Facebook Twitter      Mobile RSS        
DVDEF

Black Dahlia, The (WS)

Critique
Synopsis/présentation
Brian De Palma est un cinéaste à forte personnalité qui posséde un univers et des obsessions extrémement caractéristiques qui font qu’il nous offre une version cinématographique du Dahlia Noir qui est une véritable réappropriation du roman d’Ellroy, un revisitation ou le réalisateur à isolé les éléments qui l’intéressaient et carrément ignorés les autres.
Le Dahlia Noir est un roman magistral de James Ellroy qui lui aussi en tant qu’artiste posséde un vision très caractéristique des choses ainsi qu’un univers unique. De plus ce roman est directement lié à son histoire personnelle ce qui le rend d’autant plus particulier malgré le fait qu’il appartienne en grand partie au genre du polar « hard boiled ».
La rencontre de ces deux individualités créatrices très fortes accouche d’une œuvre cinématographique singuliére dont nous pouvons aisément comprendre le rejet au premier degré du grand public comme de la critique.

En effet, le film offre une version du roman qui reprend les grandes lignes du roman mais oublie en chemin l’ambiance et l’univers si particulier. Il nous semble d’emblée évident que De Palma n’était pas le choix premier pour une adaptation respectueuse du roman et un artiste comme David Fincher qui à travaillé sur le projet à ses débuts aurait été clairement plus en phase avec l’univers du romancier. De même le style visuel comme les thématiques de l’œuvre de Fincher sont en directe cohérence avec celle d’Ellroy et il est fort probable que la version cinéma du Dahlia Noir par Fincher aurait donné une œuvre toute autre, beaucoup en accord avec ce que les critiques comme le public attendait de l’adaptation d’un roman aussi marquant que celui-ci.
Une fois cette remarque faite, force est de constater que le travail de revisitation du roman proposé par le film est loin d’être inintéressant même si le scénario écrit par Josh Friedman sur une longue période est clairement le gros point faible du film. Paradoxalement ce script correspond bien à De Palma qui en profite pour revisiter l’univers du polar, du film noir et de l’époque des années 40 avec la fiévre de citations savantes et intégrées directement à l’œuvre qui le caractérisent habituellement.
Le scénario de Friedman revisite le livre d’Ellroy en le débarassant clairement de sa substance, désincarnant les personnages, mythifiant l’intrigue et ses péripéties et appliquant un curieux traitement au si célébre meurtre d’Elisabeth Short.

Tout dans le film sonne fabriqué et artificiel et il est aisé de comprendre comment cela à pu être rejeté par le public puisque justement la grande force des romans d’Ellroy est d’arriver à décrire un univers certes « over the top » mais en même temps totalement crédible en même temps que parfaitement exact du point de vue historique et ambiance.
Cependant cette artificialité est le cœur même du dispositif de De Palma qui s’offre ainsi une œuvre finalement très personnelle au sens ou elle lui permet de mettre en place un jeu de réflections sur une époque (a son grand malheur visiblement) révolue.
Du jeu d’acteur aux dialogues en passant par la photographie ou la musique, la matiére cinématographique du film sonne d’une autre époque à laquelle le cinéaste est très attachée. Mais plutôt que de jouer la carte du simple hommage et en bon cinéaste très moderne et déconstructeur qu’il est De Palma exploite les grands figures mythiques de cette époque tout au long du film œuvre qui renvoie d’ailleurs directement à The Untouchables (qui procédait un peu du même principe mais sans œuvre aussi forte que le roman d’Ellroy à sa base).
Cette direction lui permet donc de déclencher chez les autres amateurs de cette grande période (dont noujs faisons, vous l’aurez compris, partie) un sentiment de nostalgie des plus agréables doublé d’une inévitable admiration pour le talent formaliste du cinéaste.
En effet, la fameuse artificialité que nous mentionnons plus haut est directement liées au cinéma des années 40 et De Palma nous en offre une version visuellement superbe.
Cependant force est de reconnaître que l’exercice de style est des plus curieux puisqu’en plus de toute ces références à une époque, De Palma s’autocite à foison tout au long du métrage. Ainsi cet aspect du film est clairement autosatisfait et ne présent d’intérêt que pour les amateurs du cinéaste qui seront les seuls à même d’apprécier la justesse et le sens de ces autocitations.

