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My Fair Lady (Two-Disc Special Edition)

Critique
Synopsis/présentation
Avant d’atteindre les écrans des cinémas en 1964, My Fair Lady avait déjà une histoire bien remplie. Basé sur un roman de Bernard Shaw écrit dans les années 1930, une première adaptation intitulée Pygmalion avait vu le jours en 1938. L’idée d’en faire une reprise cinématographique est né dans les années 1950, mais le projet resta dans les cartons. Malgré tout, le concept de Pygmallion continua de trotter dans les esprits, et c’est sous la forme d’une comédie Musicale que cette histoire verra de nouveau le jour.
My Fair Lady sera un des derniers grands succès de la comédie musicale américaine. Rex Harrison est déjà installé dans son rôle de Henry Higgins, qu’il conservera pour la version cinématographique, alors que c’est Julie Andrews qui joue Eliza Doolitle qui sera remplacée par Audrey Hepburn (Au grand désarroi des fans de la pièce). Le financement de cette pièce était en partie alimenté par la warner, qui paiera la somme astronomique de cinq millions à l’époque pour acquérir les droits cinématographiques.

La réalisation de ce film sera confiée à Georges Cukor, qui sort d’une expérience plutôt traumatisante en ne pouvant terminer son dernier film «Something Got to give» qui sera interrompu avant la fin avec le renvoie de Marylin Monroe. Cukor avait déjà commis un nombre impressionnant de films et de très nombreux succès (A Star Is Born, Born Yesterday..). Malgré une structure narrative très stricte (en partie à cause des chansons), Cukor impose une vision très sylisée et certainement parfaitement maitrisée de cette histoire. La direction artistique est elle aussi particulièrement stylisée, tant du point de vu des décors que des costumes, qui combinent une flamboyance toute victorienne avec des sets gigantesques.

À l’instar de Pretty Women, qui s’appuie sur la même logique, My Fair Lady relate l’ascension d’une femme d’extraction populaire vers les hautes strates sociales. Eliza Doolitle, vendeuse de fleur dans la rue croise le Linguiste Henri Higgins qui se trouve fort intéressé par la « décadence » du langage de cette première. Après qu’il est assuré qu’il serait capable de transformer la façon de parler de cette dernière, Eliza le prend au mot et décide de suivra sa « formation ». Henri Higgins, est un célibataire endurci, doué d’un tempérament plutôt froid et excécrable. C’est seulement à travers un pari de faire de cette fille de la rue une « princesse » que Eliza rentre dans sa vie, qui naturellement finira par le faire radicalement changé jusqu’à l’aimer. Ce duo Hepbun/Harrissin fonctionne à merveille, et la performance de Rex Harrisson (qui lui a mérité un Oscar de Meilleur acteur) est très solide. Il convient de noter aussi les rôles secondaires, qui présentent des personnages hauts en couleurs et plutôt bien interprétés.
Comme nous le notions plus haut, la mise en scène est très stylisée, que ce soit dans le cadre stricte d’un film de cette époque, tout autant que pour une comédie musicale, où l’expression visuelle était souvent plus élaboré (Afin de mieux rendre le caractère chorégraphique). Cukor dans ce film remarquable de maîtrise se permet de prendre des effets des comédies musicales et de les « forcer » dans les parties les plus « narratives » de ce film, donnant ainsi un caractère plutôt précieux à la mise en scène. Il est à noter que My Fair Lady a vu les parties des nombreux acteurs (dont Hepburn) doublés dans les chansons. Cette pratique était très innovatrice, et si elle a le mérite de présenter de meilleurs chanteurs, lors de la sortie du film cela a causé un certain émois dans l’industrie, et aura interdit à Audrey Hepburn la nomination aux oscars, remporté ironiquement par la première à avoir tenu le rôle D’Eliza, Julie Andrews, pour son rôle dans Mary Poppins des studios Disney.

