le dire et qu’il posséde donc un potentiel énorme pour la suite de son œuvre.

Babel vient donc en parfaite cohérence stylistique avec ses deux précédents fims mais se montre plus sage dans la forme par une étonnante mais totalement justifiée volonté de refuser l’inutilement spectaculaire.
Il est difficile de parler d’un sujet précis tant le systéme Innaritu embrasse des thémes larges et universels et il nous semble plus intéressant de simplement suivre comme ligne directrice les instructions même du réalisateur. Nous avons pu lire beaucoup de reproches sur Babel concernant la difficulté du spectateur à comprendre ou le cinéaste voulait en venir, quelle morale voulait il délivrer. Et pourtant il suffit de se référer à son titre et à l’accroche de la bande-annonce pour de suite saisir que l’incommunicabilité, les différences radicales entre différentes cultures qui conduisent souvent à l’incomprehension la plus totale sont au cœur du film, de même que le conseil du réalisateur sera le suivant, soyez à l’écoute de l’autre afin de le comprendre.
Pour beaucoup cette universalité est telle qu’elle confine au néant et pourtant si l’on reste ouvert d’esprit et que l’on est prêt à participer à l’aventure émotionnelle que nous propose Innaritu on ne pourra alors plus douter du bien fondé de son entreprise et de la pertinence de son regard même si celui-ci reste dans l’ensemble réaliste et donc assez noir.
Certes son film incite les peuples et individus à se tourner vers leurs prochains mais Innaritu n’en devient pas pour autant un idéaliste indifférent aux réalités du monde et il nous montre clairement que le chemin qu’il conseille est encore très long et semé d’énormément d’embuches.
Vous aurez compris que nous ne souhaitons pas directement entrer dans l’histoire ou plutôt les différentes histoires entremélées que Innaritu filme car son procédé est tel qu’il nous olbigerait à une paraphrase des différents évéments présents dans le film, ce qui ne présente que très peu d’intérêt.
Nous préférons donc vous parler de la mise en scéne virtuose mais discréte de Innaritu qui se fait plus discréte que dans Amores Perros ou le sujet même le réclamait ou du montage totalement maitrisé qui est moins manipulateur que dans 21 grams ou la aussi l’œuvre l’exigeait.
Babel est donc une œuvre cinématographiquement sous le signe de la maitrise mais aussi de l’éclatement temporel si cher à son auteur qui l’utilise de façon à développer ses thémes et l’émotion et non à des fins de manipulation autosatisfaite du spectateur (contrairerement à de nombreux de ses collégues).
De même avec ses prestigieux acteurs (Brad Pitt, Cate Blanchett, Gael Garcia Bernal) mélés à des inconnus et même des non professionnels, Innaritu à désarçonné les critiques du monde entier. A nouveau sa volonté de mettre en avant son histoire et ses thémes fait que Pitt, Blanchett ou Bernal ne se sont pas forcément vu accordés les rôles les plus intenses ou ceux succeptibles de plus les mettre en valeur, ce qui donne d’autant plus de prix à leur participation à ce projet. Ils sont au service du film, stars ou pas stars et leur capacité a se fondre au sein des autres acteurs à faire oublier leur statut de star est preuve de leur talent d’acteur et de leur qualité d’artistes. La direction d’acteur est aussi un talent à mettre à l’actif de Innaritu tant l’interprétation générale du film est absolument magistrale, sachant ne pas donner dans la performance mais le réalisme discret et l’expression d’émotions complexes tout en restant naturaliste.
Le scénario du film est du à son fidéle collaborateur Guillermo Arriaga qui était l’auteur de ceux de ses deux précédents films. Et si une certaine impression de répétition peut survenir à la vision des trois films elle vient sans doute plus des scénarios et de leur structure que de la mise en scéne (même si nous ne voulons pas paraître aveugle d’admiration en ignorant totalement ce fait).

Comme nous l’avons dit Arriaga à cette capacité à laisser la ligne thématique de son œuvre en filigranne, à la révéler par touches discrétes mais efficace au travers des actions de ses personnages. Cette façon de procéder renforcée par le montage complexe et temporellement déconstruit du cinéaste (qui s’adapte ainsi totalement à son matériau de base) pourra dérouter de nombreux spectateurs habitués à voir chaque action et son sens souligné (voir lourdement sursignifié) dans des œuvres plus classiques. En cela Babel nous semble l’héritier d’une tradition psychologique du cinéma des années 70 ou la complexité mais également l’opacité (du moins de façon immédiate) sont de mises et ou tout se révéle au fur et à mesure du déroulement de l’œuvre et se résoud ou plutôt se décante ensuite dans l’esprit du spectateur à qui le cinéaste demande de faire le travail en fonction de la personnalité de chacun.

Adpotant un parti pris aussi radical et exigeant le film laisse forcément de nombreux spectateurs à l’écart et cela peut paraître curieux de la part d’une œuvre qui cherche justement à atteindre à une universalité qui présuppose la démarche inverse. Ce qui fait dire à beaucoup qu’il sagit d’une œuvre vide de sens ou d’émotions et manipulatrice, ce qui de façon objective n’est pas totalement faux.
Cependant il nous semble qu’en abordant le film sans idées préconçues et avec l’intention de participer activement à un projet artistique, cette manipulation devient donc un outil que Innaritu utilise à bon escient, met au service de son film et non juste à des fins de démonstration gratuite comme ses détracteurs se plaisent à le répêter.