De nombreux mouvements de caméra, effets de style et de montage font directement partie de la grammaire du réalisateurs mais prennent ici un aspect plus pesant que d’habitude puisqu’ils constituent en eux même le cœur du film. La conséquence de la désincarnation des personnages comme de l’action elle même est que l’attention du spectateur est du coup reporté sur la mise en scéne elle même, ce qu’un cinéaste narcissique comme De Palma ne peut qu’adorer.
Cependant et alors même que souvent les scénarios du cinéaste sont réduits à des prétextes pour une utilisation virtuose de toutes les possibilités visuelles et narratrices du 7 éme art, ici l’absence quasi totale de passion ou d’ énergie palpable fait que l’accroche au film est difficile.
Si l’on accepte le principe du cinéaste et du scénariste, on assistera à une œuvre curieuse mais passionnante par bien des points et qui méritera plusieurs visionnages pour en apprécier toutes les subtilités.
A l’inverse si l’on goute peu les autocitations et la reflexion certes intéressante mais aride sur une époque perdue et que l’on cherche un film solidement ficelé qui maintient en haleine, il est préférable de passer son chemin plutôt que de se facher avec un auteur qui mérite bien mieux que l’impression alors pénible et négative qu’il laissera à coup sur.
L’adapation du Dahlia Noir reste à faire et à l’instar de The maltese falcon, roman qui s’est vu trois fois adapté de façon fort différente, il ne fait quasiment nul doute que le Dahlia Noir connaitra d’autres transpositions cinématographiques moins déconstructives. Pour preuve il à fallu attendre la troisiéme adaptation de The Maltese Falcon par un débutant (John Huston) pour qu’enfin un pur chef d’œuvre en découle sans pour autant que les deux précédentes soient rendues inintéressantes.

De Palma est un créateur singulier qui n’en fait qu’à sa tête et nous propose ici un film quasi expérimental de par son dispositif et il fallait bien un artiste de sa renommée et de sa pugnacité pour réussir à imposer une vision aussi éloignée du roman d’origine et surtout aussi risque que celle-ci.
Le Dahlia Noir est donc une œuvre profondément triste et nostalgique qui doit s’aborder en connaissance de cause afin de révéler son intérêt. Cependant malgré toutes les qualités qu’il posséde, il est premiérement loin d’être un des films les plus inspirés de son auteur (et pourtant éminement personnel) et secondo un pur film d’auteur qui n’a que les atours d’une grosse production.

Amateurs du côté apre, noir, violentn torturé et complexe du roman, de sa narration brillante, passez votre chemin, amateurs de De Palma, sautez dessus, vous y trouverez à coup sur votre compte.




Image
L’image est proposée au format respecté de 2.35 :1 d’après un transfert 16:9.

La définition générale est d’un très bon niveau en parfait accord avec le style de la photo graphie. L’interpositif est parfaitement propre et les quelques scénes montrant des traces de grain offrent à l’ensemble un superbe rendu cinéma.
Les couleurs de la superbe photographie de Vilmo Zsigmond sont impeccablement rendues, justes, constantes et parfaitement saturées.
Le contraste est parfaitement géré et évite absolument toutes les brillances.
Les scénes sombres sont très bien rendues grace à des noirs purs et profonds.
La partie numérique laisse apparaître lors des passages les plus sombres des fourmillements qui restent toutefois discret. Ils semblent plus imputables à la difficulté de rendre une photographie aussi complexe et exigeante que celle du film.

Voici donc un transfert qui nous satisfait pleinement mais pour lequel on ne peut s’empêcher d’attendre le résultat en HD DVD qui devrait supprimer les légers défauts qui restent. Un travail difficile étant donné la photographie très complexe.





Son
Les trois bandes-son disponibles sur cette édition sont respectivement en Anglais (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 5.1) et Espagnol (Dolby 2.0 surround).

La dynamique des deux bandes-son multicanaux sont d’un excellent niveau. Leurs présences et leurs spatialités sont elles aussi de haut niveau.
La belle musique de Mark Isham est impeccablement restituée sans aucune limitation que ce soit dans le haut ou le bas du spectre. Elle est par ailleurs parfaitement intégrée au reste de la bande-son.
Les enceintes arrières sont beaucoup utilisées et de façon fort efficace que ce soit pour des effets ou le rendu de la musique qui s’en trouve clairement magnifiée.
Les dialogues sont en permanence parfaitement intelligibles et aucune trace de parasites ou distortions ne sont audibles et ce même à fort volume.
Les basses fréquences sans être les plus profondes que nous ayont entendues sont remarquablement efficaces et apportent un supplément d’assise vraiment appréciable.