Récompensé par huit oscars en 1964 sur douze nominations, dont Meilleur film, meilleur acteur, meilleur réalisateur, musique, costumes et direction artistique ainsi que photographie, My Fair Lady est un film plutôt important dans l’histoire d’Hollywood. Cette édition DVD est le résultat d’une restauration minutieuse.
Le matériel original était dans un état réellement problématique, et c’est sous la menace de perdre définitivement ce film que 600,000$ ont été investis afin de lui rendre son éclat tant visuel que sonore. Lors de cette restauration de nombreux documents d’époque ont été retrouvés et c’est dans une magnifique édition Spéciale de la Warner Home Video que ceux-ci nous sont offerts, en supplément d’une magnifique édition, transfert de la version restaurée en 1994 pour les trentes ans du film.



Image
My Fair Lady est présenté dans cette édition dans un format respecté même si peu banal 2.20 :1 optimisé pour le 16:9.

Comme annoncé, les sources de 70mm (Super Panavision) étaient dans un état lamentable, et c’est avec ces sources multiples (le film a été imprimé dans différents formats, de 16 à 70 mm) que la reconstruction a été faite.

Le travail fait est réellement phénoménal, pas tant considérant l’age du film, mais surtout considérant l’état original du matériel. C’est en regardant les suppléments que l’on se rend compte de l’énorme travail qui a été réalisé, notemment pour « resynchroniser » les trois films couleurs du procédé Panavision qui ont tendance à rétrécir de différentes manières et finissent par générer des images floues et aux blancs qui brillent. Certaines scènes (comme la première) rendent encore cet effet (la chemise blanche du premier costume « Brille » littéralement). Néanmoins, la définition générale de cette édition est tout simplement remarquable, hormis le générique qui présente un grain d’image très prononcé, l’ensemble du film est présenté avec une foule de détails et des textures très réalistes. La restauration fort bien faite a éliminer une grande partie des parasites, et hormis quelques point blancs aucun problème ne gène le visionnement.
Les couleurs sont d’une justesse très convaincante, ce qui est surprenant pour ces vieux procédés. Si comme pour le cinemascope, les verts semblent particulièrement artificiels et saturés, c’est bien là le seul problème qui est été constaté. L’étalonnage parfait conserve aux teints de peaux et des textures un réalisme qu’on est peu habitué a voir sur ces vieux films. La saturation des différentes couleurs est adéquate, et aucun problème de débordement n’a été constaté).

Tout comme l’excellent travail sur la définition et les couleurs, La brillance est d’un niveau tout a fait satisfaisant, tout comme les contrastes qui restent constant quel que soit la situation. Le sombres manquent parfois de détails, mais c’est très probablement du au matériel source, ainsi qu’à la technologie (Panavision tout comme technicolor nécessitait un éclairage très élevé, et les sombres étaient tout de suite un peu plus marqués). Les noirs sont néanmoins purs et profonds.

Le transfert est d’une qualité particulièrement élevée. Si on peut regretter une surdéfinition assez marquée, cela est très certainement du aux sacrifices qui ont du être fait en realignant les négatifs, et le travail pour reprendre la définition perdue lors de la superposition de ces derniers. À part ce problème, c’est une compression de très haut niveau, les éléments les plus compliqués sont restitués sans aucun problèmes (on pense ici au papier peint de la maison du Docteur, qui sans s’apparenter exactement à du psychédélisme s’en approche dangereusement).

Le travail de restauration qui a été effectué est réellement à la hauteur des attentes qu’un film de cette envergure historique mérite. Les artisans de cette restauration (Harris et Katz) ont fait un très bon travail, qu’un transfert de très haut niveau met en valeur.



Son
Deux bandes sons sont offertes, tout d’abord une version anglaise en Dolby Digital 5.1, et une version Dolby Mono en Français. La version évaluée ici est la bande son anglaise.