Image
L’image est proposée au format respecté de 1.85 :1 d’après un transfert 16:9.

La définition générale est d’excellente qualité, aussi poussée que possible et les passages moins précis sont à mettre au compte de décisions artistiques et non du transfert.
L’interpositif est totalement immaculé comme on pouvait s’y attendre et le grain présent tout au long du film est à nouveau une décision artistique du réalisateur et du chef opérateur (qui pourra décontenancer certains spectateurs).
Les couleurs plutôt discrétes de la complexe photographie sont impeccablement rendues, juste, naturelles, constantes et parfaitement saturées.
Le contraste est parfaitement géré et évite absolument toutes les brillances.
Les scénes sombres sont magnifiquement rendues grace à des noirs vraiment purs et profonds.
La partie numérique est exempte de tous reproches quels qu’ils soient.

Un superbe transfert qui démontre que le DVD est toujours un support de qualité, totalement maitrisé et ce même sur une image de grande taille. Un bravo donc à la Paramount de continuer leur travail de qualité sur le format DVD alors même qu’un format clairement plus performant est actuellement disponible.





Son
Les trois bandes-son disponibles sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1), Anglais (Dolby 2.0 surround) et Français (Dolby Digital 5.1).
La dynamique de la bande-son multicanal anglaise est d’un excellent niveau. Il en est de même pour sa présence et sa spatialité qui sont aussi poussées que possible.
La musique est parfaitement restituée sans aucune limitations dans le haut ou le bas du spectre. Elle est par ailleurs parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les enceintes arrières sont utilisées de façon efficace et subtile, rendant les complexes mais discrètes ambiances sonores voulues par Innaritu de même que les passages plus intenses du film. Certains pourront être déçus par le rendu finalement discret de cette bande-son parfaitement en accord avec le film et refusant le spectaculaire gratuit.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et aucune trace de parasites ou distortions ne sont audibles et ce même à très fort volume.
Les basses fréquences sont redoutables lorsque nécessaire et supportent la musique comme les effets de façon remarquable.

La bande-son en Dolby Surround en Anglais est presque anecdotique en comparaison avec son homologue multicanal. En comparaison la bande-son multicanal en français est de bonne qualité presque équivalente à celle en Anglais malgré à nouveau un doublage qui peine à tenir la comparaison avec la version originale.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais et Espagnol seulement.

Une bande-son peu démonstrative mais qui offre une qualité de haute volée et permet d’apprécier le film dans des conditions idéales. Certains spectateurs seront déçus de ne pas entendre de déluge sonore mais en cinéaste doué qu’il est, Innaritu se sert de l’outil son pour raconter son histoire et non pour offrir des sensations fortes mais dénuées de sens au spectateur.






Suppléments/menus
Malheureusement cette édition est vide de tous suppléments si ce n’est une bande-annonce...

Certes le film se suffit à lui même mais il est tout de même dommage de voir qu’une fois de plus les lois du marketing font que cette édition sortie à la va vite pour causes de correspondance de calendriers avec les Oscars à été baclée au niveau des suppléments.
Il ne fait nul doute qu’une édition spéciale verra prochainement le jour, ce qui si l’on compte le Blu ray et le HD-DVD, ne fera pas moins de 6 éditions pour le même film ce qui frise le ridicule le plus complet.
De plus étant donné la complexité et la profondeur du film, il ne fait nul doute qu’un commentaire de Innaritu sera des plus passionnants et instructifs de même qu’il permettra de voir le film sous un jour nouveau et d’en eclaircir les zones d’ombres.






Conclusion
Une édition aux qualités techniques excellentes, aussi bien au niveau de l’image que du son. Malheureusement aucun suppléments n’est présent. Etant la qualité du film nous vous recommandons son achat tout en vous rappelant donc que sont également disponibles une édition Bluray et HD-DVD.

Babel est une œuvre ambitieux et exigeante qui fait partie d’une trilogie (Amores Perros, 21 Grams) qu’il conclut de façon magistrale. Il s’agit d’une œuvre assez difficile d’accés qui demande une ouverture d’esprit ainsi qu’une implication forte de la part du spectateur. Innaritu est un jeune cinéaste extrémement talentueux au niveau stylistique mais également d’une justesse et d’une profondeur rare quand à ses thématiques. Il évite constamment les facilités et offre une vision complexe et passionnante de notre monde et nous vous recommandond vivement de vous pencher sur sa courte mais déjà magistrale carrière.





Qualité vidéo:
4,2/5

Qualité audio:
4,1/5

Suppléments:
1,0/5

Rapport qualité/prix:
3,9/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2007-04-02

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Babel

Année de sortie:
2006

Pays:

Genre:

Durée:
142 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Paramount

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
1.85:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Anglaise Dolby 2.0 Surround
Française Dolby Digital 5.1

Sous-titres:
Anglais
Espagnol

Suppéments:
Bande-annonce

Date de parution:
2007-02-20

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