A noter que pour une fois la bande-son française est de qualité quasi équivalentent à son homologue anglaise.

Les sous-titres sont disponibles en Anglais, Français et Espagnol.








Suppléments/menus
Une section qui manque cruellement d’un commentaire audio de Brian De Palma tant ce film est décrié par les amateurs du roman.

Cependant les trois documentaires que l’on doit a l’excellent Laurent Bouzereau qui suit la carrière de De Palma depuis les premiéres éditions de ses œuvres en DVD rattrapent ce manque.
Comme d’habitude avec Bouzereau (et sans que nous en comprenions plus la raison) ces trois parties sont clairement un seul documentaire séparées en trois parties (38 mins 40 s). Ils traitent ainsi de tous les aspects du film avec de nombreux extraits d’interview de De Palma qui se prêté au jeu avec plaisir.
Cependant conformément à son habitude le cinéaste à une facheuse tendance à l’autosatisfaction qui plombe parfois l’intelligence de ces propos et les acteurs sont clairement plus la pour faire la promotion du film que pour l’étudier en détails. Mais cela s’explique par le manque de recul du documentaire et par la mauvaise polémique qui a entouré le film depuis sa sortie et n’affecte au final pas la qualité globale de l’émission.
Nous vous conseillons vivement de regarder ces documentaires afin de comprendre le projet de De Palma qui permet de voir le film sous un autre angle et en réléve clairement le niveau.








Conclusion
Une édition techniquement tout à fait satisfaisante aussi bien au niveau de l’image que du son alors qu’il s’agit d’un pari technique qui était loin d’être gagné. Les suppléments manquent d’un commentaire audio ainsi que du recul nécessaire à l’étude à laquelle ils auraient pu prétendre mais sont néanmoins tout à fait dignes d’intérêt et même conseillés pour aborder le film sous le bon angle et ne pas forcément se braquer contre ce qui peut sembler une adaptation totalement ratée.

Le cas de The Black Dahlia est assez complexe puisque il ne s’agit pas vraiment d’une adaptation du roman éponyme de James Ellroy au sens ou De Palma vampirise tellement les péripéties et le ton que l’œuvre cinématographique qui en résulte est tout simplement autre.
Une fois que l’on est prévenu de cela et que l’on connaît un peu l’œuvre du cinéaste il devient plus facile d’apprécier le film pour ce qu’il à voulu en faire, un exercice de style assez brillant sur le fantasme d’un époque et de son ambiance.

Ainsi ne comptez pas retrouver l’apreté, la noirceur, la violence et la folie sourde du roman complexe de Ellroy mais au contraire une intrigue et des personnages totalement iconographiés qui servent bien le propos du cinéaste sur ce que nous considérons plus comme une expérimentation cinématogrpahique personnelle qu’une adaptation basée sur le roman.




Qualité vidéo:
4,0/5

Qualité audio:
3,9/5

Suppléments:
4,2/5

Rapport qualité/prix:
3,6/5

Note finale:
3,7/5
Auteur: Stefan Rousseau

Date de publication: 2007-02-28

Système utilisé pour cette critique: Projecteur Sharp XV Z9000, Lecteur de DVD Toshiba SD500, Recepteur Denon, Enceintes Triangle, Câbles Banbridge et Real Cable.

Le film

Titre original:
Black Dahlia, The

Année de sortie:
2006

Pays:

Genre:

Durée:
122 minutes

Réalisateur (s):

Acteur (s):

Le DVD / Blu-ray

Pochette/couverture:

Distributeur:
Universal

Produit:
DVD

Nombre de disque:
1 DVD-5 (simple face, simple couche)

Format d'image:
2.35:1

Transfert 16:9:
Oui

Certification THX:
Non

Bande(s)-son:
Anglaise Dolby Digital 5.1
Française Dolby Digital 5.1
Espagnole Dolby 2.0 stéréo

Sous-titres:
Anglais
Espagnol
Français

Suppéments:
3 documentaires

Date de parution:
2006-12-26

Si vous avez aimé...