Originalement au format mono, c’est un remixage de la bande son originale qui est ici présenté. Là encore le travail de restauration est assez phénoménal, aucun souffle ni parasites audio ne sont perceptibles, et les prises de sons, parfois aléatoires sur de vieux films de ce genre sont toujours parfaitement restituées.
Le passage de cette bande son dans un format multicanal a été fait très sobrement et d’une manière très efficace hormis à un ou deux endroits. Néanmoins, cette bande son présente un dynamisme surprenant, surtout dans les passages les plus orchestraux, le champ sonore se déploie sur toute la largeur des enceintes avant, et sans jamais les déborder réussit néanmoins a donner une belle impression d’espace sonore. Cette bande son bénéficie d’une intégration des différents éléments sonore d’une très belle qualité, le travail de restauration ne s’est pas arrété à la musique et aux voix, mais là encore sur les sons d’ambiances et environnements sonores. Il convient de saluer un mixage très équilibrés qui sait utiliser au maximum les trois enceintes avant afin de différencier au mieux les éléments.

Si cette bande son nous parrait une réussite, on regrette néanmoins certains choix qui ont été fait concernant les effets arrières. En effet, si leur utilisation pour quelques sons d’ambiance et en support de la trame sonore nous a semblé de bon goût et d’une discrétion tout enveloppante, certains « effets » nous ont semblé réellement déplacés, et donnait une couleur toute artificielle à l’image (on pense particulièrement aux chevaux lors de la course hippique). Les effets de canaux a canaux lorsqu’il se situe en avant sont intéressants sans avoir l’air artificiel, en fait c’est certainement le passage vers la stéréo qui a fait le plus de bien à cette bande sonore mono. Les dialogues sont parfaitement intégrés et très naturel (malgré une altération numérique afin de reconstitué le bas du registre).

Si les basses sont d’un niveau convenable, on doit surtout saluer la restauration de la trame sonore qui est restituée d’une manière fort convenable. Hormis une légère compression des fréquences au début du medium (qui « métalise » un peu les voix de temps à autre) la trame sonore et les éléments audio sont très bien restitués.
La version Mono en français, malgré d’une propreté exemplaire, souffre néanmoins du format. Par contre cela permet de facilement se rendre compte du travail réalisé pour restituer au mieux le son de cette comédie musical. A noter que des sous titrages en Français, espagnol et anglais sont offerts.



Suppléments/menus
Cette édition de My Fair Lady se compose de deux disques, le premier offrant le programme principal, et le second concentrant la majorité des suppléments.

Le premier disque offre une piste audio de commentaires, qui permet à Marni Nixon (la voix qui doublait Eliza), le directeur artistique Gene Allen de commenter le film, et à Messieurs Harris et Katz, artisans de la restauration de nous confier les petites histoires autour de la restauration de telle ou telle scène. Ces commentaires sont assez intéressant, surtout dans la dualité d’un couple parlant du film en lui-même avec en contrepartie un autre couple qui parle du film maintenant sous ce format. Cette approche permet de situer ce film dans son histoire globale, les anecdotes du passé se mélant facilement à celles du présent.

Le second disque contient les suppléments principaux, qui comme nous l’avons dit dans le synopsis, sont nombreux et d’un intérêt certain.

Le plat de résistance reste très certainement le reportage de 55 minutes intitulé « More loverly than ever : My Fair Lady then and now ». Ce documentaire, réalisé pour le trentième anniversaire de la sortie du film nous présente de manière très dynamique un large éventail d’information, des origines à la restauration, du casting à la direction artistique, le volume de détails et la qualité des extraits vidéos est tout simplement surprenant. Ce documentaire est d’excellente qualité, et semble un indispensable pour tous les amateurs de ce film, voir de ce genre.
Avant de détailler les segments, il convient de noter que la majorité des segments sont présentés avec un compteur dans l’image ce qui peut être réellement agaçant à la longue.
Servant largement à la création de ce documentaire, de nombreux segments originaux de 1963/64 sont ici présentés. D’une qualité plus ou moins égale, on nous présente entre de réelles images d’archives, comme les images du repas de démarrage de production en 1963, des extraits de Cukor dirigeant une actrice ou la première de My Fair Lady et son cortège de star. La qualité de ces segments est plutôt aléatoire, mais permette de voir les acteurs et artisans d’un autre œil. En plus de deux segments liés aux nombreuses récompenses récoltées par ce film (Rex Harrison Golden Globe acceptance speech et Academy award Ceremony highlight), un segment intitulé « The Fairest Fair Lady » se présente comme les plus récents segments sur la production. Ce segment présente en 16 minutes les différents artisans et les différents métiers qui composent ce film. C’est certainement une des plus vieux « making off » qu’il nous ait été donné de voir, et l’on voit déjà le caractère hautement « marketing » de ce genre de segment.
Il est à noter que My Fair Lady est un des pionniers dans l’histoire du cinéma pour le déploiement marketing qui en a été fait. Des magasines de mode aux premières les plus dispendieuses, My Fair Lady a certainement été le laboratoire qui est depuis considéré comme la base de la commercialisation d’un film.

Deux épisodes chantés du film sont présentés ici, avec la particularité de présenter la voix de Audrey Hepburn plutôt que celle de Marni Nixon. En écoutant ces deux pièces, on se demande si le doublage était réellement nécessaire, surtout en ce qui concerne la pièce Wouldn’t it be loverly qui est très convaincante avec la voix de l’actrice.
Une section intitulée « show me Galleries » nous offre 4 galeries d’images fixes, qui couvrent tout autant les croquis initiaux « sketches », des photos noir et blancs de la production, des documents couleurs et enfin tous les items publicitaires qui ont été publiés.

Un autre petit segment nous présente tous les éléments qui ont été préparés pour l’intérieur des cinémas (posters, cartes etc…), accompagné d’une interview radiophonique faite par Rex Harrisson.
Deux courts commentaires, l’un par Martin Scorcese et l’autre par Andrew Loyd Weber nous sont offerts, en complément de 5 bandes annonces des films fait sous la direction de musicale de Lerne rand Loewe. On y retrouve Brigadoon, Lancelot, Gigi et les deux bandes annonces de My Fair Lady.

Ce deuxième disque offre une réelle collection de supplèments qui saura séduire tout autant les aficionados de ce film que ceux plus largemetn intéressé par l’histoire de Hollywood. Un magnifique travail et des documents vraiment intéressants.




Conclusion
Cette nouvelle édition de My Fair Lady est d’un niveau réellement élevé. Si on bénéficie du travail remarquable fait pour les trentes ans du film, c’est un transfert effectué avec soin et intelligence qui nous est offert. Tant le film que l’impressionnante collection de segments offerts en supplément, cette édition d’un film ancien peut être considérée comme un étalon qualité. Si on regrette quelques libertés au niveau du son et une surdéfinition plutôt forte, ces tous petits défauts ne géneront pas votre plaisir de visionnement.


Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
3,8/5

Suppléments:
4,2/5

Rapport qualité/prix:
4,5/5

Note finale:
4,0/5
Auteur: Thomas Geffroyd

Date de publication: 2004-03-24

Système utilisé pour cette critique: Téléviseur Sony KV34XBR910; Préampli Audio Refinement par YBA Pre-2; Ampli Audio refinement par YBA Multi-5; Enceintes JmLabs; Sub REL Strata III; Lecteur DVD Denon DVD-1600; cables et interconnects Cardas/Audioquest.

Le film

Titre original:
My Fair Lady

Année de sortie:
1964

Pays:

Genre:

Durée:
173 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Warner Bros.

Produit:
DVD

Nombre de disque:
2 DVD-9 (simple face, double couche)

Format d'image:
2.20:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby mono

Sous-titres:
Anglais
Français
Espagnol

Suppéments:
Reportages d'époques et actuels, extraits videos, bandes annonces, segments chantés, piste de commentaires

Date de parution:
2004-02-03

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